‹ Anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 146 sur 185 · ORGANES GÉNITAUX DE L'HOMME · texte numérisé non relu

ORGANES GÉNITAUX DE L'HOMME

I Les organes génitaux de Vhomme constituent un appareil de sécrétion et d'excrétion, et à ce titre ils présentent, i " deux glandes appelées testicules; 2° des canaux d'excrétion provisoires, les conduits d^érens:, 3" un réservoir qui reçoit le sperme dans les intervalles plus ou moins prolongés de son r^xpul

^^4 SPl.ANCHNOLOGIE.

Partîescons- sloîi, vésîcuks séminales; 4" des canaux cVexcrétion définitifs, tituantcs des ^^^, canaiLv éiaculateurs et Vurethre, A ce dernier conduit est

organes gem- •' ,, , • > i • i !

taux de l'bora- annexé, un appareil d érection propre a lui donner les con- "'^- ditions nécessaires à la projection du fluide fécondant, cet

appareil, joint à Turèthre, constitue la verge. On doit encore considérer comme des dépendances du canal de Turèthre la prostate et les glandes de Cosvper qui sécrètent un fluide dont l'utilité se rattache aux fonctions génératrices.

DES TESTICULES ET DE LEURS EUVELOPrES.

A. Enveloppes du testicule.

Les enveloppes du testicule généralement désignées sous Enveloppes le nom de bourses , forment plusieurs couches superposées , du testicule. ^^ ^^^^ ^ ^^ procédant du dehors au dedans :

1° Le scrotum; 2Me dartos; S*» la tunique érythroïde ; 4° la tunique fibreuse; 5° la tunique vaginale.

Il existe une sixième tunique testiculaire nommée tunique alhuginée; mais comme elle fait partie intégrante du testicule, nous la décrirons avec l'organe lui-même.

1° Scrotum.

Le scrotum (i) , enveloppe cutanée des testicules, est une espèce de poche ou de bourse commune aux deux testicules et formée par la peau, qui présente les particularités suivantes :

1^ Une couleur plus brune que celle des autres parties

propres au de la peau , au point que chez quelques individus on

scrotum. ^^^j. ^ démontrer une couche de matière colorante comme

chez le nègre ; 2° une ténuité pareille à celle de la peau de la

verge et des paupières , et qui dépend du peu d'épaisseur

de son chorion ; 3** une capacité beaucoup plus con-

( I ) Du latin scrotum , sac ou bourse de cuir. En grec, on appelle la même partie o^^^^^ovy d'où le mot osclipocèh qui sert à désigner toute tameurdéveloppée clans les bourses.

ORGANES GÉNITO-URINAIRES. DES TESTICULES. 7îî5

sidérable qu'il ne le faut pour loger le testicule ; i\ la présence cle poils clair-semes et implantés obliquement , 5^( le volume des follicules pileux qui font relief à sa surface; 6" enfin les alternatives que présente cette membrane dans son aspect extérieur: ainsi on voit le scrotum devenir flasque et alongé sous l'influence de la chaleur, de même que chez les vieillards etles individus affaiblis; tandis qu'^u contraire dans la jeunesse, chez les individus vigoureux^ et sous l'influence du froid, le scrotum se resserre, se plisse, se crispe en quelque sorte, et s'applique étroitement sur le testicule.

Le scrotum est divisé en deux moitiés latérales par une espèce de ligne ou crête médiane qui porte le nom de ï^^plie» raphé ^ du grec pecTrra^ je cous, parce qu'il semblerait que les deux moitiés de la peau ont été réunies sur cette ligne à l'aide d'une suture

Quant à l'étendue considérable de la peau du scrotum, elle a peut-être pour but principal de lui permettre de recouvrir la verge dans l'état d'érection.

2**. Dartos.

Le dartos est un tissu filamenteux , rougeâtre , par- Dartos. couru par un grand nombre de vaisseaux faciles à apercevoir même à travers le scrotum. Ce tissu enveloppe les deux testicules , et fournit un prolongement qui s'in- Sa cloison, terpose à ces deux organes pour constituer la cloison du dartos. Sur les parties latérales et au niveau du cordon , Ses limites. le dartos est brusquement interrompu, et remplacé par du tissu cellulaire adipeux. En devant , il se continue autour de la verge; en arrière , il se prolonge sur la ligne médiane, par une extrémité anguleuse, jusqu'au sphincter de l'anus.

Il résulte de ce qui vient d'être dit, qu'il n'existe qu'un ., ,

^ '1 T- Il n y a qiî ur

seul dartos , dans l'intérieur duquel sont logés les deux seul dartos. testicules , séparés seulement par une cloison. C'est cette séparation médiane qui avait fait admettre, d'après Ruysch,*

720 SPLAI^CHNOLOGIE.

Sa laxité. ^leiix dart05 j un pour chaque testicule. Intimement uni à la peau du scrotum par sa face superficielle , le dartos adhère très-îàchement aux enveloppes subjacentes sur lesquelles il glisse avec une grande facilité, ne leur adhérant que par un tissu cellulaire très-délié.

Sa texture Examiné dans sa texture, le dartos présente au premier abord de Tan^ogie avec le tissu cellulaire; mais il en diffère essentiellement : i" par son aspect ; nulle part le tissu cellulaire ne présente, comme le dartos, des filamens rougeâtres , noueux , distincts les uns des autres. Leur Différences entrelacement est irrégulier, il est vrai; mais la plupart

qui exislenî ^ ,^x t • ' i i • i i

entre Ift daiios ^^^ lilamens sont diriges dans le sens vertical; et quand on «t le tissu cel- examine une fibre isolée , on est frappé de son analogie avec la fibre musculaire. i^ Par ses propriétés vitales : le dartos jouit d'une contractilité très-active qui se manifeste, î" par le resserrement du scrotum, et par les mouvemens vermiculaires qui s'observent chez les individus exposés à l'action du froid, ou qui sont sous l'influence d'une vive frayeur, de l'orgasme vénérien ; a'' par la contraction bien plus prononcée qui s'empare du scrotum après une injection irritante dans la tunique vaginale.

lasu A\' ^^ tissu qui tient le milieu entre le tissu cellulaire et le

toi que. l

tissu musculaire constitue donc un tissu spécial, auquel on peut donner le nom de tissu dartoïque, Long-tenips considéré comme exclusivement propre au scrotum, il se rencontre encore dans plusieurs autres parties, telles que le vagin, l'épaisseur du mamelon, et les parois des veines dont il me paraît constituer la membrane externe.

Quelques anatomistes ont considéré le dartos comme n'é- T- , tant autre chose que les débris du euberriaculum testis:

Le darto» 1 o '

n'est pas cona- mais , d uuc part, on trouve le dartos chez le fœtus, avant us. pai e« j^^ descente du testicule: et d'une autre part, sur un adulte

(iebvis (lu go- ' l '

beniaculum chcz lequel le testicule n'avait point encore franchi l'anneau , je me buis assuré quo le gubernaculum et le dartos

ORt-ANES GÉNlTC-URlNAlREb. DEv. TESTICULES. 727

existaient isolement et indépendamment l'un de l'autre (i). On a encore considéré, mais à tort, le dartos comme faisant suite aujascia superflclalis. {Voy. Aponévrologie.)

3**. Tunique érythroïde.

On donne ce nom (du grec tpvêpûÇy rouge), à une membrane mince formée par l'épanouissement des fibres du crémaster. Très-prononcée chez les sujets jeunes et vigoureux, cette tunique est en partie atrophiée chez le vieillard (2).

Nous avons vu (Voyez mjologie ^ muscle petit oblique) LtcFémaate que le crémaster était essentiellement constitué par des ^\ ^ tumqm

*■ *■ erythroïdtî

fibres qui naissent directement de la gouttière que présente .sont bien dsi?l'arcade crurale, en dehors du canal inguinal. Les anses les j"^*^ esanse^s

' o du petit oblî-

plus inféreures du petit oblique et du transverse, quand que. elles existent, en sont complètement distinctes. Le crémaster^ et la tunique érythroïde, qui en est l'épanouissement, sont les agens du mouvement d'ascension brusque du testicule, bien distinct du mouvement vermicuîaire qui est le résultat de Faction du dartos. Chez un sujet chez lequel le j'^g^g^g^^j^^^ canal de l'urètre était très-irritable, l'introduction d'une bon- testicuie biea

, . , ,, , X I distinct. du

gie était accompagnée d un soulèvement brusque et pro- usonTement longé des testicules, avec écartement de leurs extrémités in- veimieuîaire, férieures. Ce mouvement était tout à fait étranger au dartos et au scrotum, lequel restait flasque et pendant au-devant des cuisses.

Lorsque le crémaster est arrivé au niveau du testicule, il s'épanouit en une multitude de faisceaux qui s'éparpillent à la surface externe de la tunique fibreuse, à laquelle ils s'in-

(i) La pièce sur laquelle j'ai vérifié ce fait a été présenté k la société anatomique par M. Mauec.

(2) Le crémaster est extrêmement développé chez le cheval entierj c'est surtout chez cet animal qu'on peut bien constater la différence qui existe entre le crémaster cl les fibres inférieureé. du petit oblique, dont les anses n'existent pas chez tous les sujets.

7*8 SPLANCH?rOLOGlE.

Transformi- sèicnt par des libres tendineuses très-pronontees chez les

«les faiscejifis. gi'ands anuTiciux, mais que je n'ai jamais pu découvrir chez

dn cremasiti. Thommc. Dans l'hydrocèle, ces faisceaux fibreux représentent

de petits cordons, qu'on serait tenté de prendre, suivant la

judicieuse remarque de sir Astley Gooper , pour des cordons

nerveux.

4° Tunique fibreuse commune.

La tunique Bien distincte de la tunique vaginale qui en revêt la surfibrense coni- fg^e interne, cette membrane forme au testicule et au cor-

mune est bien . ^ ^ . .

distincte de la don Une cnvelgppc commune, a parois minces et transpatumque vagi- y^jjjgg étroite le long du cordon, renflée inférieurement

naie. ' i • , t^ ^ i,

pour envelopper le testicule. Parvenue a 1 anneau, cette gaine se divise en deux lames : l'une presque toujours incomplète, qui s'attache au pourtour de l'anneau; l'autre qui semble se prolonger dans l'intérieur du canal inguinal , où il est d'ailleurs très-difficile de la suivre. Les anatomistes modernes regardent cette tunique fibreuse comme un prolongement àxxfascia transi^ ers ails qui serait entraîné par le testicule au moment où celui-ci s'engage dans le canal inguinal.

5° Tunique vaginale ou séreuse.

Tunîqiie ^a- La tunique vaginale a la forme d'un sac sans ouverture ,

^nnale. qui offre deux feuillets: X\xn pariétal.^ qui tapisse la tunique

fibreuse; l'autre réfléchi on testiculaire^ qui revêt le testicule,

sans que cet organe soit contenu dans l'intérieur de la po-

che séreuse.

On trouve ici dans l'union intime de la tunique fibreuse et

Elle appai- ^

tient A la classe de la tunique vaginale, un exemple de membrane fibro-sedes libio -se- gg analogue à la dure-mère et au péricarde. La réflexion

reuses. <-> . , .

de la tunique vaginale sur le testicule se faisant à une hauteur variable, il en résulte qu'une portion plus ou moins considérable du cordon est revêtue par cette tunique vaginale.

ORGANES CÉNlTO-tmiNAIRES. DES TESTICULES. 729

La tunique vaginale ne se comporte pas de la même ma nière de chaque côté de 1 épididymc.

En c/^/io/Sj elle recouvre immédiatement l'épididyme se ré-

n > T. • 1 11' 'I - w Ar Disposition

ilechit au-dessous de lui, en s adossant a elle-même, et forme /e le tuniqne un cul-de-sac qui isole complètement la partie moyenne de vaginale aa m-

'• 1 -ifii veau de l'épi-

ce corps du bord supérieur du testicule : au fond de ce cul- didvme. d<î-sac se voient quelquefois de petites ouvertures qui conduisent dans une arrière cavité. La tunique vaginale forme donc une sorte de mésentère à la partie moyenne ou corps de répididyme, dont les extrémités sont accoUées contre le testicule.

En dedans^ la tunique vaginale, qui s'élève sur le cordon beaucoup plus haut que du côté externe, est séparée de l'épi- ' didyme par le canal déférent et par les vaisseaux testiculaires. Facile à isoler de la tunique fibreuse au moment où elle se réfléchit sur le testicule, la tunique vaginale adhère intim ement à l'épididyme et à la tunique albuginée.

Sa surface interne, libre et lisse, est le siège d'une exhala- interne, lion de sérosité, dont l'accumulation anormale constitue la maladie connue sous le nom ^hydrocèle. Dans plusieurs espèces d'animaux, la tunique vaginale communique avec le péri- .^^.

1 A 1 1 • /-i • • 1 • nlcation avec

tome a tous les âges de la vie. L.ette communication n existe ]a cavité du chez l'homme, à l'état normal, que pendant la vie intra-uté- péiitoine. ne. Après la naissance les deux cavités sont complètement isolées. Quand par l'effet de causes variées, le travail de séparation ne s'effectue pas,, la tunique vaginale peut constituer soit un sac herniaire à des intestins dépla<:és, soit un kyste au liquide séreux provenant de l'abdomen. Dans le premier cas, la maladie porte le nom de hernie congéniale'^ dans le se= cond, celui è^kydrocele congéniale.

B. Des testicules.

Les testicules sont deux organes glanduleux destinés à sécréter le sperme.

Situés dans les bourses , sur les parties latérales et au-des

Sa surface

commu-

' 7^0 SPLArfCTIiVOLOOIE.

SOUS de la verge ^ ils sont exposés à i'iDJure des corps extérieurs.

Soutenus par leurs enveloppes et par le cordon des vaisseaux spermatiques, ils sont à une distance plus ou moins considérable des anneaux, suivant que le dartos et le crémaster sont dans l'état de relâchement ou dans l'état de contraction. Les testku Du reste, les testicules ne sont pas situés exactement à la ^^* ^^f°f^^? même hauteur : celui du côté gauche descend un peu plu^

situes a la lue- .... . ,

îDê hauteur, bas que celui du côté droit. Cette disposition, qui n'a échappé ni aux peintres ni aux sculpteurs, a t-elle pour effet de pré= venir le froissement des testicules, en leur permettant, quand ils sont sertés dans le rapprochement brusque des cuisses, de glisser l'un au-dessus de l'autre, et de s'éluder ainsi ré=« ciproquement.

e=, . j La situation des testicules n'est pas la même à toutes les

Situation rieî t

tesîicnles cher époques de la vic. Chez le fœtus, le testicule est renfermé .e -œ us. clans la cavité abdominale. Or, il arrive quelquefois que cette

situation qui, dans l'état régulier, n'est que temjijoraire , devient permanente ou beaucoup plus prolonj^ée qu'elle ne doit l'être.

Numbre. Nombre. Les testicules présentent quelques variétés de

nombre; mais la plupart ne sont qu'apparentes. C'est ainsi^ par exemple que presque tous les individus rnonorchides, ( y.6))osj seul, h^pc'h testicule), ont dans l'abdomen le testicule qudqnes ex- ^"^ mauquc daus les bourses. Cependant, j ai eu occasion de ceptions à cet disséqucr uu individu qui n'avait qu'un seul testicule. LTne vésicule séminale atrophiée se voyait du côté du testicule manquant; le canal déférent naissait de cette vésicule et se perdait sur le côté de la vessie. Je n'ai pas pu examiner les vaisseaux spermatiques.

Les exemples de testicule triple, quadruple tai quintuple, ne sont pas bien avérés (i). Une tumeur épiploïque,

(i ) Jai été consulté pour un enfant qui m'a paru présenter du même eôté deux testicules dont chacun était aussi volumineux que

ègaitl.

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