VIL
D£8 0B6ANBS DB LA GÉNÉBATION.
Tdi indiqué les caractères extérieurs qui pouvaient servir à faire distinguer les lombrics mâles et femelles ; j^ai établi dans quel rapport les sexes se trouvaient entre eux } il me reste à traiter main*
plusieurs de ces animaux sont arméSy ik irritent la partie sur laquelle ils se fixent» et qu'alors les suçoirs, les trompes , ou les* pores absorbent Toxygène; mais ce sont de simples bypotbèseSy qui ne reposent sur aucun &it. {CammetU. de tœnia fydoL anom,, etc. )
H. Rudolpbi refuse la respiration aux belminthes» parcequ*il ne connaît pas d'organes spéciaux pour cette fonction^ et que les lieux qu'ils habitent lui semblent peu propres à son exercice» sans cependant l'exclure entièrement Selon ce naturaliste, lea^xpérieaces que l'on a tentées jusqu'ici sur la respiration des vers intestinaux ne sauraient prouver son existence^ mais indiquent seulement que ces animaux peuvent supporter, pendant un certain temps, le contact de l'air et des autres. gai* En s'étayant des. expériences de L. Spallaniani sur la respiration , il croit que les helminthes prennent l'oxygène dans les humeurs intestinales par absorption cutanée, ou bien dans leurs aliments par absorption Intérieure, plutôt que par une véritable respiration. {Entoz, , 1. 1, p. a43* )
Les diversea expériences que j'ai faites , pour m'assurer de l'existence de la respiration dans l'ascaride lombricolde et l'échinorhynque géant, sont à peu près eonfonnes à celles de Sorg. J'ai remarqué que ces Ters pouvaient vivre de quarante à quarante*huit heures dana de l'eau et du lait tiède, sans venir à la surlace, ce qui semble indiquer que le contact de l'oxygène à l'état gaieux n'est pas essentiel à leur existence; qu'ils vivaient une à deux heures, et même quelquefois davantage, dans l'air atmosphérique; à peu près autant dans les gax aaote, hydrogène, acide carbonique; qu'ils s'agitaient fortement dans ]^ chlore, le gax nitreux, l'hydrogène sulfuréi et mouraient après quelques minutes. Mais ces expériences ne me paraissent nullement satis&isantes pour décider la ques-
tenant deTappareil delà génération, ou des organes génitaux proprement dits, lesquels remplissent une grande partie de la cavité viscérale , et offrent une structure assez compliquée.
1» SBi OMAaXt OiXITAUX 00 II AU.
Ils se composent d*un pénis, dW réservoir séminal, et d'un long vaisseau filiforme , qu^on peut considérer comme Torgane sécréteur de la semence et nommer le testicule. (PI. I, fig. 4^ g, n, h; pi. II, fig. 8. )
La verge est assez souvent saillante au dehors (i), sous la forme d'un petit appendice conique, simple (2), très grêle, d'une ligne d'étendue environ , qui sort de la partie antérieure de l'anus. Elle est blanchâtre, demi- transparente, un peu courbe, à concavité an-.
tion de safoir s'il existe une Téritable respiration dans les Ters iotestiDauz. Elles démontrent seulement l'action diSérente que peuTent aroir sur eux les divers gas; aussi en fais-je peu de cas.
Il est possible qu'il y ait absorption^ par la peau, de l'oxygène contenu dans les gaz intestinaux. Les vers que l'on trouve dans les poumons de plusieurs animaux, dans la vessie natatoire des poissons, bquelie, selon les expériences de M. Bioti contient toujours, outre l'azote, une proportion plus ou moins considérable d'oxygène , peuvent bien absorber par la peau une portion de ce gaz.
«On n'aperçoit aux vers intestinaux, dit M. Guvîer, ni trachées, ni branchies, ni aucun autre organe de la respiration, et ils doivent éprouver les influences de l'oxygène par l'intermédiaire des animaux qulb habitent. » {Règne animal, t. lY, p. 37. } J'adopte entièrement les idées de ce savant anatomiste.
(1) J'ai trouvé dix-huit fois seulement le peuis saillant au dehors sur soixante* quatorze lombrics que j'ai examinés*
(a) M. Laênnec dit, en parlant de la verge, «elle se présente sous la forme de deux ^tits crochets transparents, presque capillaires. {Dict. des scienc.métL, p. 341* ) ''^ toujours rencontré la verge simple dans l'ascaride lombricoîde.
DE L'ASCARIDE LOMBRICOIDE. 45
térieure , et se termine par une pointe aiguë sur laquelle on voit , à Taide du microscope , un pore arrondi ; elle est flexible , élastique, formëe d'une substance d'apparence comëe, et creusée au centre d'un canal étroit. Sa base est entourée d'une espèce de bourrelet circulaire , qui lui est fourni par la membrai\e de l'intestin. Lorsqu'elle est retirée et cachée dans ce dernier , on peut quelquefois la faire sortir par l'anw , en relevant fortement, et à plusieurs reprises, la dernière extrémité de la queue.
Sa base^e continue avec le réservoir séminal, et forme avec lui un coude peu marqué. Dans cet endroit , on voit plusieurs fibres musculaires qui viennent s'y insérer, et qui probablement sont destinées les unes à la pousser au dehors , et les autres à la faire rentrer dans l'intestin. (PL I, fig. 4» f; pi- H, fig. 8, A, fig.g. A, c; pi. m, fig. lo, c.)
La vésicule ou réservoir séminal commence à la base de la verge et remonte au-dessous de l'intestin, qu'il soulève de manière à faire saillie dans son intérieur ; très mince et droit à son origine , il grossit insensiblement, et bientôt acquiert le volume d'une petite plume de corbeau ; il est Cylindrique ; sa longueur est de deux pouces et demi à trois pouces; il est très blanc, mou , flexible; ses parois sont minces; son extrémité antérieure ou sa base est arrondie, tronquée, et donne naissance , par son centre , au tube seminifère ou organe sécréteur de la semence.(PK I, fig. 4i ^îV^' U, fig* 8, b.)
L'extrémité postérieure du réservoir séminal est fixée aux parties latérales du corps par des fibres charnues transversales , transparentes , qui passent en grande partie au-dessus d'elle ; ces fibres peuvent, en se contractant , comprimer le réservoir séminal, et chasser au dehors le sperme dont il est remplie Ce sont elles aussi qui tirent en dedans vers sa cavité l'enveloppe extérieure du corps, et déterminent la forme triangulaire que présente la queue du lombric mâle.
Dans le reste de son étendue, le réservoir séminal est libre
46 ANATOMŒ
et entouré par quelques unes des drconvolutioDS du tube sëmî^ nifère.
L'orgcme sécréteur de la semenee y le iesticuU ou le tube séminU
fèrûj est un long vaisseau filiforme, cylindrique, d^un blanc
raat , qui remonte jusque vers le tiers antérieur du corps , en for^
mant autour du canal intestinal un grand nombre de plis, d'anses
et de circonvolutionrde forme et de grandeur variables. (PI. I,
fig.4,H,H.)
Lorsqu'on est parvenu, après beaucoup de temps et de peine, à dérouler ce vaisseau sans le rompre , on voit que sa longueur totale est de deux pieds et demi à trois pieds, sur un individu de grandeur ordinaire. Il est libre dans toute son étendue , excepté à sa dernière 'extrémité , qui s'amincit , devient aussi ténue qu'un fil de ver à soie, et forme, en se terminant, un nœud assez compliqué. (Pl.II,fig. 8, D.)
Ce naud est plongé au milieu d'un, tissu mou, spongieux, blanchâtre, et adhère intimement aux vaisseaux nourriciers de la région dorsale, vers, la partie moyenne de la cavité abdominale. Lorsqu'on dissèque des lombrics conservés dans l'esprit-de-vin, presque toujours le tube séminifèrese rompt près de son nœud, lequel reste adhérent aux vaisseaux nourriciers ; on croirait alors , comme plusieurs auteurs l'ont .avancé , que son extrémité flotte librement dans la sérosité de l'abdomen (i). En se desséchant, le réservoir séminal et le tube spermatique deviennent jaunes, demi*transpa-
(i) Werner araoce que le conduit séminifère de Tascaride se termine par plusieurs filaments très ténus qui flottent librement. ( Verm. iniesL trev, expos, , 1 78a , p. Sa. ) M. Laënnec dit, en parlant de ce canal : « Son extrémité flotte libres »ment, sans aucune adhérence aux parties enTironnantes.» (Z>icl. dasdenc. tnétL^ t. Ilf p. 341- ) M. Eudolphi a parfaitement tu que Textremité du tube séminal était simple et se tenninait dans la o e llu l o s ù é âa corps. {Entoz. , t III, p. 571. )
DE L'ASCARIDE LOMBRICOIDE. 47
rents et très friables. Us se raccourcissent de plus d'un quart de leur longueur. «
Les Iparois du réservoir séminal , examinées au microscope , n'offrent pas de fibres distinctes; leur tissu est blanchâtre, presque diaphane, et présente une grande quantité de petits points ressemblant à des villosités. Les parois du tube séminifàre offrent au contraire des fibres longitudinales faciles à distinguer (i).
Le nœudj examiné au microscope , paraît constitué par une grande quantité de petites anses qui se pénètrent mutuellement, de telle sorte qu'il est impossible de les dérouler; la matière comme gélatineuse qui les réunit et leur adhère fortement s'oppose encore à ce genre de préparation. (Pi. II, fig. 10, A, b.)
Le tube séminifère et le réservoir auquel il' vient aboutir sont remplis par une humeur blanchâtre , laiteuse, assez fluide , qui se coagule par l'action de l'alcool et de la dissolution de sublimé corrosif. On doit la considérer comme le sperme. Au microscope, elle paraît formée par un fluide transparent, visqueux, au milieu duquel nagent une innombrable quantité de globules blancs, parfaitement ronds , plus opaques et plus gros dans le réservoir séminal que dans le tube spermatique , et qui n'ont aucune ressemblance avec les œufs de la femelle ; ils sont loin d'égaler leur vohune. ( PI. lY, fig. 12 et i3. )
Probablement que cette liqueur spermatique est sécrétée dans les dernières ramifications du testicule , et dans le nœud qui le termine. On peut présumer aussi qu'elle s'élabore à mesure qu'elle s'approche du réservoir ou de la vésicule dans laquelle elle est mise en dépôt, 'jusqu^à son émission 'définitive.
(i).EKamioèe8 pendant la ?ie dalon^bric, les circonrolytions du tobe séminifère ne pfèsentent pai de mouvements » comme cela se remarque pour les OYaires chei la femelle.
%• OU OaOARlg GiHITAUZ Dl LA PBIIBLLI.
L^appareil reproducteur de la femelle se compose d^une vulve , d^un vagin et d'un utérus à deux longues cornes flexue uses, qui se continuent avec des canaux très déliés, qu'on doit regarder comme les ovaires (i). Toutes ces parties sont remarquables par leur extrême blancheur. (PI. I, fig. 2, i, K, £, m; pi. IV, fig. i, a , b , c , D.)
JTai déjà parlé de Touverture extérieure de ces organes ou de la indice^ qui se rencontre sur la face abdominale, à la réunion du tiers antérieur du corps, avec ses deux tiers postérieurs. Le léger rétrécissement circulaire du corps en cet endroit n'est point également marqué chez toutes les femelles. (PI. I, fig. i, d.)
Le vagin , qui succède, à la vulve, est un conduit conoïde , assez ténu, long de cinq à six lignes, légèrement flexueux, lequel se porte en arrière au-dessous du canal intestinal « et bientôt s'élargit pour se continuer avec l'utérus. Celui-ci est conique , un peu aplati ; il ne tarde pas, en se bifurquant, à donner naissance à deux longues cornes ^ d'une demi-Iîgne de diamètre environ, qui descendent flexueuses au-dessous du canal intestinal , jusqu'à un pouce à peu près de l'extrémité de la queue. Dans cet endroit, les cornes de l'utérus se recourbent sur elles-mêmes, deviennent de plus en plus déliées^ et se continuent, sans démarcation sensible,. avec les ovaires. Ceux-ci remontent jusqu'à la matrice (2),
(1) Les planches de Vallisnieri, sur l'ascaride lombricoide et sur les organes de la génération de ce Ter, sont inexactes. Elles donnent, par exemple, à Tatérus et à ses cornes une forme triangulaire qu'ils n'ont pas, etc. {Eiperienxe ed osservazioni spettand aJV ùtoria naturate e medica, t. lY, p. a8 et 3o. ]
(a) J'ai disséqué plusieurs femelles dans lesquelles les circonvolutions des ovaires remontaient à un pouce au-dessus de la vulve , de chaque côté du canal intestinal.
DE L'ASCARIDE LOMBRICOIDE. 49
en entourant tout le canal intestinal de leurs nombreux replis, et de circonvolutions dont la disposition, est un peu diffe'rente de celle du tube séminifère chez le mâle. Après s'être ainsi plies et replies un grand nombre de fois, les ovaires deviennent d'une ténuitë extrême, et forment deux pelotons inextricables, souvent accoles, sans cependant s'anastomoser, en3emble. (PI. iv, fig; 1, E. ) La dernière extrémité de chaque ovaire, aussi fine qu'un fil de cocon de soie, difficilement visible à l'œil nu, après avoir formé ce peloton, s'enfonce, sans se diviser^ entre les vaisseaux nourriciers de la région dorsale , remonte quelque temps entre eux, et finit par se perdre dans leur épaisseur, près de celle de l'autre ovaire. Elle se rompt presque constamment quand on ouvre l'abdomen ^ et il faut une patience extrême pour la trouver (i) et la suivre entre les vaisseaux nourriciers.
(1) Les auteurs ne soDtpas d'accord sur la termioaisoo des oyaires de l'ascaride lombriooide; c*est ainsi que Weroer dit que les extrémités des oTaires se terminent par trois^ou quatre productions filiformes qui flottent dans le ventre ; il ajoute que plusieurs de ces filaments s'anastomosent ensemble. ( Ferm. intes* brev. expos. , p. 79. )
Rédi avance que les ovaires se terminent par une seule anastomose en arcade. {Degl'aninud. , p. 35. ) M. Rudolphi dit avoir toujours fait la même observation. ( Enioz*9 1. I, p. a8i . ) Vallisoieri avoue n'avoir pu démêler le paquet formé par les dernières ezlrémités des ovaires. M. de Blainville dit simplement, en parlant de ces organes, « qu'ils commencent par une sorte de peloton de filets eztrè- • mement fins. > {Dict, des scienc^ nat f t. III, SuppL, p. 4>-) J'avais plusieurs fois cru trouver les ovaires libres d'adhérences aux parties voisines, et réunis entre eux par une anastomose ; mais ayant examiné ces parties avec plus de soin , j'ai vu que cette prétendue anastomose était due à ce que les deux pelotons des ovaires étaient réunis en un seul , d'où émanaient deux filets qui s'enfonçaient isolément entre les vaisseaux nourriciers du corps. J'ai fait bien souvent celte préparation délicate, et je n'ai jamais trouvé la jonction indiquée des ovaires. Leurs pelotons ne sont qu'accolés.
5o ANATOMIE
Mais les ovaires et les cornes de la malricc n^offrent pas toujours un volume successivemeut décroissant: très souvent ils sont vides dans plusieurs parties de leur étendue , et dans ces endroits leur diamètre beaucoup plus petit , et leurs parois demi-transpa* rentes , contrastent singulièrement avec les circonvolutions voisines, qui sont pleines, très blanches, et distendues par les œufs.
Les ovaires étant déroulés présentent chacun one longueur qui varie entre quatre et cinq pieds, et qui est relative, en général, au volume des individus.
Le vagin , la matrice et les ovaires sont remplis par une innom brable quantité d'œufs. Pour étudier Torganisation de ces parties il fairt les examiner au microscqpe.
Le* vagin est formé par une membrane demi*transparente, d'apparence fîbro-celluleuse , à fibres kmgitudinales, et dont la face interne présente des plis, lesquels forment entre eux des cellules écartées, rares, oblongues, et disposées d'une manière assez régulière.
La matrice et ses deux cornes ont une structure à peu près semblable (i). Elles paraissent constituées par de«ix membranes blanchâtres; une extérieure à fibres transversales on obKques, et une autre intérieure qui est toute plbsée. Tes plis de celle-ci sont longitudinaux, flexueux; en se portant alternativement à droite et à gauche^ en s* écartant ou en se rapprochant successivement les uns des autres, ils interceptent entre eux des cellules ou espaces aloagés, dans lesquels se logent les œufs. Ces plis s^effacent un peu quand on tire les parois de la>matriee.dans j« senstransvenal.
Les parois des ovaires offrent des fibres longitudinales bien ap-
>mmmi^mmaimmm^tÊmmmÊmm^,^mm»mt^
.(i] C'est «ette analogie de structure qui m*a fait coiuidérer les deux coroes de la matrice comme appartenant essentiellement à cet organe , et non pas aux ovaires , dont l'organisation est différente.
DE L'ASCARIDE LOMBRICOIDE. 5i
parentes» Dana les endroits on ces conduits sont yides^ on trouve leurs parois marquées d^one très grande quantité de petites taches^ arrondies^ blanchâtres, très rapprochées les unes des autres. Elles indiquent le lien où se faisait Tinsertion des œufs, comme je le dirai.
La matrice et les ovaires jouissent de mouvements très sensibles de redressement et de flexion dans. divers sens. On peut les observer en ouvrant un lombric vivant et en le mettant dans Feau tiède. On voit alors les cornes de la matrice et les circonvolutions des ovaires se rapprocher ou s^ éloigner alternativement les unes des autres par des mouvements ondulatoires assez étendus et qui durent pendant deux ou trois heures.
Les parois de Tutérus, assez extensibles en travers, le sont beaucoup moins en long. Les ovaires , lorsqu'ils sont frais , peuvent être alongés, au contraire, beaucoup avant de se rompre (i).
La matrice et les ovaires étant exposés à Pair se dessèchent, deviennent jaunâtres, demi--transparents , et diminuent considérablement de volume (2) et de longueur.
3* ots anifi at Di LA aivteJTiov.
La matrice et ses deux longues cornes sont remplies par une liqueur épaisse , blanche , comme grumelée , laquelle étant mise dans Teau, ne tarde pas à se changer en une poudre très fine , formée par des œufs, dont le nombre s'élève â plusieurs milliers.
(1) Lorflqu*oo a tiré eo sens opposé les ovaires, les œufs qui les remplissent se séparent par paquets, et ces conduits ressemblent alors à de petits chapelets dont les grains seraient alongés»
(a) Un oraire frais de 4 pieds 9 poocas de lengnenr» a ét4 réduit, par la dessiccation, à 3 pieds a pouces» et un autre de 5 pieds 1 pouce, à 4 pieds.
5a ANATOMIE
Examinés au microscope , les œnb offrent des différences assez notables dans les diverses parties des organes reproducteurs.
i"* Pris dans le bas de la matrice, près du vagin, ils sont ovoïdes ou ellipsoïdes très courts, libres et plongés dans une humeur transparente , glutineuse , qui ressemble à celle du frai de grenouille . Ils sont formés d^une coque transparente , parfaitement lisse en dehors , et remplie d'un liquide également diaphane , au milieu duquel nage un germe irrégulier , opaque , blanchâtre , plus ou moins volumineux, dont la forme au reste présenté de nombreuses variétés(0. (PL IV, fig. lo.)
a^ Si on examine les œufs contenus dans les deux cornes de la matrice , près de leur jonction avec les ovaires, on les trouve à peu près de la même grosseur que les précédents , et libres aussi ; mais ils sont plus alongés , et quelquefois d'une forme conoïde ou irrégulièrement triangulaire. (PI. IV, fig. 7.)
30 Les oeufs renfermés dans le commencement^ des ovaires sont blanchâtres , très mous , flexibles, manifestement triangulaires.
4^ Dans la partie moyenne des ovaires , le triangle qu'ils représentent est bien plus alongé; un de leurs angles form£ une pointe fort longue qui supporte assez souvent une petite éminence sphérique. Leur tissu est homogène, blanchâtre. Us n'offrent de trans parence parfaite dans aucun point de leur étendue. La base de ces œufs est large et placée sur la paroi correspondante de l'ovaire. 11 résulte de ce mode de situation que tous les sommets des œufs, di* rigés vers le centre du canal, laissent entre eux un espace dans lequel on peut faire parvenir le mercure sans les déranger, tandis
(1) Embryons linéaires , droiu ou courbés, court» el comme globuleux, irréguliers et frangés y etc., telles sont les principales variétés de forme que *ni
observées.
DE L'ASCARIDE LOMBRICOIDE. 53
que le même mëtal, pous^^ë dans la matrice, déplace et chasse devant lui les œbfs qu'elle renferme, et qui n^ont pas de place déterminée dans son intérieur, comme cela s'observe dans les ovaires. (Pi. IV, fig.6.)
5« La matière blanche contenue dans des ramifications encore, plus fines des ovaires est formée de corpuscules arrondis , linéai-' res , pointus par une de leurs extrémités ^ plus épais par l'autre , et qui ne sont que ces mêmes œu£$ dans un état de moindre développement. (PL lV,fig. 4.)
6^ Enfin, dans les dernières ramifications des ovaires, j'ai trouvé une matière blanche, grenue, dont les molécules, assez irrégulières, n'offraient pas de forme constante et déterminée comme dans les cas précédents (i). (PI. IV, fig. 3.)
Telles sont les principales différences de forme , de volume et de structure que présentent le plus communément les œufs de l'ascaride lombricoïde dans les diverses parties des organes génitaux.
J'ai rencontré, dans plusieurs lombrics femelles, des œufs dont la forme offrait des variétés qui tenaient probablement à quelque altération dont j'ignore la nature.
Exposés à l'action de l'air, les œufs se déforment, et deviennent entièrement transparents; par l'action de l'alcool, du sublimé corrosif, ils se déforment aussi, et quelquefois se plissent, se couvrent de rugosités à leur surface (2). (PI. IV, fig. 5.)
(1) Chel les lombrics qui ont séjourné dans une dissolution de sublimé corrosif ou dans de l'esprit de vio^ les œufs paraissent adhérer asses fortement aux ovaires; àur les lombrics irais » au contraires ils $e détachent ayec beaucoup de faciUté.
(a) C'est probablement la matière glutineuse qui entoure, les œuls et leuK adhère asseï fortement , qui aura fait croire à Wemer^ Yallisnieri, à M M. Rudolphl, Bréra, etc.» que les œufs de"^ l'ascaride tombricpide étaient velus
Diaprés ce que je viens de dire , on voit que les oeufs éprouvent des changements successifs dans leur accroissement ; que , rëunis d^abord sous forme d^un tissu grenu dans les ramifications les plus fines des ovaires , ils deviennent successivement ^ à mesure qu^ils se rapprochent de la matrice, linéaires , triangulaires très alongés , triangulaires à angles égaux et obtus, ellipsoïdes, et enfin ronds. Quel est leur mode de n utrition ? quelles sont leurs connexions avec les conduits qui les renferment? Adhérents d^abord aux ovaires ^ dont ils reçoivent leur nutrition , se détachent-ils ensuite pour s^aceroître par Tabsorption du fluide dans lequel ils sont plongés? Cette opinion parait probable. Cependant, ne voulant pas aller au-delà des faits fournis par Tobsenration, je ne chercherai pas à résoudre ces questions , sur lesquelles mes recherches ne m^ont rien offert de positif.
La conformation des oi^aaes reproducteurs de Tascaride lombricoMle semble indiquer quUl y a accouplement et fécondation des œufs dans le corps de la femelle par la liqueur séminale du mâle (î). Je n'ai jamais pn svrprendre les lombrics pendant l'accouplement, et cependant j'ai examiné, immédiatement après leur
à leur surface. Je puis assurer que toutes les fois que je les ai examinés frais ou bien cooservési je les ai toujours vus parfaitement glabres. En cela mes observations s'acoordent avec celles de Goëie.
(t) Gke» kt fem e ll e s Us* ploâ petites que ^*aifi pu trouver , et qui n'ont que a pouces de long f les œufs sont presque entièrement transparents ; on y obserre seulement quelques petites taches blanchâtres , mais pes d'embryon opaque : probablement que ces œufs n*oht point été f&condés. M. Rudolpht pense que le même coït féconde à la fois tous lés œuf^ contenus datis^ les oyaires , pareequHl a TU , dit-il 9 que les œufs ayaient le même rolume et la même apparence dans Tutérus et dans les dernières ramifications des oyaires. {Enioz,, t. ly p. So8. ) Mes obsenrations sont loin de s'accorder sur ce point , comme on a pu le yolr , ayec celles de ce naturaliste.
DE L'ASCARIDE iX)MBRICOID£. 55
mort , «t à différentes ëfN^qaes 4e Tannée , plusieurs cenùines d« cochons dont les întestias en contenaient en plus ou mains grande quantité. Je ne sache pas qu'on ait eu occasion de les observer pendant cet acte (i).
Le cercle dëprioiië qu'ron trouve ,chez. la femelle au niveau de la vulve , n'est-il que Tempi^einte , que le résultat de la constriction produite par la queue du mâle pendant la copulation , comme on Ta prétendu , et comme cela paraît assez vraisemblable au premier abord? Pour m'en assurer, je pratiquai , avec un cordon de fil étroit, des ligatures assez serrées sur quatre lombrics vivants, et je ne les enlevai qu^au bout de vingt-^quatre heures. La constriction momentanée qu'elles avaient produite ne paraissait plus un quart d'heure après. Je pense que ce rétrécissement dépend du développement naturel de la femelle , des lois primitives de l'organisation, et ne se prononce qu'à un certain âge, peut-être à celui où elle devient propre à la reproduction. On ne le retrouve pas chez les très jeunes femelles, et il est en général d.'autant.plus marqué qu'elles sont plus grosses.
L'ascaride lombricoïde est ovipare. Je n'ai jamais vu d^oeu£s éclos dans l'intérieur de l'utérus.
On ne trouve pas d'autre /issue aux œufs que la vulve ; cependant , en pressant, l'abdomen sur un grand nombre de femelles
(i) Goëse prétend aroir m seuvent la qaene totot entière de L'moam brevi" caudata mflle introduite dans la Tulre de la femeUe. {Naturg, ^ p. 4^4» t. XXXV, fig. 7, 8.) Soêmmerring m*a fait voir, dans la superbe collection de vers intestinaux qu'il possède, deux semblables* rers intestinaux accouplés elcoaserfés dans l'alcool. M. Rudolphi y cependant, regarde la queue du mâle adulte comme, beaucoup trop grosse pour que cette introduction soit possible 9 et il ajoute : Ros itaquê dubiis non caret, et $i alius quam Goezius obseFvasset, oviductâ$ partent prolapsam pro venue masculo vuhœ immisso habiiam ftùsse âUcerem. ( Entoz. , t. I , p. 507. )
vivantes ou mortes , il m'a été presque constamment impossible de faire sortir les œufs par cette ouverture sans rupture de la matrice et des parois abdominales. Je n'ai jamais pu observer l'émission naturelle des œufs ou les phënomènes de la ponte. M. Rudolphi dit, en parlant des cucuUans, qui appartiennent ainsi quel^s lombrics h la classe des nëmatoïdes, mais sont, comme on sait, ovo-vivipares: « OçuUiy verme quieto^ per iaterpoUa ex vubâ puUiUeni; qiun » eodem disrupto , quod sœpè accùiit , oçula vel embryones ex wa- » riis prolapsis pariterque ruptis vi quâdam et undatîm protru^ » duntur, » Il est probable que la même chose arrive po ur les œufs de l'ascaride lombricoïde, dont la matrice m'a présente des mouvements très apparents, sur des femelles que j'avais conservées dans des intestins plongés dans de l'eau à trente? deux
degrés.
J'ai remarqué que les œufs se logent dans les cellules des parois de la matrice ^ qui peuvent probablement les arrêter pendant un certain temps et retarder leur sortie.
J'ai conservé des œufs pendant plusieurs jours dans de l'eau entretenue à 32 degrés de température ; ils n'ont point éclos , mais se sont putréfiés (i).
Une chose digne de remarque , c'est que j'ai cherché en vain des ascarides lombricpïdes au-dessous de deux à trois pouces de longueur. Malgré tous les soins que j'ai mis dans mes recherches, je n'ai pu déterminer d'une manière précise le mode d'accroisse« ment deslombrics, et les dif^rences qu'ils présentent suivant les âgps (2).
(1) Sans doute que les phénomèoes dé la sortie des petits lombrics de Tœuf dans lequel ils sont contenus offrent quelque analogie arec ceux obserrés par M. Rudolphi dans les cucullans , et sur lesquels il donne les détails les plus in* léressants. (V07. Entoz.^ t. III, p. 3o8.)
(3) M. le docteur Otto, dé Breslaa, m'a dit ayoir trouré plusieurs petits asca*
OE L'ASCARIDE LÔMBRICOIDE. Sy
Chez les jeunes lombrics, les différences extérieures des sexes sont bien moins prononcées que chez les individus plus âges. La dépression circulaire du corps, au niveau de la vulve, n'est que peu ou point marquée chez les jeunes femelles, comme je Tai déjà remarqué , étTouverture de la vulve est si petite, qu'on ne peut souvent l'apercevoir, même avec une bonne loupe.
Chez les jeunes mâles, la queue m'a paru moins aiguë et moins manifestement triangulaire que dans un âge plus avancé.
rides lombricofdes qui avaient au plus deux pouces d'étendue. Mais il n'a rien pu tn^apprendre de positif sur raccroissement de ces animdux, qu'il soupçonne cependant se faire rapidement.