‹ Anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 177 sur 223 · DE LA TRACHÉE®ARTÈRE · texte numérisé non relu

DE LA TRACHÉE®ARTÈRE

La trachée-artere (de rpayvs, àpre, et äprmplx, artère) est le tronc commun des canaux aérifères du poumon :elle estsituée entre le larynx, qu'elle continue, et les bronches, qui ne sont autre chose que sa bifurcation , au-devant de la colonne vertébrale, et s'étend depuis la cinquième vertèbre cervicale jus-

qu’à la troisième dorsale (x).

Mobilité.

Direction,

Dimensions en longueur.

Elle est mobilg dans la place qu'elle occupe, et peut être facilement portée à droite et à gauche. Cette mobilité, qui a entrainé de graves accidens dans LOPERROT de chirurgie par laquelle on divise ce AU suggéré l'idée d'un instrument propre à la fixer (2),

Sa direction est verticale. En haut, elle occupe la ligne médiane; entbas, elle semble dittpte peu à droite. Je l'ai vue plusieurs fois légèrement flexueuse ; mais ces flexuosités légères n'avaient lieu que pendant l'inclinaison du col sur le thorax ; elle disparaissait pendant l'extension.

Dimensions.La longueur dela trachée mesure l'intervalle qui sépare la cinquième vertèbre cervicale de la troisième dorsale. Cette longeur, qui est de quatre à cinq pouces, varie suivant que le larynx est élevé ou abaissé, et suivant que la colonne cervicale est étendue ou fléchie, T4 différence entre Ja limite du plus grand alongement et la limite du plus grand raccourcissement de la trachée peut être de moitié, c'est-

LA

(1) La dénomination de trachée-artére vient de la saillie que font les cartilages de ce conduit, qui est rudeMäu toucher. La dénomination d’artère donnée par les anciens anx vaisseaux à sang rouge, vient d’une grave erreur anatomique. Ces vaisseaux étant habituellement vides sur les cadavres, on s’imagina qu'ils contenaient de l’air pendant la vie : d’où le nom d’artère qui leur est resté.

(2) Au chirurgien Buchot. La mobilité de la trachée s'oppose à

ce qu'on y arrive par ponction dans l'opération de la trachéotomie.

: à-dire de deux pouces à deux pouces et demi : la limite du raccourcissement est établie par le contact des bords des cerceaux cartilagineux 6» 1).

Le calibre de la trachée est déterminé par celui du cartilage cricoïde du larynx : aussi ce calibre est-il bien plus considérable chez l’homme que chez la femme, avant qu'après l'époque de la puberté. Les individus qui ont été tourmentés pendant plusieurs années par des catarrhes chroniques, sont remarquables par les dimensions considérables qu'ont acquises les voies aériennes et la trachée en particulier. Le diamètre moyen de la trachée est chez l'homme de neuf à dix lignes, et chez la femme de dix à douze lignes. Ce'calibre n est pas uniforme dans toute la longueur de ce conduit. Presque toujours la trachée se dilate à son extrémité inférieure au moment de sa bifurcation. Chez quelques sujets, ce canal augmente progressivement de calibre de haut en bas, et représente une espèce de cône tronqué dont la base serait 1inférieure. *

Surface externe.

Figure et rapports. Vue par-devant et de côté, la trachée est cylindroïde ; vue par- -derrière, elle est ne en sorte qu’elle représente un cylindre dont le quart ou le tiers postérieur aurait été enlevé. La surface extérieure est rude au toucher, et comme interrompue par des reliefs circu-

(1) L'alongement et le raccourcissement de la‘trachée ont des limites bien plus réstreintes dans l’homme que dans les oiseaux , chez lesquels , mus à l’aide de muscles longitudinaux , ies cerceaux de la trachée se reçoivent réciproquement ; dans le plus grand raccourcissement possible, trois cerceaux rapprochés s’imbriquant au point de ne présenter que la hauteur d'un seul cerceau, il en résulte que la trachée de l'oiseau peut diminuer des deux tiers. Cette différence de disposition est en rapport avec la différence d'usages, la trachée de l’homme et des mammifères étant seulement un porte-vent, tandis que la trachée des oiseaux est un porte-voix,

Liüites du raccourcissement.

Calibre.

Figure et K apports.

Rapports de la portion cervicale de Ja irachée .

1° En avant.

2° Sar les côtés.

Ua

9° En AT.

rière:

638 SPLANCHNOLOGIE.

laires qui répondent aux cerceaux cartilagineux de la trachée. Les rapports de sa surface externe doivent être examinés au cou et dans le thorax. |

A.Rapports de la portion cervicale de latrachee. 1° En avant, glande thyroïde, dont l'isthme, quelquefois très-étroit, d’autres fois très-développé, recouvre un nombre plus ou moins considérable de. cerceaux cartilagineux. En général, le premier cerceau de la trachée est au-dessus de l'isthme. Audessous du corps thyroïde, fa trachée répond aux muscles : sterno-thyroïdiens, dont les bords rapprochés ne sont séparés l’un de l'autre que par la ligne blanche cervicale; elle répond en outre à l’aponévrose cervicale, au plexus veineux thyroïdien, à une assez grande quantité de tissu cellulaire, à l'artère thyroïdienne de Neubauer, lorsqu'elle existe, au tronc brachio-céphalique ; qui déborde toujours un peu la fourchette sus-sternale. Tous ces rapports sont de la plus haute importance pour l'opération de la trachéotomie.

2° Sur les côtes, latrachée est embrassée parles parties latérales de la glande thyroïde. Aussi dans les maladies de cette glande, la portion correspondante de la trachée estelle déformée, aplatie d’un côté à l'autre , elliptique ou triangulaire ; et la compression de ce;conduit peut être portée jusqu’à la suffocation. L’artère carotide primitive et le nerf pneumo-gastrique longent ses parties latérales: d’où la possibilité de ladivision de cette artère dans l'opération de la trachéotomie. Des ganglions lymphatiques, très-multipliés, longent encore les parties latérales de ce conduit, et peuvent devenir assez volumineux pour intercepter la circulation de l'air, Du reste, tous les rapports dela trachée, à l'exception de ceux qu'elle affecte avec la glande thyroïde, se font par l'entremise d’un tissu cellulaire très-lâche ,au milieu duquel ce canal est. comme plongé,

3° En arrière, la tachée est plane, membraneuse , et reépond à Fœsophage qui la déborde un peu à gauche, et qui la sépare de la colonne vertébrale, Le nerf récurrent gauche

-se place dans la gouttière que forment dans ce sens la trachée

et l'œsophage; le nerf récurrent droit est postérieur à la trachée. :

Les rapports immédiats de la trachée avec l'œsophage expliquent pourquoi des corps étrangers arrêtés dans l’œsophage ont déterminé la suffocation et nécessité l’opération de la trachéotomie.

La mollesse et la flexibilité de la trachée au niveau de l'œsophage ont paru à quelques physiologistes n'avoir d’autre but que de favoriser la dilatation de ce dernier conduit pour le passage du bol alimentaire ; mais nous verrons que es canaux aériens conservent en arrière la disposition mem- ‘braneuse dans des points où ils ne sont nullement en rapport avec l'œsophage. L’anatomie comparée, en montrant la trachée cylindrique chez l'oiseau , anguleuse en arrière chez le bœuf, le mouton, etc. , réfute d’ailleurs pleinement cette manière de voir.

B. Rapports de la portion thoracique de la trachée. Dans le dhorax ; la trachée occupe le médiastin postérieur. Elle répond : en avant, et de haut en bas, 1° au sternum et aux muscles sterno-thyroïdiens; 2° à la veine sous-clavière gauche; 3° au tronc brachio-céphalique, dont l'anévrisme peut s'ouvrir dans la trachée : sa partie latérale gauche est comme embrassée entre ce tronc et l'artère carotide primitive gauche; 4° à la partie postérieure de la courbure aortique ; laquelle repose immédiatementsur elle dans toute sa hauteur : d'où la dyspnée qui accompagne si fréquemment l'anévrisme de laorte, et la fréquence de l'ouverture de cet anévrisme dans la trachée; 5° plus bas, à la bifurcation de l'artère pulmonaire, qui répond à la bifurcation-de la trachée. PEL G FA En arrière, la trachée répond àl'œsophage qui la sépare

la colonne dorsale; sur les côtés, aux plèvres qui forment le médiastin, aux nerfs pneumo-gastriques, ét à la Partie supérieure des nerfs récurréns,

Rapports de la trachée avec l'œsophage,

Rapports de la trachée dans le thorax.

19 En avant.

20 En arrières

Des ganglions Iymphatiques entourent la trachée.

Surface interne.

Au nombre L 2 de deux.

Différences entre la bronche droite et la bronche gauche.

1° Calibre.

646 | SPLANCHNOLOCIÉE.

Dans toute sa portion thoracique, la trachée ést entourée de vaisseaux et de ganglions lymphatiques extrêmement multipliés, et d'un tissu cellulaire lâche et très-abondant qui communique avec celui de la région cervicale. Ces vaisseaux et ganglions lymphatiques et ce tissu cellulaire lâche constituent les rapports immédiats de la trachée; et on conçoit que l'engorgement des ganglions doive déterminer de graves accidens. - .

S'urface interne.

La surface interne de la trachée est de couleur rosée, et présente des reliefs circulaires plus prononcés que la surface externe; elle est en outre remarquable dans toute la partie membraneuse par le relief des faisceaux verticaux, sur lesquels nous reviendrons à l'occasion de la structure.

Des bronches.

Les bronches (Bsvy x0s, trachée-artère) sont les deux branches debifurcation dela trachée qui s’écartent l'une de l'autre, en décrivant un angle droit ou légèrement obtus : l'une est destinée au poumon droit, l'autre au poumon gauche. Un ligament triangulaire, assez fort, occupe l'angle de bifurcation de la trachée, et semble destiné à prévenir l'écartement trop considérable des bronches. | |

Les bronches diffèrent entre elles sous plusieurs rapports. 1° Sous le rapport du calibre. La bronche droîte a un diamètre beaucoup plus considérable que la gauche;#et ne le cède pas de beaucoup à la trachée sous ce rapportAChez une femme dont la trachée avait dix lignes de diamètre, la bronche droite en avait huit, et la bronche gauche cinq. Cette diftérence de calibre est en harmonie avec la différence devolume des deux poumons, et peut donner la mesure assez cg ée volume. 2° Sous le rapport de la /ongueur. La bron Le

2" Longuerr, droite a un pouce, la bronche gauche en a deux ; disposition.

qui me parait tenir à la légère déviation à droite qu'a subie la

ORGANES DE LA RESPIRATION. POUMONS. 64x

viation du cœur à gauche. 3° Par leur direction. La bronche droite parait moins oblique que la bronche gauche, ce qui tient peut-être à ce que la première pénètre plus promptement que la seconde dans le poumon correspondant. 4°. Par leurs rapports. La bronche droite est embrassée par la veine azygos, qui forme une anse immédiatement au-dessus d'elle, pour se jeter dans la veine-cave supérieure. La bronche gauche est embrasséé supérieurement par la crosse de l'aorte, et affecte en arrière un rapport important avec l'œsophage, qu'elle coupe obliquement. Toutes deux ont des connexions avec le plexus nerveux pulmonaire; toutes deux sont entourées de ganglions lymphatiques, remarquables par leur couleur noire et par la fréquence de leurs maladies : ces ganglions remplissent en quelque sorte l'angle de bifurcation de la trachée. Enfin toutes deux sont dans les rapports sui- #vans avec l'artère et les veines pulmonaires. Chaque artère pulmonaire est située au- devant de la bronche correspondante, pour se porter ensuite au-dessus d’ elle, puis en arrière. Les deux veines pulmonaires sont situées sur le même plan que l'artère; elles se dirigent de bas en haut entre l'artère et la bronche, qui se trouve par conséquent postérieure à tous les vaisseaux. |

Du reste, la forme des bronches est exactement la même que celle de la trachée, c’est-à-dire, qu'elles représentent un cylindre dont on aurait enlevé le quart postérieur, et qui serait constitué par des cerceaux parallèlés. La capacité des deux bronches réunies est plus considérable que celle de la trachée, de même que la capacité des divisions bronchiques est plus considérable que celle des bronches : d’où il résulte que dans l'expulsion de l'air la vitesse de ce fluide doit être accélérée. | |

Parvenues à la racine des poumons, les bronches se divisent en deux branches égales, mais d'une manière un peu différente. La branche supérieure de la bifurcation de la bronche gauche, plus petite, est destinée au lobe supérieur du

Différences entre la bronche droite et la bronche

gauche.

Rapports des bronches.

La forme des bronches est

Ja même que

celle de la 1rachée. |

Capacité.

EEE RE

> nai

642 SPLANCHNOLOGIF.

poumon’; pour y atteindre, elle se renverse un peu en haut, piforeation Là branche inférieure, plus volumineuse, suit la direction des bronches. primitive, et, après un pouce environ de trajet, se divise en deux rameaux inégaux: un plus petit, pour le lobe moyen; un plus volumineux, pour le lobe inférieur. J'ai vu une fuis une pétite bronche naître de la partieinférieure de la trachée, et se rendre directement au sommet du poumon droit: la veine aZYgos passait entre cette petite division et la bronche normale(r). Du reste, les divisions secondaires sont identiquement les RORTRUR P mêmes des deux côtés. Chacune des branches de bifurcation secondaires, se bifurque à son tour: Toutes ces divisions vont en divergeant : les unes sont ascendantes, les autres descendantes ; elles se bifurquent encore, après un trajet variable; en sorte qu'en écartant un peu la substance pulmonaire ; on voit partir du tronc bronchique des séries divergentes et successives de conduits, qui s'enfoncent de dedans en dehors dans la substance pulmonaire. Ta division dichotomique, c'est-à-dire la division en deux branches égales, Division di. Que nous verrons ailleurs ( voyez ARTÉRIOLOGIE), être la chotomique plus favorable à la rapidité de la circulation, domine dans des bronches. . , " ga cle les poumons. Les deux branches de bifurcation se séparent à angle aigu; une espèce d'éperon, placé intérieurement à l'angle de division, coupe et divise la colonne d'air. Cépen-

Avantages dant il n'est pas rare de voir de petits tuyaux bronchiques de cette dispo-

LH naître directement d’une division principale, pour se distri-

buer aux lobules pulmonaires les plus voisins. Du reste, le nombre de ces divisions, toujours en rapport avec celui des veines pulmonaires, n'est pas aussi considérable qu'on le croirait d'abord : il ne dépasse guère le nombre de quinze.

RT La forme des divisions bronchiques diffère essentielleraces ment de celle des bronches et de la trachée. Ces divisions

présentent un représéntent en rater un cviindre comylet qui n’est nullecylindre con:- # ;

plet. #& + (1) Cette disposition me paraît normale chez le mouton et chez le bœuf,” |

ment tronqué en arrière ; mais la disposition des cartilages en cerceau est olise par une autre disposition que . jindiquerai à l'occasion de la structure. x

Rapports. Les premières divisions des bronches sont entourées, même dans l'épaisseur du poumon, par des ganglions bronchiques très-multipliés , d’uné couleur noire dont l’en- do en) gorgement, suite fréquente de catarrhes pulmonaires chro- divisions bronniques, détermine des accidens de suffocation. che

Ces divisions bronchiques, ainsi que je l'ai dit, servent de support aux lobules pulmonaires qui s'appliquent et se moulent sur elles et auxquelles elles sont unies par un tissu cellulaire très-lâche. | - Leurs rapports avec les‘divisions de l'artère et des veines pulmonaires sont les suivantes: l'artère suit constamment ARE la bronche derrière laquelle elle est placée ; la veine s’en vaisseaux pulécarte souvent :1l n'est pas rare de voir l'artère et la veine °2*"°pulmonaires s'entrecroiser autour de la bronche COTrespondante. (

Rapports des divisions bronchiques avec les lobules pulmonaires. Chaque lobule pulmonaire a son tuyau bronchique. Avec les lo Ce tuyau est cylindrique, d'un diamèire uniforme dans toute sk 8 Palo sa longueur, entièrement membraneux : et au moment où il atteint le lobule, il présente une petite ampoule et disparaît. C'est sans doute cette petite ampoule qui en a imposé à Malpighi, à Reissessen et autres qui ont admis que les Ghsque lotuyaux bronchiques se terminent en cul-de-sac; de sorte ro ya rs sai que, suivant ces auteurs, chaque cellule pulmonaire. se- brouchique, rait la terminaison d'un tuyau bronchique particulier. Mais évidemment il ne saurait en être ainsi ; car, d'une part, le nombre des tuyaux bronchiques n'est pas assez considérable; d'une autre part, ilest de Ja dernière .évidence qu'un tuyau bronchique unique est destiné à un groupe de cellules ou lobule. En injectant du *suif dans un poumon qui a été préliminairement privé d'air, soit par

un épanchement thoracique survenu pen dant la vie , soit par

Cerceaux cartilagineux.

Leur utilité.

Leur nombre.

Ils forment les deux tiers d'an cercle.

Faces.

Bords.

Extrénites.

Defaut de régularite.

644 &PLANCHNOLOCIE.

une injection artificielle faite dans le thorax, on voit que le suif est divisé en petits globules ou tubercules arrondis qui répondent à autant de cellules pulmonaires, et que ces globules aboutissent tous à un pédicule commun qui est formé

par le tuyau bronchique (r).

Structure de la NE A bronches et de leurs divisions. 1° Structure de la trachee.

La trachée se présente sous l'aspect d’une série : de cerceaux cartilagineux superposés que séparent autant de cerceaux fibreux, ce qui lui donne un aspect noueux. Il résulte de la présence des cartilages que ce canal se trouve dans un état de tension permanente. Si la trachée avait été purement membraneuse , elle se serait affaissée, au moment de l'inspiration qui détermine une espèce de vide dans le thorax ; et cet affaissement aurait intercepté l'accès de l'air. Le nombre des cerceaux cartilagineux est de seize à vingt. Ils sont plus saillans, ou si l'on veut, plus détachés du côté de la surface interne que du côté de la surface externe de la trachée. Ils forment, chez certains sujets, les 2/3, chez d’autrest, les 3/4, les 4/5 d'un cercle. Chaque cerceau présente deux faces, l'une , antérieure, convexe , l’autre, postérieure concave , un bord supérieur et un bord inférieur minces, qui donnent attache aux cerceaux fibreux et deux extrémités qui sont brusquement coupées sans inflexion , sans épaississement. En général, il ya peu de régularité dans la disposition de ces cerceaux qui ne sont pas rigoureusement parallèles et qui n'ont pas la même hauteur, les uns ayant une ligne, les autres une ligne et 1/2, les autres 2 lignes, 2 lignes et 1/2 : le même cartilage présente une hauteur inégale dans les divers points de son étendue. Souvent deux cerceaux sont réunis dans une |

(x) Reissessen, qui a fait cette injection, a cru voir dans la granulation que présente la matière injectée l'image des culs-de-sac dans lesquels cette matière aurait été fondue.

partie de leur longueur, etc. D'autres fois un cerceau est bifurqué, et il est probable que les différences qui existent. Flexibilité, dans le nombre des cerceaux cartilagineux tiennent ou à leur Élasticité des soudure ou à, leur division. Du reste, ces cartilages sont ‘‘reanx. assez minces pour pouvoir être comprimés, affaissés, de manière à ce queleurs deux moitiés se touchent, sans rupture. Leur élasticité leur permet de revenir immédiatement sur eux-mêmes , et par conséquent de donner à l'air un libre accès. Ces cartilages ne peuvent se rompre que dans le cas d'ossification, laquelle n’est pas très-rare chez les vieillards.

Le premier et les deux derniers cerceaux cartilagineux

de la trachée présentent une disposition particulière : le pre- Disposition

: du premier anmier à plus de hauteur que tous les autres, surtout à sa neau trachéal,

partie moyenne : souvent il se continue avec le cartilage cricoïde (1).

Le dernier anneau de la trachée qui sert de transition Da dernier entre la trachée et les bronches présente la disposition sui- RE ee à vante : la partie moyenne s’'infléchit en bas, se recourbe en arrière en formant un angle aigu , très-prolongé , et constitue une espèce d’éperon saillant dans l’intérieur de la trachée qui sépare les bronches ; les deux demi-cerceaux qui résultent de cette disposition constituent les deux premiers cer

» .. , D l’: tceaux des bronches; l'avant-dernier cerceau de la trachée , ?° !*"*?

dernier ceravait déjà présenté à sa partie moyenne une inflexion an- ceau.

guleuse, mais moins prononcée que celle du dernier.

Tissu fibreux de la trachee. Voici la manière dont il faut concevoir la disposition du tissu fibreux de la trachée, Un cylindre fibreux naît de la circonférence inférieure du car-

(1) J'ai vu un cas dans lequel les trois premiers cerceaux de la trachée et le cartilage cricoïde étaient réunis, mais seulement d’un côté : le muscle crico-thyroïdien antérieur et le constricteur inférieur du pharynx naïssaient bien évidemment du premier cerceau de la trachée. Cette continuité du cartilage cricoïde avec la trachée prouve manifestement que les cerceaux de ce dernier sont des cartilages et non point des fibro-cartilages,

Tissu fibreux de la trachée.

Fibres mus-

culaires de la trachée.

646 |: SPLANCHNOLOGIE.

tilage cricoïde. Dans l'épaisseur de ce cylindre sont contenus les cerceaux cartilagineux, tellement disposés que la couche la plus épaisse de ce tissu se trouve occuper leur face antérieure ; en sorte qu'il semble, au premier abord, que leur face postérieure soit en rapport immédiat avec la membrane muqueuse, En arrière, en l'absence des cérceaux cartilagineux, ce tissu fibreux constitue à lui-seul la charpente de la trachée,

Fibres musculaires de la trachée. Si on enlève avec précaution la mernbrane fibreuse de la trachée, en. arrière et au niveau de sa partie membraneuse, on arrivera à des fibres musculaires transversales, étendues de l'extrémité d’un cerceau à l’autre, et occupant aussi l'intervalle de ces cerceaux. L'existence de ces fibres musculaires, que j'ai vues constituer une couche épaisse d'une demi-ligne dans certains catarrhes chroniques, ne saurait être révoquée en doute. Ilest évident que leur contraction a pour effet le rapprochement des extrémités de ces cerceaux, et par conséquent le rétrécissement de Ja trachée , rétrécissement dont la limite est déter-

ninée par le contact de ces extrémités.

Faisceaux Jlongitadinaux unes,

Faisceaux longitudinaux jaunes. Au niveau de la portion membraneuse de la trachée, entrela couche musculaire et la meinbrane muqueuse, se voient un grand nombre de faisceaux jaunes ou colonnes longitudinales , parallèles , semblables, au premier aspect, à des plis longitudinaux, mais qui ne s'effacent nullement par la distension; ces faisceaux sont adhérens à la muqueuse qu'ils soulèvent, et, facons à la bifurcation de la trachée, se bifurquent eux- -mêmes pour se continuer dans les a

La nature de ce tissu n'est pas bien connue ; il ne peut être que du tissu musculaire ou du tissu jaune Le Je penche davantage pour cette dernière opinion: et dans l'une et l'autre hypothèse, ce tissu aurait pour usage de s'opposer à l'alongement exagéré de Ja trachée et des bronches:activement dans un cas, par son élasticité dans l’autre. Il n'est pas

rare de voir quelques faisceaux longitudinaux derrière les

cerceaux cartilagineux.

Glandules traeéales. Si on examine avec soïn la face postérieure de la trachée, on trouvera un certain nombre de glandules ovoïdes, aplaties , accolées à la face externe de la membrane fibreuse; et si on enlève cette membrane fibreuse, on verra une couche assez épaisse et non continue de glandules de même nature, intermédiaire à la membrane fibreuse et à la couche musculaire. Ce n’est pas tout; si on enlève avec précaution, soit la couche interne, soit la couche

Glandules trachéales.

Placées entre là musculeuse et la muqueuse,

externe du tissu fibreux qui sépare les cerceaux cartilagi-

neux, On verra une série de glandules plus petites que les précédentes, intermédiaires à ces deux feuillets, occupant tout l'intervalle des cerceaux et s'étendant même derrière eux.

Membrane muqueuse. Klle fait suite à la membrane muqueuse du larynx; elle est remarquable, 1° par sa ténuité, qui permet de voir au travers la couleur des parties subjacentes ; :° par son adhérence intime aux parties qu’elle revêt, Les plis longitudinaux dont on a parlé n'existent en aucune manière : on a pris pour tels les faisceaux longitudinaux jaunes ; 3° par le grand nombre d'ouvertures dont elle est criblée, et des quelles on fait sourdre du mucus par la compression.

Ces ouvertures ne sont autre chose que les orifices des petits conduits excréteurs des glandules trachéales.

Vaisseaux et nerfs. Les artères de la trachée sont fournies par les thyroïdiennes supérieures et inférieures ; les veines sont en général disposées de la manière suivante : Des troncs veineux, couchés le long de la trachée , à la face interne de ce re et subjacens à la muqueuse, recoivent de chaque côté, à la manière des veines azygos, de petites veines qui répondent aux espaces qui séparent les cer-

ceaux cartilagineux et vont se rendre dans les veines voisines. Les vaisseaux lÿmphatiques, très-nombreux, vont aux ganglions Iymphatiques ambians, qui sont très-cunsidéra-

bles, Les nerfs sont fournis par les pneumo-gastriques, | # |

Membrane muqueuse,

Vaisseaux et perfs.

6148. sPLANCHNOLOCGIE.

éscaste 2° Structure des bronches.

des bronches. Ta structure des bronches est identiquement la même que celle de la trachée. La bronche gauche présente dix à douze cerceaux cartilagineux; l1 bronche droite: cinq à six. Du reste, comme à la trachée, fibres muscnlaires transversales, faisceaux longitudinaux, glandules, etc. Les artères des bronches viennent ordinairement de l'aorte sous le nomd ‘artères bronchiques. Les veines se rendent, celles du côté droit dans l'azygos, celles du côté gauche dans l'intercostale supérieure. 3° Structure des ramifications bronchiques.

Division des cerceaux carti- Le cylindre fibreux de la trachée et des bronches se pro-

DUR 21e longe sur les ramifications bronchiques. Les cerceaux cartisegmens Curvi- 3 F L v a:

lignes, lagineux présentent , dès la première division des bronches,

de notables modifications; ils se divisent en segmens qui

forment par leur réunion un anneau complet, en sorte

qu'il n'existe plus de portion membraneuse proprement

dite, et que les divisions bronchiques sont: parfaitement

. __. cylindriques. Les seomens des divisions bronchiques sont

Disposition

de ces ‘seg- oblongs, curvilignes , et terminés par des angles très-

RE alongés, disposés de manière à ce qu'ils puissent chevau-

cher les uns sur les autres, et être réciproquement re-

cus dans leurs intervalles. Ils sont d’ailleurs unis entre eux

par un tissu fibreux. Cette QRPOSUBR en segmens Curvili-

gnes et anguleux existe jusqu'à la dernière bifurcation des

bronches ; mais le volume de ces segmens va en diminuant,

de telle sorte qu'ils ne forment bientôt plus que des lignes

étroites, et enfin des tubercules cartilagineux. La portion

fibreuse et membraneuse du cylindre l'emporte de plus en

plus sur la portion cartilagineuse , qui cesse au niveau de la

dernière bifurcation des divisions bronchiques , par un tu- :

Leur di bercule cartilagineux, lequel occupe l'angle de cette bifurca-

ES F9" tion : la dernière ramification bronchique est réduite à sa partie membraneuse.

La membrane muqueuse se prolonge dans les divisions

bronchiques jusqu'aux dernières ramifications, en conser-

vant sa ténuité qui deviént excessive. Les faisceaux longi- -

tudinaux, qui dans les bronches étaient limités à la partie membraneuse, s’'épanouissent dès la première division bron-

chique, et sont comme disséminés sur toute la surface interne

de ces divisions. Les fibres musculaires, qui, aux broncheset Les fibres N + PET A + musculaires à la trachée, étaient limitées à la partie membraneuse, de- 3, ;ennent anviennent circulaires, se placent en dedans des tuyaux nulaires. bronchiques, et formentune couche non interrompue, mais très-mince, qui représente parfaitement la couche circu-

laire des fibres du canal intestinal.

Lorsqu'on considère, d’une part, la disposition des segmens Les eh cartilagineux, qui semblent avoir été taillés tout exprès pour is tre) s'emboîter les uns dans les autres par leurs extrémités, et tent un appapour constituer un appareil de mouvement; d'une autre ut 20 part, l'existence des fibres contractiles circulaires, placés à la face interne de ces segmens , on ne saurait révoquer en doute les mouvemens de ces segmens les uns sur les autres ; et l'étendue de ces mouvemens peut être mesurée par l’espace qu'ils doivent parcourir pour arriver au contact. Or l'arrivée au contact doit avoir pour résultat l'oblitération presque

complète de ces conduits (1). :

Des vaisseaux et des nerfs pulmonaires.

Indépendamment de la trachée, des bronches et de leurs, Vaisseaux +, DER L # ts \ pulmonaires.

divisions, qui peuvent être considérées comme la charpente du poumon, cet organe recoit en outre deux ordres d’artères : l'artère pulmonaire et V'artere bronchique; il émet deux ordres de veines : les veines pulmonaires et les veines bronchiques. Un très - grand nombre de vaisseaux lymphatiques naissent de sa profondeur et de sa surface; des ner/s

importans le pénètrent.

(1) Ces faits anatomiques expliquent merveilleusement tous Îles phénomènes de l'asthme nerveux, de la suffocation nerveuse, etc,

Est L'artère pulmonaire égale, si elle ne lesurpasse, le volume de monaire et l’aorte;les artères Gronchiques paraissent destinées aux bronbronchiques. Ghes et à leurs divisions, dont elles suivent exactement la

distribution. | es: ps Les veines pulmonaires répondent à l'artère pulmonaire. bronchiques. Elles sont au nombre de deux pour chaque poumon. Les veines bronchiques répondent aux artères bronchiques, et se rendent à droite dans la veine azygos, à gauche dans l'intercostale AUpÉrIEUrES | es à pre Dans l'épaisseur du poumon , de même qu'à sa racine, les divers élémens artères et les veines pulmonaires marchent toujours à côté Re W) pal des tuyaux bronchiques. On les distingue dans’ les coupes faites à cet organe, aux caractères suivans : Artère , béante ou à peu près béante et blanche ; éronche, béante, couleur plus ou moins rosée, et contenant un mucus écumeux, qu'on fait sortir par la pression ; veine, affaissée et pourtant plus difficile à voir que l'artère. Les rapports de ces trois ordres de vaisseaux ne m'ont pas paru constans, | Malgré les travaux de Hailer à ce sujets on ne connaît pas bien la disposition respective des artères et des veines bronchiques par rapport aux artères et veines pulmonaires. Je dois faire remarquer la facile communication des ar- Communi- tères avec les veines pme et les divisions bronchiques. cation facile J'injection Ja plus grossière , poussée avecune force’ médes artères avec les veines diocre , passe avec la plus grande facilité des artères dans

ot les divisions

bon ot CURE les veines pulmonaires et dans les tuyaux bronchiques ; les

parties enflammées seules m'ont paru imperméables. vise Les vaisseaux lymphatiques ; superficiels et profonds sont Iymphatiques, extrêmement nombreux ; ils vont se rendre aux ganglions bronchiques et SENTE dont le nombre et le volume at-

testent assez leur importance : la couleur notre de ces gan=

glions ne commence à se manifester que de dix à à vingt ans.

Net Les nerfs du poumon viennent du pneumo -gastrique ; quelques-uns viennent du système ganglionnaire. Ils consti-

tuent un plexus très-considérable situé derrière les bron:

ches, avec les divisions desquelles ils pénètrent dans l'épaisseur du poumon. Je férai remarquer qu'il n'existe qu'un grand plexus pulmonaire commun aux deux poumons. 1'où, sans doute, au moins en partie, la solidarité de ces deux organes.

* Développement.

Suivant Meckel, le poumon est un des derniers organes Grare d'apqui apparaissent he le fœtus; on ne commence à le dis- parition. tinguer des autres parties contenues dans le thorax, qu'à la fin du second mois de la vie intra-utérine.

Le volume du poumon est d'autant moins considérable

Volume.

qu'on l’'examine à une époque plus rapprochée de sa forma- : S : Il est rition. Il semble remplacé alors par le thymus, seul organe goureusement

qui se présente lorsqu'on ouvre la poitrine et More le- inverse de ce- , lui du thymus.

quel on est obligé d'aller chercher les poumons relégués de chaque côté de la colonne vertébrale, Le développement du poumon s'effectue en raison inverse de celui du thymus. ) .

Le volume du poumon afigmente dans la même proportion que celui du thymus diminue : dans les deux derniers mois de la’grossesse, le poumon est com >iétement développé et apte

P PP P à respirer.

. Le poids du poumon offre chez le fœtus et chez l'adulte

des différences bien dignes de fixer l'attention. Pendant Pain du tout le temps de la vie intra-utérine, le poumon du fœtus

offre une pesanteur spécifique de beaucoup supérieure à

celle de l'eau ; aussitôt que l'enfant a respiré , sa pesanteur Pesanteur

spécifique devient de beaucoup inférieure à celle de l'eau ; il dRdrt ie surnage.

. Et cependant le poids total du poumon a notablement augmenté, parce que, indépendamment de l'air qu'il recoit, le poumon admet une bien plus grande quantité de sang qu'il ne le faisait pendant la vie intrà-utérine. Avant la naïs-

Poids tota

sance, Le rapport du poids du poumon au poids absolu de tout le corps est comme 1 à 60 ; après la naissance, 1l'est comme r est

EE NP PT PS ON ON - — e JON © © CN ON

nl, LL

gent, et qu d'une autre part, ont acquis un poids absolu

Couleur.

La production de la matière noire est en rapport a vec l’âge.

652 SPLANCHNOLOGIE.

à 30. 11 suit de Jà que des poumons, qui, d'une part, surna-

on supérieur à celui qu ils présentaient chez le fœtus, attestent que l'enfant a respiré. |

Après la naissance, le poumon participe au développements. du reste du corps. À l’époque de la puberté, il acquiert les proportions qu'il doit offrir par la Suite. Je n'ai point observé que chez le vieillard les poumons présentassent moins de volume et de poids que chez l'adulte,

Sous le rapport de la couleur, le poumon offre des différences très-tranchées. D'un rose Late chez le fœtus, dans les

premiers temps de la conception, ii devient plus tard d’un

rouge foncé, lie de vin, couleur qu'il conserve jusqu’à l’époque de la naissance. Après la naissance , sa couleur rede-

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