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CHAPITRE I II

DE LA CINQUIÈME PAIRE DE NERFS, (l)

On savait que toute la peau de la tète, le pavillon de l’oreille, et même par une anastomose la

(i) Ce nerf a été nommé aussi trifacial , ce qui ne veut pas ' dire à trois faces , comme l’impliquerait l’étymologie; mais ce qui, par une forte ellipse, signifie ayant une triple distribution à la face. Celte dénomination, applicable réellement aux1 trois premières classes de vertébrés, n’est plus admissible, puisqu’on va voir que certains poissons ont à leur 5"# paire 6 branches distribuées chacune à des organes très-dif-

cavité du tympan; que la surface libre et même l’intérieur de l’œil; que la pituitaire des narines, que la langue, que les noyaux pulpeux des dents, et que les glandes lacrymales et salivaires, sont dans l’homme et les mammifères en communication avec le lobe du quatrième ventricule par les filets d’une seule paire de nerfs, nommée la cinquième à cause delà position de son insertion. La multiplicité des usages si divers de ce nerf avait vivement excité la curiosité et l’intérêt des anatomistes. Mais en considérant l’ensemble des animaux vertébrés, la centralisation de sensibilité qu’établit ce nerf, et dont le foyer est au lobe du quatrième ventricule, est étendue à un bien plus grand nombre de parties, et surtout à des parties infiniment plus distantes entre elles. Chez certains poissons, toutes les extrémités du corps sont rattachées à ce lobe par la cinquième paire, ainsi que tous les organes de la tête; et de plus, soit chez d’autres poissons, soit chez certains reptiles, un assez grand nombre d’organes situés dans la tête et sans analogues chez l’homme et

férents, et que tous les poissons osseux ont une 5“e branche constante , distribuée aux surfaces de leur cavité branchiale. Si l’on devait adopter un nom significatif pour ce nerf, il faudrait, comme on le verra dans le livre V, l’appeler sympathique de ta tête, à cause de la sympathie véritable qu’il établit entre presque tous les organes de celte partie. C’est au moins j usqu ici le seul neii dont il soit prouve qu’il serve véritablement de moyen d’harmonie et d’unisson entre plusieurs organes.

lus mammifères, sont encore mis en commmunicalion, par des nerfs particuliers et spéciaux de cette paire, avec le lobe du quatrième ventricule, dont nous verrons l’importance s’accroître par l’insertion de la septième et de la huitième paire. Ces parties nouvelles ainsi centralisées par la cinquième paire , sont les deux paires de nageoires, la queue, et toute la longueur du tronc de plusieurs poissons , les batteries électriques de la torpille , les organes sensitifs spéciaux des raies , d’autres organes sensitifs spéciaux des trigono-céphales et des serpents à sonnettes , les surfaces muqueuses de la poitrine des poissons , c’est-à-dire de leur opercule et de leur membrane branchiostège, enfin leurs barbillons. En outredans les raies, le nerf auditif est lui-même une branche de cette paire. Tous ces faits, jusqu’ici complètement ignorés, ont plus que doublé l’importance de la cinquième paire, et en font réellement le nerf principal de la sensibilité.

La première découverte importante sur la cinquième paire de nerfs , appartient à M. Gall. Yoici comme en 1 809 il détermina son origine ( pag. 77, in-fol. ).

« L’anatomie comparée donne encore à ce sujet les lumières les plus sûres. Chez les poissons , le ganglion d’où ce nerf prend son origine , est isolé , et les fdets sont dès leur naissance séparés de la masse commune. Chez les animaux mammifères, on voit au bord extérieur de la surface inférieure

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