‹ Anatomie des centrs nerveuxChapitre 5 sur 79 · MÉTHODES GÉNÉRALES D'ÉTUDE · texte numérisé non relu

MÉTHODES GÉNÉRALES D'ÉTUDE

Au commencement de ce siècle la conformation extérieure et intéi 'îeUl'e Méthodes emde l'encéphale était assez bien connue, il suffit, pour s'en convaincre, de ;','! ',.''."1s',',1,'*'|'r

parcourir l'Atlas de Vicq-d'Azyr, mais il n'en était pas de même de sa p;^- Ku^'.'[1' Vic*itexture, et cela se comprend, si l'on réfléchit à l'imperfection des procédés dont disposaient les anatomistes d'alors. Ces procédés consistaient dans l'emploi de coupes pratiquées dans différents sens, dans la dissection à l'aide du scalpel et la séparation au moyen de pinces des fibres nerveuses, opérations pratiquées sur des tissus frais ou préalablement durcis (Ruysch , Vicq d'Azyr, Reil).

Malgré la pauvreté de ces moyens, Vicq d'Azir avait reconnu la ligne brisée, formée par la lame de substance blanche que nous désignons depuis Reil sous le nom de capsule Interne, et avait réussi à suivre le faisceau que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de faisceau pyramidal, depuis les pyramides du bulbe, jusqu'au niveau du noyau appelé aujourd'hui noyau lenticulaire (T. I, Pl. IX, XI, XII «d XIII). « L'étude de cette planche XI », dit-il, » me parait intéressante en ce qu'elle montre, mieux que toutes les descriptions possibles, les rapports de la moelle allongée et des corps pyramidaux avec la protubérance annulaire, avec les jambes et toute la substance médullaire moyenne du cerveau ».

C'est avec des méthodes aussi imparfaites que travaillèrent, au commen-

Gaii, sjmriîheim, cément de ce siècle, Gall, Spurzheim, et plus tard, Fo ville père, Arnold, ieichm! iienie.a° ' Burdach, Reichert, Henle ; et, lorsque l'on considère les moyens qu'ils avaient à leur disposition, on est vraiment étonné des résultats qu'ils ont obtenus.

Keichert. C'est à cette époque également, que Reichert appliqua pour la première

fois l'embryogénie à l'étude de l'anatomie du système nerveux.

L'histologie qui, vers 1830, commençait à se développer, n'apporta point, tout d'abord, un grand secours à cette partie de l'anatomie. Quoique Rolando, en 1824, eût pratiqué pour la première fois des coupes minces de Rcmak, Ehrenbcrg. la substance cérébrale, et que Remak et Ehrenberg eussent découvert eu 1833, le premier la cellule, le second le tube nerveux, le trajet des fibres nerveuses dans le système nerveux central restait encore inabordable aux histologistes, et l'on peut dire qu'à cette époque les données sur la texture de la moelle épinière et des centres nerveux étaient encore très hypothétiques; c'est à Slilling que revient le grand mérite d'avoir inauguré une nouvelle méthode, celle des coupes minces en séries, pratiquées après dur- Travaux do stiiiing. cisscment. Les travaux de Slilling, commencés en 1 842, représentent un labeur immense, et sont encore aujourd'hui d'une importance fondamentale.

Méth îcscoupes Méthode des coupes en séries. — La méthode des coupes en séries est

basée sur l'examen histologique et à un faible grossissement, de coupes milices et sériées, pratiquées sur des pièces préalablement durcies; elle nous permet, par l'étude el la comparaison de coupes successives, de

reconstituer, dans l'encéphale lans la moelle épinière, le trajet de tel

ou tel faisceau déterminé, depuis son origine jusqu'à sa terminaison. A l'aide de cette méthode, aujourd'hui encore journellement employée, nous procédons, en Un mot, de la même manière que les embryogénistes, reconstituant un embryon après l'avoir débité en coupes sériées. La méthode des coupes en séries a, du reste, subi, entre les mains des succès- Perfectionnements seurs de Stilling, de notables perfectionnements. Le durcissement des apportes a cette m- p^ces au moyen de l'alcool, a été remplacé par le durcissement dans les coUratlon'au car bichromates, et la découverte du microtome est venue simplifier singuliè-

n c Geriach. reiiienl la confection des séries. Enfin la coloration des coupes par le

ge,.tf <e " carmin (Geriach, 1858), et surtout l'emploi de la méthode de Weigert pour colorer les gaines de myéline (1884), onl donné à la méthode de Stilling une précision remarquable.

A cette méthode sont attachés les noms de Lenhossek, Sehrœder van der Kolk, Deiters, Meynert, Vulpian, L. Clarke, Luys, M. Duval, Gudden, Fond, Ganser, Flechsig, von Bechterew, Darkschewitch, Edinger, Sachs, Mahaim, Vialet, etc.

L'étude de coupes sériées, pratiquée à un faible grossissement est, en effet, la seule méthode qui nous permette d'étudier la texture si compliquée du système nerveux central. Or, tandis que la structure de ce système, a fait au cours de ces dernières années, des progrès considérables et dus à Golgi, Ramon y Cajal, Kolliker, Retzius, etc., il s'en faut de beaucoup que

nous soyons aussi avancés par rapport à sa texture, surtout en ce qui concerne le cerveau.

La méthode de Stilling, en effet, a été surtout appliquée jusqu'ici à l'étude de la moelle épinière et de l'isthme de l'encéphale, et y a donné de remarquahles résultats. Par contre, dans l'élude du cerveau de l'homme, l'emploi de cette méthode se heurte à d'assez grandes difficultés et c'est, pour cela saus doute que, jusqu'ici, elle n'a pas dans ce domaine fourni les résultats qu'elle est capable de donner. Appliquée au cerveau humain, elle constitue, en effet, une méthode longue, pénible, fastidieuse, exigeant un temps énorme, un labeur considérable et, comme l'opérateur agit sur de grandes surfaces, il lui faut, pour appliquer celte méthode, étudier et comparer un très grand nombre de préparations. Et cependant, malgré toutes les difficultés inhérentes à l'emploi de la méthode de Stilling, c'est encore aujourd'hui la meilleure que nous puissions employer pour étudier la texture si compliquée du cerveau.

La méthode de Stilling, quelqu'excellente qu'elle soit, n'est cependant point la seule qui doive être employée. Les résultats qu'elle nous fournit, ont besoin d'être contrôlés à l'aide d'autres méthodes qui, bien que paraissant de prime abord assez différentes les unes des autres, convergent cependant vers le même but en se prêtant un mutuel appui.

Ces méthodes nous sont fournies par YAnatomie pathologique, dégénérescences secondaires; YAnatomie de développement, étude de l'apparition de la myéline dans tel ou tel faisceau ou méthode de Flechsig; YAnatomie comparer, comparaison chez des animaux différents de parties homologues du système nerveux central; la Pathologie expérimentale ; Y 'Embryologie et la Tératologie

Méthode des dégénérescences secondaires. — Lorsqu'un nerf est sectionné, il se produit, ainsi que Nasse l'a montré en 1839, une dégénérescence de son bout périphérique. En 1852, Waller, dans ses expériences sur les racines des nerfs rachidiens, établit les lois suivant lesquelles se faisait cette dégénérescence. En pratiquant la section des deux racines d'un nerf avant leur réunion, Waller constata que la racine antérieure dégénérait dans son segment périphérique et restait normale dans son segment central ; au contraire, la racine sensitive était altérée dans son segment central, le segment attenant au ganglion persistant intact. Waller arriva à l'aide de ses expériences, à conclure que le ganglion spinal est le centre trophique du nerf sensitif, et que la partie antérieure de la moelle épinière — nous savons aujourd'hui de par l'anatomie pathologique, que ce sont les cellules des cornes antérieures — est le centre trophique du nerf moteur. Cet auteur formula ainsi la loi générale de la dégénération : « un tube nerveux dégénère lorsqu'il est séparé de sou centre trophique » et, cette découverte des centres trophiques, a été d'une importance capitale en histologie et en physiologie nerveuses.

Waller avait vu d'emblée, le parti que l'on pouvait firer de sa méthode

Emploi de la mé- pour étudier certains points d'anatomie du système nerveux périphérique, ;,„;,,„„,„.. ' " e" et de fait cette méthode a été employée plus d'une fois, pour élucider le trajet de faisceaux nerveux traversant des plexus ou s'anastoruosant entre eux.

La méthode de Waller, fut par la suite appliquée aux centres nerveux, dans le but d'y produire des dégénérescences secondaires, et partant d'étudier le trajet des faisceaux altérés, mais ici l'anatomie pathologique avait Travaux de Tiirck, devancé l'expérimentation, grâce aux travaux de L. Tiirck (1850-1859) i:ourïar«r Fiedislg! suivis de ceux de Bouchard, Charcot et Vulpian, Flechsig, Pierret, Kahler etPick, Schultze, Brissaud, Pitres, Férô, etc. Nous savons aujourd'hui, de par l'anatomie pathologique, que certains faisceaux dégénèrent dans toute leur longueur à la suite de lésions cérébrales corticales on centrales, ou à la suite de lésions médullaires, et nous savons aussi que les cordons postésciérosessystéma- rieurs de la moelle dégénèrent à la suite de lésions des racines corresponmatiques de vuipiau (jan^es (Scléroses systématiques de Vulpian).

Le territoire de libres, où se produit constamment une même dégénérescence dans telle condition donnée, est désigné sous le nom de « Système de fibres »; on doit aujourd'hui, grâce aux données introduites dans la système .ie non- science pa r Forel et Cajal, lui donner le nom de « Système de neurones ».

Les résultats acquis par l'étude des dégénérescences secondaires chez l'homme sont des plus importants. Leur nombre augmente chaque jour, et l'application de la méthode de Stilling — coupes sériées — à l'étude de ces dégénérescences, a permis d'étudier des faisceaux à trajet plus ou moins compliqué.

Mais, el nous tenons à le faire remarquer, s'il est possible et souvent même facile, de suivre à l'aide «le celte méthode, le trajet d'un système dégénère, par contre il n'est pas toujours très aisé, il s'en faut même de beaucoup, de suivre les libres qui se détachent du système envisagé pour se La méthode des rendre dans des systèmes voisins. La découverte des branches collatérales |!erm''rii'-''suivr''cia uu cylindre-axe que nous devons à Golgi, montre en effet, que de tout tube partie fondamentale nerveux, encéphalique ou médullaire, se détachent des libres, qui vont se

il un taisceau beau- 1 1 1

coup mieux que le terminer dans une région plus ou moins éloignée. Or, la dégénérescence de rai' T!.s. à .i! - ces dernières fibres ne peut être nettement reconnue, que lorsqu'elles sont en certain nombre, lorsqu'elles sont groupées en fascicules, ce qui est loin d'être toujours le cas.

(liiez l'homme arrivé à son complet développement, le résultat de lésions portant sur les centres trophiques encéphalo-médullaires ou sur le trajet des filtres nerveuses, se traduit uniquement par un processus de dégénérescence ■ — disparition du cylindre-axe et de la myéline avec sclérose consécutive ; — dans les cas de lésion congénitale ou survenue dans le chez le fœtus et bas âge, le processus de dégénérescence est accompagné d'un arrêt de n.Z'.u!Ul''t/.!'ouS développement d'autant plus prononcé, que l'apparition delà lésion aura ruuSari-''",''i|,!'"i' ''''' l''us précoce. En d'autres termes, ici, les altérations secondaires sont loppement. analogues, à celles <[ue l'on obtient sur les animaux à l'aide de la mé-

thode de Gndden.

MÉTHODES USITÉES I) ANS L'ÉTUDE DES CENTRES NERVEUX. Il

Méthode de flechsig. — Cette méthode est basée sur le fait que, dans Méthode de Fléchie système nerveux central, les différents systèmes de libres se recouvrent '^ap^tio'n l"L de myéline, à une époque déterminée et variable suivant les faisceaux. Les £ "!^"' dans les anatomo-pathologistes et les embryogénistes, savaient bien qu'à la naissance ou dans les derniers mois de la vie intra-utérine, le cerveau présente une coloration toute différente de celle qu'il présentera par la suite, et que les faisceaux de la moelle épinière, ne présentent pas encore tous la coloration blanche qu'ils auront plus tard. Foville avait même très nette- FovMe. ment constaté chez les nouveau-nés, au niveau de la partie postérieure des cordons latéraux de la moelle et en dehors des faisceaux pyramidaux, l'existence d'un faisceau distinct contenant des fibres blanches. Parrot, examinant le cerveau d'enfants nouveau-nés, montra qu'à cette époque de la vie, il existait déjà des fibres à myéline sous-jacentes au sillon de Anse roiandique de Rolando (Anse rolandique de Parrot).

A Flechsig, revient le mérite d'avoir saisi toute l'importance de ers différences de coloration en étudiant, par la méthode des coupes en séries le cerveau, le bulbe et la moelle, dans les derniers mois de la vie intrautérine et après la naissance. Flechsig traitait ses préparations par l'acide osmique, et toutes les parties des coupes correspondant à des faisceaux non encore développés (c'est-à-dire dont les tubes n'étaient pas encore recouverts de myéline), tranchaient par leur coloration blanche, sur les autres parties déjà développées et colorées en noir. Les nouvelles techniques de coloration des centres nerveux dues à Weigert et à Pal, ont rendu la méthode de Flechsig d'une application beaucoup plus facile. A cette méthode de Flechsig sont attachés les noms de Pierret, von Bechterew, Edinger, Darkschewitch, etc.

Cette méthode, basée sur l'époque de myélinisation différente des libres Difficulté d'étudier nerveuses, a rendu, entre les mains de Flechsig et de ses élèves, de très ?aidePària méthode grands services, pour déterminer dans la moelle et en général dans le sys- 11 e Fl™hsij? un

° ' tr o J tème de fibres lon-

tème nerveux central le trajet de certains faisceaux. Mais cette méthode gues. ne présente pas une sécurité absolue, car, si le système de neurones que l'on étudie est un système composé de libres longues, il peut arriver que la partie de ces libres, voisine de leurs cellules d'origine, soit déjà revêtue de myéline, alors que la périphérie en est encore dépourvue et on pourrait par conséquent être amené à croire, que cette partie périphérique n'appartient pas au même système que celui que l'on étudie (voy. Histogenèse).

Méthode basée sur l'anatomie comparée. — L'anatomie comparée a fourni, en anatomie cérébrale, de remarquables résultats, surtout au point de vue morphologique. Elle fut appliquée pour la première fois, et avec succès, à l'anatomie du système nerveux, par Leuret et Gratiolet, et la Travaux de voie que ces auteurs avaient tracée fut suivie depuis par nombre d'auteurs : Meynert, Gottsche, Fritsch, Stieda, M. Du val, Rabl-Riickhard, Ziehen et Kùkenthal, Spitzka, etc.

La méthode de Leuret et Gratiolet est basée sur ce fait général que,

et Gratiolet.

dans la série animale tout entière, il existe un rapport constant entre le développement des organes périphériques, et le développement des parties du système nerveux central, auxquelles aboutissent les nerfs appartenant à ces organes. Pour déterminer les origines du nerf olfactif, on comparera le cerveau de divers mammifères. Chez les animaux à odorat très subtil, clic/ le chien par exemple, on trouvera à la face inférieure du lobe frontal un véritable lobe olfactif; ce lobe sera rudimentaire chez l'homme et chez les animaux à odorat peu développé, il fera défaut chez le dauphin, etc. De même pour la vue : la taupe possède des tubercules quadrijumeaux antérieurs extrêmement petits; chez les oiseaux, au contraire, ces tubercules, au nombre de deux seulement — tubercules bijumeaux, — sont très développés, et portent le nom de lobes optiques. Ces lobes optiques des oiseaux sont d'autant plus volumineux que la vue est plus perçante ; c'est ainsi, par exemple, que chez les oiseaux de proie, ils sont beaucoup plus accusés que chez les gallinacés. Comme on peut le voir par ces différents exemples, l'application de l'anatomie comparée à l'étude de l'anatomie du système nerveux central peut fournir de précieux renseignements. Mais au point de vue du trajet des faisceaux, l'anatomie comparée a rendu relativement moins de services que pour la morphologie générale. La texture du névraxe des vertèbres inférieurs, en particulier celle des cerveaux moyen et postérieur, est le plus souvent beaucoup plus complexe que chez l'homme. A celle méthode se rattachent toutefois les noms de Stiéda, Mayser, Fritsch, Osborn, Forci, Bellonci, Ahlborn, Ad. Meyer, llonnegger, etc.

l)pR<Sn;!rescences MÉTHODES EXPÉRIMENTALES. — MÉTHODE DE GtlDDEN. — 1 ,CX péri menta-

,m,mi,iivs expen- |jol| sur ieg anjma(1Xt a été appliquée avec succès, pour étudier au moyen des dégénérescences, le trajel des faisceaux dans le système nerveux central, et, on a pratiqué tantôt des lésions encéphaliques, tantôt des lésions médullaires, tantôt des lésions des racines ou des nerfs périphériques. (Vulpian. Schiff, Westphal, Schiefferdecker, Franck et l'itres, Lôwenthal, Langley, Sherrington, Tooth, Mott, Marchi et Algbieri, Singer et Munzer, Barbaci, etc.) Appliquée dans certaines conditions, cette méthode porte le nom de méthode de Gudden.

, , ie de Gudaeu. Méthode de Gudden. ■ — Cette méthode diffère des autres méthodes

expérimentales, en ce que, au lieu d'opérer sur des animaux adultes, on lîxpi'i-imontation opère sur des animaux nouveau-nés, à une époque par conséquent où le

irdosMimauxnou- SyS^me ncrveux es| en pleine voie de développement. On obtient ainsi des dégénérescences beaucoup plus prononcées, et à marche beaucoup plus rapide que chez l'animal adulte, ce qui lient à une activité plus grande, à cet âge de la vie, du processus de résorption cellulaire. Cette méthode, à laquelle sont attachés les noms île Gudden, Hayem, Forel, Vulpian, Ganser, Mayser, Bumm, v. Monakow, etc., et dont les résultats seront décrits plus

importance >ie ia loin en détail (voy. Histoffénèse), est extrêmement importante. Elle est en

"''""lc dc outre d'une technique relativement facile, car, ainsi que l'a montré Gudden,

l'animal nouveau-né se laisse opérer facilement, les hémorrhagies ne sont

guère h redouter et les plaies guérissent rapidement. Une fois opéré, l'animal est remis à la mamelle, on le laisse vivre un temps variable, de quatre à huit semaines ou même davantage, puis on le sacrifie. On fait durcir le système nerveux central, et on le coupe en séries au microtome d'après les procédés ordinaires. Au lieu d'opérer sur les centres on peut aussi opérer sur les nerfs périphériques, et les résultats obtenus ne sont pas moins importants.

Méthodes basées sur l'embryogénie et la tératologie. — En examinant Embryogénie et la conformation extérieure et intérieure du névraxe, à différentes périodes tLratolos,ede son développement et en étudiant la manière dont se forment les diverses parties qui le constituent, on peut arriver à étudier certains points d'anatomie. Nous devons nos notions actuelles d'embryogénie humaine el comparée à Reichert, von Kôlliker, Coste, llis, M. Duval, Mihalkowicz, Dareste, H. Fol, Goette, Ldwe, Vignal, Edinger, Phisalix, Held, etc.

Enlin, l'étude du système nerveux central dans les cas d'arrêt de développement ou de malformations (Téuatologie), constitue encore une méthode importante de recherches, en montrant que tel ou tel faisceau cérébral ou médullaire, fait défaut à la suite d'arrêt de développement de telle ou telle partie de l'encéphale. A cette méthode sont attachés les noms de Flechsig, Forel et Onufrowicz, Kaufman, Hoffmann, etc.

il. — Ml IDES DE PRÉPARATION DU SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

1. Ouverture du eu axe et extraction du cerveau. — Le sujet reposant ouverture du crâne sur le dos, et la tète étant maintenue soulevée à l'aide d'un billot, qui dumaneau. embrasse par sa concavité la partie postérieure de la nuque, le cuir chevelu est incisé suivant une ligne transversale allant d'une oreille à l'autre, et passant par le sommet de la tète. Les deux lambeaux sont rejetés l'un en avant jusqu'au niveau du bord orbitaire, et l'autre en arrière jusqu'au niveau de la protubérance occipitale externe. La calotte crânienne es! ensuite enlevée, après incision horizontale des muscles temporaux. Le meilleur moyen d'enlever la calotte, est encore de la briser circulairement à l'aide du marteau, suivant une ligne passant environ à un centimètre, au-dessus de la ligne d'incision des parties molles. L'enlèvement de la calotte à l'aide du marteau, est d'un usage courant en France, et nous paraît préférable à l'emploi de la scie. Cette dernière méthode, usitée à l'étranger, a le défaut d'exposer l'opérateur à léser la corticalité, accident assez facile à produire, grâce à la différence d'épaisseur que présente la calotte crânienne suivant les régions. La scie ne doit être employée que lorsqu'il existe des lésions du crâne, fractures etc., et que l'on tient à conserver la pièce. La section du crâne une fois pratiquée, la calotte es!

enlevée et détachée de la dure-mère, au moyen du crochet situé à l'extrémité du marteau.

chez les enfants ie Chez les jeunes enfants, l'ouverture du crâne nécessite en général Femerteà<raidetdo°u delà scie, du fait des adhérences qui existent entre la dure-mère et le crâne, ainsi que de la mollesse du cerveau à cet âge. C'est dans ces cas, que l'on peu! être amené à sectionner transversalement le crâne et le cerveau tout à la lois. On arrive cependant le plus souvent à détacher la calotte, après avoir incisé la dure-mère circulairement au niveau du trait ouverture du crâne de scie. Chez le nouveau-né et à plus forte raison chez le fœtus, l'extraction »utoau-n.'-.IS " C ,m cerveau esl assez délicate, étant donnée la mollesse extrême du tissu cérébral à cette époque de la vie. La méthode qui nous parait être la meilleure dan^ ces cas est la suivante : après avoir incisé et rabattu l'épi crâne

c nie précédemment, on incise au scapel le périoste, àla périphérie de cha-

eu les plaques osseuses, sans intéresser les fontanelles ni la membrane

suturale. < Mi enlèv e ces plaques, parcelles par parcelles et, lorsque les deux os pariétaux, les deux os frontaux el l'écaillé de l'occipital ontété ainsi enlevés,ou plonge la tète dans une solution très faible de liquide deMiiller, puis avec des ciseaux, ou incise sous le liquide la dure-mère, soit circulairement, soil en croix. Dans ces conditions, il devient facile d'extraire l'encéphale qui (lotte dans le liquide. Il faut avoir soin, en employant ce procédé, de ne pas léser la dure-mère en enlevant les plaquesosseuses, car la moindre ouverture donne issue à la matière cérébrale.

Chez ['adulte, une fois la voûte crânienne enlevée, on examine la face externe de la dure-mère, puis on incise cette membrane, soit circulairement, soil crucialement; ce dernier procédé nous parait être le meilleur. A l'aide de ciseaux mousses, on l'incise d'abord parallèlement de chaque cote du sinus longitudinal supérieur el chacun de ces lambeaux est divisé en deux par une incision perpendiculaire à la précédente. Extraction du ccr- Pour exlraire le cerveau, on introduit les doigts de la main gauche sous i au do 1 adulte. jeg ]u|)(,s |r(m|aux ,.| en soulevant Légèrement Le cerveau, on sectionne successivement au scalpel et en exerçant le moins de traction possible, les nerfs de la base du crâne, et la tige pituitaire. On incise ensuite à l'aide du scalpel la tente du cervelet le long du bord supérieur du rocher, tout en soutenant les hémisphères cérébraux de la main gauche. On sectionne également le reste des nerfs de la base, les deux artères vertébrales etenfin, aussi bas que possible, La moelle épinière. Les doigts de la main droite étant placés sous le cervelet, on attire à soi la masse encéphalique que l'on dépose ensuite sur sa convexité. Dans les différentes manœuvres nécessitées pour enlever le cerveau, il faut avoir grand soin — lorsque le cerveau est soulevé en arrière afin de pratiquer la section de la tente du cervelet, — d'exercer le moins de traction possible, car il est très facile dans ces conditions de léser les pédoncules, accident qui n'est pas à négliger, surtout lorsqu'il s'agit de cerveaux porteurs de lésions.

Ce cerveau une fois extrait de la cavité crânienne, sera traité de différentes manières, suivant le parti que l'on en veut tirer, suivant, en d'autres

termes, que l'on fait de l'anatomie normale ou de l'anatomie pathologique.

2. OUVKRTURE DU RACHIS. EXTRACTION DE LA MOELLE ÉPINIÈKE. — Le Extraction

cadavre étant couché sur le ventre, on soulève la partie supérieure du tronc à ""H"' ' Laide d'un billot placé sous la fourchette sternale, de manière à ce que la tète pende en bas et en avant de la table d'autopsie. Les bras sont également abaissés de chaque côté de la table. A. l'aide d'un couteau court et très trancbant, on pratique le long des apophyses épineuses, une longue incision allant de l'écaillé de l'occipital jusqu'à la base du coccyx. On rabat la peau de chaque côté, et on détache à droite et à gauche des apophyses épineuses et des lames des vertèbres, les masses musculaires spinales. Cet enlèvement des masses musculaires doit être fait avec soin, et en raclant avec une rugine courbe les lames osseuses, de manière à enlever complètement tout le tissu musculaire. On procède ensuite à l'ouverture du canal rachidien, au moyen du rachitome d'Amussat etdu marteau, méthode préférable de beaucoup, à celle qui consiste à ouvrir le canal à l'aide d'un rachitome à double lame de scie. L'épaisseur de la lame du rachitome est calculée de telle manière que, si cette lame est maintenue toujours en contact avec les apophyses épineuses, la section des lames vertébrales s'effectue suivant une ligne passant en dehors de la moelle épinière. Il suffit donc de maintenir d'une main ferme, le rachitome dans cette situation, pour ouvrir le canal rachidien sans crainte d'accident. Une fois les lames coupées de chaque côté et sur toute la longueur du canal, on applique le rachitome sur la dernière vertèbre lombaire et on sectionne transversalement à ce niveau la partie supérieure de la vertèbre. Puis, passant le crochet sous l'apophyse épineuse de cette dernière, on exerce une traction. Si l'opération a bien réussi, on doit enlever d'un seul coup et jusqu'à l'occipital, toute la paroi postérieure du canal rachidien. La moelle entourée de sa duremère apparaît alors dans toute sa longueur. S'il reste des esquilles dans le canal, on aura soin de les enlever avec le davier ou une pince coupante. Lorsqu'il existe des lésions de la colonne vertébrale — mal de Pott, fractures, luxations, — le rachitome à marteau sera abandonné et on ouvrira le rachis à l'aide d'une petite scie et d'un ciseau à froid. Pour extraire les ganglions spinaux, il sera nécessaire de mettre les trous de conjugaison à nu, en enlevant les pédicules des vertèbres au moyen d'une pince coupante. Chez le fœtus et le nouveau-né, le rachitome sera remplacé par un fort scalpel ou une pince coupante.

Le rachis ouvert, on examine la face superlicielle de la dure-mère, puis on procède à Y extraction de la moelle, eu sectionnant d'abord la queue de cheval au niveau de la dernière vertèbre lombaire. On saisit ensuite la duremère de la main gauche à l'aide d'une pince à dissection, et on coupe successivement les racines de bas en haut, et en relevant de plus en plus l'organe. Le procédé qui consiste à ouvrir la dure-mère par une section longitudinale, pour extraire ensuite la moelle doit être rejeté.

Lorsque l'on pratique — et c'est le cas ordinaire — l'extraction du cerveau avant celle de la moelle, it arrive constamment que, par suite de la section oblique de celle dernière, au-dessous de l'entrecroisement des pyramides, on perd un ou deux centimètres pour l'étude ultérieure de la pièce en coupes sériées. Lorsque l'on présume l'existence d'une lésion de la partie supérieure de la moelle, ou lorsque l'on veut étudier en coupes sériées l'extrémité tout à fait supérieure de cet organe, il est préférable d'ouvrir la cavité rachidienne et d'en extraire la moelle, avant de procédera l'ouverture du crâne. On sectionnera alors la moelle perpendiculairement à sou axe, au niveau de l'arc postérieur de l'atlas et, par ce procédé, la région cervicale supérieure et bulbaire inférieure pourront après durcissement être débitées en coupes sériées.

Il est souvent nécessaire, lorsque l'on pratique l'extraction d'une moelle pathologique, de prendre un point de repère, permettant, une fois la pièce durcie, de savoir exactement à quelles paires rachidiennes correspondent les coupes. Cette précaution est indispensable, dans les cas d'atrophie mus- Ktiquotage des ra- cidaire limitée ou de compression des racines. Pour arriver à ce résultat il suffit, la moelle étant encore contenue dans le canal rachidien, de prendre une racine comme point de repère. Nous avons l'habitude de choisir la t"' dorsale, facile à reconnaître à son volume et à ce fait que la racine qui lui succède 2e dorsale) est très grêle. Après l'avoir entourée d'un fil — qui servira de point de repère la pièce une fois durcie — on procède ensuite à L'extraction de la moelle. Tour éviter, du reste, toute cause d'erreur dans le numérotage des racines, on peut aller à la recherche du premier nerf dorsal, dans le creux sus-claviculaire, au niveau du point où il entre dans la constitution du plexus brachial. Ce nerf est toujours facile à reconnaître, car il passe par dessus La première cote. En le dénudant un peu et en exerçant sur lui une légère traction, on s'assure aisément si la racine étiquetée 1 10 dorsale dans le canal rachidien, correspond bien au premier nerf dorsal.

Lorsqu'il s'agil de lésions portant sur la queue de cheval, il faut ouvrir la ((donne vertébrale plus bas que d'habitude, jusqu'au canal sacré et enlever toute la poche d u re-mé ri e n ne . Les racines restantainsi adhérentes à la dure-mère, il esi beaucoup plus facile de les étiqueter, en prenant comme point de repère la 1"' dorsale ou la 1"' lombaire.

3. Examen du cerveau normal et pathologique a l'aide du coupes macroscopiques. — Technique de ces courus. — Lorsque L'on veut étudier l'anatomie du cerveau, il faut après avoir examiné sa conformation extérieure (circonvolutions, scissures, sillons, etc.), examiner sa configuration intérieure (ventricules, etc.), en pratiquant une coupe horizontale des deux

' ••• dite : du 1 1 ém isphères , le cerveau reposant sur sa face intérieure. Cette coupe, qui

vioussens. ° doit raser le corps calleux, constitue la coupe dite du centre orale de Vienssens. Une fois cette coupe pratiquée, il suffit d'inciser la masse blanche de chaque côté et parallèlement au corps calleux, [tour pénétrer dans les cavités ventriculaires.

Lorsque l'on veut étudier non plus la morphologie proprement dite du cerveau, mais les masses ganglionnaires, ainsi que les faisceaux de substance blanche qui le constituent, il faut pratiquer, sur les hémisphères séparés l'un de l'autre sur la ligne médiane, une série de coupes dans différents sens, — horizontales, vertico-transversales et sagittales.

A dire vrai, ces coupes pratiquées à l'état frais ne sont pas très instructives, et on peut dire qu'on ne les interprète bien, qu'après avoir étudié !<• cerveau à l'aide d'autres procédés, c'est-à-dire sur des coupes macro et microscopiques, pratiquées au microtome sur des cerveaux durcis par les bichromates. Aussi, ne décrirons-nous pas ici les apparences multiples que présente le cerveau à l'état frais, suivant qu'on y a pratiqué des coupes dans tel ou tel sens, et nous renvoyons aux ligures qui représentent, grandeur naturelle, ces mêmes coupes pratiquées sur des hémisphères Différenciation des durcis dans le liquide de Millier. Sous l'action de l'imprégnation chromique, c?ssem''nt ■m'i'.i'ci'i'i'iles faisceaux de la substance blanche apparaissent en effet avec une netteté mat0autrement caractérisée qu'à l'état frais. (Voy. Coupes macroscopiques du cerveau.)

Lorsqu'il s'agit de cerveaux atteints de lésions, il peut être nécessaire, coupes à rétat frais dans beaucoup de cas, d'y pratiquer à l'état frais des coupes suivant telle ',îeCiXmu"x ?"n' ou telle direction. Nous disons il peut et non pas il doit être nécessaire d'y pratiquer des coupes, car, en face d'un cerveau pathologique, plusieurs problèmes peuvent se poser. Ou bien il existe une lésion corticale, ou bien l'écorce est intacte et la lésion ne peut être décelée qu'à l'aide de coupes, ou bien enfin la corticalité et les masses centrales sont à la fois lésées. Mais, quel que soit le siège occupé par la lésion, qu'elle soit apparente ou cachée, la question que doit se poser l'observateur est la suivante : quel usage veux-je faire de cette pièce? vais-je me contenter d'une description sommaire et macroscopique de la lésion, ou bien veux-je l'étudier complètement et, pour cela, la faire durcir dans les bichromates pour la couper ensuite au micro tome?

Il existe, en effet, plusieurs procédés pour couper un cerveau porteur de lésions; mais la plupart ont le grave défaut de mutiler la pièce de telle manière que tout examen microscopique complet, la pièce étant durcie, devient totalement impossible. Tel est le cas en particulier pour le procède coupedeVirchow de Virchow, ou pour d'autres, dérivant plus ou moins de ce dernier, et '^'Voa ^eut fair< consistant à sectionner horizontalement et de dedans en dehors, la substance durcir la pieceblanche de chaque hémisphère par une série de coupes successives, et à diviser ensuite les masses centrales, au moyen de coupes verticales plus ou moins rapprochées. Ce sont là des procédés qui doivent être complètement abandonnés.

Différents procédés ont été proposés, pour sectionner à l'état frais les cerveaux porteurs de lésions, un des plus anciens est celui de Meynert.

Coupe de Meynert. — Cette coupe (fig. 4 et 5) a été employée par Meynert coupe .le Meynert dans le but de peser isolément les différentes parties du tronc encéphalique (Hirnstamm) d'une part, et les différents lobes du manteau cérébral

d'autre part. L'encéphale reposant sur sa convexité, l'opération se fait en trois temps :

Technique «ic ia /"' temps. ■ — On soulève légèrement de la main gauche l'ccorce du oupe de Meynert. i0])U]e orbitaire ; ii ii scalpel, posé à plat sur l'espace perforé antérieur, est porté horizontalement en avant de façon à entamer, sur une longueur de 3 centimètres et le long du sillon marginal antérieur de l'insula, le lobe que l'on vient de soulever. On porte ensuite brusquement le tranchant du scalpel en bas et on pénètre dans les cornes frontales des ventricules latéraux.

2' temps. — Ce temps a pour but de sectionner le pied de la couronne rayonnante du lobe fronto-pariétal. Pour atteindre ce résultat, continuant l'incision précédente, on dirige le scalpel d'avant en arrière, en suivant le sillon marginal supérieur de l'insula, tandis que la pointe chemine librement dans l'intérieur du ventricule latéral et rase la surface libre du noyau caudé. La section ne doit pas dépasser l'extrémité postérieure du sillon marginal supérieur de l'insula. Un agit de même de l'autre côté.

3e temps. — On coupe le pied de la couronne rayonnante du lobe temporal. Pour cela on soulève l'extrémité libre de la pointe de ce lobe et on plonge horizontalement la pointe du scalpel, le tranchant tourné en avant, dans l'extrémité antérieure du ventricule sphénoïdal, en arrière de la circonvolution du crochet. Par un mouvement circulaire d'arrière en avant et de dedans en dehors, on rejoint l'extrémité postérieure de l'incision précédente, en suivant le bord postérieur de l'espace perforé antérieur et le sillon marginal postérieur de l'insula. On opère de môme sur l'autre hémisphère. Le manteau ne tient plus alors au tronc encéphalique que par les piliers postérieurs du trigone en arrière et la lame mince du septum lueidum en avant ; il suffit de sectionner ces parties pour l'en séparer.

On obtient ainsi et séparés l'un de l'autre : d'une part, le manteau des deux bémisphères réunis par le corps calleux (fig. 3) et d'autre part, le tronc encéphalique avec le cervelet (tig. 4). On sépare ensuite ce dernier organe du tronc encéphalique.

Lorsque la coupe de Meynert a été bien pratiquée, la section doit passer par le pied de la couronne rayonnante, et respecter les noyaux gris centraux. Dans ses pesées, Meynert séparait le manteau de chaque hémisphère en sectionnant le corps calleux, puis par une section passant par la scissure de Rolando, il séparait le lobe frontal du lobe pariéto-temporo-occipital. inconvénients do La coupe de Meynert est d'un emploi peu usité chez nous ; en Allemagne coupe de Meyne. t. es^ cpun usag-e assez général. Cette coupe présente du reste beaucoup d'inconvénients, celui entre autres de rendre très difficile l'étude histologique des dégénérescences du centre ovale, à la suite de lésions de la corticalité. L'étude des faisceaux d'association et de projection des lobes frontaux et occipitaux — pédoncule antérieur de la couche optique, faisceau uncinatus, faisceau arqué, faisceau longitudinal inférieur, radiations optiques, etc., — pratiquée à l'aide de coupes faites après durcissement est également très difficile. Le seul avantage de la coupe de Meynert est de rendre possible,

après durcissement du tronc encéphalique, l'étude en coupes histologiques sériées, de tout ce tronc encéphalique, depuis la partie inférieure du bulbe, jusqu'au niveau du pied de la couronne rayonnante. Mais ici se présente une difficulté inhérente à la direction de l'axe de ce tronc. Cet axe en effet, n'est vertical que dans sa partie inférieure, il se recourbe peu à peu en avant, de telle sorte que sur les coupes vertico-transversales pratiquées au micro-

Fig. 3. — Coupe de Meynert. Manteau des deux hémisphères cérébraux réunis par le corps calleux. (D'après une photographie.)

Ce, corps calleux. — ipo, incision préocoipitale.

— iSl, insertion du septum lucidum. — LO, lobe occipital. — LOr, lobule orbitaire. — LT, Lobe temporal. — oFi(Gr), gyrus rectus (partie orbitaire de la première circonvolution frontale).

— Op, opercule. — Sih, scissure inter-hémisphérique. — S(p), branche postérieure de la scissure de Sylvius.

Fig. 4. — Coupe de Meynert. Tronc encéphalique et cervelet. (D'après une photographie).

AM, avant-mur, — D. bulbe rachidien. — Co, hémisphères du cervelet. — Epa, espace perforé antérieur. — Fe, faisceau en écharpe de Kéré. — /, insula. — i, sillon de l'insula. — la, circonvolutions antérieures de l'insula. — Ip, circonvolution postérieure do l'insula. — LF, lobe frontal. — LT, lobe temporal. — VA, noyau amygdalien. — P, pied du pédoncule. — pFI. pli faleiforme de Broca. — Vspli, Ventricule spbénoidal. — xll, ehiasma des nerfs optiques.

tome, les surfaces de section apparaissent de plus en plus obliques par

rapport à l'axe. C'est ainsi, par exemple, qu'à la hauteur des tubercules qua-

dri jumeaux antérieurs, la coupe intéresse à la fois ces tubercules, la protu- h& coupe de Mey-

bérance et les pyramides bulbaires, et pour s'orienter il faut avoir une "^"Vou'i- les ca's d'0

grande habitude du procédé. Cet inconvénient peut du reste être évité, en ^'"c ou 'dif'pédoa-

faisant durcir à plat le tronc encéphalique, ainsi que l'a conseillé Meynert. cuie.

Nous n'employons cette coupe que lorsqu'il existe une lésion protubéran-

tielle ou bulbaire.

Coupes vertico-transversales. Procédé de Pitres (1877). — Dans ce pro- Procédé de Pitres

cédé, on pratique sur l'hémisphère reposant sur sa face interne et dépouillé de sa pie-mère, une série de coupes vertico-lransversales et parallèles au sillon de Rolando.

Le procédé de pi- La méthode de Pitres, très bonne quand il s'agit de localiser des cadeaux '.'ièces'que lésions du centre ovale, ne doit être employée que lorsqu'on n'a pas l'inl'ou veut faire^dm-cir tention de l'aire durcir le cerveau pour le soumettre à l'examen microscocroscopique. pique. Elle ne peut du reste être utilisée pour l'étude des lésions de la

capsule interne, étude qui n'est possible que sur des coupes horizontales, procédé do Notima- A la méthode de Litres se rattache celle de Nothnagel (1879), divisant également l'hémisphère en six coupes vertico-lransversales. i mpcs horizontales. Coupes horizontales tics hémisphères. — • Les coupes horizontales du cerveau, sont celles qui ont été le pins anciennement connues, et celles auxquelles aujourd'hui encore on a le plus souvent recours. On les pratiquai! en général, en sciant horizontalement la calotte crânienne et le cerveau tout à la fois.

c .upcideVicq l'Azyr Vicq-d ' A/y r en a reproduit un exemple remarquable dans la planche XI de son Allas (1786). Dans celte figure, la capsule interne, son genou, son segment antérieur el postérieur, ses rapports avec les ganglions de la

Coupe de Mechsif;. ba>e, y sonl très fidèlement reproduits. C'est à Fleehsig ( 1877) que revient le mérite, d'avoir proposé de nouveau la mise en pratique des coupes horizontales, el d'avoir montré leur importance pour l'étude des masses centrales cl de la capsule interne en particulier.

i ,iqUe .i.- la La coupe dite de Fleehsig est une coupe horizontale, passant par la d0 11 ",v tête du noyau caudé cl par la partie moyenne de la couche optique, (fig. ."», ligne AB).

I.a coupe de Fleehsig se pratique de la manière suivante : après avoir scié la calotte crânienne à la bailleur habituelle, on laisse cette dernière eu place, et ou sectionne horizontalement le cerveau, au moyen d'un couteau introduil entre les bords de l'ouverture osseuse. On coupe ainsi le cerveau en bloc et de dehors en dedans.

p deBrissaud. Il est préférable, ainsi que l'a indiqué Brissaud, de pratiquer cette coupe de dedans en dehors el sur c lue pie hémisphère isolément . Elle est, en effet, plus facile à faire dans ces conditions. Au lieu d'une coupe à direction horizontale, Brissaud a proposé une coupe oblique en bas et en arrière, et fait passer le couteau par le milieu de la iéte du noyau caudé et par le point de réunion du tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs de la couche optique (fig. .'">, ligne A)'), procédé employé A Bicêtre, nous avons l'habitude de prendre comme point de repère de la coupe de Fleehsig, le tubercule antérieur de la couche optique et l'extrémité antérieure du pli cunéo-limbique. Cette coupe est donc, comme dans le procédé de Brissaud, oblique en bas et en arrière et de plus, nous inclinons la lame du couteau légèrement en bas et en dehors. Nous obtenons de cette manière, une coupe oblique par rapport à l'axe horizontal et à l'axe vertico-transversal. La capsule interne est ainsi sectionnée dans sa plus grande ('tendue, le genou en est extrêmement accentué, et la coupe

intéresse les trois segments du noyau lenticulaire. Cette coupe, qui doit être pratiquée sans enlever la pie-mère, ne rend de services, de même que celle de Brissaud, qu'au point de vue macroscopique, car, comme elle passe très près de la partie supérieure de la région sous-optique, elle n'est pas à employer, s'il s'agit d'une pièce que l'on veuille faire durcir et débiter au microtome en coupes sériées. Dans ce cas il est de beaucoup préférable de revenir à la coupe horizontale de Flecbsig, mais en la pratiquant par la face interne de l'hémisphère et en faisant passer le couteau plus haut que ne le fait cet auteur, c'est-à-dire par le tiers supérieur de la couche optique. On n'intéresse alors que deux des segments du noyau lenticulaire, le genou de la capsule interne est certainement moins accentué que dans la coupe à direction oblique, mais on a le grand avantage de pouvoir, une fois la pièce durcie, la couper en séries de haut en bas au microtome, et de pouvoir ainsi étudier dans toute sa hauteur, la zone de transition située entre la partie thalamique de la eapsule interne et la région sous-thalamique. On peut par conséquent , assister au mode de formation de tous lesfaisceaux de cette dernière région.

Mu reste, quand on se propose d'étudier l'a-

nalomie normale, il est préférable de faire durcir l'hémisphère en entier, et d'en faire durcir plusieurs à la fois. En usant des précautions que nous indiquerons plus loin — abondance de liquide, renouvellement fréquent, — on arrive toujours à en obtenir quelques-uns complètement durcis dans toute leur épaisseur.

Technique des coupes à pratiquer sur un cerveau pathologique à fêlai frais. — Lorsque l'on a affaire à un cerveau porteur de lésions, les procédés employés pour le couper à l'étal frais, varieront nécessairement suivant le parti que l'on veut en tirer. S'il existe des lésions corticales on les reportera avec soin sur un schéma, puis on pratiquera une coupe de Flecbsig ou plusieurs de ces coupes, à un centimètre de distance les unes des autres. Si la lésion est centrale, on la mettra en évidence à l'aide de ce dernier procédé, et on dessinera également la lésion sur un schéma. On peut arriver ainsi à établir, avec un degré de précision très relatif, la topographie d'une lésion corticale ou centrale, ainsi que la disposition des dégénérescences secondaires de certains gros faisceaux. Mais cette méthode a donné depuis longtemps tout ce qu'elle pouvait donner et, on ne peut

qu'elles sont trop

AB, Coupe de Flechsig. — A")', coupe de que nous pratiquons à Bicèl

Brissaud. — CD, coupe

Modification dans la hauteur delà coupe de Flechsig. Importance de celte modification pourobtenir, après durcissement, des coupes s<i-

ïsemeut eu

faire aujourd'hui des études exactes sur les localisations corticales ou centrales, ainsi que sur les dégénérescences secondaires, qu'au moyen de pièces durcies et coupées en séries au microtome. Voici comment, à Bicêtre, dans le service de l'un de nous, nous préparons dans ce but les cerveaux pathologiques.

Techniquedu pro- I -'encéphale extrait de la cavité crânienne et recouvert de sa pie-mère, pfoyonsUedansUSnou1è r>' examiné sur toutes ses faces, pour voir d'abord s'il existe une lésion service de BicStrc. COrticale. On examine également avec soin — en plaçant l'encéphale sur la convexité* — l'étage inférieur des pédoncules pourvoir s'il existe une dégénérescence secondaire. Ceci fait, on sépare l'isthme de l'encéphale d'avec le cerveau, en sectionnant la protubérance suivant un plan horizontal passant au-dessus de la grosse racine du trijumeau, et dirigé parallèlement eriîcautiousàpron- à la lace inférieure du cerveau. L'encéphale se trouve ainsi divisé en deux ,'!,'. v-vàn- h-'".ilux parties, l'une supérieure comprenant les deux hémisphères, les pédoncules cérébraux, la partie supérieure de la protubérance et les tubercules quadri jumeaux conservés intacts par suite de l'obliquité de la coupe, l'autre comprenant le reste de la protubérance, le cervelet et le bulbe rachidien. Ceci fait, on recherche avec soin sur la surface de section de la protubérance, s'il existe une dégénérescence du faisceau pyramidal ou du ruban de Reil, puis on sépare l'un de l'autre les deux hémisphères cérébraux .

Ici se présente — lorsque la lésion n'est pas apparente à la corticalitc — une difficulté très vite tranchée en général, celle de savoir quel est l'hémisphère malade. La chose a son importance, car on doit sectionner le corps calleux le plus près possible de l'hémisphère sain, afin de pouvoir mieux l'étudier au poinl de vue des dégénérescences, de même, qu'au niveau de la hase, la coupe ne doit pas passer par l'espace interpédonculaire, mais empiéter d'au moins un centimètre sur le pédoncule normal et sur la moitié correspondante de la protubérance. Il est en général très facile de se tirer d'affaire et de voir, en examinant avec soin la surface de section de la protubérance, de quel côté siège la dégénérescence. Différences dans Les deux hémisphères une fois séparés l'un de l'autre, partant de ce q*T existe' ou'Vnon principe qu'en anatomie pathologique comme en anatomie normale, les une lésion corticale, faisceaux nerveux doivent être étudiés de préférence, sur des coupes perpendiculaires à leur direction, nous traitons l'hémisphère malade de deux manières différentes, suivant qu'il existe ou non une lésion corticale, et les coupes que nous y pratiquons sont toujours faites en conservant la pie-mère.

Dans io cas de ié- A. Il existe une lésion corticale. — Dans ce cas nous pratiquons les

sinn corticale, diviser • . ,n ^\

rhémisphère en trois coupes suivantes (fig. o) :

I" Lue coupe vertico-transversale CD) passant en arrière du bourrelet du corps calleux.

± l ue coupe également vertico-transversale (AB) passant en avant du genou du corps calleux.

L'hémisphère est ainsi divisé en trois segments : un postérieur compre-

nant le lobe occipital ci une partie du lobe pariétal; un antérieur comprenant la partie antérieure du lobe frontal; un moyen plus volumineux que les autres, comprenant la région rolandique, la partie moyenne, des circonvolutions temporales, le pied des circonvolutions frontales, les ganglions de la base, le pédoncule et la partie correspondante de la protubérance. Les segments antérieur et postérieur sont placés jusqu'à durcissement dans le liquide de Millier, et si la lésion corticale est étendue et profonde, permettant par conséquent une facile imbibition de la pièce, nous agissons de même pour le segment moyen. Dans le cas contraire, nous pratiquons sur ce tronçon moyen, une coupe horizontale (EF) passant par le tiers supérieur de la couche optique. Dans le premier comme dans le second cas, les pièces une fois durcies sont coupées au microtome, les segments antérieur et postérieur sont débités en séries dans le sens vertico-transversal et en entier, le segment moyen clans le sens horizontal et dans toute sa hauteur. Si ce dernier a été divisé en deux à l'état frais, les deux morceaux sont également coupés en séries toujours dans le sens horizontal. A l'aide de ce procédé, non seulement on arrive à localiser une lésion corticale avec une précision très grande, mais on peut étudier dans tout leur trajet les faisceaux atteints de dégénérescence, ce qu'il est impossible de faire faire durcir, avec les autres méthodes

de coupes. Quels que soient le siège et l'étendue de la lésion corticale, cette division de l'hémisphère en trois segments donne de bons résultats.

H. Il n'existe pas de lésion corticale. — Dans ce cas nous pratiquons sur l'hémisphère une coupe horizontale passant par le tiers supérieur de la couche optique et, après avoir pris un croquis de la topographie de la lésion, les deux moitiés de l'hémisphère sont durcies dans le liquide de Millier, puis coupées au microtome. En résumé, nous pratiquons dans ce cas une coupe de Flechsig plus élevée que d'habitude. Si nous ne divisons pas ici l'hémisphère en trois tronçons, c'est que, dans le cas de lésion centrale de l'hémisphère, les seules dégénérescences vraiment importantes à étudier, sont celles des faisceaux de la capsule interne et de la région de la calotte.

Fig. G. — Coupi cerveau présentant une lés

Sens dans leque on doit couper ai micro tome les segments une fois durcis

cette méthode pour L'étude des localisations et des dégénérescences.

Technique à suivre lorsque la corticalité est intacte.

Lorsqu'il n'existe pas de lésion corticale ou centrale, que le foyer Dans le cas de iê-

^ r i J S10n protubérantielle

siège dans la protubérance ou le pédoncule, on pourra reconnaître le plus ou pédoncuiaire, em-

... , 1 , - , ployer la coupe de

souvent son existence — asymétrie et aplatissement de la région, etc., — Mejnen.

en pratiquant l'examen général de l'encéphale aussitôt après l'autopsie. Dans ce cas, pour étudier la dégénérescence des faisceaux en coupes sériées, on aura recours à la coupe dite de Meynert, et on fera durcir le tronc encéphalique en entier.

Cervelet. — Lorsque l'on veut faire durcir le cervelet, on aura soin de ne pas le séparer du tronc encéphalique, et on divisera chaque hémisphère cérébelleux de dehors en dedans, à l'aide d'une coupe horizontale. Dans le cas de lésion cérébelleuse, si cette dernière est corticale et profonde, on pourra faire durcir en bloc l'hémisphère correspondant ; dans le cas contraire, on pratiquera une coupe dans le même sens que lorsque le cervelet est normal.

Protubérance et bulbe rachidien. — On peut faire durcir ces parties en bloc, et c'est le seul procédé à employer si Ton veut obtenir des coupes sériées; dans le cas contraire on divisera la protubérance à l'aide d'une coupe horizontale, passant par sa partie moyenne, et on pratiquera sur le bulbe rachidien une coupe analogue passant par la région moyenne des olives. Quant à la moelle épiai ère. on la divisera, si c'est nécessaire, à l'état frais en un*1 série de segments, dont la surface de coupe passera entre les racines rachidiennes . Il est préférable de ne pratiquer ces coupes, que lorsque la moelle a déjà séjourné une semaine dans le liquide de Millier, car on évite ainsi le gonflement ultérieur des surfaces de section. Pendant l'été, nous avons l'habitude île ne faire qu'une seule section de la moelle épinière, et de plonger de suite cet organe dans le liquide de Millier.

Durcissement des i . Méthodes i>E durcissement. — Qu'il s'agisse de pièces normales ou '\l\n\i\r '•],'■ \u\\"r. nalhologiques, l'emploi des solutions de bichromates — de potasse ou d'ammoniaque — est aujourd'hui d'un usage généra] pour obtenir le durcissement des centres nerveux, et nous donnons, pour notre part, la préférence au liquide de Millier.

Eau 100 grammes.

Bichromate de potasse 2 —

Sulfate de soude 1 —

Mécessité d'em- Quelle que soit du reste la solution de bichromate dont on fasse usage, quM*it<-sedeSîiquide il est de toute nécessité, pour obtenir de bons durcissements, d'employer et deie changer sou- (|0 gran(jos quantités de liquide et de renouveler souvent ce dernier. Pour un hémisphère, il faut cinq ou six litres de liquide; pour le cerveau de l'homme, huit à dix litres; pour l'isthme de l'encéphale, cervelet compris, quatre à cinq litres; pour le cervelet seul, deux litres; pour la moelle épinière, quatre litres.

Temps nécessaire Le renouvellement du liquide doit avoir lieu souvent, très souvent durcis^.'-nH-ni avoL°ie surtout les premiers jours. Nous avons l'habitude de changer le liquide liquide de Millier. |()US ]os jours [a première semaine, tous les deux jours la deuxième, tous les quatre jours la troisième et la quatrième semaine, puis toutes les semaines jusqu'à complet durcissement. Pour faire durcir un hémisphère ou un cerveau humain, il faut en moyenne — car il existe à cet égard des

MÉTHODES USITÉES D A N S L'ÉTUDE DES CENTRES NERVEUX. 2a

différences assez grandes et dont nous ignorons les causes — , de dix, douze à quinze mois. Ce temps est nécessaire, si l'on veut obtenir d'une part une pièce suffisamment dure pour être coupée facilement, et d'autre part suffisamment imbibée de sels de ebrôme, pour se prêter à de bonnes différencialions par les méthodes de Weigert ou de Pal. Pour la moelle épinière il faut de six ù huit mois. On aura soin autant que possible, de tenir les pièces à l'abri de la lumière.

L'état de la température influe beaucoup sur la rapidité du durcisse- influence de îatemment : on sait, en effet, depuis longtemps, que les pièces durcissent plus cis^ment!'"" '° du" vite l'été que l'hiver. On peut du reste accélérer beaucoup le durcissement, en mettant dans l'étuve à 40°, le cristallisoir contenant la pièce, à condition de le fermer hermétiquement, de manière à empêcher la concentration du liquide. On peut dans ces conditions durcir un hémisphère en cinq ou six semaines; mais d'une manière générale, nous croyons qu'il est préférable d'employer la méthode de durcissement lent.

Lorsqu'il s'agit de cerveaux malades, on aura soin de ne pas enlever les Durcissement des méninges s'il existe des lésions corticales, et de pratiquer les coupes mé- ''^ewx pathol°K1" thodiques que nous avons indiquées plus haut. On s'exposerait, en effet, en faisant durcir l'hémisphère en bloc, à ne pas obtenir un durcissement suffisant des masses centrales, ou encore à avoir au bout de quelques mois une pièce dont le centre serait plus ou moins putréfié. Ces accidents, peu importants lorsqu'il s'agit de cerveaux sains, faciles à remplacer, sont naturellement irréparables lorsqu'il s'agit de cerveaux pathologiques.

Enfin, dans l'un comme dans l'autre cas et pour éviter les déformations, Procautions à on aura soin, s'il s'agit d'un seul hémisphère, de le coucher au fond du ^e^TiovmTùooTan cristallisoir sur sa face interne, et s'il s'agit d'un cerveau entier, de le faire ^»u^ d" duroissereposer sur sa convexité. Dans les deux cas, une couche épaisse d'ouate hydrophile, sera interposée entre le tissu nerveux et le fond du récipient. Afin d'éviter les déformations, conséquence d'une pression trop prolongée, on retournera la pièce fréquemment.

Pour la moelle épinière, la protubérance et le bulbe, on se servira également de liquide de Millier. La moelle sera posée à plat dans un cristallisoir, d'une contenance de quatre litres, sur de la ouate hydrophile, ou bien suspendue dans un bocal ; le liquide sera renouvelé aussi souvent que précédemment. Il est nécessaire, "pour obtenir un bon durcissement, de Technique à suivre

. , , . , , ... pour le durcissement

séparer la moelle en une série de fragments, mais, ainsi que nous t avons rùe la m0eiie épidit, il y a avantage à ne pratiquer ces coupes que lorsque la moelle, le n"''rebulbe, etc., ont séjourné une semaine au moins dans le liquide de Millier. Dans les cas pathologiques cependant, il y a intérêt à déterminer la topographie des lésions médullaires, ainsi qu'à pratiquer l'examen microscopique d'une parcelle du tissu malade — étude des lésions cellulaires et Étude histoiogique

i ■ . , i • . i i i ^ , îii des lésions à l'état

vasculaires, caractères lustologiques de la sclérose, recherche des corps frais. granuleux, état des racines. — 11 sera donc nécessaire de pratiquer quelques coupes à l'état frais, en ayant soin d'en limiter le plus possible le nombre. On se rappellera aussi que, lorsque la moelle épinière est atteinte de

Durcissement i pide oljteuu par liquide d'Erlicki.

ramollissement — surtout lorsque la lésion est de date récente, — - la moelle a perdu sa consistance sur une partie plus ou moins grande de son étendue, et que La section de l'organe au niveau des parties malades, compromet gravement le durcissement ultérieur de la pièce. On tiendra encore grand compte de l'état de la température au moment où l'autopsie esl pratiquée, car la loi française n'autorisant l'ouverture des corps que vingt-quatre heures après la mort, il n'y a en général pas de temps à perdre, pendani l'époque des tories chaleurs, si l'on veut obtenir un bon durcissement des pièces.

Pour le durcissement des troncs nerveux, on emploiera la môme technique que pour la moelle épinière — liquide de Mûller, — ou l'acide osmiquc si on veut obtenir un durcissement rapide (Page 43).

Pour obtenir un durcissement rapide, certains liquides ont été préconisés, entre autres le liquide d'Erlicki dont voici la formule :

lue,

cette i

Bichromate de potasse 2 gr. bO.

Sulfate de cuivre 0 — liO.

Eau 100 grammes.

Avec ce liquide on peul obtenir en huit ou dix jours le durcissement de la moelle épinière à froid, en quatre ou cinq jours dans l'étuve à 40°. Nous ne recommandons pas l'emploi du liquide d'Erlicki, car il a le grand inconvénient de ratatiner les tissus, et d'amener la formation de précipités forl -('liants pour l'interprétation des coupes.

Pour durcir de petits fragments du système nerveux central ou périphérique, ainsi que les ganglions, on peut avoir recours au liquide de Fol.

Solution d'acide osmique à 1 p. 100. . 2 volumes.

Solution d'acide chromique à I p. lui). 2b — Solution d'acide acétique ;'i 2 p. 100. s —

Eau distillée 68 —

On emploiera de grandes quantités de liquide que l'on renouvellera dès qu'il perdra sa limpidité. Les pièces y séjourneront de un à deux jours au moins, puis seront lavées dans l'eau distillée et, si on ne les coupe pas île suite, conservées dans de l'alcool à 80".

Nécessité d'employer le microtome pour les coupes du système nerveux central.

5. Méthodes employées pour pratiquer les coupes. Inclusion des pièces. Microtomes. Méthode des coupes en séries. Montage des coupes macroscopiques. — Pour obtenir de bonnes coupes du système nerveux central, il est nécessaire de les pratiquer au microtome sur des pièces préalablement durcies, (-elle pratique, indispensable pour les coupes microscopiques, nous parait également nécessaire pour obtenir de bonnes coupes macroscopiques, car c'est le seul moyen d'obtenir des surfaces de section régulières, équidistantes et d'un répérage facile.

inclusion des pièces. — Pour obtenir des coupes minces des centres nerveux, il est nécessaire d'avoir des pièces non seulement bien durcies

par les bichromates, mais encore imprégnées dans toute leur épaisseur par une substance solidifiable. Un très grand progrès fut réalisé dans la technique, le jour où M. Duval introduisit en histologie, la méthode d'mchision au collodion, permettant d'exécuter des coupes minces et sériées. Cette méthode de Duval est aujourd'hui en usage dans tous les laboratoires, et ce que l'on désigne sous le nom d'inclusion à la celloïdine, n'est autre chose que l'inclusion des pièces dans un collodion chimiquement pur.

Voici la façon de pratiquer l'inclusion avec cette méthode. La pièce est lavée pendant quelques jours — une semaine au moins s'il s'agit d'un hémisphère entier — dans de l'eau distillée, opération qui a pour but de la débarrasser de l'excès de bichromate qui par la suite ternirait le collodion. Lorsque l'eau dans laquelle baigne la pièce ne présente plus de coloration jaune, on déshydrate cette dernière, en la plaçant dans de l'alcool ordinaire, pendant un temps qui varie suivant le volume de la pièce. Trois jours suffisent pour des fragments de moelle ou de bulbe; mais pour de grosses pièces, telles qu'un hémisphère entier, il faut au moins trois semaines, quelquefois davantage. On aura soin de renouveler l'alcool aussi longtemps qu'il prendra, au contact de la pièce, une coloration jaune. Au sortir de l'alcool ordinaire, la pièce passe dans l'alcool absolu, où elle séjournera de deux à huit jours, selon son volume. Après cette déshydratation complète, la pièce est plongée pendant un temps variable — vingt-quatre heures à huit jours suivant son volume — dans un mélange à parties égales d'éther et d'alcool absolu, en vase hermétiquement clos. Elle est désormais prête pour l'imprégnation au collodion ou à la celloïdine.

Le collodion épais de Duval, ou le collodion non riciné d'hôpital, s'emploient à consistance filante. On choisit un cristallisoir ou un flacon à large tubulure, en rapport avec le volume de la pièce à imprégner, et on place cette dernière dans la solution de collodion en ayant soin qu'elle y baigne de toutes parts. Le récipient est fermé hermétiquement de manière à empêcher complètement l'évaporation. C'est là une condition sine quâ non pour obtenir une bonne imbibition, qui n'est possible que si le collodion reste à l'état liquide. Le séjour dans le collodion sirupeux, varie d'une à cinq ou six semaines, suivant la grosseur de la pièce. Au bout de ce temps, l'imbibition étant complète, la pièce est transportée dans une solution épaisse de collodion, contenue dans un flacon ou un cristallisoir incomplètement fermés, permettant par conséquent une évaporation lente. Le collodion s'évaporant plus vite du côté de la surface que du fond, on aura grand soin pendant cette période de changer fréquemment la pièce de position. Lorsque le collodion a acquis un degré de consistance suffisant, la pièce est collée avec du collodion, sur un morceau de bois taillé de manière à s'adapter à la pince du microtome. Si au lieu du microtome à traîneau on se sert du microtome de Gudden, on entoure de parai line la pièce collodionnée au préalable. Lorsque l'on a affaire à de petits

Méthode de Duval.

Inclusion dans lo collodion.

Lavage de la piè ans l'eau distilla

Déshydratation par l'alcool ordinaire puis l>ar l'alcool absolu.

Mélange d'éther 'alcool absolu.

de la

>llodi Ht

Emploi du coll..

dion épais.

Inclusion de gros ses pièces au colla dion.

dion de pièces petit volume

îolloili :oupes

lusiou au collo- fragments de tissu nerveux — moelle épinière, troncs nerveux, — les pièces au sortir du collodion liquide, sont placées dans de petites boîtes rondes ou carrées, contenant du collodion épais. Après évaporation, on obtient des cylindres ou des tubes de collodion, contenant la pièce dans leur intérieur. Ce moyen est particulièrement recommandable si l'on se propose d'inclure à la fois la moelle et ses racines. Emploi de lu cet- Au lieu du collodion d'hôpital, on peut employer la celloïdine. Cette substance se trouve dans le commerce sous forme de plaques qui restent à l'état élastique et translucide, tant qu'elles n'ont pas subi trop longtemps le contact de l'air. Il suffit de dissoudre ces plaques, fragmentées en petits cubes d'un centimètre, dans un mélange à parties égales d'éther et d'alcool absolu, pour obtenir un liquide sirupeux, en tout point semblable au collodion, et que l'on manipule d'ailleurs de la même façon.

II arrive parfois, surtout lorsqu'il s'agit de pièces d'un grand volume, que, malgré toutes les précautions prises, la pièce n'est pas imbibée dans toute son épaisseur; après y avoir pratiqué un certain nombre de coupes, on tombe alors sur une surface sans cohésion et qui s'effrite sous le tran- Métiiodedo Duvai. clianl du rasoir. Dans ce cas il faut recourir à la méthode de Duval, c'està-dire an collodionnacje des coupes. On procède de la manière suivante : La surface de section bien affrontée par le couteau du microtome est d'abord complètement séchée à l'aide d'une poire de liiehardson, puis, avec un pinceau, on la recouvre rapidement d'une mince couche de collodion liquide. Celle couche une fois desséchée, on pratique la coupe; on répète la même opération à chaque coupe. Cette méthode du collodionnage des coupes est très précieuse lorsqu'on veut obtenir des coupes en série, mais n'est pas applicable aux microtomes dans lesquels la pièce est maintenue sous l'eau ou sous l'alcool. Elle ne peut servir qu'avec le microtome ordinaire à traîneau.

Inclusion à lu paraffine. — Pour imbiber de paraffine, un fragment de substance nerveuse préalablement durcie dans les bichromates, il faut d'abord laver la pièce à l'eau distillée pendant plusieurs jours. On procède ensuite à sa déshydratation par les alcools — ordinaire et absolu — pendant un à quatre ou cinq jours et même davantage, selon son volume. La pièce est ensuite placée dans du xylol pendant douze heures — plus longtemps si elle a un certain volume, — puis de deux à quatre heures dans un mélange à parties égales de paraffine et xylol contenu dans un flacon bien bouché. Au sortir de ce bain, on place la pièce dans une cupule et on arrose avec de la paraffine fondue, mais pas trop chaude, que l'on maintient pendant une heure à l'état de fusion. On place ensuite la pièce dans un moule quelconque (boite en papier, en carton, etc.), on verse autour d'elle de la paraffine fondue et on laisse refroidir. Lorsque le bloc tout entier a pris une teinte opaque par le refroidissement, on le colle sur un liège ou sur un morceau de bois. Pour avoir de bonnes imprégnations, il faut, en général, faire un mélange de différentes paraffines ayant des points de fusion différents — de i5" à 52°,— mélange que l'on fait à

parties égales à l'étuve. Les pièces imprégnées à la paraffine, doivent être L'mciusio coupées à sec et perpendiculairement à leur axe, et non pas obliqueme comme avec les autres procédés d'inclusion. L'inclusion à la paraffine, df petites permet d'obtenir des coupes plus minces que l'inclusion au collodion, mais n'est applicable qu'à de petites pièces.

Les mélanges de cire et d'huile — une partie de cire pour trois parties Méthode d'ei d'huile — proposés pour les grands microtomes à cylindre, celui de Gudden ^paraffine!"'6 entre autres, ou l'enrobement de la pièce avec de la paraffine fondue, constituent des méthodes d'enrobement, de contention, mais non d'imprégnation.

Afin de bénéficier à la fois des avantages du microtome de Gudden et procédé mix de l'imprégnation au collodion, nous avons eu recours à un procédé mixte rJi3u,H "'i''"! — imprégnation au collodion et enrobement à la paraffine. — Ce procédé ment à la.Pai qui nous a permis d'obtenir très facilement des coupes en séries d'un hémis- tinées être ci phère entier est le suivant : Lorsque la pièce a été suffisamment imprégnée de".1 °m par le collodion, et que ce dernier forme autour d'elle une couche résistante d'environ deux centimètres d'épaisseur, on pratique dans la partie inférieure de cette couche des incisions en différents sens et profondes de 1 centimètre. La pièce est ensuite plongée dans le cylindre du microtome de Gudden contenant de la paraffine fondue, et elle est orientée suivant le sens des coupes que l'on veut y pratiquer. 11 n'est pas nécessaire qu'elle baigne en entier dans la paraffine, il suffit qu'elle y soit immergée d'un tiers. La paraffine pénètre entre les fentes du collodion et, lorsque la masse est solidifiée, la pièce se trouve fixée très solidement. La masse de paraffine employée dans cette opération est considérable, et subit une rétraction telle, qu'il est prudent d'attendre vingt-quatre heures avant de commencer les coupes.

microtomes. — De tous les microtomes imaginés pour obtenir des coupes totales d'un hémisphère, le meilleur à notre avis, est encore le microtome dit de Gudden, instrument qui permet de couper un hémisphère ou un cerveau entier dans n'importe quel sens.

Le microtome que nous employons actuellement, diffère du reste beau- Mïcroi

coup de celui imaginé par Gudden, et les modifications qui en rendent Gndd^modu aujourd'hui l'emploi si pratique, sont dues tout entières à. Forel. ForeL

Cet instrument se compose (voy. fig. 7) d'un cylindre métallique creux, enchâssé par sa partie supérieure dans une cuve en zinc, de forme rectangulaire et à parois d'une hauteur de 8 centimètres. Le corps du cylindre est situé au-dessous de la cuve ; quant à cette dernière elle repose, sur le sol à l'aide de pieds, qui l'élèvenf à peu près à la hauteur d'une table à écrire. Le fond du cylindre est mobile, et monte ou descend à volonté a l'aide d'une vis micrométrique, mise en mouvement au moyen d'une roue horizontale. Cette roue est dentelée, et appuie sur un ressort qui déclanche avec bruit, chaque fois qu'il est mis en contact avec une dentelure, jouant ainsi le rôle d'avertisseur, comme dans certains microtomes à glissière. Un tour complet de la roue fait agir seize fois le ressort, et monter

,p|.Ur

piec

le fond du cylindre delà hauteur d'un pas de vis. La hauteur de ce pas étant de 1 millimètre, on peut faire monter la pièce de l]16, 1]12, 1]8, etc. de millimètre, suivant que la fraction de tour que l'on imprime à la roue correspond à un, quatre ou huit déclanchcments.

La partie supérieure du cylindre, celle qui est enchâssée dans la cuve, est constituée par un anneau en cuivre abords plats et lisses — ou bien dans certains modèles, par un anneau de verre, — sur lequel doit glisser le couteau employé pour pratiquer les; coupes. Ce couteau est d'un modèle un peu spécial. Beaucoup plus long que dans les autres microtomes, il est muni à chaque extrémité d'une poignée qui sert à le manier. Sa lame est plate intérieurement et légèrement concave sur sa face supérieure. Pour pratiquer une coupe, on saisit le couteau avec les deux mains, et on le fait

glisser obliquement de gauche à droite et d'avant en arrière, en appuyant son extrémité droite, sur une règle métallique à direction diagonale, fixée dans le fond de la cuve. Avec ce microtome on coupe sous l'eau, mais on peut tout aussi bien couper sous l'alcool. Si on ne se sert pas, en général, de ce dernier procédé, cela tient à ce que la surface d'évaporation, l'été surtout, expose l'opérateur à l'intoxication par les vapeurs de l'alcool. Pendant qu'on manœuvre le couteau, les deux mains sont constamment dans l'eau; pour protéger les avant-bras, on fixe dans les angles de la cuve deux supports triangulaires en bois. On aura soin de couper sous de l'eau distillée ou préalablement bouillie.

Le microtome de Gudden, n'est donc en réalité qu'un gigantesque microtome de Ranvier, adapté à une cuve métallique. Un en fabrique des modèles de dilférentes grandeurs. Dans le modèle que nous employons, le diamètre du cylindre est de 21 centimètres. Ce microtome, nous le répétons, nous parait être jusqu'ici le meilleur que nous possédions, pour elfectuer des coupes d'hémisphères entiers. Ce n'est pas que l'on n'ait imaginé, différents modèles de microtomes à traîneau, permettant de couper de larges surfaces, mais ils ont tous le grave défaut, de ne pouvoir être utilisés que pour des pièces de peu d'épaisseur — 3 à 4 centimètres au plus — et par conséquent ne permettent pas d'obtenir des coupes sériées sans interruption, coupes dont l'importance est capitale, tant au point de vue de l'anatomie normale que de l'anatomie pathologique. Au contraire, le

wnr,

microtome à glissière, d'un maniement plus facile, trouve son emploi pour les coupes sériées du bulbe et de la protubérance, de la moelle épinière, de la région sous-optique et même de la capsule interne.

coupes en séries. — Différents procédés ont été indiqués pour obtenir iw. th des coupes sériées des centres nerveux. Le plus simple, le plus pratique et le plus communément employé, est celui de Darkschewitch. On prend du papier à filtre, suffisamment collé pour ne pas être trop poreux — autrement il concentrerait trop les solutions colorantes dans lesquelles il sera plongé avec les coupes, — et on y découpe des feuilles plus ou moins arrondies, dont le diamètre dépasse de un à deux centimètres, celui de la surface de la pièce que l'on veut couper. Chaque rond de papier est numéroté au crayon — nous verrons pourquoi a propos des colorations — et le nombre de ces ronds, sera proportionnel à l'épaisseur de la pièce placée dans le microtome. C'est ainsi que pour couper avec le microtome de Gudden un hémisphère entier dans le sens vertico-transversal, il faut compter 1 800 à 2 000 numéros. Pour des coupes de petite surface, le papier procédé de Darkcloset peut être employé de préférence au papier à filtre, mais il ne peut sohewitchservir pour les grandes coupes, car étant très flexible, il se replie sur lui-même trop facilement.

La série des papiers une fois préparée, on procède de deux manières, Emploi du procédé suivant que l'on opère avec le microtome de Gudden ou avec le microtome avoci!''n!]tro''',n,,,'!i!! à traîneau ordinaire. Dans le premier cas, la coupe nageant dans l'eau, on Guddenla sort à l'aide d'une plaque de verre et on applique le rond de papier sur la coupe, la face du papier sur laquelle est inscrite le numéro étant appliquée sur cette dernière. On tire ensuite le papier horizontalement sur la lame de verre et la coupe reste adhérente au papier. Si on a affaire à un cerveau bien imprégné parle collodion — et c'est ce qu'il faut toujours chercher à obtenir — l'emploi de la plaque de verre est inutile, et on saisit la coupe avec la feuille de papier à filtre, en la déposant sur le côté de cette feuille qui porte le numéro d'ordre. Lorsqu'on se sert du microtome à traîneau, comme la coupe ici reste sur le couteau, on applique sur elle la lame de papier et on tire horizontalement.

Les coupes ainsi obtenues et superposées suivant leur numéro d'ordre, on les traite ensuite par ditférents procédés de coloration.

Le nombre de coupes que l'on montera dans une série, variera nécessai- Nombre des coupes rement suivant le but que l'on se proposera d'atteindre. Lorsqu'on fait de nlouier" ViaDs 'J l'anatomie normale il faut, dans certaines régions — la région sousoptique entre autres, — colorer et monter en moyenne une coupe sur deux. Lorsqu'on étudie les dégénérescences secondaires, il faut également proportionner le nombre à la région que l'on étudie. D'une manière générale, il faut rapprocher les numéros, dès que les faisceaux approchent d'une région où ils changent de direction.

PROCÉDÉ DE CONSERVATION DES COUPES MACROSCOPIQUES PRATIQUÉES SUR DES CERVEAUX DURCIS DANS LES BICHROMATES. — Les COlipeS micrOS-

copiques sériées, pratiquées au microtome de Gudden, sont colorées et

Emploi d, de Darks

montées par les procédés ordinaires. De même, lorsqu'un hémisphère a été débité au microtome de Gudden, en coupes macroscopiques sériées d'un millimètre d'épaisseur, il est avantageux de pouvoir conserver ces coupes.

Nous employons dans ce but un procédé de conservation parla gélatine stérilisée. On prépare la solution suivante :

('■('•latine 2oO grammes.

Eau 2000 —

Solution de sublimé à 1/10. . . . 25 cent, cubes.

On chauffe ce mélange jusqu'à dissolution complète de la gélatine, on l'éclaircit à l'aide d'un blanc d'œuf, on le filtre puis on le verse dans une cuve en porcelaine el on laisse refroidir jusqu'à 40° ou 35".

I In prend ensuite les coupes les nues après les autres et on les traite de la manière suivante : chaque coupe, reposant sur une feuille de papier à filtre numérotée, es! appliquée sur une lame de verre (de vitrier), on retire la feuille de papier et on sèche la coupe à l'aide de feuilles de papier buvard, jusqu'à ce qu'elle ait acquis un degré de dessiccation suffisant pour adhérer au verre: — on plonge ensuite la coupe et la lame dans la gélatine liquide, on recouvre d'une autre laine de verre, de dimension inférieure à la précédente, on place un poids de 500 grammes environ sur la lame supérieure et on attend la solidification de la gélatine. Puis on sort la préparation en exerçant quelques mouvements de latéralité, on la nettoie sur ses deux faces et on la borde avec de la paraffine, de la cire à cacheter dissoute dans l'alcool, ou du baume de Canada sec dissous à l'aide de la chaleur. < In obtient ainsi des préparations persistantes. Cette méthode rend île- services non seulement au point de vue de renseignement de l'analomie lopographique — coupes faciles à manier et pouvant être examinées sur leurs deux faces — mais encore au point de vue de la localisation îles lésions, car il est facile de dessiner ces dernières sur la laine de verre.

Méthodes tic colo- G. Méthodes de colohation. — Les méthodes de coloration varient suivant les éléments du système nerveux que l'on veut étudier. Les unes Coloration des sont applicables a l'élude des libres à myéline, d'autres à l'étude des cel-

i.iv» a myvuw. |u|)>s nerveuses et de leurs prolongements cylindre-axiles ou protopiasmiques, d'autres enfin à la névroglie, au tissu conjonctif et aux vaisseaux.

Méthode de Wei- A. coloration des fibres a myéline. — Méthodes de Weigert et de Pal. — Ces méthodes ne sont applicables qu'aux pièces durcies dans les bichromates.

Méthode de Weigert. — Ces coupes, munies de leur papier numéroté, doivent être placées dans la solution colorante sans subir le contact de l'eau ; aussi est-il nécessaire, lorsqu'on emploie le microtome de Gudden, de

les déshydrater pendant une heure dans de l'alcool à 90°. Elles sont ensuite plongées dans la solution suivante :

Hématoxyline 1 gramme.

Alcool absolu 10 —

Eau distillée 90 —

Le liquide est porté à l'ébiûTition dans une capsule de porcelaine, puis, lorsqu'il est refroidi, on y ajoute 1 centimètre cube d'une solution de carbonate de lithine à 1/100.

Les coupes doivent séjourner en hiver vingt-quatre heures dans le coloration des liquide, un peu moins en été, ou une demi-heure seulement dans une Sodé d de^Veï étuve à 40°. Les colorations lentes de dix-huit à vingt-quatre heures nous seit paraissent préférables. Les coupes prennent dans cette solution une coloration d'un noir intense; elle sont soumises ensuite à l'action d'un liquide décolorant composé comme suit :

Rorax 2 grammes.

Fenï-cyanure de potassium '2 gr. 50.

Eau distillée 100 grammes.

Cette solution est en général beaucoup trop forte, surtout lorsqu'on Décoloration des pratique des coupes en séries, coupes qui doivent être colorées et décolo- lhXLaweiçcrt.le" rées en grand nombre à la fois, car ces coupes étant plus ou moins superposées les unes aux autres, certaines d'entre elles sont déjà trop décolorées, quand d'autres sont encore complètement noires. Nous employons la solution précédente étendue de quatre fois son volume d'eau, et mettons trois, quatre et même cinq jours à décolorer nos coupes, en changeant le liquide chaque jour, et en l'employant en grandes quantités, un litre par exemple, pour une trentaine de coupes vertico-transversales d'un hémisphère cérébral. Nous sommes certains de la sorte de ne jamais obtenir de coupes trop décolorées.

Lorsque les coupes sont suffisamment décolorées, elles présentent une apparence spéciale, qui constitue l'état dit de différenciation sur lequel est basée la méthode de Weigert. Toutes les fibres à myéline ont pris une coloration d'un noir bleuâtre, tandis que la substance grise ainsi que la névroglie, les vaisseaux et les cylindres-axes, se sont teintés en jaune tirant plus ou moins sur le brun.

Pour être montées, les coupes doivent subir, au sortir de la solution Les coupes, une fois décolorante, les préparations suivantes : \^

1° Séjour prolongé dans l'eau distillée. Nous les y laissons en général ^ trois à quatre jours en renouvelant l'eau chaque jour. Nous sommes arrivés j°u> par ce procédé, à obtenir des coupes se conservant indéfiniment sans noircir jamais.

2° Déshydratation par un séjour de deux heures dans l'alcool à 90" et d'une demi-heure dans l'alcool absolu.

, sont lai distillée plusieurs

Désh.i eelairci coupes.

:{° Éclaircissement dos coupes à l'aide du liquide suivant dont nous devons la formule à Weigert :

Acide pliénique pur neigeux) I partie.

XvloI 3 parties.

Le x do Wc

de

Emploi goto, do l'esseuce do girolle ou de liciffaniotc, pour éclaircir

précitées de collo-

Emploi do la inétliodc de Weigerl pour l'étude des dégénérescences secondaires.

le fond duquel on verse du sulfate de cuivre porphyrisé et anhydre, en quantité suffisante pour former au fond du flacon une couche de 2 centimètres de hauteur. On aura soin de renouveler le sulfate de cuivre dès qu'il présentera la moindre trace de coloration bleuâtre, indiquant qu'il commence à s'hydrater.

Le liquide proposé par Weigert, et dont l'emploi est préférable aux anciens procédés d'éclaircissement des coupes — car il ne dissout pas le collodion, — ne présente pas seulement l'avantage d'éclaircir la préparalion, mais il exerce encore sur cette dernière une action déshydratante. On en fait usage de la manière suivante : On verse une certaine quantité du liquide dans une assiette et on y plonge les coupes au sortir de l'alcool absolu; l'éclaircissement esl pour ainsi dire instantané.

Le mélange de xylol et d'acide phénique de Weigert. est applicable également aux préparations traitées par la méthode de Pal ou par le carmin, mais décolore celles qui sont traitées par les couleurs d'aniline. Pour éclaircir ces dernières, on se servira d'un mélange de xylol et d'huile d'aniline. Pour les coupes provenant de pièces non imprégnées au collodion, on peut se servir comme réactif éclaircissant, de créosote, d'essence de girolle, ou de bergamote.

Une lois éclaircies, les coupes sont montées dans du baume de Canada dissous dans le xylol, recouvertes d'une lamelle et conservées à l'abri de la lumière. Pour les grandes coupes des hémisphères on ne peut, à cause du prix de revient, recouvrir les coupes d'une série entière avec des lames minces, ce qui du reste n'est nullement nécessaire. On se bornera à en monter une avec une lame mince, tous les dix ou tous les vingt numéros et les autres seront recouvertes d'une plaque de verre ordinaire.

Pendant ces différentes manipulations — depuis la coloration jusqu'au montage, — la coupe reste toujours appliquée sur sa feuille de papier filtre, qui ne la quitte que lorsqu'elle est déposée sur la lame de verre. S'il s'agit de coupes sériées et partant numérotées au crayon, le numéro réapparaît en même temps que la préparation se décolore. On l'inscrit aussitôt sur la préparation.

Cette méthode de Weigert — applicable aux nerfs périphériques comme aux centres nerveux, — constitue le plus grand des progrès accomplis dans la technique histologique, pour l'étude du trajet des fibres nerveuses. Son emploi en anatomie pathologique n'est pas moins utile, et son importance est capitale pour l'étude des lésions de la substance blanche — dégénérescences, etc.

MÉTHODES USITÉES DANS L'ÉTUDE DES CENTRES NERVEUX. 3o

de W(

La coloration noir bleuâtre, que prennent à l'état normal les tubes à Coloration <i myéline, varie d'intensité suivant tel ou tel système de fibres. C'est ainsi ceauxMau en particulier que dans le cerveau, les radiations optiques de Gratiolet, th prennent sous son influence une coloration beaucoup moins foncée que le faisceau longitudinal inférieur, et ces différences d'intensité de coloration sont d'une très grande importance en anatomie normale, car elles nous permettent de suivre tel ou tel système de fibres, au milieu d'entrecroisements plus ou moins compliqués.

Pour obtenir une différenciation encore plus parfaite des fibres à myéline, Weigert a modifié sa première méthode, et imbibe d'un sel de cuivre da! la pièce avant de la couper. S'il s'agit d'une pièce de petit volume — moelle, bulbe, protubérance, — la pièce imbibée de collodion et fixée sur son support, est placée dans une solution saturée d'acétate neutre de cuivre, à laquelle on ajoute un volume égal d'eau distillée, puis mise àl'étuve à 40" pendant une demidieu re. Ce procédé, qui a le désavantage de racornir la pièce , n'est applicable qu'à de petits fragments de substance nerveuse, et ne peut être employé pour des coupes d'hémisphère entier. Il n'est du reste pas nécessaire de traiter la pièce par le cuivre avant de la couper, car on obtient d'aussi bons résultats — et sans racornir la pièce, — en plaçant les coupes dans la solution cuprique en question, soit une demi-heure à l'étuve à 40°, soit vingt-quatre heures à la température ambiante. Nous ferons, du Le cuivrage des reste, remarquer que l'action du cuivre n'est pas nécessaire pour obtenir

cessaire pour obtenir

une bonne différenciation, à condition que les pièces aient séjourné long- tiatlo^plr^métcmps dans le bichromate. Aucune des préparations que nous avons faites thode de Weigert. pour l'ouvrage que nous publions ici n'a été traitée par le cuivre.

Méthode de Pal. — Cette méthode n'est qu'une variante de la précédente. Les coupes sont placées dans une solution d'hématoxyline, préparée de la même manière que dans la méthode de Weigert. Si la pièce dont elles proviennent n'est pas très imprégnée par les bichromates, il sera bon de placer les coupes pendant quelques heures dans une solution de bichromate de potasse, avant de les colorer. Elles resteront dans le liquide colorant vingt-quatre heures, ou deux heures seulement si on fait usage de l'étuve à 40°. Au sortir de l'hématoxyline les coupes sont lavées dans l'eau distillée, puis placées dans la solution suivante :

Eau distillée 400 grammes.

Permanganate de potasse t gr. —

Elles séjournent dans cette solution un temps très court, d'une demiminute à cinq minutes, et en sont retirées, lorsque la substance grise se détache nettement en brun sur le reste de la coupe qui est noir. Elles sont de nouveau lavées à l'eau distillée et placées dans la solution suivante :

Acide oxalique pur 1 gramme.

Sulfite de potasse ou de soude. ... I — Eau distillée 200 —

AiNATOMIE DES CENTRES NERVEUX.

Il est préférable, du reste, d'avoir dans des ilacons séparés, des solutions d'acide oxalique et de sulfure de potassium, à 1 p. 100, et de mélanger par parties égales, les deux liquides au moment d'en faire usage. Décoloration des Les coupes séjournent dans ce liquide un très petit nombre de minutes

thodedo rai. * (1/2 à 3), jusqu'à ce que leur coloration soit devenue bleu grisâtre. Si ce changement de coloration ne se produit pas, il faut de nouveau, et après avoir lavé les coupes à l'eau distillée, les placer dans la solution de permanganate, les laver de nouveau et les remettre dans la solution décolorante. Parfois on est obligé de répéter plusieurs fois de suite la même, manœuvre. Lorsque l'état de différenciation est atteint, les coupes sont lavées longuement à l'eau distillée et traitées, pour être montées, par les mêmes procédés que dans la méthode de Weigert, — alcool, xylol phéniqué. — -Les préparations obtenues par la méthode de Pal diffèrent de celles traitées par la méthode de Weigert, par ce fait que tout ce qui n'est pas fibre à myéline y est complètement décoloré — névroglie, cellules, vaisseaux, etc., — et que partant on peut colorer ces éléments, soit par le carmin ammoniacal ou le picro-carmin, le rouge de Magdala, l'éosine et surtoul par le carmin acétique ou aluné. Dans la méthode de Weigert ces différents procédés de coloration ne donnent pas de bons résultats. Avautages respec- L'une et l'autre de ces méthodes devront toujours être employées en

nv 'l' V' i de Pai. ' anatomie normale. La méthode de Pal l'emporte sur celle de Weigert pour la coloration des très fines fibres à myéline, mais nous paraît être un peu inférieure à cette dernière pour différencier les faisceaux les uns des autres. Avec la méthode de Weigert on obtient dans les faisceaux de l'encéphale, une -anime de colorations allant, suivant les faisceaux, du bleu noir intense au brun noirâtre, plus variée, du moins d'après notre expérience personnelle, qu'avec la méthode de Pal.

En anatomie pathologique les deux méthodes doivent être généralement employées, en particulier pour tout ce qui concerne les lésions de la substance blanche, — dégénérescences secondaires, scléroses systématisées ou diffuses, scléroses en plaques, etc.

Modiik-ations ap- Modification de la méthode de Weigert d'après Vassale. — Ce procédé, de Weigen par Vas- qui a pour but de simplifier la méthode de Weigert et de la rendre d'une exécution plus rapide, consiste à mettre les coupes pendant trois à quatre minutes dans une solution très chaude d'hématoxyline à 1 p. 100. Elles sont ensuite lavées à l'eau distillée, puis plongées pendant trois à quatre minutes dans une solution saturée d'acétate neutre de cuivre. Sorties de la solution cuprique, elles sont lavées de nouveau et décolorées dans la solution de Weigert (ferri-cyanurc et borax).

/>'. COLORATION DES CELLULES NERVEUSES ET DE LEURS PROLONGEMENTS. COLORATION DE LA NEVROGLIE, DU TISSU CONJONCTIF ET DES VAISSEAUX.

Carmin, picro-carminate d'ammoniaque, hématoxyline. Couleurs d'aniline. I m pré g nations mêla 1 1 iques .

a. Carmin. — Depuis que Gerlach a introduit le carmin dans la technique, bien des formules ont été indiquées. Nous employons le plus habi- coloration a tuellement la formule de Ranvier. Un gramme de carmin pulvérisé, est broyé mind'aPrèsRa dans un mortier de porcelaine avec quelques gouttes d'eau, auxquelles on ajoute un gramme d'ammoniaque. Lorsque le carmin est dissous, on ajoute 400 centimètres cubes d'eau distillée, puis on chauffe la solution au bainmarie pour enlever l'excès d'ammoniaque.

Les coupes sont placées dans un cristallisoir contenant de l'eau distillée, à laquelle on a ajouté de la solution précédente jusqu'à coloration fleur de pêcher; elles y restent vingt-quatre heures. Ce procédé dit de coloration lente est celui qui donne les meilleurs résultats. Avec celte méthode — coloration lente dans une solution faible, — les cellules et leurs prolongements, le cylindre-axe, des tubes nerveux, les septa conjonctifs, les tuniques des vaisseaux, les noyaux apparaissent colorés en rouge plus ou moins vif, el la charpente névroglique en rose pâle. Les gaines de myéline doivent rester blanches ou légèrement jaunes (bichromate). On peut rendre la coloration au carmin plus rapide, en plaçant sous le couvercle du récipient une goutte d'acide acétique, ou bien encore en chauffant au bain-marie.

Les coupes, une fois colorées, seront lavées à l'eau distillée, déshydratées par l'alcool ordinaire et l'alcool absolu, et éclaircies dans de l'essence de girofle — si la pièce dont elles proviennent n'a pas été imprégnée au collodion. — Il est à remarquer que les colorations au carmin donnent de plus beaux résultats, si la pièce n'a pas été soumise à l'action de l'alcool. Aussi, quand on veut avoir de belles colorations carminées des cellules et de leurs prolongements, est-il préférable de couper la pièce sous l'eau, après l'avoir lavée pendant un certain temps pour la débarrasser de l'excès de bichromate et sans la déshydrater. Au lieu de carmin, on peut employer le coloration a picro-carmin de Ranvier à l p. 100. Conservées à l'abri de la lumière, les ™"'ar""n '"" coupes coloriées au carmin se maintiennent indéfiniment.

Si on désire obtenir une coloration intense des noyaux, on emploie le carmin boraté, aluné ou lithiné.

Carmin-borax (Greenacher) : Carmin-borax rf<*

Chauffer jusqu'à ébullitiou en agitant le mélange, et en ajoutant goutte à goutte de l'acide acétique dilué, (b p. 100), jusqu'à ce que le mélange vire de la coloration rougebleu qu'il avait au début, ù celle du carmin ammoniacal. Laisser reposer le liquide pendant vingt-quatre heures, décanter et filtrer.

On colore les coupes de la manière suivante : On les lave dans l'eau distillée, et on les plonge dans la solution colorante, où elles prennenl très rapidement une coloration intense et diffuse. On les traite ensuite par les procédés que voici :

Greenacher.

Carmin . . .

Borax. . . .

Eau distillée

0 gr. 50 2 grammes.

1° Séjour dans un cristallisoir contenant la solution suivante :

Acide chlorhydrique I gramme.

Alcool 70 —

' Eau distillée 30 —

Il se produit une décoloration rapide qu'il faut surveiller.

2° Lavage à l'eau distillée. 3° Déshydratation par l'alcool absolu, éclaircissement et montage dans le baume de Canada. Avec cette méthode les noyaux présentent une coloration intense, mais les cellules sont modifiées par l'acide chlorhydrique. La coloration est en outre peu stable.

Carmin aluni' (Greenacher) :

Carmin I gramme.

Solution d'alun à ii \k 100. . . 100 centim. cubes.

Chauffer el tain' bouillir pendant une demi-heure. Filtrer après refroidissement.

On place les coupes dans cette solution, après les avoir préalablement lavées à l'eau distillée. Avec le carmin aluné,on n'a pas à craindre de surcolorations.

Carmin lithiné de Or///. — On fait dissoudre 2 parties et demie de carmin, dans !I7 parties et demie de solution saturée de carbonate de lithium. Les coupes plongées dans le liquide colorant prennent une coloration diffuse, el pour localiser celle dernière sur les noyaux, on lave les coupes dans la même solution (pie lorsque l'on emploie le carmin boraté (alcool, acide chlorhydrique el eau .

Lorsque les coupes traitées par le carmin aluné ou lithiné doivent être montées dans le baume de I lanada — et c'est le cas ordinaire, — il y a avantage à les traiter au sortir du bain colorant par le mélange suivant :

Alcool absolu 70 centim. cubes.

Eau picriquée (saturée a froid). . 30

Acide chlorhydrique H» gouttes.

Le mélange produit une liés bonne différenciation el commence la déshydratation.

Il est souvent nécessaire, en particulier dans les cas pathologiques, d'obtenir une bonne coloration de la névroglie. Jusqu'ici, nous ne possédons pas de technique qui permette de colorer exclusivement la névroglie. el dans les procédés de coloration au carmin que nous venons d'indiquer, les li brilles de la névroglie n'apparaissent pas nettement colorées. Par le procédé de la coloration en masse de Forel, procédé employé par Ranvier pour étudier la névroglie île la moelle épinière, et qui donne en outre de liés bons résultats pour la coloration des éléments nerveux, on obtient une liés belle coloration des fibrilles de la névroglie. Dans ce procédé on opère de la manière suivante : De petits fragments de substance ner-

veuse, durcis dans les bichromates, sont lavés plusieurs jours dans de l'eau distillée renouvelée chaque jour. Lorsque l'eau qui les contient ne se colore plus par les sels de chrome, on place chacun de ces fragments pendant trois à quatre semaines dans de petits tlacons bien bouchés, et contenant du carmin ou du picro-carmin à 1 p. 100. Au bout de ce temps on déshydrate les pièces par l'alcool et on les inclut soit, dans la paraffine, soit dans le collodion, mais de préférence dans la première de ces substances. Les coupes pratiquées au microtome, sont ensuite déshydratées et éclaircies par les procédés ordinaires, puis montées dans le baume de Canada. Par ce procédé, on obtient des préparations dans lesquelles les fibrilles de la névroglie apparaissent très nettement et très intensivement colorées, ainsi que les cellules nerveuses et les cylindre-axes.

En anatomie pathologique, il est souvent utile de pouvoir différencier Emploi en anatonettement, dans le tissu de soutènement des centres nerveux, le tissu con- """nmhol'/^iTcoiojonctif proprement dit de la névroglie. Sur les dissociations pratiquées à 011 raasse ,ie l'état frais, la différence est facile à établir par les caractères morphologiques, d'une part, par l'action de l'acide acétique qui gonfle et dissout le tissu conjonctif sans altérer la névroglie, d'autre part. Sur les pièces durcies par les bichromates et colorées par la méthode de Forel, on distingue en général très facilement à l'examen histologique, après action du carmin ou picro-carmin, les fibrilles de la névroglie d'avec les libres du tissu conjonctif. Dans certains cas cependant il est nécessaire, pour établir nettement les différences, d'avoir recours au procédé de Malassez et Citadin. Procédé de Maïas- Dans ce procédé, les coupes sont placées avant toute espèce de coloration, dans une solution de potasse à 40 p. 100 où elles séjournent un temps variant de dix à quinze minutes. Elles sont ensuite soigneusement lavées à l'eau distillée, colorées à l'aide du carmin ou du picro-carmin, et soumises à l'action de l'acide acétique concentré. Lavées de nouveau très complètement, elles sont montées directement dans la glycérine ou bien dans le baume de Canada, après déshydratation et éclaircissement. Au microscope, tout ce qui appartient au tissu conjonctif apparaît gonflé et décoloré, tandis que les fibrilles névrogliques n'ont subi aucune espèce de modification. Le procédé de Malassez et Chaslin a été employé par Chaslin dans ses études sur la sclérose cérébrale (1889), par Letulle et l'un de nous, puis par Achard dans des recherches sur les scléroses de la moelle épinière (1890).

Bématoxyline. — Une des méthodes qui permet le mieux d'apprécier l'état des tissus annexés au parenchyme nerveux, (méninges, tissu conjonctif, névroglie, vaisseaux), et qui rend de grands services en anatomie pathologique, c'est l'emploi de l'hématoxyline alunée comme colorant cytologique.

Les tissus nerveux étant durcis dans les bichromates, les composés colorants à base de carmin ont assez peu d'affinité pour les noyaux qui se colorent au contraire très bien par l'hématoxyline. On peut ainsi déceler les infiltrations embryonnaires méningées ou périvasculaires et la disposition de tous les éléments nucléés.

Ç.InikI,

. Son emploi pour

La solution colorante qui nous parait la plus favorable pour ce genre d'études est l'hématoxyline à l'alun, composée à peu près selon la formule indiquée par Boehmer.

< >n prépare séparément les deux solutions mères suivantes :

lrc solution :

Hématoxyline cristallisée. ... I gramme. Alcool à 90° lb centim. cubes.

Alun purifié 1 gramme.

Eau distillée 300 centim. cubes.

Os deux solutions, conservées isolément, gardent indéfiniment leurs propriétés. Elles serviront à préparer le mélange colorant, qui devra être fait huit à dix jours à l'avance, car ce n'est qu'au bout de ce temps que ce mélange fournit de bonnes élections colorantes.

On prend 50 ce. de la solution alunée à laquelle on ajoute 3 ce. de la solution alcoolique d'hématoxyline.

Le mélange exposé à l'air et à la lumière dans un vase couvert, se fonce [•en à peu ; on le filtre au bout de huit jours et il est alors bon à employer. Il conserve ses propriétés pendant un à deux mois seulement.

Les coupes faites sur des pièces incluses dans le collodion, sont mises dans le mélange colorant pendant une à deux minutes; on doit les retirer avant qu'elles aient pris une teinte foncée. En plaçant de temps en temps la coupe sous l'objectif du microscope, on constate que les noyaux prennent la coloration violette avant que le reste de la coupe se teinte. Si l'on avait dépassé ce point, on pourrait débarrasser la coupe de l'excès de matière colorante, en la lavant dans de l'eau distillée additionnée de quelques gouttes d'acide acétique. Quoi qu'il en soit, les coupes seront en dernier lieu lavées à l'eau distillée, puis déshydratées et montées d'après les procédés ordinaires.

Double coloration Sur les coupes de tissu nerveux ainsi traitées, les noyaux sont colorés iri hématoxy meci gn vj0|(>| c| je tjssu nerveux présente une teinte légèrement grisâtre assez peu favorable à l'examen. Pour obtenir plus de netteté, on colore le fond cm plaçant les coupes dans une solution aqueuse d'éosine à 5 ou 10 p. 100. Double coloration Le mieux est de faire la double coloration avec le carmin, et dans ce w le carmin ci i lie- C;|S on {\oyVil je préférence colorer d'abord par le carmin avant d'employer l'hématoxyline. Les coupes seront placées pendant vingt-quatre heures dans un bain abondant mais faible de carmin ou de picro-carmin, (quelques gouttes de l'une ou de l'autre des solutions dans un demi-verre d'eau).

Après cette première coloration, la plupart des éléments de la coupe, lissn conjonctif, vaisseaux, tissu scléreux, cylindre-axes, cellules nerveuses, sont déjà différenciés. Un y joindra la coloration violette des noyaux par le bain hématoxylique dont l'action devra être très discrète,

dans la crainte de modifier trop profondément la teinte carminée primitive. Les coupes qui auront été préalablement traitées par le picro-carmin dilué seront lavées avec beaucoup de ménagement avant l'imprégnation hématoxylique, pour respecter l'acide picrique qui s'est fixé sur la myéline On pourra ainsi obtenir une triple coloration.

Les coupes colorées par l'hématoxyline alunée ou par l'éosine se conservent mal dans la glycérine môme neutre; montées dans le baume, après déshydratation et éclaircissement dans le xylol phéniqué ou l'essence de girofle, elles possèdent au contraire une grande fixité.

(>. Couleurs d 'aniline. — Méthode de Jelgersma. — Cette méthode, basée sur l'emploi du « blue-black », fournit des préparations qui se conservent très longtemps. L'aniline blue-black, ne colore presque pas la névroglie et le tissu conjonctif et imprègne particulièrement les cellules, leur noyau et leur nucléole, ainsi que le cylindre-axe. Cette méthode a été recommandée par quelques auteurs, pour l'étude des cellules pyramidales de l'écorce, et pour celle des cellules de Purkin je du cervelet. En anatomie pathologique c'est aussi une bonne méthode pour l'étude des altérations cellulaires. L'aniline « blue-black » s'emploie en solutions aqueuses; on se sert de préférence de solutions faibles, au 1/2000° par exemple. Les coupes séjournent douze heures dans la solution puis sont traitées comme des coupes colorées au carmin.

Schmaus a modifié la méthode de Jelgersma. Il emploie une solution alcoolique de blue-black à 1/4 p. 100, et y ajoute une certaine quantité d'acide picrique. Les coupes sont placées dans cette solution après lavage préalable à l'eau distillée, et y séjournent une heure. Elles sont de nouveau lavées à l'eau distillée, puis déshydratées, etc. Avec le procédé de Schmaus on peut colorer des coupes traitées par la méthode de Weigerl.

Nigrosine. — Cette méthode employée par Luys et par Gaule, fournit les mômes résultats que la méthode au blue-black, dont elle ne diffère que par la nature de la coloration qui est noire au lieu d'être bleu foncé. Mercier recommande la formule suivante :

Méthod orsma.

'pin-île île Schmaus.

Méthode

;rosine il caule Mer

Nigrosine 1 gramme.

Eau distillée 100 —

Les coupes séjournent vingt-quatre heures dans cette solution, puis sont lavées successivement à l'eau distillée et à l'eau acidifiée (30 gouttes d'acide acétique pour 500 ce. d'eau distillée). Déshydratation et éclaircissement suivant les procédés ordinaires.

Lorsqu'on se propose de colorer surtout les noyaux par une couleur coloration de* d'aniline, on emploie le brun de Bismarck à 1 p. 300 d^B^Tk.16

Méthode de Nissl. — Cette méthode est très-importante en histologie Méthode de Nissi normale et pathologique. Il faut, pour qu'elle donne de bons résultats, avoir a la uohsmedes pièces tout à fait fraîches, que l'on divise en fragments n'ayant pas plus de 4 à 5 millimètres de côté. On place ces fragments dans de l'alcool

à 70 p. 100 pendant deux jours, puis dans l'alcool absolu pendant cinq jours. Les coupes une fois pratiquées sont plongées dans une solution saturée de fuchsine, chaque coupe étant colorée à part dans un verre de montre. On chauffe ensuite jusqu'à dégagement de vapeurs. On peut colorer à la température ordinaire, en laissant les coupes 24 heures dans la fuchsine. La coupe est ensuite placée pendant une ou deux minutes dans de l'alcool absolu, puis déposée sur une lame porte-objet et arrosée d'essence de girolle, jusqu'à ce qu'elle ne rende plus de matière colorante, ce qui s'obtient en égouttant la coupe, et en renouvelant au fur et à mesure l'essence de girolle. On la baigne ensuite dans le xylol et on la monte dans le baume de Canada. Avec cette méthode, on obtient une bonne coloration des cellules nerveuses et de leurs noyaux, ainsi que des cellules de la névroglie et des vaisseaux. Les prolongements cellulaires sont colorés moins fortement que les cellules. La myéline reste incolore. Celte méthode est en outre excellente pour l'étude du protoplasma cellulaire.

Méthode d'Ehrlich nu bleu de méthylène. — Dans cette méthode, les !*mi|.!..v.v sut •ics'l.ni- nerfs sont colorés sur l'animal vivant, en injectant le bleu de méthylène dans le système vasculaire. Chez la grenouille, il suffit, pour obtenir la coloration cherchée, d'injecter la solution colorante dans le sac lymphatique dorsal. La méthode d'Ehrlich donne de précieux résultats, surtout pour l'étude du système nerveux périphérique. Dogiel et Riese l'emploient de la manière suivante : On injecte dans une veine de l'animal vivant une grande quantité de la solution suivante : Bleu de méthylène, 4 grammes; Chlorure de sodium, 0?r,6; Eau distillée, 100 grammes. Le plus souvent l'animal succombe après l'injection; dans le cas contraire, on le sacrifie aussitôt. L'animal est rapidement ouvert et on expose à l'air les organes que l'on veut examiner, jusqu'à ce qu'une teinte bleuâtre se produise. On fixe la coloration qui est instable avec une solution aqueuse concentrée de picrate d'ammoniaque faite à froid. On coupe avec le microtome à congélation. Certaines parties telles que la vessie, le péritoine, la langue, peuvent être examinées dans un mélange à parties égales de glycérine et d'eau, auquel on ajoute une trace de picrate d'ammoniaque. Procédé de Ret- Ketzius, appliquant cette méthode à l'étude des terminaisons nerveuses chez les Invertébrés, injecte dans le corps de ces derniers, une assez grande quantité d'une solution à 0,2 p. 100 de méthylène, et au bout de quelques minutes met à nu le système nerveux en enlevant les enveloppes. Il opère sur un assez grand nombre d'animaux à la fois, et les place dans un cristallisoir permettant l'entrée de l'air, et en évitant la dessication. Il les y laisse un nombre d'heures variable. Au bout d'une heure, il commence à examiner quelques ganglions et arrive, par tâtonnements, à reconnaître au bout de combien de temps la coloration est la plus nette.

c. Méthodes d'imprégnations métalliques. — (Centres nerveux et nerfs périphériques). Acide osmique, Chlorure d'or, Nitrate d'argent, Sublimé.

1° Acide osmique. — Introduit dans la technique histologique par Max Schultze, qui lui reconnut la propriété de colorer en noir les graisses et la

ius f >< « 1 1 1- l'emploi du

myéline, l'acide osmiquc a été employé surtout par Ranvier. L'acide osmique peut être usité comme agent fixateur, comme agent durcissant et colorant tout à la fois, ou seulement comme agent colorant. Nous renvoyons au Traité d Histologie de Ranvier, pour tout ce qui concerne l'emploi de l'acide osmique comme agent fixateur des éléments nerveux à l'état normal. A l'état pathologique, l'acide osmique en solution, esl employé avec avantage comme fixateur, dans les dissociations à l'état frais, ainsi que pour étudier les cellules nerveuses. On expose la préparation pendant quelque temps, au contact des vapeurs d'une solution d'acide osmique à 1 p. 100, en chauffant le flacon au hain-marie.

Gomme agent durcissant et colorant tout à la fois, l'acide osmique sert à étudier, à l'aide de coupes, des fragments du système nerveux central ou périphérique.

Méthode d'Exner. — Les pièces provenant de la moelle ou du cerveau, Méthode d'Exner. doivent être prises immédiatement après la mort, et coupées en morceaux ayant au maximum 1 cent, d'épaisseur. On les met dans une solution d'acide osmique à 1 p. 100, suffisamment abondante pour que son volume soit douze ou quinze fois plus considérable que celui des fragments. On change le liquide dès qu'il prend une coloration noire. Au bout de cinq ou six jours, on lave les fragments à l'eau distillée, et on les coupe directement, après les avoir collés sur un morceau de bois ou de liège, ou après les avoir imprégnés par le collodion ou la paraffine. Les coupes sont lavées à l'eau distillée, puis montées directement dans la glycérine ou dans le baume de Canada, après déshydratation et éclaircissement. Les préparations ne se conservent pas.

Bellonci a modifié de la manière suivante la méthode d'Exner : la pièce, procédé de Bciionci. qui doit être également de petit volume, est durcie pendant 14 à 20 heures dans une solution d'acide osmique à 1 p. 100. On pratique les coupes à la main, à l'aide d'un rasoir imbibé d'alcool. Les coupes étant lavées dans de l'eau distillée, puis plongées pendant 3 heures dans de l'alcool à 80°, sont traitées de nouveau par l'eau distillée, puis placées sur la lame porte-objet. On recouvre d'une lamelle sous laquelle on instille quelques gouttes d'ammoniaque. Par ce procédé, on obtient une coupe extrêmement transparente et dans laquelle les fibres à myéline, d'un noir intense, se détachent avec une grande netteté.

L'étude des troncs nerveux périphériques, à l'aide découpes pratiquées Examen <io< nefs sur les nerfs durcis dans l'acide osmique donne d'excellents résultats. On ^"l'à','.,'!',1 !" Tsmi^V. procède de la manière suivante : A l'aide d'un scalpel très tranchant, ou ^I^'i]n;!clJfant0èt de préférence à l'aide d'un rasoir bien affilé, on sectionne, dans les troncs comme colorant, nerveux que l'on veut examiner, des fragments de 1 cent, de longueur, comprenant toute l'épaisseur du nerf et bien affrontés sur chacune de leurs faces. Ces fragments sont plongés et maintenus suspendus, dans une solution d'acide osmique à 1 p. 100 dans laquelle ils séjournent, suivant leur volume, de 24 à 48 heures. La solution d'acide osmique est maintenue à l'abri de la lumière. Au sortir de la solution, ces fragments sont inclus

inclusion à la pa- da us la paraffine par la méthode ordinaire, puis coupés au microtome et à lié "n'criV^ciu'i'cis0'.-! sec. Les coupes sont placées sur une lame porte-objet, imbibées de xylol, osmîquo ' ' montées dans le baume de Canada et recouvertes d'une lamelle.

Autres procédés Ce procédé est un peu long et méticuleux. Nous nous servons d'habil'n'i'i's lirn'ôrtsTraités 'u,le ('(' ' un 011 de l'autre des procédés suivants: 1° Au sortir de l'acide par l'acide osmique. osmique, les tronçons de nerf sont montés dans du sureau et coupés avec le microtome à main de Ranvier; 2° Après action de l'acide osmique, les tronçons sont inclus dans le collodion par les mêmes procédés que pour les cenlres nerveux. Dans les deux cas, les coupes, avant d'être montées dans le baume de Canada, sont traitées comme les coupes du système nerveux central. Dans les deux cas, enfin, au sortir de l'acide osmique et avant d'être préparés pour être coupés, les fragments de nerf devront être lavés pendant plusieurs heures dans l'eau distillée, pour éviter que les préparations ne noircissent par la suite, importance de Le tronçon de nerf étant coupé perpendiculairement à sa longueur, on an'atmu!" 'laih.'.iugi! obtient ainsi de très belles images, où toutes les fibres à myéline apparaissent sous forme de petits cercles fortement colorés en noir, tandis que le reste de la coupe, tissu conjonctif, vaisseaux, a pris une coloration grisâtre En anatomie pathologique, cette méthode est très précieuse, car elle permet d'étudier des nerfs cinq ou six jours après l'autopsie, litude dos nerfs L'acide osmique est enfin journellement employé pour l'étude des nerfs !!ruoti7','il,'1<ia dîss!'- périphériques en solution à 1 p. 100 (Ranvier) comme agent à la fois .•iatioi, apw.s colora- fixateur et colorant. On procède de la manière suivante sur le nerf frais : Après avoir fendu la gaine lamelleuse, et dissocié le nerf avec des aiguilles dans une solution d'acide osmique à 1 p. 100, où il séjourne quelques heures, on le colore ensuite au picro-carmin et on monte la préparation de Ranvier dans la glycérine. Pour éviter le ratatinement du nerf, il est bon de fixer chaque extrémité sur une planchette de liège. L'étude des nerfs par la méthode précédente (dissociation, acide osmique, etc.), rend d'inappréciables services en anatomie pathologique, mais elle n'est guère applicable aux gros troncs nerveux de l'homme, dont la dissociation est des plus délicates et difficiles. Elle est surtout utilisable pour les troncs nerveux de petit calibre — nerfs musculaires, rameaux cutanés. — Les gros troncs doivent de préférence être examinés à l'aide de coupes transversales, après durcissement dans l'acide osmique.

Voici la méthode que nous employons dans nos recherches sur les névrites périphériques : On prend, aussitôt que possible après la mort, les nerfs cutanés et musculaires dans les régions où on veut les étudier. II est préférable, au point de vue de la facilité de la dissociation, de ne pas prendre de nerfs d'un diamètre supérieur à celui d'une aiguille à tricoter d'une moyenne grosseur. La dissociation, pratiquée dans l'eau distillée et non dans la solution d'acide osmique, — dont les vapeurs sont trop irritantes, — est faite grossièrement, mais suffisamment pour que l'acide osmique puisse pénétrer dans toute l'épaisseur du nerf. Le tronc nerveux est placé ensuite pendant vingt-quatre heures, dans une solution d'acide

MÉTHODES USITÉES DANS L'ETUDE DES CENTRES NERVEUX. 4a

osmique à 1/200, contenue dans un llacon bien bouché. Au bout de ce Méthode usitée en temps, le nerf qui a pris une coloration noire d'autant plus prononcée qu'il , !!,',!,! , ,,!,

est moins altéré, est lavé à plusieurs reprises dans de l'eau distillée, jusqu'à i','.^ h'„'.','iC

ce qu'il soit complètement débarrassé de l'acide osmique, ce qui se recon- |M-rii.h.-ri.,ii.-s.-..ior.w naît au fait qu'il a perdu toute trace d'odeur de cet acide. Il est alors sou- mique. mis à une nouvelle dissociation un peu plus complète, puis placé pendant vingt-quatre heures dans du picro-carmin à 1 p. 100. Au bout de ce temps, il est plongé dans de la glycérine picro-carminée et dissocié complètement, faisceau par faisceau, sur la lame porte-objet, dans quelques gouttes de ce liquide. On recouvre à l'aide d'une lamelle que l'on borde avec du baume, si on désire garder la préparation. Les nerfs traités par cette méthode, peuvent être conservés pendant une quinzaine de jours dans de la glycérine picro-carminée et fournir encore, au bout de ce temps, de très bonnes préparations, avantage qui n'est pas ànégliger, lorsque l'on doit examiner un grand nombre de nerfs. La même méthode est applicable à l'étude des racines spinales et de la plupart des nerfs crâniens. Les préparations ainsi obtenues, se conservent très bien pendant plusieurs années (dix ans et même davantage), si on les tient dans l'obscurité.

L'acide osmique, mélangé avec d'autres réactifs, a été employé comme agent durcissant et colorant. Nous ne citerons, parmi ces méthodes, que celle de Mardi i et Alghieri, employée surtout pour l'étude des dégénères- Méthode de Marchi cences secondaires de cause expérimentale. Cette méthode donne de bons ul^'^ri^nérVsrésultats dans les dégénérescences secondaires de date récente (trois semaines dans les cas expérimentaux), à une époque par conséquent où les tubes nerveux dégénérés, contiennent encore une assez grande quantité de myéline, réduite en boules et en gouttelettes. Dans les dégénérescences de date un peu ancienne, l'emploi de cette méthode n'est pas indiqué. Dans la méthode de Marchi et Alghieri, la pièce à examiner est réduite en très petits fragments triangulaires ou cubiques, qui sont plongés dans la solution suivante dite de Marchi :

Liquide de Millier 2 volumes.

Solution d'acide osmique à 1 p. 100. . 1 —

Les fragments séjournent dans cette solution de cinq, sept à douze jours, puis sont lavés et montés dans le collodion. Avec cette méthode, les granulations de la myéline contenue dans les tubes malades, apparaissent sous forme de points noirs, et le tissu de soutènement prend une coloration brun clair.

2° Méthode au chlorure d'or de Freud. — Les pièces doivent être durcies dans le liquide de Mùller ou dans le bichromate de potasse seul. Après lavage dans l'eau distillée, on pratique les coupes, que l'on soumet de nouveau à un lavage dans de l'eau distillée. On les place ensuite dans la solution suivante :

Solution de chlorure d'or à 10 p. 100. ...)„.. - , . . . , „„n 1 Parties égales.

Alcool a 9o°

cences de date sente.

Elles y séjournent cinq à six heures, puis sont lavées de nouveau et très complètement à l'eau distillée. On les sort de l'eau à l'aide d'un morceau de papier-filtre — en ayant soin de ne pas les mettre en contact avec un instrument d'acier, puis on les plonge dans le mélange suivant, récemment préparé :

Polassc caustique I partie.

Eau distillée G parties.

Le séjour dans ce mélange ne doit pas excéder deux à trois minutes. Les coupes subissent ensuite les manipulations suivantes : 1° Lavage complet à l'eau distillée; 2° séjour pendant cinq à dix minutes dans une solution d'iodure de potassium à 10 p. 100; 3° lavage à l'eau distillée; 4° déshydratation dans l'alcool, éclaircissement dans l'essence de girofle et montage dans le baume de Canada. Avec cette méthode, les fibres nerveuses apparaissent colorées en bleu ou en rouge foncé, parfois même en noir. La méthode de Freud ne donne de bons résultats que sur des pièces très fraîchement recueillies.

Méthode d'Upson. Méthode au chlorure, dur d'Upson. — ■ Les pièces seront durcies dans le bichromate de potasse de préférence au liquide de Millier; après lavage à l'eau distillée, la pièce esl déshydratée dans l'alcool ordinaire puis dans l'alcool à 95" ([iu; l'on renouvelle souvent. Le séjour dans l'alcool à 95° dure jusqu'à ce (pie la pièce ait pris une coloration verte, ce qui exige en général deux à trois semaines. On coupe ensuite la pièce au microtome, après l'avoir collée sur un liège à l'aide de quelques gouttes de collodion. Les coupes sont placées dans de l'alcool à 80°, et traitées ensuite par l'un ou l'autre des procédés suivants indiqués par Upson :

Procédé A. — Les coupes sont plongées dans la solution suivante :

Chlorure d'or 1 gramme.

Eau distillée 100 grammes.

à laquelle on ajoute (en volume) 2 p. 100 d'acide chlorhydrique, et où elles séjournent deux heures en moyenne. Au sortir de cette solution elles sont lavées dans l'eau distillée, et séjournent une demi-minute dans la solution suivante :

Solution de potasse caustique à 10 p. 100.. .'i centim. cubes. Ferri-cyanure de potassium une trace.

c'est-à-dire gros comme une tète d'épingle (Mercier). Cette solution doit être préparée chaque fois.

Les coupes sont de nouveau et très complètement lavées à l'eau distillée, plongées pendant une demi-minute dans une solution de potasse caustique

à 10 p. 100, et lavées de nouveau à l'eau distillée. Chacune d'elles esl placée une à une dans le liquide de réduction suivant :

Solution d'acide sulfureux. . . . o centim. cubes. Teinture d'iode à 3 p. 100. ... 10 à lo gouttes. Perchlorure de fer I goutte.

Elles y rougissent presque instantanément. On verse rapidement le liquide de réduction, et on plonge la cupule et la coupe dans de l'eau distillée. On déshydrate la coupe à l'alcool sur le porte-objet et on l'éclaircil avec l'essence de girolle. On monte dans le baume de Canada.

Procédé B. — Préparer les deux solutions suivantes :

Solution n° 1. — Ajouter à une certaine quantité' de teinture d iode à 3 p. 100 du chlorure de zinc en quantité suffisante pour que le liquide prenne une coloration jaune. Solution n° 2. — Préparer une solution saturée de phosphate de fer.

Les coupes, une fois pratiquées au microtome, sont placées pendant deux heures dans le liquide suivant :

Solution de chlorure d'or à 1 p. 100 .'i centim. cubes.

Solution saturée de vanadate d'ammoniaque ... 10 gouttes. Acide chlorhydrique —

Lavage à l'eau distillée, puis action pendant une minute du liquide suivant :

Solution de potasse caustique à 10 p. 100 5 centim. cubes.

Solution de vanadate d'ammoniaque 1 goulte.

Solution de permanganate de potasse à 10 p. 100. 10 gouttes.

Lavage à l'eau distillée. Pendant que la coupe, séjourne dans l'eau, préparer le liquide de réduction suivant :

Solution n° 1 (zinc) lo youttes.

Eau dislille'e 3 cenlim. cubes.

Solution n° 2 (fer) 3 à S gouttes.

Solution d'acide sulfureux . 3 centim. cubes.

L'acide sulfureux doit être ajouté en dernier, car c'est au moment où, par son action, il se forme un précipité, que la coupe doit être plongée dans le liquide réducteur. On termine comme dans le procédé A.

Ces deux procédés d'Upson sont très compliqués, et exigent une assez grande habitude. Mercier recommande l'emploi du procédé A qui esl plus simple. Avec la méthode d'Upson on obtient des préparations dans lesquelles les cellules nerveuses et les cylindres-axes sont colorés en rouge.

3° Imprégnations par l'argent, /<■ sublimé. Méthodes de Golgi. — Ces Méthode de Goigi. méthodes sont très importantes, car elles permettent de colorer les cellules avec leurs prolongements, les fibres nerveuses avec leurs ramifications terminales, ainsi que les cellules dé lanévroglie.

La méthode de Golgi au nitrate d'argent varie, suivant que l'on veut examiner des pièces provenant de sujets adultes ou provenant au contraire d'embryons ou de nouveau-nés. De là, trois procédés, l'un lent, l'autre rapide et le troisième mixte.

Procédé lent de Golgi (d'après Stohr et Mercier). — On fait durcir des morceaux d'écorce cérébrale, de cervelet et de moelle épinière ayant t à 3 centimètres de côté, dans une grande quantité de liquide de Millier — de 200 à 500 centimètres cubes. — Après un séjour de plusieurs semaines (5 à 6), pendant lesquelles on renouvellera souvent le liquide, on sort les pièces et on les soumet à l'action des solutions suivantes :

Solution A :

Nitrate d'argent en solution 1 p. 100. . . -2.1 centim. cubes. Eau distillée 2o —

Solution B :

Nitrate d'argent en solution I p. 100. . . (10 centim. cubes. Eau distillée 20 —

I" Au sortir du liquide de Millier, les pièces sont placées directement et sans lavage préalable dans un cristallisoir ou une cupule en verre. — On les arrose avec le tiers à peu près de la solution A. — Il se forme de suite un abondant précipité rouge brun et on change le liquide en versant sur les pièces le second tiers de la solution A : le précipité qui se forme est, alors moins abondant. — Après avoir vidé de nouveau le cristallisoir du liquide qu'il contient, on y verse le dernier tiers qu'on jette également peu de temps après.

2" Les pièces passent ensuite dans un autre cristallisoir, sur le fond duquel on a placé un petit morceau de papier à filtrer blanc. On les arrose avec la solution 1} dans laquelle elles séjourneront jusqu'à nouvel ordre. Les pièces peuvent rester très longtemps, plusieurs mois, dans cette solution, sans s'altérer (Mercier).

3° On pratique ensuite les coupes à l'aide d'un rasoir mouillé avec de l'eau distillée, et on coupe des tranches perpendiculaires à la circonférence.

4° La première coupe est opaque rouge brun, elle n'est pas à employer. Les coupes suivantes sont meilleures. Elles doivent passer directement du rasoir sur le porte-objet; on enlève l'excès d'eau avec un morceau de papier à filtre, et on recouvre la coupe d'une goutte de glycérine.

Pas de couvre-objet : on examine la coupe à un grossissement faible; et à côté de nombreux précipités noirs qui ne peuvent être évités, on découvre alors les cellules et leurs prolongements. Toutes les cellules ne sont pas visibles; quelques-unes d'entre elles seulement sont imprégnées. Les coupes pratiquées plus avant dans l'intérieur de la pièce, ne présentent que de rares cellules imprégnées et n'en présentent souvent point du tout.

5° Les meilleures coupes passent du couvre-objet dans un bain d'eau distillée; elles y sont soigneusement lavées pendant une, deux ou cinq mi-

mites. — 6° On les transporte ensuitedans le bain d'alcool absolu. — 7° Luis on les immerge pendant deux à cinq minutes dans de la créosote pure, (environ 3 centimètres cubes) puis pendant cinq à dix minutes dans 5 centimètres cubes de térébenthine. 9° On les place sur le porte-objet et on les recouvre d'une goutte de résine Dammar. Pas de lamelle couvre-objet. On les examine à un grossissement moyen (80 d.).

On conserve les coupes à l'abri de la lumière et dans un endroit sec. Lorsqu'elles sont sèches, on les examine à un grossissement plus fort (250- 300 d.)

Procédé mixte de Golyi. — Les pièces restent quatre ou cinq jours dans le liquide de Millier, puis sont plongées dans le mélange suivant :

Solution d'acide osmique à 1 p. 100 2 parties.

Solution de bichromate de potasse à 8 p. 100. . . 8

On les y laisse vingt-quatre à trente heures, et après les avoir séchées p,.0ClW. mixte avec du papier buvard ou les avoir lavées à l'eau distillée, on les place pen- "Ridant vingt-quatre ou quarante-huit heures, dans une solution de nitrate d'argent à 0,75 p. 100. On traite ensuite les coupes comme dans la méthode lente.

Procédé rapide de Golyi. — Ce procédé, qui a donné de si remarquables proct-cw rapide de résultats, a été employé surtout par Ramon y Cajal, Kolliker et van ( lehuch- namonT' 'c-r '•' ten. Il ne s'applique qu'à des pièces provenant d'embryons ou de sujets Killike>nouveau-nés, recueillies immédiatement après la mort. On procède de la manière suivante : on enlève avec soin le système nerveux central en entier, moelle et cerveau, la dure-mère comprise. On étend les pièces sur une planchette, puis on ouvre la dure-mère dans toute sa longueur. Le tissu nerveux étant mis à nu, on sectionne, à l'aide d'un rasoir très tranchant, des fragments de substance nerveuse de 3 à i millimètres d'épaisseur que l'on place, en les maintenant à l'abri delà lumière, dans le liquide suivant, ou mélange osmio-bichromique de Golgi.

Solution de bichromate de potasse à -i p. 100. . . 4 parties. Solution d'acide osmique ;ï 1 p. 100. 1 partie.

Le séjour dans ce bain variera, suivant que l'on se propose d'étudier la névroglie, les cellules nerveuses, les fibres nerveuses, et sa durée croît suivant l'ordre que nous venons d'énumérer. Ramon y Cajal propose pour la moelle d'un embryon humain ou d'un mammifère nouveau-né, deux à trois jours pour la névroglie, trois à cinq jours [tour les cellules nerveuses, cinq à sept jours pour les filets nerveux et leurs branches collatérales. On aura soin d'employer d'assez grandes quantités de liquide, 10 à 20 centimètres cubes par fragment.

On Jave ensuite les pièces à l'eau distillée, et on les plonge dans la solution de nitrate d'argent k 75 p. 100. Cajal recommande d'ajouter une trace d'acide formique à la solution d'argent, une goutte pour 100 ce. de la

solution (van Gehuchten). Cette addition d'un peu d'acide, favorise beaucoup la réduction (Cajal). Comme pour le mélange osmio-bichromique, on emploiera ici une grande quantité de la solution d'argent. Les pièces restent au moins deux jours dans le bain d'argent, et en tout cas pas plus de quatre à cinq jours. Les coupes seront ensuite pratiquées en fixant le fragment, soit dans du sureau (Cajal), soit dans le collodion, après séjour pendant un quart d'heure dans l'alcool absolu et pendant le même temps dans une solution faible de collodion. Les coupes pratiquées subissent d'abord un examen préalable au microscope, afin devoir si l'imprégnation est bien réussie, puis sont placées dans de l'alcool absolu. Dans cette méthode, comme du reste dans toutes celles de Colgi, il ne faut pas chercher à obtenir des coupes minces, mais des coupes variant entre 0,05 et 0,1 millim. (von Lenhossek). On les déshydrate rapidement dans l'alcool, on les éclaircit avec de l'essence de girofle et du xylol, et on les monte dans la résine Dammar dissoute dans le xylol. 11 est nécessaire de faire sécher rapidement la résine à l'étuve, car on ne mel pas de couvre-objet, pas plus dans le procédé rapide que dans les autres. Double ei triple Pour obtenir de bonnes réductions par l'argent, R. y Cajal emploie la

npr^gnation de Ra- mc|]10(je (|e [a (\oune et même de la triple imprégnation et van Gehuchten a employé ce procédé pour les cellules nerveuses du sympathique. Après avoir fait une première imprégnation, comme dans le procédé rapide ordinaire que nous venons de décrire, les pièces sont lavées rapidement dans l'eau distillée, puis placées de nouveau et pendant trois jours dans le mélange osmio-bichromique. Sorties de ce liquide et lavées encore à l'eau distillée on les met pendant deux jours dans le bain d'argent. Pour obtenir une triple imprégnation, on recommence la même série de manipulations.

Méthode de Goigi Méthode de Golffi au sublimé (d'après Mercier). — Les pièces à traiter ne doivent pas avoir plus de 0,3 à 1,5 centimètres de côté. Elles plongent, jusqu'à durcissement obtenu, dans une solution de bichromate de polasse à 2 p. 100, ou dans le liquide de Millier.

a) Renouveler fréquemment la solution durcissante — Employer de grandes quantités. — A la lin du durcissement, le titre de la solution peut être porté à 2,5 p. 100, à 3 ou £ p. 100.

Les pièces y séjournent, les plus grosses de 2, 3 à 4 mois, les plus petites de 20 à 30 jours.

b) Elles jjassent ensuite directement, dans une solution à 0,50 p. 100 de sublimé corrosif dans de l'eau distillée.

On peut également essayer des solutions de sublimé à 0,25 p. 100 et de 1 p. 100.

La réaction qui s'opère dans le liquide mercurique est plus lente que dans la solution d'argent. La solution de sublimé doit être changée tous les jours et jusqu'à ce qu'elle ne se colore plus en jaune.

c) Après 4 à 5 jours de ce traitement, on peut essayer de faire des coupes des plus petites pièces qui sont alors suffisamment imprégnées. Mais il faut attendre 8 à 10 jours avant de couper les gros morceaux. L'imprégnation

se fait tantôt un peu plus vite, tantôt plus lentement, suivant la nature de la pièce; en général on peut dire qu'elle se fait d'autant mieux, que les pièces y sont soumises plus longtemps. A la fin de la réaction, les pièces présentent à peu près l'aspect d'un tissu cérébral frais mais lavé à l'eau. Au point de vue de leur conservation, elles peuvent rester indéfiniment dans la solution de sublimé.

d) Coupes. — Les coupes doivent être soigneusement lavées dans de l'eau distillée, quand il s'agit de les conserver. — Pour l'étude extemporanée et sans idée de conservation, on recouvre la coupe d'un peu de glycérine.

e) Bain d'alcool absolu, — créosote ou térébenthine comme agent éelaircissant, montage dans la résine Dammar sans couvre-objet.

Les cellules et leurs prolongements sont teints en noir, comme dans la méthode au sel d'argent, dette dernière donne des résultats plus précis, aussi l'emploi du sublimé est-il aujourd'hui peu usité.

Les méthodes de Golgi ont rendu des services considérables en histo- importance desmélogie nerveuse. C'est grâce à elles et à la méthode d'Ehrlich, que nous sommes arrivés à connaître exactement les prolongements protoplasmiques et cylindre- axiles des cellules nerveuses, ainsi que leurs modes de terminaison. Les méthodes de Golgi présentent cependant les inconvénients suivants bien résumés par Mercier.

Sur une coupe traitée par ces méthodes, on constate qu'un petit nom- inconvénients do bre seulement des cellules nerveuses sont convenablement imprégnées, et ccsm mts' que le nombre des cellules névrogliques imprégnées l'emporte sur celui des cellules nerveuses. Il existe dans les coupes de nombreux précipités qui obscurcissent les préparations et compliquent l'examen. Les cellules et leurs prolongements se ratatinent sous l'action du précipité du chromate d'argent. Les dépôts métalliques ne possédant pas l'élasticité des éléments organiques qu'ils recouvrent, ne peuvent s'adapter au mouvement de retrait que ceux-ci subissent pendant le durcissement, et il en résulte des brisures, des tassements en zig-zag. Aussi les prolongements des cellules ganglionnaires, colorées par la méthode de Golgi, ne sont-ils pas droits comme après l'emploi d'autres méthodes, mais forment une ligne brisée. Enfin, et c'est là un gros inconvénient, les chromâtes d'argent se résorbent facilement, leur coloration s'altère, et parlant les coupes ne sont utilisables que pendant un temps limité.

En résumé, ainsi que nous avons été à même de le constater plus d'une fois, ces méthodes ne fournissent pas comme d'autres, ce qu'on est convenu d'appeler de »< belles préparations » et sont, jusqu'à un certain point, assez capricieuses. Il n'en est pas moins vrai que ce sont les seules qui jusqu'ici, soient applicables à l'étude de la structure fine du système nerveux central, et les découvertes faites à l'aide de ces méthodes, ont produit une véritable révolution.

Pour parer aux inconvénients de ces méthodes, différentes modifications ont été proposées.

Modification des Méthode de Flechsig. — Cette méthode a pour but de combiner la mél'ù ■ .i -Virchsmi! thode de Golgi au sublimé, avec un procédé permettant de colorer la myéline. Les pièces sont d'abord traitées par le sublimé comme dans la méthode de Golgi, mais les coupes sont ensuite plongées dans un bain d'alcool à 90", puis dans le liquide colorant suivant :

Extrait de campècbe du Japon 1 gramme.

Alcool absolu 10 grammes.

Eau distillée 900 —

Solution saturée de sel de Glauber. ..... 5 —

Solution saturée d'acide tartrique .'i —

Elles doivent rester dans cette solution de trois à huit jours, dans une étuve à 35°.

Los coupes sont ensuite traitées par la méthode de Pal — permanganate do potasse, solution décolorante au sulfite de potasse et à l'acide oxalique — puis placées dans la solution suivante :

Alcool absolu 20 cenlim. cubes.

Solution de chlorure^d'or et de potassium à 1 p. loi). . 5 gouttes.

Le séjour dans cette solution, dure jusqu'à ce que le précipité de sublimé soit devenu noir foncé, et que les faisceaux nerveux aient pris une teinte bleuâtre.

Ou lave rapidement les coupes dans le mélange suivant :

Eau distillée 20 grammes.

Solution de cyanure de potassium à 5 p. 100 1 goutte.

On les traite par l'alcool absolu, l'huile de lavande et on monte dans le baume «le Canada. Avec cette méthode les libres nerveuses apparaissent colorées on rouge, tandis que les cellules ganglionnaires et leurs prolongements sont noirs.

Méthode de Zichc Méthode de Ziehen. — Des fragments de système nerveux- central, recueillis aussi frais que possible, sont durcis dans le mélange suivant :

Solution de chlorure d'or à I p. 100 j p . , j

Solution de sublimé à 1 p. 100 ) J' lCS ga 6S'

Après un séjour de quelques semaines, à trois ou cinq mois dans ce liquide — le séjour prolongé est le meilleur, — les pièces ont pris une coloration rouge-brun, et sont assez dures pour être coupées, sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à un enrobement spécial.

Les coupes une fois pratiquées sont plongées quelques instants dans de l'alcool, où elles prennent une coloration noirâtre. On procède ensuite à leur différenciation dans la solution de Lugol

Iode métallique 20 grammes.

Iodure de potassium 40 —

Eau distillée 1000 — •

étendue de quatre parties d'eau. Le séjour des coupes dans la solution de Lugol varie suivant leur épaisseur. On les lave ensuite avec soin clans l'alcool absolu, on les éclaircit à l'essence de girolle et on les monte dans le baume de Canada. Eviter dans les différentes manipulations, de saisir les coupes avec un instrument métallique.

Avec la méthode de Ziehen, les fibres à myéline et sans myéline, les cellules nerveuses avec leurs prolongements cylindre -axiles et protoplasmiques, sont colorées en bleu-gris. Les noyaux et les nucléoles des cellules nerveuses sont également colorés et différenciés. Cette méthode n'est pas absolument constante.

Méthode de Greppin. — Cette méthode s'applique aux coupes déjà Méthode de Grepp colorées par la méthode de Golgi au nitrate d'argent. Les coupes ainsi traitées, sont placées dans une solution d'acide bromhydrique à 2 p. 100 jusqu'à ce qu'elles aient pris une coloration bleuâtre, puis lavées à l'eau distillée et à l'alcool. On les place ensuite dans une cupule contenant de l'essence de girofle, et on expose le tout, pendant quelques minutes, à la lumière solaire, aussi intense que possible. Après déshydratation et éclaircissement, on monte la préparation dans le baume de Canada, en recouvrant d'un couvre-objet. Pour obtenir une double coloration, on prend les coupes au sortir de l'essence de girolle, on les place pendant six à douze heures dans une solution d'acide chromique à 1/2 p. 100, et on les colore à l'hématoxyline selon les méthodes de Weigert ou de Pal. R. y Cajal reproche au procédé de Greppin de ne pas respecter les fines ramifications nerveuses.

7. Examen microscopique des coupes. — L'étude des coupes microscopiques Examen microsc sériées doit être pratiquée, comme on le sait, à l'aide d'un faible grossis- P'quc ■ sèment. On peut se servir pour cette élude de la loupe à dissection de Nachet ou du microscope. Comme on doit en général — surtout lorsqu'il s'agit du cerveau — étudier des coupes présentant une large surface, il faut avoir à sa disposition un instrument qui donnant un grand champ de vision, soit muni en outre d'une platine suffisamment large, pour que l'on puisse examiner dans toute son étendue, une coupe entière d'hémisphère.

Le microscope que M. Nachet a construit d'après nos indications, remplit complètement ces conditions. Cet instrument (fig. 8) est muni d'une platine de grande dimension, en verre, placée sur un cadre (G) pouvant, au moyen d'une crémaillère, se déplacer d'avant en arrière d'une distance de 8 centimètres. Le support du corps (D) portant la partie optique, peut pivoter sur un axe situé dans la colonne C, au moyen d'une vis tangente V et donner une amplitude de marche de 14 centimètres. On peut donc examiner méthodiquement toutes les parties de la préparation et sans toucher à cette dernière, à l'aide d'un déplacement longitudinal de la platine et du déplacement transversal du tube du microscope. L'éclairage est obtenu à l'aide d'un miroir plan pour les grandes préparations, et d'un miroir concave pour les petites. Dans ce cas, la platine de verre est rem-

ri4 AXAïOMIE DES CENTRES NERVEUX.

placée par une plaque d'ébonite, avec ouverture centrale et diaphragme iris.

Ce microscope est muni d'oculaires et d'objectifs à grand angle cl'ouverture, permettant l'examen de grandes surfaces. C'est ainsi qu'avec l'ob-

Fig. 8. — Microscope do Nachct à platine mobile et axe optique tournant, pour l'étude des grandes coupes microscopiques du cerveau.

jectif n° 1, donnant un grossissement de cinq diamètres, on embrasse une surface de 50 millimètres. Avec l'objectif n°2 et un grossissement de douze diamètres, la surface embrassée est de 18 millimètres. Avec cet instrument on peut examiner aussi les préparations avec de forts grossissements, sans avoir besoin de les recouvrir avec des lamelles minces, car les objectifs de Nachet ont un foyer plus long que ceux des autres construcleurs.

8. Reproduction des coupes. — Dessin. — Appareils de projection. — Avantages du des- Jusqu'ici, malgré des essais parfois très heureux, la photographie n'a pas phiesur la photoera" encore remplacé le dessin, pour la reproduction des coupes du système nerveux. Pour les coupes macroscopiques, les résultats si remarquables obtenus par Luys, et qui n'ont pas encore été dépassés, ne nous paraissent pas cependant égaler ceux que l'on peut obtenir d'un dessinateur habile et, pour les coupes microscopiques, il est certain que jusqu'ici, surtout lorsqu'il s'agit de reproduire de larges surfaces, l'avantage est encore resté au dessin.

Les reproches que l'on adresse au dessin, comme agent de reproduction Dessin par le caide coupes, en particulier celui de n'avoir pas la précision mathémathique ^,,etl'!"' la d'une photographie, peuvent être évités en usant du procédé du calque ou en dessinant la préparation au moyen d'un appareil à projection. Voici la manière dont nous avons procédé, pour dessiner les coupes macroscopiques et microscopiques reproduites dans cet ouvrage.

Coupes macroscopiques. — Ces coupes ont d'abord été calquées par l'un Dessin des coupes de nous, et dans tous leurs détails sur verre dépoli. Puis, ce premier dessin, ^ZZZ7Zlhl"-. purement linéaire, était calqué de nouveau et sur papier par le dessinateur qui, ayant la préparation sous les yeux, donnait ensuite la note générale des valeurs et des tons.

Coupes microscopiques. — La chambre claire est l'instrument générale- Emploi de la ment employé pour dessiner les préparations microscopiques, et on se sert Massez. ' ' de préférence de l'excellente chambre claire de Malassez, qui fournit des images sans déformation aucune. Nous avons employé cet instrument pour dessiner nos coupes de la moelle épinière. Mais l'emploi de la chambre claire n'est possible, qu'avec des coupes présentant de petites dimensions et il est inapplicable dès que ces coupes comprennent une certaine surface. Aussi, après avoir étudié différents procédés, nous sommes-nous arrêtés à la reproduction des coupes au moyen d'un appareil à projection.

Cette méthode a déjà été employée dans ce but, et Edinger a construit Dessi. un appareil, qui rend des services pour reproduire les coupes de petites dimensions — moelle de l'adulte, bulbe de fœtus — mais qui ne peut servir pour des coupes plus grandes. L'appareil que nous avons fait cous- Appar traire, permet de projeter des coupes microscopiques d'un hémisphère entier. Deux conditions sont nécessaires pour obtenir de bons résultats avec cet appareil : Il faut tout d'abord que les coupes soient minces, afin Api d'être facilement traversées par la lumière, et en outre qu'elles soient colorées par les méthodes de Weigert ou de Pal, méthodes qui, en différenciant fortement les faisceaux de fibres à myéline, fournissent une image autrement nette, que celle que l'on obtient par la méthode au carmin.

Cet appareil, construit sur le principe de la lanterne magique, se compose d'une lanterne et d'un objectif à deux lentilles et à grande ouverture, et dont la mise au point se règle au moyen d'une vis à crémaillère (V). L'éclairage qui doit-être très intense — il équivaut dans notre appareil à soixante bougies — est obtenu au moyen d'une lampe à pétrole à cinq

d'appari

pour les petites cou

par

mèches et, comme cet éclairage nécessite un puissant tirage, la lanterne doit être munie d'une très longue cheminée (fig. 9).

La préparation que l'on veut projeter est placée comme dans une lanterne magique ordinaire et, afin d'éviter qu'elle ne s'altère sous rinlluence de la chaleur, on la fixe sur une cuve en verre (G), contenant une solution d'alun à 1/20°.

L'agrandissement de l'image, à l'aide de cet appareil, est nécessairement

Fig. 9. — Appareil ;ï projection employé pour dessiner nos préparations.

variable suivant que l'on veut en faire usage pour projeter une préparation dans une salle de cours, — et alors cet agrandissement peut être considérable — , ou au contraire, et c'est de cette manière que nous nous en sommes servis, l'employer pour le dessin. Dans ce cas, l'agrandissement est obtenu par un long tube à tirage (T) sur lequel est fixé l'objectif, et la mise au point s'obtient à l'aide de la vis à crémaillère (V). L'agrandissement (pie nous avons employé a varié suivant les coupes de 1/2 à 10 diamètres. La projection de l'image sur la table s'obtient à l'aide d'un miroir plan (M), fixé à la lentille frontale de l'objectif et incliné à 45". Avec une bonne mise au point et un bon éclairage, on obtient avec cet appareil des images extrême-

DÉVELOPPEMENT DU SYSTÈME NERVEUX

ment nettes et qu'il est très facile de dessiner à la plume ou au crayon, dans leurs moindres détails. On obtient ainsi des contours très justes, et une mise en place absolument exacte des faisceaux nerveux ainsi que des noyaux gris. Toutefois, comme avec cet appareil on obtient un agrandissement et non un grossissement de la préparation, il faut achever le dessin de celle-ci à l'aide du microscope.

Tel est le procédé, que nous avons employé pour dessiner les préparations figurées dans cet ouvrage — celles de la moelle exceptées — et, pour continuer à nous servir de méthodes ne donnant pas de prise à l'interprétation personnelle, nous avons fait reproduire ces dessins à l'aide de la photogravure.

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