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RÉFUTATION DE QUELQUES OPINIONS RELATIVES AU

Les anatomistes ont long-temps débattu la question de savoir si la moelle épinière était un prolongement sorti de l’encéphale , ou si l’encéphale

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était le couronnement, l’épanouissement des fibres de la moelle épinière. D’autres se sont occupés de fixer la limite de ses extrémités supérieure et inférieure.

Et d’abord Hippocrate, Vesale, Willis, Varole, Haller, Zinn, Winslow, Sabatier , Portai , Chaussier, Cuvier, ont considéré la moelle épinière comme naissant du cerveau , ou comme une continuation , de la substance médullaire du cerveau et du cervelet.

D’un autre côté, Gaîl , Tiedemann et Serres ayant reconnu que dans l’ordre de formation, la moelle épinière précède l’apparition des lobes de l’encéphale; le premier surtout ayant observé que dans les monstres acéphales, l’absence de cerveau était primitive, et non reflet d’une maladie qui aurait détruit l’organe préexistant , ont prouvé que la moelle épinière n’était pas une production du cerveau.

Ensuite Serres et Tiedemann ont conclu de la succession ascendante des formations , que les parties supérieures étaient une production des inférieures, et que la moelle épinière était l’origine de l’encéphale qui en était , pour ainsi dire , l’efflorescence.

Et Gall se fondant sur une analogie mal observée pour assimiler à la moelle épinière le double chapelet de ganglions des insectes et des anélides, a conclu que dans le plan général de l’organisation

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la moelle épinière n’était pas même en relation nécessaire avec l’encéphale, puisqu’elle existait dans des classes entières d’animaux dépourvues de cerveau.

Et comme cette prétendue moelle épinière des anélides et des insectes, est formée d’une double série de petits ganglions ou renflements (supposés par M. Serres analogues aux ganglions inter-verté" braux des mammifères et des reptiles), comme cette moelle serait alors le type originel de celle des animaux vertébrés , Gall en a conclu que chez ces derniers la moelle épinière était réellement formée de la même manière ( pag. 58 , infol. , Anat. et Phys, du syst. nerv.). 11 n’y a , dit-il, entre elles aucune différence essentielle : seulement (dans les vertébrés) les ganglions sont ordinairement plus rapprochés, de sorte qu’ils semblent ne se renfler en nœuds distincts que dans les endroits où naissent les nerfs plus forts , par exemple , les nerfs des extrémités. Mais lorsqu’on examine la chose avec attention , on voit clairement que dans l’intervalle d’une paire de nerfs à l’autre, il y a toujours alternativement des rétrécissements et des renflements plus ou moins sensibles. Mais si plusieurs paires de nerfs presque également fortes sont rangées très-près les unes des autres, la différence entre les rétrécissements et les renflements devient moins frappante.

Ce dernier raisonnement n’est pas logique. Pour

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être conséquent, il aurait dû dire que la différence devenait au contraire plus frappante. Mais la conclusion eût été trop évidemment contraire au lait. Car, dans la réalité , lorsque par la loi du développement des lobes cérébro-spinaux , des lobes ou renflements se produisent, la ligure et la séparation de ces lobes , sont d’autant mieux déterminées que les nerfs juxta^ posés sont plus volumineux. (Yoy, />/. Yll, les trois premiers nerfs cervicaux des trigles et leurs cinq lobes, etc.) La démonstration de çette loi serait ici prématurée.

Or, on a vu dans ce que j’ai dit de la double formation par couches excentriques , provenant de l’exhalation du pourtour de la face interne de la piemère, et par couches concentriques provenant de l’exhalation de la face externe du repli longitudinal de cette membrane, que les libres nerveuses dans chaque couche et dans chaque ordre de couches sont formées à la fois sur toute leur longueur. Et lorsqu’il n’existe pas de cause particulière du contraire , l’épaisseur de ces couches reste uniforme sur tout leur prolongement. Cela est manifeste : i° dans la moelle épinière du fœtus de tous les mammifères, pour la première moitié de la vie utérine, époque où ni l’une ni l’autre des formations excentrique et concentrique n’est achevée,

et pendant toute la durée de la vie des serpents et même des sauriens, chez qui la formation concentrique reste toujours plus on moins incomplète.

De sorte que dans ces deux ordres , comme chez plusieurs poissons, le canal de la moelle y conserve toujours à peu près le même calibre qu’il a du troisième au quatrième mois du fœtus de l’homme. Or, dans tous ces cas, la continuité des libres nerveuses sur toute leur longueur est manifeste, et nulle part les parois du tube nerveux, dont elles forment l’épaisseur, ne s’amincissent et à plus forte raison ne s’interrompent de la plus petite quantité. Partout cette épaisseur et cette continuité restent uniformes.

Or, dans les anélides, les insectes et surtout les mollusques, il en est des ganglions comme de ceux du nerf grand sympathique, chez les mammifères. Chacun est isolément développé à sa place, et meme suivant les espèces, ne communique pas avec celui qui le précède ou avec celui qui le suit. Et ces communications varient encore pour le nombre de filets, par lesquels elles s’établissent. Ensuite ces ganglions sont de véritables ganglions, c’est-à-dire, formés d’une matière compacte, homogène, dont les molécules ne sont pas alignées en fibres, et qui change de nature dans les filets de communication , ou s’y enveloppe de substances nouvelles.

11 n’y a donc aucune analogie entre la moelle épinière des vertébrés, et les ganglions des mollusques, des insectes et des anélides.

11 est en outre démontré par le mécanisme de

cette formation de la moelle épinière qu’elle naît à sa place, qu’il n’y a pas de raison pour qu’elle diminue de haut en bas en proportion des nerfs qui étaient censés en sortir; et que les rétrécissements et les renflements qui peuvent réellement exister sur tous les points de sa longueur, ont une cause locale inhérente au segment du système, qui se trouve ainsi plus ou moins développé.

Il est démontré enfin que les parties supérieures ne sont pas des productions sorties des parties inférieures qui se seraient prolongées pour les former, mais que chaque partie est formée à sa place par la face correspondante de la pie-mère, en même temps ou après que les parties qui lui sont continues sont déposées à la leur de la même manière.

Or, on verra plus loin que des causes perturbatrices, en s’opposant à l’exhalation de la substance nerveuse dans tel ou tel segment de la pie-mère, peuvent empêcher la formation de telle ou telle partie du système cérébro-spinal, sans que les parties voisines en soient affectées. Seulement il paraît, d’après les observations , que ces causes agissent d’autant plus aisément et plus souvent qu’on se rapproche de l’extrémité antérieure du système. En outre elles peuvent agir encore après l’achèvement de la partie spinale du système , parce que l’épaisseur des lobes encéphaliques à former, ou,

ce qui revient au même , le nombre de couches à déposer, exige une durée porportionnée à ce nombre et à cette épaisseur.

Quant aux limites et au mode dé terminaison de la moelle épinière, on ne s’était Occupé généralement que de son extrémité supérieure. Pour l’inférieure, jusqu’à M. Serres, on ne l’avait observée que chez l’homme, ou depuis Achillini et Scemmering on lui assignait la première ou la seconde vertèbre lombaire pour limite. M. Serres a le premier reconnu les variations de cette limite inférieure suivant les périodes de la formation et de l’accroissement dans le même animal , ainsi que d’un animal à un autre. Mais on verra qu’il a trop généralisé des observations faites sur un trop petit nombre d’espèces , en disant que plus la moelle épinière s’élève dans le canal vertébral , plus le prolongement caudal ( c’est-à-dire la queue) diminue ; et que plus elle se prolonge et descend dans son étui, plus la queue augmente de dimension.

Varoli, AV illis , Bartholin, comprenaient dans la moelle épinière , les parties qu’on désigne chez les mammifères sous le nom de moelle allongée, de pont de varole, de cuisses du cerveau, découches optiques et de corps striés. Haller, Scemmering, Bicliat et Gall, limitent la moelle épinière au grand renflement ou collet formé par les fibres communiquantesdes hémisphères du cervelet (Voy.p/.VIII,

sur l’homme). Gall donne pour raison de cette détermination , qu’à cet endroit la fissure antérieure de la moelle épinière est interrompue, que la moelle nerveuse se renfle d’une manière frappante dans l’homme, et bien plus encore dans les mammifères; qu’on y aperçoit très-visiblement les premiers rudiments des nerfs nommés cérébraux, du cerveau et du cervelet.

L’on voit que tous ces auteurs, excepté les plus anciens, ont été prévenus de l’idée qu’il y avait des séparations réelles entre telle partie du système cérébro-spinal et telle autre. Ils n’ont point compris l’unité anatomique et physiologique de ce grand appareil. C’est au point que tout récemment M.Chaussier supposa que la rainure superficielle qui se trouve sur le bord postérieur de la grande commissure du cervelet était une fente profonde, produite par l’interruption des faisceaux nerveux de la moelle, faisceaux dont il ignorait la continuité et la prolongation à travers les différents étages de cette commissure.

Il serait inutile de réfuter toutes ces manières de voir. Leur appréciation résultera de l’exposition suivante.

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