‹ Anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 149 sur 185 · DES ORGANES URINAIRES · texte numérisé non relu

DES ORGANES URINAIRES

Les organes urinaires constituent un appareil de sécrétion

, • n 1 1 ' ' Partieicon-

tres-complexe, qui se compose, i de deux organes secre- stitaante» des

teurs, les reins; 2° d'un réservoir provisoire, les calices °^^"^^ ""* et le bassinet'^ 3° d un conduit excréteur, \uretere\ 4 dun deuxième réservoir qui est définitif, la vessie-^ 5* d'un deuxième canal excréteur qui est aussi définitif, et qui , chez l'homme, est commun aux organes génitaux et aux organes urinaires , le canal de VurèthriÊt

DES REIirs«

Les reins (H(ppet)j sont des organes glanduleux, destinés à la sécrétion de l'urine.

Ils sont situés profondément dans la région lombaire, appelée pour cette raison région des reins, de chaque côté de la colonne vertébrale, en dehors du péritoine qui ne fait que passer au-devant d'eux, entourés par une grande quantité de tissu adipeux , qui leur forme une sorte d'atmosphère , et comme suspendus aux vaisseaux qui y pénètrent et qui en sortent.

jyiaintenus d'une manière fixe dans le lieu qu'ils occu-

SitBttioDi

6g!t SPLAXCHKOLOGIE.

pent , les reins sont peu susceptibles de déplacement. La ... plupart des changeniens de situation qu'ils présentent sont congéniales de congeniaux. Le rein droit descend ordinairemetit un peu sitaauon. pj^^ j^^^ ^^^^ |^^ j,çjjj g-anche, ce qui tient sans doute à la présence du foie. Il nest pas rare de voir l'un des reins occuper, soit le devant delà colonne vertébrale, soit l'excavation du bassin; et cette situation insolite peut , dans certains cas, jeter sur le diagnostic une grande obscurité (i).

J'ai rencontré plusieurs fois , cliez les femmes qui usent

Déplacement ^e corsets fortement serrés, le rein droit dans la fosse

pi-odait par iUaque du même côté. Ce déplacement arrive lorsque, par

(les pressions . i r • i • • i '

extérieures, ia prcssion excrcee par le corset sur le loie, le rem est chasse de 1 espèce de loge qu il occupe à la face inférieure de cet organe, à peu près comme un noyau entre les'doigts qui le» pressent.

ISonibre. Les reins sont au nombre de deux.

11 est assez fréquent de ne trouver qu'un seul rein ; et Variétés de alors, presque toujours les deux reins sont réunis en croissant au-devant de la colonne vertéLrale, le bord concave dirigé en haut. On voit encore les deux reins réunis . occuper lune ou lautre région lombaire, ou même lexcavation du petit bassin. Il faut bien distinguer ce dernier cas de celui où 1 un des reins est atr(lphié.

Dune autre part, Blasius, Fallope, Gavard, etc., rapportent des exemples d'individus qui avaient trois reins; dans ces cas, tantôt deux reins étaient situés du même côté ; tantôt le rein surnuméraire était placé au-devant de la colonne vertébrale.

(i^ Dernièrement j'avais dans mes salles une femme qui était minée par une lièvre hectique, dont je cherchais inutilement la canse, soit dans le thorax, soit dass l'abdomen ; elle mourut. A l'ouverture, je trouvai les deux reins réunis, occupant le petit bassin, derrière le rectum, et débordant im peu le détroit supérieur. Ce rein contenait une grande quantité de pus, qui s'était fait jour par le rectum.

ORCAVES GÉ^TO-URIWAIRES. £E15S. 696

Vohime. Le rein n'est pas soumis à des variations de volume aussi considérables que beaucoup d'autres organes. Ses di- Volume et mensions ordinaires sont de trois pouces et demi à quatre poids, pouces de long, deux de largr et un d'épaisseur, ^on poids est de deux à quatre onces. Les reins m'ont présenté un tiers en sus de leur volume habituel chez un diabétique. Lorsqu'un rein est atrophié, l'autre rein se développe d une manière proportionnelle , et quelquefois au point de doubler de volume. L'atrophie du rein peut être telle , que cet organe, réduit au poids d'un gros et demi à deux gros, semble avoir disparu au milieu de son chaton adipeux; la présence de ce chaton ne permet pas de confondre ce cas avec celui d'absence congéniale dun rein fi).

Densité ^ couleur. Le tissu du rein est plus dur que celui Densité frades autres glandes. Sa fragilité explique sa déchirure par gîlitél'effet de chocs directs , ou de commotions produites par une chute d'un heu élevé. Sa couleur est d'un rouge lie de vin , Oiu^em. assez analogue à celle de la chair musculaire , et présente d ailleurs diverses nuances.

Figure, La figure du rein ne saurait être mieux comparée qu'à celle d'un haricot,dontle hile serait en dedans. Cette forme permet de lui considérer deux faces ^ une circonférence.

Rapports. Ila face antérieure àa. rein, qhi regarde un peu en dehors, est convexe '^2) et recouverte par le colon lombaire, quelquefois par le péritoine seulement , le colon lombaire

(i) Je ne parle pas ici des cas d'augmentation pathoîogiqae dans le volume des reins. On trouve plusieurs exemples de reins extrêmement voluminenx dans VAnatomie pathologique avec fig. , i'^'^ et i8* livraisons.

(2( Il n'est pas très-rare de voir la scissure du rein occuper la face antérieure de cet organe. Dans un cas de ce genre , le rein (c'était le droit; occupait la fosse iliaque droite. U y avait deux artères : la supérieure, qui se rendait directement à la scissure ; Tiaférieure, qui naissait de l'angle de bifurcation de l'aorte, au-devant de l'artère sacrée mojenne, et se rendait a l'extrémité inférieure de cet organe.

Fiffnre.

"9^ SPLANCHKOLOGIE.

Rapports du ^*^"* *^ (îedans du rein : elle est en outre en rapport à gaurei.1 en avant, che avec la rate et la grosse tubérosité de l'estomac; à droite avec le foie et la deuxième portion du duodénu m.

Les rapports du rein avec le foie sont plus ou moins étendus; quelquefois il est entièrement recouvert parle foiej dans d'autres cas, le rein, refoulé en bas, n'affecte aucun ' rapport avec ce dernier organe.

Le rem droit a quelquefois des rapports avec la vésicule biliaire qui est couchée au-devant de lui dans toute son étendue. Enfin j'ai vu le rein en rapport immédiat avec la paroi antérieure de l'abdomen , à travers laquelle on le sentirait avec la plus grande facilité.

Consé ueno ^"^"16 conséquences pratiques de ces rapports, nous onsequences. noterons, i« la difficulté de l'exploration des reins à travers la paroi antérieure de l'abdomen, à cause de leur situation profonde; 2° l'ouverture des abcès du rein dans le colon. Rapports en "^^ Jace postérieure ^ moins convexe que l'antérieure, rearrière. garde en dedans; elle répond au carré des lombes, dont la

sépare le feuillet antérieur du transverse, au diaphragme qui la sépare des deux ou trois dernières côtes , et au psoas qui la sépare de la colonne vertébrale. Ces rapports expli-

Conseqnences. tni -im-'ii. , ^

quent , i° la possibilité de 1 exploration du foie par la région

lombaire à travers le carré des lonibes; 2'' l'ouverture d'abcès du foie à la région lombaire ; 3» pourquoi des calculs rénaux se sont fait jour par la même voie; 4° pourquoi on a pu proposer l'opération de la néphrotomie. Il importe de faire remarquer que les rapports du rein avec les côtes sont plus ou moins étendus, et qu'il arrive assez souvent que cet organe ne dépasse pas la dernière côte.

Grconférence. Circonférence. Elle présente , i° un bord externe , convexe, demi-ellïptique , dirigé en arrière; 2° un bord interne dirigé en devant, profondément échancré à sa partie moyenne,

^^Soissnre ou pour Constituer la .ycw^«r£ da rein {hilus renalis). Cette échancrure, plus prononcée en arrière, où elle répond au bassinet du rein , qu'en avant , où elle répond à la veine rénale, a de quinze à dix-huit lignes de hauteur.

ORGAKaS epÉNITO-URINAIRES. REINS. 69'^

Quand on écarte les bords de cette scissure , on pénètre CaTÎté âa dans une cavité remplie de tissu adipeux , caVité profonde dans laquelle se voient le bassinet , les calices et les divisions de l'artère et de la veine rénales.

3°. L'extrémité supérieure qui regarde en dedans , est embrassée, plus ou moins immédiatement, en manière de casque par la capsule surrénale; elle est ordinairement plus volumineuse que l'inférieure qui regarde un peu en dehors, et qui déborde la dernière côte.

Structure.

Préparation. Couper le rein verticalement de son bord convexe vers son bord concave. Détacher dans le même sens la membrane propre. Injecter sur des reins diff'érens, et sur le même rein, les ai'tères, les veines et les uretères. Injecter directement les conduits urinifères.

31eml>rane propre. Le rem est déipouryu de Umïqne ipérïto-

néale. La masse adipeuse si remarquable dans laquelle pease.

il est plongé, porte le nom de capsule adipeuse du rein. Il

est en outre pourvu d'une membrane propre, fibreuse, Membrane 11 ' p • T ^ T -j j propre.

adhérente par sa race externe au tissu adipeux, a laide de lamelles fibreuses qui le traversent; adhérente au tissu du rein par sa face interne , à l'aide d'une foule de petits prolongemens, lesquels se déchirent avec la plus grande facilité , lorsqu'on détache cette membrane de la face externe de l'organe.

Tissu du rein. Bien différent en cela des autres organes glanduleux, qui présentent tous une texture homogène et ^ompos^ de granuleuse, le tissu du rein est composé de deux substan- «Jcnx substances : l'une extérieure , substance corticale ou glanduleuse ; l'autre profonde, substance médullaire ou tubuleuse. Quelques anatomistes ont admis une troisième substance , la substance mamelonnée ; mais les mamelons ou papilles qui la constituent appartiennent à la substance tubuleuse.

Voici du reste quelle est la disposition respective de ces deux substances. Substance

A. iû substance corticale foi'me une couche d'apparence corticale.

69^ SPLANCHNOIiOGIE.

granuleuse , molle , rouge , quelquefois jaune , de deux lignes d'épaisseur, qui occupe la surface du rein, et qui envoie des prolongemens en forme de colonnes oujde cloisons d'une à trois lignes d'épaisseur entre les cônes de la sub-stance tubuleuse.

tnbnieuse. ^' l^^ substance tubuleuse OU médullaire, plus rouge, se

présente sous l'aspect de cônes ou de pyramides d'apparence fibreuse ou striée [p/ramides de Malpighi), dont les bases adhèrent à la substance corticale et dont les sommets libres' sont dirigés du côté de la scissure rénale, où ils se présentent sous la forme de mamelons. Bellini, et avant lui Bérenger de Garpi , ont considéré les fibres ou stries de la substance médullaire comme autant de tubes urinifères, tubes

, . , de Bellini. d'où le nom de substance tubuleuse.

Le rem re- ... . . . A

snlte de l'ag- H résulte de cette disposition que le rein est divisé en un

gomeration nombre de compartimens correspondans au nombre des

a un nombre ^ ^ ,

plus ou moîns cônes de la substance tubuleuse; compartimens dont le

gran de rems jjqj-j^j^j.^ varie de lo à 20, et qui représentent les lobules plus petits. ^ 7 1 r

temporaires du fœtus hnmain , et les lobules permanens du

plus grand nombre des animaux (i). Il suit de là que le rein

est le résultat de l'agglomération d'un nombreplus ou moins

considérable de reins plus petits , accolés et réunis sous la

même membrane. Nous verrons bientôt que sous le rapport

de la circulation, ces petits reins sont tout-à-fait indépendans

les uns des autres.

Bien que la distinction entre les deux substances soit

corticale"" ^^e- tranchée , il est facile de voir qu'un certain nombre

xneuse des tu- de fibres OU Stries de la substance tubuleuse pénètrent

=«„<= * 1-°°^'!^ dans la substance corticale en décrivant de légères flexuosous le nom o

de conduits de sites , et arrivent jusqu'à la superficie de l'organe. Cette pénétration de la substance corticale par les tubes devenus flexueux de la substance tubuleuse a été parfaitement exposée par Ferrein , qui les a considérés comme les

(i) Chez un certain nombre d'animaux , le rein ressemble à unç grappe de raisin.

Organes o^nito-crinaires. reins. 699

conduits excréteurs de granulations. On appelle cortc^MiV* (j/e Ferrein ou conduits corticaux^ cette portion flexueusé%; corticale des tubes, lesquels deviennent droits aussitôt qu'ils atteignent la substance médullaire.

Ferrein ayant examiné au microscope les tubes de Bellini , Pvramides a vu ou cru voir que chacun d'eux forme une pyramide ana- de Ferrein. logue aux pyramides de la substance tubuleuse, que chacune de ces pyramides secondaires est constituée par une centaine de conduits : d'où le nom de pyramides de Ferrein donné aux tubes de la substance tubuleuse par opposition aux pyramides de Malpighi.

Quelle est la structure de la substance corticale et celle de la substance tubuleuse ?

Structure de la substance tubuleuse. La substance tubuleuse, qui offre au premier abord l'aspect de fibres musculaires , à raison de sa couleur et de sa disposition linéaire, est Structure de bien manifestement formée de tubes ou conduits; en effet, tubuleuse 1° l'inspection, à l'aide du microscope simple, d'une coupe faite perpendiculairement à Taxe des tubes démontre l'existence d'une foule de petites ouvertures dont chacune répond à un tube; et si , l'œil fixé sur la coupe , on comprime le rein , on voit l'urine suinter par tous les points de la surface de la section. 2**. L'injection directe de ces conduits, à l'aide d'un tube à injection lymphatique, rempli de mercure, qu'on plonge au hasard dans l'épaisseur de la substance tubuleuse , injection qui pénètre dans les tubes, quel que soit le sens suivant lequel on dirige l'instrument. Cette injection prouve d'ailleurs que les tubes de la substance tubuleuse ne constituent pas des conduits accolés et distincts dans toute leur longueur , mais bien un tissu spongieux à travers lequel l'urine est exprimée comme à travers un filtre. 3°. L'expérience ingénieuse de Galvani, qui, en liant les uretères des oiseaux, est parvenu à obtenir les conduits de la substance tubuleuse injectés de matière plâtreuse, ne permet pas le plus léger doute à cet égard.

700 SPLANCHNOLOGIK.

Du reste, les tubes de la substance tubuleuse se réunissent dans le4Pamelons, pour s'ouvrir, soit à toute leur surface, soit dans une petite dépression qu'ils présentent quelquefois à leur sommet.

Structure de la substance corticale. La substance corticale est tubuleuse et granuleuse. Les granulations sont réguli^ement disposées autour des tubes flexueux de Ferreîn (i).

En examinant au microscope simple une tranche mince

Strncinrc de j • • ■ ^ > • ^ i i i .

la substaiice ^°" injecte, on voit une foule de granulations ovoi-

corticale. des, Sphéroïdes (grains glanduleux de Malpighi) que la macération isole les uns des autres, et à côté de ces granulations intactes, les granulations qui ont été entamées présentent cet aspect spongieux, moelle de jonc, qui paraît appartenir à toutes les glandes. Lorsque la coupe est verticale, on voit les grains glanduleux appendus aux tubes de Ferrein, comme des grains de raisii#ur la tige qui les supporte. ■

Vaisseaux et nerfs.

Artères. Uartère rénale est remarquable i" par son calibre

,. , , , énorme , eu égard à la petitesse de l'organe , a" par son origine Artère rénale . . ..

à angle droit de l'aorte, 3° par sa brièveté. Quelquefois il y a

deux ou trois artères rénales. Il n'est pas rare de voir deux artères rénales s'entortiller en spirale l'une autour de l'autre. Dans le cas où le rein est dans la fosse iliaque ou dans le bassin, l'artère rénale ou les artères rénales .viennent le plus ordinairement de l'artère iliaque primitive. Veine rénale. La ^'e^/^e rénale^ proportionnellement aussi volumineuse Yaisseanx î^^ l'artère sort au-devant d'elle et vient se rendre dans la lymphatiques, veine cave. Les 'vaisseaux lymphatiques sont peu connus. Nerfs. Les nerfs sont très- nombreux et viennent du plexus so-

laire. En outre , le petit nerf splanchnique se rend directement au rein.

(i) Ces tubes flexueux formeraient, suivant Ferrein, par leurs nombreuses anastomoses, un réseau dans les mailles duquel seraient contenues les glandules.

nalc dans la scissure.

ORGANES GÉNITO-CRINATRES. ftEINS. 7OI

Le plexus nerveux spermatique est une émanation du plexus rénal, et peut expliquer l'étroite connexion sympathique qui existe entre le testicule et le rein. Le grand nombre de nerfs ganglionnaires qui se distribuent au rein peut rendre compte du caractère particulier des douleurs rénales. laiection ar-

Injectîon des vaisseaux rénaux. L'injection la plus gros- tificielle des

., , 1) » • 1 • T '• • ■ vaisseaux ré*

siere poussée par l artère, revient parla veme. L injection n^Qx. poussée par la veine revient par l'uretère , mais ne revient pas par l'artère. J'ai fait injecter l'artère avec une substance rouge, la veine avec une substance bleue, l'uretère avec une substance jaunâtre. Voici le résultat de mes observations. ^.

•* ^ Disposition

L'artère rénale se divise en plusieurs branches dans la de l'artère ré

scissure où elle est entourée de graisse , pénètre entre les

calices, puis entre les cônes de la substance tubuleuse. Elle

parvient sur les limites de la substance tubuleuse «î de la jy . .

substance corticale, sans fournir aucune branche 5 mais là en réseau sur

elle se divise et se subdivise un très «jrand nombre de fois , imi'es e

o la substance

pour former un réseau vasculaire dont les mailles, in- corticale et do scrites les unes aux autres, sont quadrilatères et de divers '^ ,*" s ance ordres. Les plus considérables de ces mailles embrassent la base tout entière des pyramides. Les moins considérables traversent en divers sens l'épaisseur de cette base.

Pour bien voir cette disposition, il faut, sur un rein injecté et divisé par son bord convexe, enlever en grattant la substance tubuleuse dont le peu de cohérence rend cette ablation facile. Alors on voit que le réseau artériel et veineux qui répond à la base de chaque cône est entouré par une gaîne fibreuse très-épaisse, qui paraît une émanation de la membrane fibreuse d'enveloppe que nous avons dit pénétrer dans la scissure. Toute la substance tubuleuse ayant ainsi été enlevée, le rein réduit à la substance corticale représente une série de loges ou alvéoles bien distinctes les unes des autres , dont chacune répond à un cône de substance ♦ tubuleuse. Cette préparation est très-belle. »

Mais comment se terminent les artères ? De la convexité du

70a SÎ>LANcaïîOLOGIÊ.

u, . . réseau vasCulaire partent des vaisseaux qui traversent la sub-

Terminaison ^ ^ '■

des artères. stance corticale, se contournent à la manière de vrilles, et j F

semblent se terminer par de petites masses rouges régulièrement disposées le long des conduits de Ferrein. Ces petites masses rouges sont formées par la matière à injection qui a pénétré dans îa cavité de chaque granulation , ainsi que le prouve l'examen à la loupe d'une coupe du rein. Si l'artère et la veine ont été injectées sur le même rein ( et il importe que l'injection de la veine ait précédé celle de l'artère pour prévenir le mélange des deux injections), i" On verra la matière à injection de la veine circonscrite à la matière à injection de

l'artère.

La pres-

qnetotalitédes La presque totalité des vaisseaux est destinée à la subvaisseaux es g^j^j^^g corticale : la substance tubuleuse reçoit à peine

destinée a ia ' .> r

sabstance cot- quelques rameaux ; les vaisseaux de chaque lobule ne com- . muniquent pas avec ceux des lobules voisins.

Quant à l'injection poussée dans l'uretère, elle n'arrive pas dans les conduits urinifères, ou du moins elle' n'y pénètre que tres-inçomplétement.

Développement.

Les reins présentent chez le fœtus la même disposition

Disposition ri • '..>!• i c ^-i

loboleuse ^^^ cne2 les animaux , c est-a-dire que leur suriace est sillonnée et lobuieuse.

^ Chaque lobule est formé parla substance médullaire, re-

couverte par une couche de substance corticale.

Après la naissance, les sillons s'effacent, et la surface du . ■Elle dispa- ^^^^^ devient plane et lisse.

rait vers lage ^

de dix ans. Qq changement s'effectûejdans les trois années qui suivent

la naissance; il n'est pas rare cependant de voir la disposition lobuieuse persister jusqu'à neuf ou dix ans, et même pendant toute la vie. Lorsque le rein est le siège de maladies, et plus particulièrement; lorsqu'il est distendu par l'urine accumulée dans les calices et le bassinet , la disposition lobu-.

ORGANES 6iNIÎ0-tIE.INAIRES. CALICES , EÂSSIMEt, tJEETÈRB. 70^

iéuse reparaît. Chaque lobule est alor^ converti en une poche pajticulière bien distincte des poches voisines.

Le volume du rein est proportionnellement plus considé* rable chez le fœtus que chez l'adulte.

Usages.

Les reins sont les organes sécréteurs de l'urine , l'urine est sécrétée par la substance corticale , et comme filtrée par la substance tubuleusej car on trouve l'urine toute formée dans la première substance. Le mécanisme de la sécrétion de l'urinen'est pas mieux connu que celui des autres sécrétions ; sa rapidité s'explique par la grande quantité de sang que reçoivent les reins.

Calices, bassinet, uretère.

Préparation, i". Enlever la graisse de la scissure; étudier la

lisposition du bassinet et des calices à leur surface extérieure. 20. Di- ^

Forme cy- 'iser le rein en procédant du bord convexe vers la scissure. lindriqae des

Les calices sont des entonnoirs {infundibala ), ou plutôt *^^"'^*^'

le petits cylindres membraneux , qui embrassent , par une

le leurs extrémités, la base des mamelons , à peu près de la

nême manière qne la corolle d'une fleur embrasse les éta-

nines et le pistil, et qui, par l'autre extrémité, s'abouchent

vec d'autres calices pour constituer le bassinet. Leur nora-

>re est variable comme celui des mamelons , et même plus Rénnion des

ariable encore, puisqu'il arrive assez souvent que deux ou calices en trois

. . , , ,. troncs.

rois mamelons voisins s'ouvrent dans le même calice. Quel

[uesoit leur nombre, les calices se réunissent ordinaire-

aent en trois troncs, un supérieur, un moyen, un infé-

ienr , qui correspondent aux trois grouppes de lobules en

esquels le rein peut être divisé. Ces trois troncs réunis

;onstituent le bassinet. Les calices sont en rapport , par leur

urface externe, avec ime grande quantité de graisse, et avec

es divisions des arleies et des veines rénales.

Bassinet, VeX\\Q poche membraneuse {pelvis)^ située der- Bassinet,

704 SPLANCHNOXOGIE.

rière la veine et l'artère rénales , au niveau de l'échancrure da bassinet/ * profonde du bord postérieur de la scissure du rein , en sorte que , vu par derrière , le bassinet déborde complètement cette scissure. Alongé dans le sens vertical , aplati d'avant en arrière , susceptible d'une grande dilatation dans le cas de rétention jd'urine ou de calculs rénaux , il se rétrécit presque immédiatement après son origine , pour prendre le nom ÔLUî'etère. Il semblerait, dans certains cas, qu'il n'existe pas de bassinet , et que l'uretère succède immédiatement aux deux ou trois troncs quirésultent de la réunion des calices.

,T V Le bassinet n'est donc autre chose que l'origine évasée on

Uretères. ^ t^ o

infundibuliforme de l'uretère.

Uretères (^ov^ov, urine.) Conduits excréteurs du rein, obli-

Double ure- quemeut étendus du bassinet au bas-fond de la vessie. Le

tère ponr un , . * . ,, ,

seul rein. pl^s souvent unique pour chaque rem, 1 uretère est quelquefois double; or un double uretère s'observe dans deux circonstances bien différentes, i" dans le cas d'unité de rein, les deux reins étant réunis en un seul: alors l'existence d'un double uretère est constante, à quelques exceptions près ; 2" dans le cas où , les deux reins existant , l'un de ces organes est divisé en deux portions distinctes. Dans cette dernière circonstance, les deux uretères se réunissent souvent en un seul, après quelques pouces de trajet. Il n'existe pas alors de bassinet proprement dit, et on peut considérer les deux uretères comme le prolongement de deux troncs de calices qui se réunissent plus tardivement que de coutume. L'uretère représente un cylindre à parois blanchâtres, minces, extensibles, d'un volume variable, depuis celui d'une

Dimensions pimjjy ({q corbeau jusqu'à celui d'une plume à écrire.. La paras! uretère. '^ ^ , , . .

artie la plus rétrécie de ce canal est celle qui est contenue dans

l'épaisseur Jes parois de la vessie. Quelquefois il présente dans divers points de sa longueur des dilatations circonscrites qui semblent supposer que le cours de l'urine a été momentanément interrompu. Ce canal est susceptible d'une dilatation

ORGANES GiNITO-TIRINAlRES, CAIICES, BASSINET, ÏJRE'ftRES. 7o5

extrême par suite d'obstacle au cours de l'urine : je l'ai vu de la grosseur de l'intestin grêle.

Sa dii^ecUon est oblique de baut en bas et de dehors en

Page 1