‹ Anatomie descriptive et comparative du chatChapitre 30 sur 45 · HUITIEME SECTION · texte numérisé non relu

HUITIEME SECTION

Des muscles moteurs des organes urinaires.

On regarde généralement la tunique musculeuse de la vessie des Mammifères comme appartenant aux muscles automatiques , dont elle a en effet tous les caractères apparents ; mais en prenant sa fonction en considération, il me paraît évident qu'elle doit être rapportée aux muscles volontaires, et je lui applique de là le nom de muscle s^ésical. En effet, quel est l'usage de cette tunique musculeuse ? Bien évidemment de chasser l'urine de la vessie lorsque l'animal pisse volontairement, et alors on voit le liquide chassé avec force au dehors chez les jeunes sujets où ce muscle a toute son énergie ; tandis que ce liquide coule lentement lorsque l'individu est vieux, et cette couche musculeuse peu contractile par la volonté, qui n'a presque plus d'action sur lui. Si c'était un muscle automatique , il agirait constamment et tenterait à chasser à tout instant l'urine de la vessie , comme les tuniques musculeuses de l'estomac et des intestins font constamment avancer le chyme vers le rectum; ce qui serait tout à fait contraire à la fonction de la vessie, qui doit servir de réservoir à ce liquide jusqu'à ce que l'animal veuille volontairement l'évacuer.

SYSTÈME MUSCULAIRE. ft2S

§ I. Éjaculateurs de l urine.

Il n existe qu'un seul muscle spécialement destiné à chasser Furine de la vessie, celui dont je viens de parler.

Muscle s^ésical (Str.-Dcr.) , le detrusor urinœ des anciens ( PI. VIII , fig. •, loi ; et fig. S, 78). Il forme la tunique moyenne de la vessie, placée immédiatement sous la péritonéale. il se compose de deux ordres

défibres irrégulièrement mêlées et entre-croisées, les unes longitudinales, et les autres plus ou moins transversales. Celles-ci constituant entre autres particulièrement deux larges bandes supra-latérales, partant du col de la vessie, et se dirigeant vers le fond de cette poche; et, en outre, deux autres plus courtes infra-latérales, venant également dn col et qui se portent de même en avant jusque vers le milieu de cette dernière. Les fibres longitudinales forment au contraire un grand nombre de faisceaux entre ces bandes , avec les fibres desquelles ils s entrecroisent plus ou moins obliquement dans différents sens. Cette disposition se remarque souvent assez bien sur des vessies contractées après Tévaenation de Turine; tandis que sur une vessie dilatée on n aperçoit plus qu*an entrecroisement irrégulier de petits faisceaux, qui paraissent aller dans toutes les directions. Quant au renforcement des fibres transversales du col , qu'on décrit dans les ouvrages d'anthropotomie , sous le nom de sphincter de la vessie , il n existe pas dans le Chat.

Ajoutez :

i"* Les Muscles abdominaux; 2* Le Diaphragme.

S II. Rèttntifs de t urine.

Il en existe deux propres et plusieurs accessoires.

1* Sphincter de l urètre (Str.-Dur.), ou constricteur de lurètre (Al.

â2& TROISIÈME PARTIE.

Lalth.) (PI. VIII, fig. •, I o3 ; fig. S, 74). Ce muscle, décrit par Wilson (*) , Q*est d ordinaire pas indiqué dans les ouvrages d anthropotomie. 11 est bien apparent dans le Chat mâle , où il forme une couche épaisse de fibres rouges (fig. 1, io3), entourant Furètre dans presque toute la longueur de la symphyse des pubis et des ischion, s'étendant depuis la prostate (102) placée immédiatement au devant, jusqu'aux glandes de Cowper(y8)situées à la base des corps caverneux.Ce long anneau musculeux contourne entièrement l'urètre , excepté à son extrémité postérieure, oti ses dernières fibres s'insèrent en bas sur les deux racines des corps caverneux.

Dans la Chatte (fig. S, 74), ce muscle est moins étendu d'avant en arrière, mais plus large verticalement. Il n'existe qu'au tiers postérieur de l'urètre oii ce canal adhère intimement en haut au vagin. Là, les fibres de ce muscle naissent en bas en partie sur l'extrémité de la symphyse des ischion, et plus en arrière sur les racines des corps caverneux du clitoris. De là elles se portent en haut, et embrassent ensemble l'urètre et le vagin sur les faces fetérales desquels elles s'insèrent en contournant même ce dernier en dessus; mais, dans les individus où ce canal est considérablement dilaté par la mise bas des petits, on n'aperçoit plus les fibres musculaires à la face supérieure contiguë au rectum

2' Bulbo-cai^emeux (PI. VIII, fig. % , io4). Ce muscle répond à la partie principale de celui de V Homme ^ à celle qui insère réellement ses fibres au bulbe et aux corps caverneux ; les fibres qu'on dit , dans les ouvrages d'anthropotomie , venir de l'intervalle qui existe entre le bulbe de l'urètre et l'anus, se rapportant aux muscles recto-caverneux et autres. II fait, dans le Chat, postérieurement suite au précédent dont il est séparé par un raphé et les glandes de Cowper. Ses fibres naissent à la face externe des corps caverneux dans la moitié antérieure de leur longueur, d'où elles se portent obliquement en haut et en

O Médit chir, tram, ofLond,, 1. 1 , p. 175.

STSTÈMB MUSCULAIRB. ft25

avant , contournent les corps cavernenx et Farètre , pour s insérer en dessus au bulbe de ce dernier , et principalement à un raphé médian commun aux deux muscles opposés.

Je n ai rien aperçu dans la Chatte qui paraisse être son analogue.

3* Sphincter de la s^essie. J ai déjà dit plus haut , parlant du muscle vésical , que ce sphincter décrit par les anthropotomistes n'existe pas dans le Chat.

Ajoutez :

r Llschio-caverneux ; 2" Le Recto-caverneux.

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