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É RÉGION CERVICALE ANTÉRIEURE SUPERFICIELLE

Nous décrirons dans cette région Île peaucier et le sterno. | |

cléido-mastoiïdien.

Peaucier.

Préparation. 1° Tendre le muscle en renversant la tête en.ar- | rière, un billot.étant placé sous les épaulés du sujet; 2° faire à la,

peau une première incision horizontale de l'angle de la mâchoire né, )

(1) Winslow, Expos. anat., t, 11, pag. 360.

RÉGION CERVICALE ANTÉRIEURE. PEAUCIER. 97 à la symphyse du menton; une deuxième incision de la symphyse à l'extrémité interne de la clavicule; une troisième incision le long de la clavicule. Ces incisions doivent étre très-superficielles et diviser à peine toute l'épaisseur de la peau. On disséquera ce muscle avec beaucoup de précaution, en ayant soin de commencer par Sa partie supérieure, de diriger le scalpel en dédolant vers la peau, et de suivre exactement la direction des fibres charnues qui sont obliques de haut en bas et de dedans en dehors.

Le peaucier, ainsi nommé par Winslow, latissimus colli, d’Albinus, est un muscle jarge, excessivement mince ; irrégulièrement quadrilatère, qui double la peau de la région Figure. antérieure du cou à laquelle il est uni à la manière du peau-

cier chez les animaux. ”

Situation,

Le peaucier s'étend, de la peau qui couvre Ja partie anté- Insérttons, rieuré et supérieure du thorax , Jusque sur la partie latérale de la face, où il se termine, 1° à la base de la mâchoire inférieure, 2° à la commissure des lèvres, 3 sur le masseter , 4” à la peau de la face ( thoraco-facial, Chauss.).

À partir de l'insertion inférieure qui se prolonge presque toujours jusqu à l'épaule, etse perd dans Le tissu cellulaire SOUS Dinction cutané, les fibres charnues se dirigent obliquement de bas en des fibres, haut; et de dehors en dedans; elles constituent des faisceaux musculeux pâles, écartés les uns des autres, quelquefois forthés par d'autres petits faisceaux qui viennent s'ajouter au bord postérieur du muscle, et se terminent supérieurement de la manière suivante : celles quisontlesplus postérieures se per- FR tions dent sous la peau de la face, au niveau du masseter dont elles : recouvrent l'extrémité inférieure ; celles qui sont plus en devant se continuent, les unes avec le muscle triangulaire des lèvres ; les autres traversent ce muscle pour se continuer avec le carré; les plus antérieures se terminent à la ligne oblique externe de la mâchoire inférieure, et les plus internes s'entrecroisent à leur insertion avec celles du côté opposé, ù Les fibres postérieures qui se perdent à la peau de la face NES 7

# 8 : MYOLOGTE.

es SON k rudiment d'un faisceau remarquable, accessoire du du peaucier. peaucier, et qu’on trouve chez certains sujets. Ce muscle est dirigé obliquement de haut en bas de la région parotidienne à l’angle des lèvres. Santorini l'a décrit sous le nom de 7ës0-

rius ROVUS. |

Rapports. Les peauciers occupent donc toute la région antérieure du cou, à l'exception de la ligne médiane, où ils laissent entre eux un intervalle triangulaire, à base inférieure,

Espace trian. dans lequel ils sont remplacés par un tissu fibreux trés-dense, galaire qui sé- espèce de raphé qu'on retrouve sur la ligne médiane de tout pare leurs \ 9 | bords internes le corps: c'est la ligne blanche du cou de laquelle partent

les divers feuillets qui constituent l'aponévrose cervicale.

Rapports.

Doors Ce miscle est intimement uni à la peau; mais son adhéde la face cu- rence n'est pas la même dans tous les points : intime en bas, pri elle l'est beaucoup moins en haut, où le tissu cellulaire qui sépare ce muscle de la peau est constamment adipeux et peut se pénétrer d’une grande quantité de graisse, comme on le voit chez les individus qui ont un double menton. On ne trouve jamais de ganglions lymphatiques entre le peaucier et la peau : tous sont situés au-dessous de ce muscle.

Les rapports de la face profonde du peaucier sont extrè- Rapports KE C généraux de la mement multipliés. Ce muscle recouvre les régions sus-hyoiïface profonde. Jienne, sous-hyoïdienre et sus-claviculaire; il est séparé de toutes les parties qu'il recouvre par l'aponévrose cervicale à laquelle il est uni par un tissu cellulaire lâche, presque jamais gralsseux.

ripports 4 PU TOUSLENTODE dans le détail de ces rapports, nous ver-

la région ela- rons que le peaucier revêt de bas en haut 1° la clavicule, le viculaire. % PA te .

grand pectoral, le deltoïde ; 2° au cou; la veine jugulaire ex-

terne, les jugulaires antérieures quand elles existent, le plexus

cervical superficiel, le sterno-mastoïdien, l'omoplat-hyoïdien,

An con le sterno ou cléido-hyoïdien , le digastrique, le mylo-hyoi-

dien, la glande maxillaire, et les ganglions lymphatiques de

Ja base de la mâchoire. Il recouvre également au-devant du

RÉGION CERVICALF ANTÉRIEURE. STERNO MASTOIDIFN. 99 sterno-mastoidien, l'artère carotide primitive, la veine, jugulaire interne, le nerf pneumo-gastrique ; derrière le sternomastoiïdien , les muscles scalènes, les nerfs du plexus brachial, quelques nerfs inférieurs du plexus cervical; 3° à la À la face, face, l'artère maxillaire externe, le masseter. le buccinateur D 2 ? 9 la glande parotide, etc. : Action. Vestige le plus remarquable du pannicule charnu des animaux, le peaucier imprime de lévers mouvemens de 9 P 5 Il est le vesplissement à la peau du cou. Sonbordantérieur étant la partie la tige du? panp= rt \ ‘ : + aicule charnu plus épaisse de ce muscle, surtout à son insertion prés de la a. eue symphyse, fait saillie pendant sa contraction : lé peaucier est un des abaïsseurs de la mâchoire inférieure : il abaisse en Abdiédetir de outre la lèvre inférieure; et enfin il abaisse un peu la com- D de missure. [l exprime donc les passions tristes; mais par sa portion accessoire il devient un antagoniste de la portion ,; principale; car il relève l'angle des lèvres, qu'il porte un peu en dehors, et conséquemment il exprime les passions . Attien da Loge ETS JR risorius, gaies, d’où le nom de rssorius,

Action.

De la comssure,

Le

Sterno-cléido-mastoïdien.

Préparation. Diviséz la peau et le peaucier qui la double, à partir de l’apophyse mastoïde jusqu’à la fourchette du sternum, suivant une direction oblique de haut en bas et d'arrière en avant ; renversez les deux lambeaux, l’un en avant > l'autre en arrière, en ayant soin decomprendre dans l’incision une aponévrose assez forte qui recouvre le muscle. Pour bien voir les insertions supérieures, faites une incision horizontale le long de la ligne courbe demi-circulaire supérieure de l'occipital.

Le sterno-cléido-mastoïdien occupe la révion antérieure et

latérale du cou: il est épais, bifide inférieurement, plus étroit Kiure à D à sa partie mo e ‘émite ’insè k È

ap moyenne qu'à ses extrémités. ll sinsère, d'une 1hidrädess Part, au moyen de deux faisceaux bien distincts, 1° à l’ex-

’ LL ’ . e Li] Li LA . L4 À ve) trémite interne de la elavicule ,; 2° à l'extrémité SUPÉTIEUTE Supérieure,

du sternum, au-devant de la fourchette de cet os. Lol À 1

100 | MYOLOCIE.

D'autre part, à Yapophyse mastoiïde et à la ligne courbe occipitale supérieure.

Insertions . L'insertion sternale se fait par un tendon qui se prolonge sternales, dans une étendue assez considérable, au devant des fibres

Inférieure.

charnues.

L'insertion claviculaire se fait par des fibres aponévrotiaues bien distinctes et parallèles, à la partie intérne du bord antérieur et de la face supérieure de la clavicule, dans une

Claviculaire.

étendue très-variable; circonstance importante en anatomie

Intervalle chirurgicale. Souvent un intervalle celluleux considérable MU ER Fi sépare l'insertion sternale de l'insertion claviculaire; d'au- Un stermole tres fois cet intervalle est presque nul; mais, dans tous les de la portion Las, la séparation des deux portions est facile. Les fibres char-

claviculaire. è rt k $ nues, nées de cette double origine, constituent deux gros fais-

te — ceaux qui restent distincts dans une partie de leur longueur :

tent distincts. aussi plusieurs anatomistes, et Albinus en particulier, ont-ils

divisé ce muscle en deux muscles distincts, qu'ils ont décrits

séparément, savoir, le sterno-mastoidien et le cléido-mastoi-

dien, division que l’anatomie comparée a sanctionnée. La

Direction Portion sternale du muscle, plus considérable, se porte de

de Rte bas en haut et de dedans en dehors; la portion claviculaire

RE Man se PORLS presque Yerhealemenr en Hauts etse place derrière

claviculaire. la précédente, qui la recouvre entièrement au niveau de la

Ces deux partie moyenne du cou. Ces deux portions restent encore

La ls distinctes, bien qu'accolées ; elles finissent par se con-.

enhaut, fondre, et viennent s’insérer à la face externe, au bord an-

térieur et au sommet de l'apophyse mastoïde, ainsi qu'aux

deux tiers externes de la ligne occipitale supérieure. L'in-

sertion occipitale se fait par une aponévrose mince; l'insèr-

lasertions tion mastoïidienne par un tendon très-fort qui règne quelque

mastoïdienne

et occipitale.

Axe du ou l'axe du sterno-cléido-mastoïdien est oblique de bas en pi M haut, d'avant en arrière et de dedans en dehors.

Rapports de Connexions. Ge muscle a des rapports importans. Sa face :

la face Superfi- L cielle. superficielle ou externe est recouverte par la peau et le

temps le long du bord antérieur du muscle. La direction

RÉGION CERVICALE ANTÉRIEURE. STERNO-MASTOIDIEN. 10

peaucier, dont le séparent la veine jugulaire externe, et

les branches nerveuses qui forment ce qu'on appelle improprement plexus cervical Superficiel. — Sa face profonde De la face ou interne recouvre , 1° l'articulation sterno-claviculaire ; profonde,

2° tousles muscles de la région sous-hyoïdienne, et en outre

le splénius, l'angulaire, le digastrique et les scalènes ; 3° le

nerf accessoire de Willis, qui le traverse au-dessous de son

tiers supérieur, le nerf pneumo-pastrique, le grand-sympa-

thique , l’anse nerveuse de l'hypoglosse, les nerfs cervicaux ;

4° la veine jugulaire interne ; 5° l'artère carotide primitive,

dont il recouvre seulement la partie inférieure. Son bord Dubordanantérieur fait sous la peau une saillie très -importante térieur.

à étudier, puisque c'est le long de ce bord que doit être

pratiquée l'incision pour la ligature de la carotide primi-

tive, et pour l'œsophagotomie. La glande parotide appuie supérieurement sur ce bord, qui est séparé de celui du côté

opposé par un intervalle triangulaire, dont le sommet est

en bas et la base est en haut.— Son bord Posterieur constitue Du bord posle bord antérieur du triangle latéral du cou, dont le bord térieur. externe du trapèze constitue le bord postérieur, et la clavi-

‘cule le bord inférieur,

Action. Lorsque le sterno-cléido-mastoidien agit d'un seul Action. côté, il détermine un mouvement au moyen duquel la tête

est fléchie, inclinée latéralement du côté du muscle qui se

contracté, et subit un mouvement de rotation en vertu du-

, , , Ge Flechisseur quel la face est tournée du côté opposé. Le sterno-cléido- ,; ,statenr de Mastoïdien est donc à la fois Jfléchisseur et rotateur de La la tête. tête. | I

Quand les deux muscles agissent simultanément, ils flé- TS na chissent directement la tête sur le cou et le cou sur le thorax. dés ihsoles Leur action n'est jamais plus manifeste que dans l'effort qu'on fait pour relever la tête, quand on est couché horizontalement sur le dos. Cependant il est une position dans daquelle le sterno-cléido-mastoïdien devient extenseur de la Fe CAES 0 tête: c'est celle dans laquelle la tête est fortement renversée seur de la tête,

102 MYOLOGIE;

en arrière. Cet effet est dû à la disposition de l'insertion supérieure, qui a lieu un peu en arrière du point d'appui du levier représenté par la tête.

C'est dans le jeu du sterno-cléido-mastoïdien qu'on a La contrac- SUTEOUT l'occasion de signaler la synergie ou la simultationde cemus- néité d'action de plusieurs muscles pour l'action efficace cle peut servir J: ve pe à de prétte e U seul. Ainsi, pour que le sterno-cléido-mastoïdien agisse d'exemple de sur la tête avec la plus grande efficacité, il devient nécesla synergie : : à musculaire Saire que le sternum, qui est, dans ce cas, le point fixe, soit, dans la plus grande immobilité possible : or, ce résultat ne peut être obtenu sans la contraction des muscles grands-droits de l'abdomen. Ces derniers, à leur tour, ne peuvent remplir cet usage qu'autant qu'ils trouvent sur le bassin un point fixe; et le bassin lui-même ne saurait être fixé sans la contraction des muscles fessiers, demi-tendineux, demi-membraneux et biceps fémoral ; enfin ces derniers muscles doivent irouver à la jambe une fixité qu'elle doit à l'action de ses muscles extenseurs.

Cette simultanéité remarquable de contractions, que nécessite l'action d'un seul muscle, a été développée par

Winslow avec une rare sagacité. Elle a en physiologie, et

même en pathologie, des conséquences très-importantes.

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