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CINQUIÈME PAIRE. — LE TRIJUMEAU. V

Tab. K, fig. 1. — Tab. M, fig. 9, 10, 11, 17, 18 et 19. — Tab. N, fig. 1, 2, 3 et 4.

En ne tenant pas compte de la branche operculaire , qui, chez les Truites, se comporte évidemment comme le nerf facial, on peut dire que le trijumeau nait de deux

ordres de fibres, que l’on pourrait appeler des racines. Il nait à la base du cerveau. dans le sillon qui sépare les lobes optiques et le cervelet ou plutôt au-dessous du bourrelet latéral et inférieur du cervelet. On ne peut pas dire qu'il ait une racine antérieure et une postérieure ; elles sont plutôt supérieure et inférieure , tellement les deux rangées de filets sont superposées l’une à l’autre. La racine inférieure semble néanmoins le céder de beaucoup à l’autre par le nombre et la grosseur des filets.

Tôt après sa naissance, le nerf s'enfonce dans un canal de la grande aîle du sphénoide de Cuvier.

C'est au commencement de ce canal osseux que les deux racines se confondent entre elles et avec la racine du facial dans un même ganglion, correspondant sans doute au ganglion de Gasser des animaux supérieurs (Tab. M, fig. 18). Rien n’est plus variable que ce ganglion chez les Truites ; en général, il est beaucoup plus prononcé chez la Truite commune, que chez les grandes espèces du genre, cependant nous avons aussi trouvé souvent parmi les Truites de ruisseaux, des individus qui n’en laissaient voir aucune trace , tandis que chez d’autres sa présence était évidente. Toujours est-il que cette formation ganglionnaire affecte beaucoup plus la racine supérieure, que les filets inférieurs et ceux de la septième paire, et très-souvent ces dernières fibres ne semblent que collées au renflement du nerf supérieur.

La branche sous-orbitaire du trijumeau (fig. 19, c), se détache de la surface inférieure du ganglion avant de quitter la substance osseuse de los sphénoïdal. Très-étroitement liée en cet endroit avec le facial, cette branche se dirige en bas, par un canal osseux , vers la liaison du vomer avec le sphénoïde. Arrivée là, elle se tourne brusquement en avant et se dirige vers la cavité nasale; elle est située tout au fond de l’orbite, enfermée dans le périoste. Arrivée à l’angle antérieur de l'orbite, elle se glisse de la face supérieure du vomer dans la fente entre cet os et le pharyngien, et arrive ainsi, après avoir donné plusieurs rameaux au périoste de lorbite et à la muqueuse de la gueule, à la face inférieure de l'articulation du pharyngien et des màchoires, où elle se disperse en une multitude de rameaux , qui adhèrent aux membranes muqueuses et fibreuses environnantes. C’est cette branche que Cuvier (°) à appelée branche pterygo-palatine, Desmoulins (*) sphénopalatine et Büchner (°) maxil-

laire supérieur.

(!) Histoire naturelle des Poissons. Vol. E.

(*) Anatomie des Systèmes nerveux des Animaux à vertèbres. (*) Mémoire sur le Système nerveux du Barbeau.

Après avoir donné cette branche, le nerf trijumeau traverse le canal osseux tout entier, et ce n’est qu’à sa sortie de ce canal qu’il se divise de nouveau en deux troncs. Le tronc supérieur ne donne naissance qu’à une seule branche, le nerf sus-orbitaire où nerf ophthalmique de Willis (fig. 9 et 10, d). Ce nerf, après avoir fourni la branche ciliaire qui communique avec le nerf oculomoteur , dont nous avons déjà fait mention dans la description de ces nerfs, se dirige directement en haut vers la voûte de l’orbite, et tout en poursuivant son trajet le long de cette voûte, il fournit des filets à toutes les membranes et aux os, devant lesquels il passe, aussi bien qu’à l’enveloppe fibreuse du globe de l'œil. Outre la branche ciliaire, par laquelle il communique avec l’oculomoteur, nous n’avons jamais observé une branche quelconque, se rendant aux organes du globe de l'œil lui-même. Passant au-dessus de l'insertion des deux muscles obliques de l'œil, il pénètre dans la cavité nasale, et c’est ici, dans la muqueuse de celte cavité et dans les membranes qui recouvrent l'extrémité du museau, qu'il forme un plexus extrêmement compliqué avec la branche sus-maxillaire du trijumeau. De ce plexus partent les petits filets, qui se rendent aux membranes mentionnées.

Le tronc inférieur du trijumeau se divise lui aussi de bonne heure en deux branches, mais elles restent enveloppées dans une même gaine fibreuse, tout le long du bord postérieur de l'orbite. Au bord extérieur de l'os palatin, à l’angle de la bouche , la branche sus-maxillaire (Tab. M, fig. 19, b) se détache de l’autre, longe le bord de l'os palatin en fournissant de très-petits filets à cet os, à ses dents et à la membrane qui le couvre; puis arrivée à l’articulation de la mâchoire supérieure, elle s’épanouit en un nombre considérable de rameaux dont le plus considérable entre dans los de la mâchoire supérieure, pour donner des filets aux dents et à la muqueuse de cet os, tandis que ce qui reste du nerf se termine dans les nombreux filets, qui, de concert avec la branche sus-orbitaire, composent le plexus déjà mentionné.

Les branches que nous venons d’énumérer sont, d’après leur disposition, essentiellement sensilives. Îl en est autrement de la dernière branche du trijumeau, de la branche sous-maæxillaire (Tab. K, fig. 1, Tab. M, fig. 18,e), qui est évidemment une branche mixte, dans laquelle les fibres motrices semblent même l'emporter sur les sensibles. C’est elle, en effet, qui, tout le long de son trajet au bord de l'orbite, fournit les muscles environnans ; elle détache en outre un rameau, qui, collé aux os , remonte directement vers les muscles moteurs de lPopercule ; enfin elle fournit aussi plusieurs branches considérables aux muscles masticateurs, qui forment la masse charnue des joues ; l'enveloppe fibreuse de l'orbite ne manque pas non plus de petits filets. Au coin de la bouche, notre branche envoie plusieurs rameaux à la mu-

queuse environnante et une branche assez considérable à la partie inférieure du grand masticateur , tandis que le reste du nerf se cache entièrement au fond de la dépression , entre les deux branches de la mâchoire inférieure. Ici le nerf se divise en deux filets : l’un, le plus mince, longe la branche supérieure de la mâchoire, et reçoit une branche du nerf facial, l’autre qui est le plus considérable passe à la branche inférieure de la mâchoire, se renforce d’un filet très-mince provenant également de la septième paire, et se termine dans la muqueuse et dans le muscle de la mâchoire . comme la branche supérieure dans l’os et dans les dents.

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