‹ Anatomie des salmonesChapitre 51 sur 72 · SECONDE PAIRE. — NERFS OPTIQUES · texte numérisé non relu

SECONDE PAIRE. — NERFS OPTIQUES

Tab. L, fig. 3 et #. — Tab. M, fig. 19.— Tab. N, fig. 2,3, #, 5 et 10.

Nous avons déjà vu plus haut (pag. 150) quelle est l’origine de ces nerfs. En les poursuivant dans leur trajet ultérieur , on voit de chaque côté du cerveau , au-dessus des lobes inférieurs, le nerf optique sortir de la dépression qui existe entre ces lobes et les lobes optiques ; de-là il se courbe autour des lobes inférieurs et de l'hypophyse, et ses deux branches se rapprochent en avant de cet organe. En examinant attentivement celte partie, on y découvre une petite commissure , formée seulement de quelques fibres. Immédiatement devant l’hypophyse, les deux nerfs se croisent de telle manière, que le nerf de droite, passant vers l’œil gauche, se trouve au-dessous du nerf gauche, qui lui-même est dirigé vers l'œil droit. Quoique Îles gaines fibreuses qui enveloppent les nerfs, se confondent ici entre elles, nous n’avons pourtant jamais pu reconnaitre un entrelacement des fibrilles. Toutes les fibres venant de droite , passent sans exception à l’œil gauche et vice-versa ; c’est ce dont il est facile de se convaincre, en ouvrant les gaines fibreuses dont les nerfs optiques sont munis: ces gaines sont très-fortes et c’est à elles seules que le nerf doït son apparence cylindrique. Le nerf lui-même , loin d’être rond , ressemble à une large bande assez mince , mais plissée longitudinalement , ce qui le fait paraître beaucoup plus compact. Les plis sont maintenus dans leur position et séparés l’un de l’autre par des feuillets fibreux qui se détachent de la surface intérieure de la gaine et s’entrelacent avec les plis de la substance nerveuse. On retrouve les mêmes plis dans toute la longueur du nerf, et ils ne disparaissent que peu-à-peu vers son origine dans le cerveau. C’est pourquoi aussi la partie arquée du nerf, à côté des lobes inférieurs, ne présente pas une apparence cylindrique, mais bien celle d’une bande assez large et simplement striée dans sa longueur.

Immédiatement après le croisement, le nerf se dirigeant obliquement en haut et en avant traverse le grand trou de l'orbite, pour se rendre au globe de l'œil. Lei la gaine fibreuse est encore plus épaisse qu'avant son entrée dans l'orbite, car elle contient les artères, les veines et les nerfs de l'iris qui pénètrent tous dans l’œil avec le nerf optique. Le nerf est l'axe autour duquel se rangent les quatre muscles droits, les artères , les veines et le nerf ciliaire qui se voient à sa face inférieure; le cylindre fibro-cartilagineux qu’on a nommé le manche de l’œil et qui part du périoste du vomer est également situé à la face antérieure du nerf optique, dont il partage la direction.

En approchant de la sclérotique , les plis des nerfs optiques deviennent moins saillans , et le trou par lequel ils traversent cette membrane et la chorioïde , présente une forme presque circulaire.

Nous avons traité de la distribution des fibrilles du nerf dans la description de l’organe de la vue.

TROISIÈME PAIRE. — NERF OCULOMOTEUR. ll.

Tab. M, fig. 9, 40, 11 et 17. — Tab. N, fig. 2,3, #et 8.

Le nerf oculomoteur , qui a son origine entre les faisceaux de la commissura ansulata (fig. 8 de Tab. N), se détache du cerveau entre l'optique et le trijumeau, par une échancrure des lobes inférieurs , dans un sillon qui se trouve entre la base des lobes optiques et les lobes inférieurs, un peu plus bas que la cinquième paire et en avant de ce nerf, de sorte que vu de côté ou d’en haut, il est presque toujours caché par lui. Il entre de suite dans l'orbite par un trou de la grande aile (n° 11), situé devant le trou qui donne passage au trijumeau. A peine entré dans lorbite , il se cache sous le muscle abducteur de l'œil, ensorte qu’il faut enlever ce dernier pour le voir.

Comme le rameau supraorbital du trijumeau passe au-dessous de l'endroit, où loculomoteur pénètre dans l'orbite , les deux nerfs communiquent entre eux au moyen d’un petit rameau mince et court qui exige une préparation très-minutieuse pour être rendu visible (Tab. M, fig. 10 et 11, 0), car il est entièrement enfoncé dans le tissu du périoste, qui en cet endroit, est extrêmement épais et dur. C’est de ce petit rameau, le représentant du ganglion ciliaire des animaux supérieurs, que part, dans la Truite de ruisseau, le nerf ciliaire , tandis que dans la Truite saumonée, on trouve ce nerf partant du tronc de l’oculomoteur lui-même (fig. 11 a et 19, a).

La branche ciliaire, à part cette particularité, ne présente rien d’extraordinaire dans son trajet chez les diverses espèces du genre Salmo. Elle s'attache de suite à la face extérieure du nerf optique (fig. 11), pénètre dans la gaine fibreuse de ce nerf, et traverse avec lui la sclérotique. Souvent aussi elle se divise déjà en deux branches, avant d’aiteindre la sclérotique. Quand elle a atteint la surface de la chorioïde, elle passe par le petit espace, que laissent entre elles les deux extrémités de la glande chorioïdale et se divise en plusieurs rameaux, dont nous avons pu suivre Île trajet jusque dans la substance de l'iris.

Grâce à la position du trou qui lui donne passage , le tronc de l'oculomoteur se

trouve placé entre le muscle droit externe , le droit supérieur et le droit inférieur ; mais comme le muscle droit extérieur a son nerf à part, il ne donne des branches qu'au supérieur et à l’inférieur , qui entrent dans la substance de ces muscles. Avant de fournir la branche destinée au dernier de ces muscles, il en émet une autre plus forte (fig. 9, b), qui contournant le bord intérieur du muscle droit inférieur , passe sur le fond de l’orbite, qu’elle traverse dans toute sa longueur , pour se rendre dans la cavité qui donne naissance aux deux muscles obliques de l’œil. Arrivée dans cette cavité, cette branche entre toute entière dans le muscle oblique inférieur.

Enfin la dernière branche , que ce nerf donne , celle qui forme la continuation directe du tronc , est celle du muscle droit interne (fig. 9, c).

À l'exception du muscle externe, le nerf oculomoteur sert donc les trois autres muscles droits de lœil, le muscle oblique inférieur et les fibres musculaires de Firis. Lorsque la branche ciliaire naît du tronc du nerf, comme c’est le cas chez la Truite saumonée, cette branche est la dernière que le nerf donne avant de se terminer dans le muscle droit interne.

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