II
9l&k TlOISlèHB PARTIE.
muscles, les différences sont cependant encore très«constdérables i surtout dans les parties les plus proches du tronc.
En effet , quoique les os du bassin et ceux de Tépaule soient bien évidemment les analogues les uns des autres , les différences qu ils présentent sont toutefois fort grandes, ainsi que je Fai fait voir en parlapt du squelette; et elle est encore plus sensible relativement aux muscles; ceux mouvant lepaule étant très-nombreux et fort développés , tandis que les muscles fixés au bassin , qu'on peut leur comparer , sont plutôt des moteurs du rachis , le bassin étant à peu près immobile , et il faudrait en conséquence chercher les analogues des muscles clavocucullaire, acromio-cucullaire , dorso-cucullaire , rhomboïde, ocdpitoscapulaire et trausverso-scapulaire, parmi ceux qui se rendent du rachis sur le bassin, c'est-à-dire parmi les muscles mipsoas, long-sous-inter* transversaire des lombes, ilio-caudal , pubio-caudal et ischio-caudal.
Quant aux analogues des muscles moteurs de Thumérus , ils doivent nécessairement être ceux qui meuvent le fémur; et ceux de l'avant-bras, de la main et des doigts, sont ceux de la jambe, du pied et des orteils, parties entre lesquelles il y a au contraire beaucoup de ressemblance, comme aussi des différences notables.
PREMIERE SECTION
Des muscles moteurs de la Cuisse,
La cuisse étant, comme chez ÏHomme , susceptible d'un mouvement de circumduction , les muscles qui la meuvent peuvent de là être distribués en extenseurs , abducteurs , fléchisseurs , adducteurs , rotateurs en dedans et routeurs en dehors. Mais , comme la cuisse , dans l'état de station , est fortement fléchie en avant , tandis qu elle est en extension chez \ Homme ^ les fonctions de plusieurs de ses muscles ne sont pas les mêmes dans les deux espèces, et cela doit surtout être remarqué ici pour les analogues des trois adducteurs de Y Homme ^ qui deviennent
SYSTÈME MUSGULAIEB. 395
les principaux extenseurs, et de telle sorte qa*il serait ridicule de leur conserver les mêmes noms.
J I. Extenseui's,
1* Fessier (Str.-Dor.)> '^ grand fessier chez Y Homme (PI. IV, i48)- Moins volumineux , et surtout moins large que dans ï Homme , ne devant plus agir comme un des principaux agents dans la station , ce muscle I placé sur la partie moyenne latérale du bassin , naît par deux origines; Tune sur les apophyses transverses et plagiennes des deux premières vertèbres caudales, par des fibres aponévrotiques confondues avec la cloison qui passe sous les muscles longs-sus-intertransversairescaudaux antérieurs , sous lesquels le fessier s enfonce ; 2'' de la portion interne de l'aponévrose crurale {y y'), qui nest que la continuation des fibres aponévrotiques de la première origine. De ces attaches , les fibres charnues se portent en dehors et un peu en arrière , forment un muscle fortement déprimé , qui passe sur le bassin , s'arque en dessous , passe sur le trochanter en s'y recourbant en dessous, et va s'implanter par un tendon fort court (a) et large , à la ligne oblique qui, du trochanter, se porte en dehors et en dessous. Ce tendon terminal, très-aplati, se continue en avant avec le second feuillet de Taponévrose crurale ( 1 53).
Ce muscle est recouvert dans sa partie postérieure par le suivant, et plus en avant par le feuillet superficiel , devenu libre de l'aponévrose crurale (77'; PI. III, 100).
2* Paraméral (*) (Str.-Ddr.) (PI. Il, 69; et PI. UI, 99). On pourrait considérer ce muscle comme un second chef du précédent, vu sa situation , s'il n'en était pas entièrement distinct dans toute son étendue. M vient des apophyses transverses et plagiennes des seconde et troisième vertèbres caudales , auxquelles il s'insère par des fibres tendineuses, en adhérant en même temps à la cloison fibreuse que l'aponévrose caudale envoie entre ce muscle et les premiers longs-sus-intertransversaires
(•) De TtapatfjLijpiQt , partie externe de la cuisse.
caudaux , sous lesquels le muscle qui nous occupe ici est engagé. De là , lise porte en dehors , passe sur le bassin en recouvrant un peu le fessier, contourne en arrière le irochanter , descend en dedans du bord antérieur du premier chef du renforci (PI. II, 70), et se termine au milieu de la cuisse en un long tendon fort plat et mince qui , continuant dans la même direction , va se fixer au milieu du bord externe de la rotule en s'y confondant avant avec les autres tendons et aponévroses qui y aboutissent.
Il n'a pas d'analogue dans X Homme,
Arquatus (Str.-Dub.). Le troisième adducteur de la caisse de X Homme (PI. IV, i56; PL X, fig. », 17, 17'). Ce muscle, réuni au curvatus (moyen adducteur des anthropotomistes), présente une masse proportionnellement beaucoup plus volumineuse que chez V Homme, et remplissent la fonction de principaux extenseurs de la cuisse; tandis que chez ce dernier ils sont adducteurs. Cette différence de fonction vient de ce que, chez les il/amm^/e/^^ quadrupèdes, la cuisse est fortement fléchie en avant dans l'état de repos, et que ces muscles se dirigent en conséquence d'arrière en avant et en dessous, et d'autant plus que les ischion se prolongent davantage en arrière que chez rZTomme.
Ne pouvant ainsi plus conserver le nom d'adducteurs à ces muscles, j'ai cru devoir leur assigner des noms rappelant leur forme, qui est assez constante chez tous les animaux, en cela qu'ils sont toujours courbés vers le fémur, et je désigne, en conséquence, le troisième adducteur sous le nom A! Arquatus , le second sous celui de Curvatus , et le premier sous celui de PrismxUicus .
L'arquatus s'insère supérieurement à la tubérosité de l'ischion (a); r sous l'attache du renforci et du demi -tendineux, par un plan de fibres aponévrotiques qui s'étendent sur une assez grande partie de la face interne du muscle; 2"* par une autre toile aponévrotique plus postérieure, fixée à la même tubérosité, mais dirigée en arrière et en dessous, sur la face externe et postérieure du muscle, où elle se confond supérieurement avec l'aponévrose postérieure du demi-tendineux. Les
fibres charnues qui naissent sur ces deux aponévroses forment deux couches bien distinctes supérieurement et en avant, mais confondues en arrière et surtout vers la moitié inférieure. Ce muscle, pressé par ceux qui lavoisinent, prend la forme d*un prisme triangulaire arqué en avant ; les fibres les plus postérieures (PL X, fig. 9, 17') sont dirigées vers l'articulation fémoro-tibiale, où elles se terminent par un tendon très- large, mais fort court (a), inséré à la partie postérieure delà face latérale du condyle interne du fémur, ainsi qu a la tète du tibia, en arrière du ligament latéral.
Le chef interne , plus large (i 7) , prend la même direction , mais placé plus en dehors du curvatus (PL V, 81 ) , il le contourne en arrière dans sa moitié inférieure et va se fixer au tiers inférieur de la face postérieure du fémur, entre le vaste-interne et le curvatus, en se fixant même un peu au crithoïde-interne.
Ce muscle est bridé en arrière par une large toile aponévrotique à fibres lâches qui naît sur la face interne du muscle et se dirige en arrière , passe librement en dedans sur le muscle gastrocnémien-interne et va se confondre avec le feuillet superficiel de Taponévrose jambière.
Ce muscle, au lieu de naître, comme chez \ Homme ^ en partie sur le pubis, ne s'attache, au contraire, qu'à la tubérosité de l'ischion.
L'arquatus est contigu en dedans au demi-membraneux ainsi qu'au curvatus, et en dehors au renforciet au demi-tendineux.
4' Curvatus (Str.-Dcr. ). Second adducteur de la cuisse de l'homme (PL y, fig. f , 81 ). Ce muscle , dont le nom indique la disposition , est situé, dans sa partie supérieure , en dedans du second chef du précédent, et en dehors de lui dans sa partie inférieure. Il est très-fort, épais, et naît sur trois points différents: 1' sur presque toute la longueur de la symphyse des pubis et des ischion , tant par des fibres musculaires que par une large aponévrose inférieure ; 2" sur le bord postérieur de l'ischion jusqu'à sa tubérosité; 3" sur la face externe (PL VI, fig. 1 , io4) de l'aponévrose d'origine du demi-membraneux qui n'est libre que dans sa moitié inférieure. De ces attaches les fibres musculaires se dirigent en
dessous et en avant , en s'arquant vers le fémuri pour s'y fixer dans tonte la longueur de sa face postérieure « ayant en dehors le crural et lesabcrural, ainsi que le vaste-externe, et en dedans le prismatiais et Farquatus. Ce muscle s'attache à cet os d'une part, en dedans par des fibres tendineuses internes et des fibres charnues le long de la ligne âpre-interne, et plus haut par Fintermédiaire de l'aponévrose terminale du prismaticus qui passe devant ce muscle ; dans le milieu , entre les deux lignes âpres, par des fibres charnues, et en dessous, le long de la ligne âpre-externe au moyen d'une cloison fibreuse commune à lui et au vasteexterne. Les fibres supérieures sont presque horizontales et se fixent audessous du trochanter par le moyen d'un fort faisceau de fibres tendineuses; les autres, d'autant plus obliques en dessous quelles sont plus postérieures, s'insèrent directement au fémur ou à l'aponévrose terminale du prismaticus. Dans sa partie supérieure , l'aponévrose d'origine qui lui est commune avec le demi-membraneux, est confondue en une seule avec celle du côté opposé, de manière que la symphyse du pubis semble être très-large et se prolonger jusqu'au niveau des tubérosités ischiatiques.
Ce muscle est. beaucoup plus robuste que son analogue dans l'espèce humaine, où il ne naît que par un petit faisceau sur le pubis
Ajoutez :
r Le Demi-membraneux;
2"" Le Prismaticus;
3** Le Carré ;
4** L'Obturateur-exlerne ;
5"* L'Ilianus;
6* Le Renforci;
7* Le Demi-tendineux.
$ IL Abducteurs.
Quoique le mouvement en dehors de la cuisse soit moins étendu et moins nécessaire que chez \ Homme , il est cependant prodoit par les
mêmes muscles qae chez ce dernier, pour soutenir le poids du corps lorsque ranimai repose sur un seul pied poster leur, et que Tautre est levé; et ces muscles sont même d*autant plus forts que le bassin étant plus étroit que chez \ Homme ^ ces muscles agissent sur le fémur soos un angle plus petit. Ces muscles sont : FUianus, le Pyriforme, les Jumeauantérieur et postérieur, etTObturateur-interne, comme muscles principaux; et le Fessier, le Goxalis, avec le Fascialis, comme accessoires.
1° lUanus (Str.-Ddr.)» moyen Fessier de ï Homme (PI. V, fig. i, jS). Beaucoup plus volumineux et surtout plus épais que lefessier» en avant et en partie en dedans duquel il est placé, ce muscle naît par cinq origines: T de la face inférieure de laponévrose sacrée-superficielle (540) entre lapophyse épineuse de la septième vertèbre lombaire et la seconde caudale; 2"" dans le même espace, sur le second feuillet de la même aponévrose qui bride la masse des muscles caudaux , de manière que les fibres de ces deux attaches s'insèrent entre ces deux feuillets; V sur le sommet des apophyses transverses et plagiennes de la troisième vertèbre sacrée et de la première caudale par des fibres charnues entremêlées de fibreuses ; 4"* ^tu* la partie antérieure de la crête spinale de rilium ; et 5* de la face interne d'une cloison aponévrotique qui .sépare en avant ce muscle du fascialis (PI. IV, i5i); cloison fixée à L'épine antérieure de l'ilium, et dont les fibres se dirigent en arrière et se confondent en haut avec l'aponévrose crurale. De ces différentes origines les fibres charnues se portent en dehors , en arrière et en dessous , sur un très-fort tendon intérieur terminal ^ qui , devenant libre au-dessus du trochanter, s'y fixe à sa partie supra-postérieure.
Ce muscle, beaucoup plus fort que chez l'iVom/Tie, est couvert dans ses deux tiers antérieurs par l'aponévrose sacrée , et postérieurement par le fessier. Il est appliqué contre la fosse iliaque externe, où il recouvre le coxalis, le jumeau-antérieur et le pyriforme.
2" Pyriforme (Spibgel), le Pyramidal des auteurs modernes (PI. VI, fig. i, 76). Placé en dedans de l'ilianus, ce muscle aplati , de forme triangulaire , est fixé par sa base au sommet des apophyses transverses et pla-
liOO TROISIÈME PARTIE.
giennes des deux dernières vertèbres sacrées et delà première caudale par de courtes fibres tendineuses , où il est engagé sous la masse des muscles longs-sus-intertransversaires caudauzl Ses fibres convergent de là en se portant en dehors et un peu en dessous, pour se réunir sur une aponévrose terminale inférieure superficielle, qui vase fixer, après s'être formée en un tendon grèJe et fort court, au sommet du trochanter, sous celui de niianus.
Ce muscle est appliqué sur le jumeau-antérieur et la partie antérieure de Tischio -caudal.
3"* Jumeau ' antérieur (Str.-Ddr.). Jumeau supérieur de ï Homme (PI. VII, fig. 1, 78). Également triangulaire et large, placé sous le pyriforme. Il insère ses fibres sur la lèvre externe du bord supérieur de Tilium , depuis lepine iliaque-supra-postérieure jusqu'au niveau de la cavité cotyloïde. De cette attache elles se portent en dessous, les antérieures obliquement en arrière, et les postérieures un peu en avant, pour s'insérer en partie directement et en partie par l'intermédiaire de fibres tendineuses superficielles, en dedans du sommet, ainsi qu'à la face antérieure du trochanter, en dessus de l'attache du coxalis. Il côtoie la capsule articulaire contre laquelle il est appliqué , et lui adhère.
Dans beaucoup de sujets , ce muscle est tellement confondu en avant avec le coxalis (PL VI, fig. 1, 73), qu'il ne fait qu'un tout avec lui; mais comme il en est bien distinct dans d'autres, j'ai cru devoir le décrire séparément, surtout pour conserver les analogies avec les organes correspondants chez d'autres animaux , et principalement chez YHomme.
Ce muscle est couvert en avant par l'ilianus, dans le milieu par le pyriforme , et en arrière par l'obturateur-interne , et lui-même est appliqué sur les os du bassin , et la capsule coxo-fémorale dont il est un des tenseurs.
4' Jumeau-postérieur (Str-Dur. ), le Jumeau inférieur des ouvrages d'anthropotomie (PI. VII, fig. 1, 80). Placé sous la partie terminale de l'obturateur-interne, ce muscle est très-souvent confondu avec le précédent, auquel il fait suite en arrière. Ses fibres naissent sur la lèvre ex-
terne du bord supérieur de Tischion , depuis Fépine ischiatique jusqu'à Ja tubérosité de cet os. De cette attache elles se portent en dehors et en avant, en convergeant pour se fixer en dessous au tendon terminal de lobturateur-interne , quelles accompagnent jusqu'à son insertion, et se fixent en partie aussi à la capsule articulaire dont ce muscle est un tenseur.
Il est couvert par lobturateur-in terne, le fessier et le paraméral; et comme le précédent appliqué sur Tos du bassin , ainsi que sur la capsule coxo-fémorale.
5' Obturateur-interne. Ce muscle, de forme triangulaire, très- volumineux et réfléchi sur lui-même comme celui de XHomnie, vient également de Tintérieur du bassin (PI. X , fig. 9, 9), où il s'insère, non comme dans l'espèce humaine, sur un ligament obturateur qui n'existe pas dans le Chat^ mais tout le long de la branche symphysaire du pubis et de l'ischion jusqu'à la tubérosité de ce dernier, tant par des fibres charnues que par des faisceaux aponévrotiques. C est-à-dire, ce muscle est formé dans le bassin d'un certain nombre de petits chefs coniques , qui naissent par des tendons grêles, placés à distance les uns des autres, et sur lesquels s'implantent la plupart des fibres charnues. Ces chefs se portent en haut et en dehors, en convergeant vers l'échancrure ischiatique, et s'unissent entre eux pour ne former qu'un seul muscle, qui se réfléchit sur le bord de cette dernière , pour se porter en dehors (PL VI, fig. i, 78), vers la cavité trochantérienne dans le fond de laquelle ce muscle se fixe au moyen d'un tendon , qui règne avant en large aponévrose terminale sur une grande étendue de la face inférieure jusqu'au delà du bord de l'ischion sur lequel l'obturateur se contourne, de manière que ce tendon y appuie sur l'os, où son glissement est facilité par le moyen d'une large bourse synoviale qui le revêt, ainsi que le bord de l'os, couvert à cet eiOfet de cartilage arthrodial. Le même tendon donne ensuite en dessous insertion aux fibres du jumeau-postérieur (79), qui est ainsi un véritable chef de l'obturateur.
La partie de ce muscle renfermée dans le bassin est appliquée par
sa face externe contre Fischion , et contiguë en dedans au muscle iliocaudal et pubio-caudal. Sa partie extérieure au contraire est placée sur le jumeau-postérieur, et elle-même subjacente au fessier et au paraméraL
Ajoutez ;
r Le Fessier; 2** Le Fascialis; 3" Le Coxalis.
§ lU. Fléchisseurs,
La flexion» ou le mouvement eu avant de la cuisse, est produite par les mêmes muscles que dans \ Homme ^ secondés par d autres encore agissant comme accessoires.
r et 2° Couturier et Droit interne (Pi. 111, 90 ; et PL X , fig. t , 1 7). Ces deux muscles > parfaitement séparés chez Y Homme ^ sont confondus dans le Chat , en une large lame occupant toute la moitié antérieure de la face interne de la caisse , et un peu distincts seulement par un amincissement qui indique leur limite. La portion répondant au premier forme un gros faisceau longeant le bord antérieur de la cuisse en se portant un peu vers la face interne de celle-ci, et le second, en large lame mince , longe le milieu à peu près de cette dernière , en se confondant dans toute sa longueur avec le couturier.
Quoique ces deux muscles ensemble se fixent inférieurement à la jambe et non à la cuisse , leur action se porte cependant plus particulièrement sur celle-ci agissant sur elle par un bras de levier bien plus grand que sur la jambe. Ce levier étant pour la cuisse définitivement égal à la perpendiculaire abaissée du centre de Tarticulation coxofémorale sur l'axe du muscle ; tandis que le levier, par lequel ils agissait sur la jambe , est égal à la perpendiculaire abaissée du centre de mouvement de larticulation fémoro-tibiale (centre de l'axe des condyles du fémur) sur le même axe des deux muscles. Or, on peut voir au premier aperçu quelle grande différence il y a entre ces deux lignes.
La partie répondant au couturier naît supérieurement sur la face
SYSTÈME MUSCULAIRE. Ii0&
externe de lepine antéro-sopérieure de rilium par des fibres tendineuses qui s'étendent sur une petite portion de la face externe du muscle.
Le muscle Droit interne , ou plutôt la partie postérieure de la lame musculeuse qui lui correspond , beaucoup plus large que le couturier, s attache en haut au bord inférieur de Filium , entre les deux épines antérieures. De ces deux origines^ le muscle commun se dirige en dessous, et arrivé à lextrémité inférieure de la cuisse, se termine par des fibres tendineuses au niveau de l'extrémité supérieure de la rotule , à laquelle une partie de ces dernières se fixent , en se confondant avec celles du bord interne du proméral ( droit-antérieur ). Les autres , plus postérieures, se fixent successivement d'avant en arrière^ au ligament rotulien et à la partie supra-interne du bord antérieur du tibia. Cette attache a lieu par un feuillet qui s'étend plus haut sur la face externe du muscle, et se continue en arrière avec Taponévrose terminale (s 8), du muscle demi- membraneux (22), qui fait suite au droit-interne.
Ces muscles partout sous-cutanés, recouvrent en dedans le proméral (droit antérieur de la cuisse), et le fascialis ainsi que la partie interne de l'aponévrose fascialata.
y Fascialis (Sqemmering), le fascialata de la plupart des anatomistes (PL IV, 1 5i, 1 53 ; et PL X, fig. », 11,1 T). De même que chez Y Homme, ce muscle a en partie pour fonction de tendre le feuillet profond de l'aponévrose crurale ; mais par cela même il est essentiellement fléchisîîeur de la cuisse. Il a supérieurement quatre origines: i* en dehors, depuis l'épine antéro-supérieure de l'ilium , jusqu'au muscle fessier à la face interne du premier feuillet de l'aponévrose crurale , dont les fibres viennent des apophyses épineuses du sacrum , en adhérant à la crête antérieure de l'ilium, et se lient en arrière au bord antérieur du fessier; 2* sur la face externe d'une cloison aponévrolique qui le sépare de niianus, placé plus en dedans. Les fibres de cette cloison naissent sur l'épine antéro-supérieure de l'ilium , et se dirigent en arrière en se confondant en dessus avec l'aponévrose crurale-superficielle; 3" en avant sur l'épine antéro-supérieure même de l'ilium (PL X , fig. 9, 1 1),
kOk TROISIÈME PARTIE.
en arrière du couturier; et Z^" en dedans sur le bord inférieur de l'iliam, entre ses deux épines antérieures. De ces quatre origines, les fibres du fascialis se portent en dessous , forment un muscle court et plat , mais fort large, épais en avant, et mince en arrière, terminé inférieu rement par une large aponévrose très-forle (PI. IV, i53), qui naît sur la face interne du muscle. Cette aponévrose, qui n*est ainsi que le tendon terminal du fascialis, enveloppe tous les muscles antérieurs de la cuisse, tels que: le proméral (droit-antérieur), le vaste -externe , le vaste-interne , le crural et le subcrural , pour se continuer en dedans (PI. X, fig. », II'), avec le feuillet aponévrotique recouvrant la fece externe du vaste interne (i3), et plus en arrière avec le tendon terminal du demi-membraneux, en formant avec elle la partie supérieure de laponévrose jambière-superficielle. En avant , elle se confond avec le premier feuillet de lapouévrose crurale, laquelle, après avoir donné insertion aux fibres du fascialis, continue à se porter en dessous, en passant librement sur la partie inférieure de ce muscle , jusqu^au bas de la cuisse. En dedans , laponévrose terminale du fascialis passe entre le couturier et le vaste-interne, et va se fixer à la ligne âpre externe du fémur, en formant ime cloison entre ce muscle et le curvatus.
Ajoutez :
i" Le Psoas;
a"* Le Proméral;
3^ L'Épiméral;
4" Le Pectine ;
5' La partie crurale du Dermo-huméral.
§ IV. Adducteurs.
La cuisse n'ayant que peu d'effort à produire pour se rapprocher de celle du côté opposé , ce mouvement n'est principalement produit que par deux muscles.
I * Prismaticus (Ste.-Dur. ), premier adducteu r de la cuisse de V Homme.
i06 TROISIÈME PARTIE.
ceux qui lui sont plus particulièrement affectés sont les trois suivants :
r Le PsoaSyOn grand Psoas et Iliaque réunis des anthropotomistes^ (PL VII, fig. 1,65,65'; fig.e, 7, 7';etPl.X,%. 1, i5, 1 5'.) Dans* les ouvrages d anatomie de X Homme ^ on décrit généralement le psoas et l'iliaque comme deux muscles distincts, leur forme étant en effet trèsdifférente dans lespèce humaine; mais comme ces deux muscles se réunissent avant de s'insérer à la cuisse, on aurait déjà dû les considérer comme deux chefs du même muscle; ainsi que je le fais ici, et, du reste , la différence de forme chez le Chat est moins grande que dans XHomnie.
La première partie surtout , correspondant au grand psoas de l'espèce humaine , appartient à la série des longs-sous-intertransversaires des lombes , dont il forme la partie moyenne inférieure , et le plus long chef; mais comme il se termine à la cuisse , sur laquelle il agit principalement , c'est ici que sa description a dû être placée.
Ce muscle, fort long, comprimé, élargi dans son milieu , et grêle à ses extrémités , où il se termine , de part et d'autre , par des tendons , est placé , dans le Chat , de même sous les vertèbres lombaires , mais plus en dedans que chez X Homme , les deux muscles opposés étant presque contigus et séparés seulement par les deux mipsoas ; et le chef postérieur correspondant à l'iliaque de XHomms , est fixé au dedans du bord inférieur de l'ilium , mais ne remplit pas la fosse iliaque interne comme dans l'espèce humaine.
Ce muscle est formé en tout de dix chefs, dont les cinq premiers naissent sur la face externe des cinq tendons d'origine antérieurs (Pi. Vil, fig. G, 8 — %'^) du mipsoas (20), placé à sa face interne, et appartenant, comme lui, à la série des muscles longs-sous-intertransversaires des lombes , et fixés aux parties latérales du bord postérieur du corps des deux dernières vertèbres lombaires costinifères , et les trois suivantes.
Un sixième chef, le plus superficiel (7) , naît sur une bride tendineuse (6) qui se détache du tendon du premier chef; contourne en
lante qui monte de cette tubérosité vers le trochanter; et non à ce dernier comme chez \ Homme.
Il est couvert en dehors par les deux chefs du renforci et le paraméral, et recouvre lui-même lobturateur- externe.
3' Obturateur-exteme. (PI. VI, fig. 1 , 8o.) Placé en dedans du précédent, où il s'insère par des fibres aponévrotiques, sur les bords inférieur et postérieur du trou pubien, en s'étendant en arrière jusque auprès de la tubérosité de Fischion , et s'attache à cet os par des fibres charnues, mais ne se fixe point sur un ligament obturateur qui n'existe pas chez le Chat. Toutes ses fibres convergent pour former un muscle conique, dirigé en avant et en dehors, qui va se fixer dans la cavité trochantérienne par un tendon court et plat qui règne en aponévrose sur la face externe du muscle. Ses fibres les plus internes se fixent à la capsule articulaire, dont ce muscle est tenseur.
Ajoutez :
r L'Arquatus;
2* Le Curvatus;
3** L'Obturateur-interne ;
/\ Le Jumeau-poatérieur.
§ VL Rotateurs en dedafis.
Le mouvement de rotation en dedans est principalement produit par les deux muscles suivants , secondés par quelques autres encore.
r CoxaUs ( Str. Dur. ) ou petit fessier de ï Homme ( PL VI , %. 1, 73 ). Très-étroit et plus faible que celui de \ Homme. Il est situé sous le milieu de l'ilianus, où il est appliqué sur la face externe de l'ilirum, en recouvrant l'extrémité supérieure du proméral (droit-antérieur), l'origine du muscle suivant, et quelquefois un peu le bord du jumeau-antérieur, avec lequel il se confond aussi souvent, mais dont il est cep^idant distinct par son aponévrose terminale.
410 TROISIKMB PART1K.
la jambe est fléchie, les ligaments latéraux se trouvant relftchés, ils permettent aux facettes articulaires du tibia de tourner un peu sur les coqdyles du fémur; tandis que, lors de l'extension de la jambe, les deux os se trouvent pressés Tun sur Tautre, et le mouvement latéral n a pas lieu. De là les mouvements d'extension , de flexion et de rotation de la jambe; mais la supination et la pronation sont impossibles , demènie que chez XHomme.
% I. Extenseurs.
L extension ou le mouvement en avant de la jambe, est produit par cinq muscles, entièrement isolés par leurs ventres, mais confondus, de même que chez XHomme , par les tendons terminaux , de manière qae dans beaucoup d'ouvrages d anthropotomie , on ne les considère que simplement comme un ou deux muscles, dont trois: le crural, formé réellement de deux, le vaste-externe et le vaste-interne, sont désignés ensemble sous le nom de Triceps- crural: mais je n'adopte pas cette opinion, et décris, en conséquence, chacun de ces muscles à part; car, à la rigueur, il faudrait aussi considérer le proméral comme formant le quatrième chef, ainsi qu'on la aussi fait quelquefois , et auquel on devrait même ajouter le couturier, ce qui ferait que ce muscle, au lieu d'avoir trois chefs, en aurait six.
r Proméral (*) (Str-Dur.)i ou le droit antérieur de la cuisse des anthropotomistes (PI. VI, fig. 1, 83; et PI. X, fig. 8, 5). Long, fusiforme et très- vigoureux , ce muscle occupe le bord antérieur de la cuisse, oii il est recouvert, en partie, par le couturier et le vaste-interne, et enveloppé avec ce dernier et le vaste-externe par le fascialis et son aponévrose terminale. Il forme un seul faisceau très-gros à fibres serrées, fixé supérieurement par un tendon unique, court, mais très-vigoureux à la face externe de Tilium , un peu au devant de la cavité cotyloide, en arrière de l'insertion du tendon du mipsoas, dont il est séparé par le chef iliaque du Psoas. Son attache supérieure est ainsi fort différente de celle de son analogue dans l'espèce humaine, où le muscle naît par deux
(•) De itpô , devant , et de fjwipàç, cuîfse.
Du milieu de la face interne de laponéTrose terminale du vaste-éxterne, part souvent un feuillet qui se porte transversalement en dédans, formant une cloison qui passe ainsi derrière le proméral, et vase fixer vis^- vis, le long du milieu de Taponévrose externe terminale du vaâteinterne. Cette cloison se fixe inférieurement au sommet de la rotule, et forme le tendon terminal du muscle crural. Dans quelques cas, cette cloison ne s'unit pas à l'aponévrose du vaste-intern« , et se perd insensiblement vers la partie interne de la cuisse. D'autres fois, elle n'adhèn* pas non plus au vaste-externe , et alors le muscle crural est entièrement séparé des deux vastes.
Ce muscle est recouvert en dehors par le fascialis et son aponévrose , et se trouve appliqué en avant sur le proméral, et en arrière sur le crural et le subcrural.
Quoique ce muscle ait les mêmes rapports que dans X Homme ^ il est beaucoup plus vigoureux que chez ce dernier.
3" Faste-interne (Pi VII , (ig. 1 , 84 ; et PI. X , fig. », i3). Le vasteinterne, opposé au précédent, auquel il ressemble pour la forme et la disposition , est toutefois plus étroit et plus faible que lui. Il est situé à la face antéro-interne de la cuisse, subjacent au couturier et au droit-interne, ainsi qu'à l'aponévrose terminale du fascialis (i i'). Il s attache supérieurement par des (ibres charnues à la face antéro-interne du iémur^ et plus bas, à toute la face interne de cet os, où il est en partie confondu avec le crural, jusqu'à la ligne âpre interne, au devant des attaches du cnrvatus et du prismaticus. A la partie supérieure de cette ligne même, il s'insère par de fortes fibres aponévrotiques superficielles, étalées sur sa face postérieure et formant la lame antérieure d'une double cloison aponévrotique qui sépare ce muscle du prismaticus. De cette cloison , et de la surface du fémur, les fibres charnues se dirigent en dessous et en avant , pour s insérer d'une part à la face interne d'une large toile aponévrotique terminale, qui revêt en dehoi*s le muscle, dans ses deux tiers inférieurs; et d'autre part , sur une seconde expansion aponévrotique qui recouvre la partie inférieure de la face
rai n adhère qu'au va^te-externe et quelquefois ni a Tun ni à lautre; enfin , il arrive aussi que ce muscle est entièrement confondu avec le suivant, ainsi que l'admettent la plupart des anthropotomistes.
Le crural est placé entre le proméral et le fémur en haut, et le muscle qui suit en bas.
5* Subcrural (Alrinus), portion inférieure du crural de ï Homme ^ dont il a été distingué par Dupré. (PI. VII , fig. i , 86 ; Pi X, fig. 8, 8.) Ce muscle a été confondu par presque tous les anatomistes avec le précédent , et indiqué comme un extenseur de la jambe, formant avec lui le crural ou troisième chef du triceps. Dans le Chat^ ce muscle est au <:ontraire bien distinct, surtout dans sa partie inférieure; et chez V Homme même, la partie du crural qui correspond au muscle que je décris ici, se fixe à la capsule articulaire fémoro-tibiale, comme Tavait déjà remarqué Ddpré en 1699. Il est , de même que le crural, large et mince, en enveloppant les deux tiers inférieurs de la face antérieure du fémur , sur lequel ses fibres s insèrent dans l'espace qui se trouve audessus , et même sur le côté externe de la gorge qui reçoit la rotule , entre les attaches des deux vastes. Les fibres se portent en dessous et en avant, pour s^insérer par derrière à une aponévrose fort mince, qui revêt en avant la partie inférieure du musCle, et se fixe à la capsule articulaire tout autour.de la moitié supérieure de la rotule. Les fibres charnues latérales descendent sur cette capsule jusqu'aux tubérosités du iémur , et quelquefois même jusquau tibia.
Quoique ce muscle ait pour principale fonction d'étendre la capsule articulaire, il contribue, par ses tractions sur celle^, à étendre la jambe.
Dans certains sujets , je lai trouvé divisé en deux petits muscles latéraux.
Ajoutez :
r Le Couturier;
2* Le Cnémodactylus.
/il6 TROISIEME rARTIE.
face interne d'une large toile aponévrotique terminale, qui se confond vers le genou , avec le second feuillet de celle du proméral ; et plus haut, elle se continue au bord antérieur avec le feuillet superficiel de Faponévrose crurale. Ce tendon terminal du renforci , au lieu de se fixera la tête du péroné, comme chez \ Homme ^ se continue avec le second feuillet de laponévrose jambière dans toute sa longueur, et comme la jambe est fortement fléchie, les fibres de cette lame tendineuse croisent celles du troisième feuillet de la jambe, et vont se fixer tout le long à la crête antérieure du tibia. Cette aponévrose adhère non -seulement dans la partie inférieure de son bord antérieur, i\ celle qui revêt le vaste-externe , mais un peu plus en arrière , die se Kxe encore très - fortement au tendon d origine de la division la plus superficielle du gastrocnémien-externe. Enfin, les fibres postérieures, de plus en plus obliques en arrière (PI. II, ^S), arrivent jusque vers l'articulation du pied, oii elles forment un faisceau imitant un tendon qui s'iinplante au sommet du talon , et décrit avec plus de détails avec l'aponévrose jambière.
Ce muscle forme postérieurement une masse étroite (70'), mais plus longue que la partie antérieure, et prolongée plus bas sur la jambe, en simulant un chef à part.
Le second cher(Pl. III , io3) n'est qu'un petit ruban fort long, de trois miliimètresde large, à fibres parallèles, venant de l'apophyse transverse antérieure de la seconde vertèbre caudale , où il naît en commun avec le paraméral. De ce point d'attache , ce chef si grêle se dirige en dessous et ^ en arrière, passe en dehors sur le muscle obturateur-interne, le curvatus et l'arquatus, en s'appliquant en dedans contre le premier chef, au bord postérieur duquel il s'unit vers le bas de la cuisse.
a** Demi-tendineux (y\. III, io5, io5'; et PL X, fig. •, 19). Étroit «t long, placé au bord postérieur de la cuisse, entre le renforci en dehors, et l'arquatus en dedans. Il s'insère en haut en pointe, par de courtes fibres aponévrotiques , sur l'extrémité de la tubérosité de l'ischion, en arrière et en dessous de l'attache du renforci. Ses fibres en se portant
us TROISIÈMB PAftTIB.
daDS Tespace élroit qui sépare le demi-membraneux du droit-interne , jusqu'au milieu de la cuisse, laissant au-dessus un intervalle dans lequel passent les vaisseaux et les nerfs cruraux, et où Ton voit en dedans les muscles prismaticus , ainsi qu'une portion du vaste-interne et du proméral. Cette aponévrose forme , avec celle du vaste-interne , une cloison qui plonge entre ce dernier muscle et Tarquatus, en donnant attache à tous les deux , et se fixe elle-même le long de la ligne âpre interne du fémur.
A son bord postérieur, cette même aponévrose se confond avec le feuillet superficiel de Taponévrose jambière-interne, qui naît sur elle, en croisant ses fibres avec les siennes.
Ajoutez :
i" Le Poplité;
2" Le Gastrocnémien-externe ; 3*" Le Gastrocnémien-in terne; 4*" Le Fusiformis.
§ IIL Âotateurs en dedans,
J ai déjà fait remarquer en tète de cet article que , malgré que larticulation fémoro-tibiale soit un ginglyme , la jambe , relâchée , pouvait cependant exécuter un léger mouvement de rotation sur elle-même par leiTet de la forme que prennent les cavités articulaires sur le tibia, qui ne sont formés que par les cartilages séléniqties , et non par le tibia luimême, dont la partie articulaire est plutôt convexe que concave. Il n y a cependant quun muscle, le poplité , qui soit essentiellement affecté à la rotation en dedans, mais il est secondé par d'au très encore.
Poplité (PI. V, fig. 1 , 93; et PI. X, fig. 8, 19). De forme triangulaire, mais plus renflé que dans ï Homme ^ et obliquement courbé autour de la face postérieure du tibia. Ce muscle s insère en haut par un fort tendon court , puis caché dans le muscle sur lextrémité postérieure de losselet poplitaire , par l'intermédiaire duquel et du ligament fémoro-
indiqués pour cette fonction; par contre, d autres, spécialement destinés aux mouvements des orteils, contribuent à leur tour aux mouvements du pied j prenant leur point fixe sur la jambe ; et ceux-ci étant renvoyés à la subdivision suivante Je ne décris, dans celle-ci, que les muscles qui meuvent principalement le pied.
Le pied peut, de même que celui de ï Homme ^ exécuter, non-seulement les mouvements d'extension et de flexion, mais encore des mouvements latéraux , d abduction et d'adduction , mais toutefois plus bornés.
$ I. Extenseurs.
L extension du pied ou son mouvement en dessous et en arrière, est produit par des muscles tout à fait analogues à ceux àeïHomme^ à l'exception dufusiformis (plantaire grêle), qui, chez ce dernier, se fixe au talon, tandis que chez tous les mammifères quadrupèdes, il se continue avec le pternodactylus (court-fléchisseur commun des orteils), en passant sur le talon , et se trouve ainsi chez l'espèce humaine dans une condition toute exceptionnelle.
1 ** Gastrocnémien-exteme (PI. III , 1 1 5). Les anthropotomistes considèrent d'ordinaire les deux gastrocnémiens comme ne formant qu'un seul muscle, n ayant qu'un tendon terminal commun; mais comme cette réunion a également lieu pour le soléaire, et même le fusiformis (plantaire grêle), il faudrait, pour être conséquent, les considérer tous les quatre comme les chefs d'un seul. Or, cette union des tendons ayant toujours lieu lorsque plusieurs muscles insèrent leurs tendons sur un petit espace, sans qu'on les regarde pour cela comme ne formant qu'un seul muscle , je décrirai aussi ici les deux gastrociiémiens comme deux muscles distincts.
Le gastrocnémien-externe, de même forme que dans YHomme^ est fort compliqué à son extrémité supérieure. Un premier trousseau, le plus superficiel et postérieur (c. , PI. lY, i^o), naît par un tendon large et plat, sur le milieu du bord externe de la rotule, en dedans de l'aponévrose terminale du vaste-externe, à laquelle il adhère fortement , et ne
&22 TBOISlàME PARTIB.
2" Gastrocnémien-inteme (PI. IV, 176; et PI. X, fig. 9, aS, et fig. 8, 1 4). Ce muscle , semblable pour la forme au précédent , est placé à la face interne postérieure rie la jambe. 11 prend son attache par de très-fortes iibres tendineuses sur le crithoïde-inteme ( 1 1 ), et plus an-<les6QS sur le condyle du fémur. Ces fibres forment d abord un tendon coart et gros (14)9 dirigé en arrière , mais qni s'arque bientôt en dessous, et s épanouit en une forte aponévrose sur la face interne du muscle , qu'elle recouvre jusqu'à la moitié de sa longueur, pour donner insertion aux fibres musculaires. Celles-ci forment un gros faisceau comprimé et ovale , comme le muscle précédent , et s'insèrent inférieurement sur une autre aponévrose terminale fort large recouvrant presque toute la ^Eice externe du muscle. Cette aponévrose unie par son bord postérieur à celle du gastrocnémien -externe , se termine avec elle en un large tendon libre qui se rétrécit graduellement, s'unit en dehors à celui du soléaire, et se termine au talon.
Ce muscle est recouvert en dedans de haut en bas par l'arquatuSi la partie inférieure du demi-membraneux et du demi-tendineux, ainsi que par l'aponévrose jambière , le fusiformis , le poplité et le long-flechisseur ou hallux.
S"" Soléaire (PI. IV, 174; et PI. X, fig* 4, i4). Muscle beaucoup plus faible que l'un des gastrocnémiens , et surtout fort petit comparativement à son analogue dans ï Homme , dont il diffère surtout en ce qu'il ne se fixe nulle part au tibia. 11 ne forme qu'un faisceau d'environ quinze millimètres de large au plus, dans son milieu, et s'insère : i"" au bord postérieur de la tête du péroné, par une aponévrose occupant la face antérieure du muscle; â"" sur la moitié supérieure de la cl«son fibreuse qui passe derrière le muscle fibula&us pour se fixer au péroné; et y par une expansion aponévrotique faible , qui part de la face postérieure de la capsule-articulaire-fémoro-tibiale , et se porte en bas, passe en arrière sur le muscle poplité/ et se fixe sur la face postérieure du soléaire. De ces trois origines , ce muscle se dirige en bas , en formant vn léger angle avec le$ os de la j ambe , et se termine inférieurement
SrSTàMB MuaCULAIRE. liâS
par UD tendon long et assez fort, qui r^^e avant sous forme d'aponévroee sur la partie infra- postérieure du muscle.
Ce tendon, d'environ deux centimètres de long, d'abord aplati comme le ventre du muscle, se rétnîcit graduellement, et s'unit en dessoos à celui du gastrocnémien-externe, pour former eu commun ce qu'on nomme le tendon d'Achille.
Ce tendon commun, formé par les trois muscles que je viens de décrire , ainsi que par les cordes fibreuses de l'aponévrose jambièreexterne et interne , prend une disposition assez singulière. Ces trois tendons, après s'être réunis, c'est-à-dire ceux desgastrocnémiensà leur bord supérieur et celui du soléaire, en dessous, au gastrocnémienexterne, plus en dehors à la corde fibreuse que forme l'aponévrose jambière, et en dedans à une corde semblable , formée par la même aponévrose; le tout ensemble constitue nn tendon plat, voûté en dessus autour de celui du fusiformis, mais ce tendon commun tourne un demi-tour en dehors autour de ce dernier, en se tordant, pour venir se placer dessous près du talon, et va s'implanter au bord postérieur du sommet de cette apophyse , formant à son extrémité un aplatissement sur lequel gUsse le tendon du fusiformis.
Au point d'insertion, le tendon du gastrocnémien -incerne est placé le plus en dehors ; au milieu s'insère celui du gastrocnémien-externe , en dessons celui du soléaire et la corde externe de l'aponévrose jambière, et le plus en dedans la corde interne de cette dernière.
Une bourse synoviale tapisse la cavité de ce tendon commun , et se fixe sur Ifs bords aux brides du fusiformis.
[ine autre poche synoviale tapisse la facette cartilagineuse qui termine l'apophyse du talon , ainsi que la face correspondante du tendon d'Achille qui appuie sur elle.
Ce muscle, placé devant le fusiformis, recouvre en arrière le Hbulaens, le pérodactylus et le nauticus.
4* Nauticits (Spiegbl), le tibial-postérieur des anaiomistes modernes (PI. X, fig. 4, i3). Placé entre la face postérieure du tibia et le long-
h% TAOISIÈME PARTIE.
fléchisseur dû hallux (chef du pérodactylus) , et reçu avec ce dernier dans une gaîne fibreuse commune , formée par laponévrose jambière profonde, où il est confondu avec ce muscle dans sa partie supérieure, naissant sur la face antérieure d'une même aponévrose d origine, qui forme un lacis , caché entre eux , et dont les fibres viennent de la tète supérieure du péroné, d'autres le long du bord externe du tibia, et d'autres encore forment une corde ligamenteuse, qui se rend de la tète du péroné obliquement en dessous et en dedans sur la partie supérieure de la crête interne du tibia, en s écartant en éventail, et confondues avec les autres fibres de l'aponévrose. Quelques-unes des fibres du muscle naissent aussi sur le milieu de la face postérieure du tibia au-dessous du poplité , en commun avec celle du long-fléchisseur du hallux.
Toutes ces fibres assez courtes, se portent en dessous presque parallèlement au tibia , sur les faces antérieures et postérieures d'un long et large tendon intérieur qui se prolonge dans presque tout le ventre du muscle. Vers le milieu du tibia, ce tendon devient libre, se place devant celui du long-fléchisseur du hallux , passe dans une coulisse qui lui est propre, formée par la gaine qui recouvre les deux muscles, et se contournant dans cette gaîne sur la tête inférieure du tibia , où il est retenu par un ligament transversal , le tendon se fléchit en dessous vers la face postérieure de la tubérosité interne du naviculaire, où il appuie dans une gorge cartilagineuse creusée dans cet os, accompagnée d'une bourse synoviale. Là il s'élargit beaucoup , se divise en deux branches, dont Tune, interne, s'implante sur l'extrémité supérieure de l'os chalcoïde ; et Fexterne , à la tubérosité postérieure du naviculaire en dehors * de sa gorge. Au-dessous de sa coulisse fibreuse , ce tendon est accompagné d'une gaîne synoviale jusqu'à sa terminaison.
5* Péronier, ou moyen Péronier des anthropotomistes (PI. V, fig. i , 102). Situé en dehors de la moitié inférieure du péroné qu'il enveloppe immédiatement, ot où ses attaches rémontent en avant jusqu'au tiers supérieur de cet os. D'autres fibres, plus postérieures, se fixent à une cloison fibreuse qui sépare ce muscle du pérodactylus. De ces deux attaches,
spéciale qae cette tabérosité présente à sa face externe, et non dans une coulisse qui lui est commune avec le tendon du muscle précédent , comme cela a lieu chez Y Homme. Cette gorge est convertie en un canal par un ligament arqué, passant de Fun de ses bords à lautre, et dans lequel le tendon est accompagné d'une gaine synoviale , prolongée en dessous sur le tendon. Au-dessous de ce canal, le tendon se replie en bas, passe dans le ligament annulaire externe du calcanéum, fixé au sommet de la tubérosité infra-externe de cet os, dans laquelle il se dévie encore plus en dessous , pénètre dans le canal osseux de la partie externe du cuboïde , et s'y dirige obliquement en dedans et en dessous pour se terminer enfin au bord externe de la tubérosité postérieure du padion. En passant dans ce canal, le tendon du fibulaeus donne, par son bord inférieur, des languettes aux têtes des autres métatarsiens, c'est-à-dire une forte à la tubérosité postérieure du second , une au bord interne de la tubérosité du troisième, une à celle du quatrième, et une très-forte qui pénètre entre la tête du quatrième et du cinquième, pour se fixer à ce dernier, au milieu de la face interne de sa tête.
Ce muscle est placé en arrière du bord externe du cnémodactyhis (lextenseur commun desorteils) , et devant le soléaire , en recouvrant en dehors le péronier et le fibulinus.
En même temps qu'il étend le pied , il le porte aussi en dehors , et devient ainsi un de ses abducteurs.
Ajoutez :
I* Le Fusiformis;
2* Le Pérodactylus ;
S*" Le Long-Fléchisseur du hallux (formant un chef du ptérodac-
tylus) ; et 4* Le Fibulinus.
§ II. Abducteurs.
J ai déjà fait remarquer plus haut qu il n y avait pas d'abducteurs proprement ditSi mais que la flexion en dehors était produite par les exten-
comme chez ce dernier, au cnémodactylus , et recouvre ce muscle presqu en entier dans sa partie jambière.
i"* LeCnémodactylus.
§ IV. Adducteurs,
L adduction du pied , est de même que labduction produite par les muscles extenseurs et fléchisseurs du pied et des orteils qui passent sur la partie interne de larticulation tibio-tarsienne , et agissent de concert en avant et derrière celle-ci ; tels sont ;
i" Le Fibulaeus;
2" Le Long-fléchisseur du hallux;
y Le Pérodactylus ;
4** Le Tibiai.
5 V. Moteurs des parties du Tarse.
Les osselets composant le tarse et le métatarse sont mis en mouvement par deux muscles , dont Fun , le calcanéo-pudien , a un analogue chez \ Homme dans l'abducteur du petit orteil , mais dont l'autre , le navochalcoïdien , n a pas de représentant dans l'espèce humaine.
i* Nas^o-chalcdidien (Str -Dur.) (PL X, iig. ift, i5). Petit muscle caché entre les osselets et les ligaments de la plante du pied. Il se fixe à la face inférieure de la tubérosité externe de l'os naviculaire , et se porte obliquement en dessous et en dedans, pour s'insérer de nouveau tout le long du chalcoïde , qu'il fait fléchir en dessous et en dehoi-s , ce qui rend la plante du pied un peu concave , et produirait une espèce d'opposition du hallux s'il existait, ou du moins une légère rotation sur lui-même.
II est immédiatement subjacent au ligament navo-padien.
2* CalcanéO'pudien (Str. -Dur. ), portion externe calcanéenne de
r Cnémodactylus (Riolan), lextenseur commun des orteils des auteurs modernes (PL IV, 1 88; PI. V, fig. t, 96; PI. X , fig. », 8). Long, un peu grêle et arrondi ; c'est un muscle parfaitement isolé de tous ceux qui la voisinent , et qui offre le caractère qui n'existe pas chez X Homme ^ qu'au lieu de prendre son point fixe sur les os de la jambe, il le prend au contraire sur la partie antérieure de la face latérale du condyle externe du fémur, au-devant du ligament fémoro*tibial-latéral-externe, et cela par un tendon plat et fort (PL V, fig. i, 96 a); dirigé de là en dessous, en passant sur l'articulation fémoro-tibiale ; plus bas sous le ligament tibio-péronéen-supra-antérieur (88), et se charge ensuite de fibres musculaires à sa face interne, après s'être épanoui en aponévrose. Ce tendon d'origine est accompagné d'une gaine synoviale très-large au-dessous du ligament dont je viens de parler, et embrassant en même temps le ligament fémoro-tibial-latéral-externe de l'articulation du genou , mais distincte de la poche synoviale de cette dernière.
Les fibres charnues forment un muscle fusiforme placé dans une large gouttière que forment entre eux le tibial placé en dedans et au devant et en dehors le fibulaeus. Ces fibres se rendent , en se portant en bas, sur la face externe d'une aponévrose terminale , régnant déjà fort haut sur le muscle , et sur laquelle elles s'insèrent jusqu au delà du ligament annulaire de la jambe, sous la partie externe duquel ce muscle passe et qui le bride. Au-dessous de ce dernier , le muscle se dirige en dessous pour suivre la face antérieure du pied ; son tendon devient bientôt libre, et se divise de suite en quatre branches (PL X, fig. #, 8 a^b^c^d), lesquelles passent , réunies encore en un seul faisceau , dans la boucle du ligament annulaire du calcanéum(]3), dans laquelle ils se dévient une seconde fois, pour se porter plus en avant encore. Après avoir traversé ce ligament, les quatre tendons se placent à côté l'un de l'autre, s'appliquent'sur le muscle pédieux , et s'aplatissent en s'élargissant graduellement jusque sur le milieu du métatarse, unis entre eux par des fibres ligamenteuses qui les brident ; là ils commencent à se rétrécir de nouveau , s'écartent les uns des autres et se dirigent vers les quatre orteils externes, passent sur le milieu de leurs articulations méiatarso-phalan-
/iSâ TnOISlÈME PARTIE.
orteils, c est-à-dire que le plus fort se rend au hillux, le second en force au hollux , au hellux et au hullux.
D'après la description que Je viens de donner, on voit que le cnémodactylus diffère de celui de \ Homme ^ i" en ce qu'il naît sur le fémur; 2" qu'il n'est confondu avec aucun de ses voisins; et 3" qu'il donne des branches aux grains cartilagineux contenus dans les capsules articulaires métatarso-phalangeoliennes , grains non indiqués chez \ Homme.
2"* Pédieux (PL V , fig. i , 1 1 3 ; et PL X , fig. 0,2:^), Ce muscle , qu'on nomme aussi le court extenseur chez X Homme ^ correspond aux extenseurs propres des doigts; mais au lieu de naître sur la jambe, comme ces derniers naissent sur 1 avant-bras, il prend ses points fixes sur le dos (lu tarse. Sa partie charnue, qui est réellement formée de trois muscles réunis, mais bien distincts, occupe, comme dans l'espèce humaine, la région autéro-externe du tarse, ainsi que la partie supérieure correspondante du métatarse. Ses fibres musculaires s'insèrent: T tout le long des deux branches du ligament annulaire antérieur du calcanéum, et plus particulièrement le muscle interne qui se rend aux deux premiers orteils; 2* à la face antérieure de cet os et du cuboïde; et 3*" à la face antérieure des trois derniers métatarsiens. De ces trois insertions, les fibres se portent en dessous, se forment bientôt en trois chefs, dont chacun produit un tendon aplati, longeant sa face antérieure, sous la forme d'une longue aponévrose. Ces tendons, devenus libres vers le miheu du métatarse, continuent à se diriger en dessous, en suivant les intervalles Aes quatre métatarsiens externes, pour s'unir aux tendons du muscle précédent. Voici comment chacune se comporte : le premier ou l'interne, le plus fort (22), produit bientôt à son bord interne une branche faible (a), dirigée vers le côté externe du hellux, et s'unit sur le dos de la phalangeole au tendon descnémodactylus, après avoir donné au bas du métatarse un petit filet interne (b), au grain cartilagineux (23), contenu dans la capsule articulaire pédio-phalangeolienne. Le tendon principal, au contraire (c),se rend au côté interne de l'articulation pidio phalangeolienne, donne un petit rameau {d) au grain cartilagineux
de cette articulation (24); se fléchit ensuite en avant sur le dos de la phalangeole, et s'unit au tendon du cnémodactylus. D'autres fois, sa branche principale se fixe au grain cartilagineux. Le second muscJe(!i2') produit un tendon plus faible , mais souvent aussi plus fort que celui du premier; arrivé au quart inférieur du métatarse, il se divise en deux branches, dont l'interne (/*) plus forte, se rend au côté externe du hiliux,et l'externe, qui manque quelquefois, au côté interne du hoUux; toutes les deux se comportant, du reste, comme celles du hellux, en donnant de petites branches (dei c) aux grains cartilagineux des capsules (!i4 et 25). Enfin, le tendon du troisième muscle, le plus faible (22^'), ne se divise pas, et se rend au côté externe du hollux, où il se termine également de la même manière.
Le hullux ne reçoit pas de branche du pédieux.
Le hellux ne reçoit ainsi qu'une seule branche du pédieux; le hilluxet le hollux en reçoivent chacun deux, et le hullux pas du tout.
En passant sur les articulations métatarso-phalangeoliennes,les tendons du pédieux sont contenus dans les brides de ceux du cnémodactylus , qui lui permettent de se dévier en avant.
Par le moyen de ces brides, fixées aux faces latérales des sésamoïdes , les tendons du pédieux « en tirant ces osselets en arrière, font fléchir la phalangeole, et par leur branche principale, ils étendent la phalangine, de manière qu'ils produisent l'entier allongement de l'orteil.
Le pédieux est placé sous les tendons du cnémodacty lus, et l'aponévrose podale, et applique immédiatement sur les os du tarse et du métatarse.
3° Extenseur du hollux (Str.-Dur.), Textensor hallucis longus (Hildbbeand), l'extenseur du gros orteil des auteurs modernes. Le hallux manquant chez le Chat, il n y a pas non plus d'extenseur propre pour lui.
Ajoutez :
i"" Les Longs-abducteurs des orteils , ainsi -que :
2* Les Longs-adducteurs.
&â& TROISIÈME PARTIE.
§ II. Abducteurs.
Les orteils reçoivent des abducteurs et des adducteurs qui ressemblent beaucoup à ceux des doigts, et dont la plupart sont de même les analogues des interosseux de ï Homme ; mais comme ces muscles sont , ainsi que ceux de la main, placés en arrière des os du métatarse , ils ne peuvent, en conséquence , également plus conserver la dénomination d*interosseux ; et comme il n existe pas de hallux , les abducteurs de cet orteil manquent.
De même qu*à la main , il y a trois espèces d'abducteurs : des longs , qui se prolongent jusqu'à la phalangine ; des moyens, qui se fixent à la phalangeole; et des courts, qui ne se rendent qu'aux os sésamoîdes.
V Long-abducteur du hallux (Str.-Dur.). Ce muscle manque chez Y Homme et le Chat ;
2* Moyen-abducteur du hallux (Str.-Dur.)* Portion de l'abducteur oblique de \ Homme (Bichat) ;
y Court-Hxbducteur du hallux (Str.-Dur.)- Partie de l'abduaeur oblique de Y Homme ;
4* Abducteur transs^erse du hallux, ou abducteur transverse du gros orteil (Bichat).
5*" Long-Abducteur du heUux (Str.-DurOi partie de Imterosseux abducteur du second orteil (Bich.) (Pi. X, %. 14, 27), Naît T d'un tendon qui lui est*commun avec les adducteurs du même orteil, et forme une longue cloison qui les sépare. Ce tendon se fixe en haut au crochet de l'épitrion , ainsi qu'au grinula placé un peu plus bas , derrière la tête du pidion; 2* de la face externe d'un second tendon longitudinal, formant une cloison entre lui et le court-adducteur du hillux qui lui est subjacent : tendon fixé au même grain cartilagineux. De ces deux origines , les fibres musculaires se portent en dessous et en dehors forment un muscle grêle en haut, renflé en bas, qui se termine
&36 TROISIÀMB PARTIE.
trois origines : i"" à la face interne d'un tendon foliacé longitudinal qui le sépare, dans sa partie supérieure, du long-adducteur du hollux(5o), et fixé au gronula ; 2'' à la face externe d'un second tendon longitudinal plus fort et plus long fixé au même grain cartilagineux , mais placé plus en dedans, et commun au long-adducteur du hillux (34); 3"* à la face externe postérieure du pédion. Toutes ces fibres se rendent en dessous, forment un muscle aplati par les côtés , et dont le tendon terminal assez fort qui règne dans l'intérieur, sous sa face externe , s'en dégage près de l'articulation pédio-phalangeolienne, se recourbe en avant, et se comporte du reste comme les autres longs-abducteurs des doigts et des orteils.
9* Moyen-abducteur du hillux {STfSL.'-DvR.). Partie de l'interosseuxahducteur du troisième orteil (Bich.)- H manque dans le ChaL
10° Courl-abducteur du hillux (Str.-Dur.). Ce n'est qu'un gros faisceau détaché du long-abducteur, pour s'insérer sur la partie postérieure du sésamoïde externe, ainsi qu'à la capsule articulaire, mais qui souvent aussi a un tendon propre à sa face externe.
Il n'existe pas chez \ Homme.
1 1 * Long-abducteur du hollux ( Str.-Doe. ). Partie de l'interosseuxabducteur dq quatrième orteil (Bich. ). (PI. X , fig. 1» , 29). Placé devant le moyen-adducteur du huUux et l'opposant du même orteil , ce muscle s'insère supérieurement au gronula, contenu dans le ligament calcanéo-gronuléen auquel il se fixe par un long tendon commun à lui et au long-adducteur du même orteil (3o) , et en outre à la face interne d'un second tendon d'origine externe qui se développe en une feuille recouvrant la partie supérieure de la face externe du muscle, et contiguë au pudion Ce tendon lui est commun avec le moyen-abducteur (35) . et fixé au grunula placé derrière la tête du pudion; enfin ses fibres s'attachent en outre au ligament gronulo-podien. De ces trois origines les fibres charnues se portent en dessous et d'autant plus obliquement en dehors qu'elles sont plus inférieures, sur un tendon terminal qui remonte dans le milieu de la partie externe du muscle. Arrivé à l'articu-
SYSTEME MUSCULAIRE. k&l
lation podiophalaDgeolienne , ce muscle se replie en avant et se termine conrime tous les longs-abducteurs des doigts et des orteils.
1 2' Moyen-abducteur du hollux (Str.-Dur.). Portion de Finterosseuxabducteur du quatrième orteil (Bigh.). (PL X, fig- i*, 35). Situé au devant et en dedans du précédent , en s insérant aux mêmes origines , d'où les fibres se portent en dessous et en dehors , sur un tendon terminal, occupant la face externe du muscle « et placé devant celui du long-abducteur, ce tendon, devenu libre près de larticulation phalangeoliënne, se termine comme les autres moyens-abducteurs des doigts et des orteils.
i3" Court-abducteur du hollux (Str.-Dur ). C'est une division assez faible qui se sépare du moyen-abducteur, et venant de la partie la plus inférieure du tendon d'origine commun avec le long-adducteur, ainsi que de la face postéro-externe du podion. Ce trousseau se fixe, comme tous les courts-abducteurs , à la partie postérieure du sésamoïde externe.
L'Homme ne Ta pas.
14** FibuUnus ou Long-abducteur du hullux (Str.-Dlr. ), le petit péronier des anthropotomistes (PI. V, fig. 1, 97). L'analogue du petit péronier de XHomm^ est le seul des adducteurs qui vienne de la jambe. C'est un muscle fusiforme , placé en dedans du tibulaeus , et en dehors du péronier (102). Il fixe ses fibres charnues à la moitié supérieure de la face externe du péroné qu'il embrasse, et d autres viennent de la cloison fibreuse qui le sépare en haut du pérodactytus , et non du devant du péroné , comme chez \ Homme. De là les fibres se portent en dessous, les antérieures obliquement en arrière, et les postérieures obliquement en avant, sur les deux bords d'un long tendon cjui longe le milieu de la face externe. Au quart inférieur du péroné, ce tendon devient libre, continue à longer cet os entre celui du fibulaeus placé en avant, et celui du péronier placé en arrière , et se réfléchit en bas avec ce dernier , derrière la malléole externe qui leur forme une poulie de renvoi. Ainsi détourné de sa direction primitive, il se porte en
/iâ8 TROISIÈME PARTIE.
(iessous, longe la face antéro-externe du pied, poar aller gagner la partie latérale delaphalangeole du huliux, oii il se recourbe une seconde fois en avant, passe obliquement sur cette phalange, et s unit au côté externe du tendon du cnémodactylus de cet orteil , pour concourir , avec lui , à former la calotte fibreuse qui recouvre l'articulation phalangeo-phalanginienne.
En passant dans la poulie de la malléole externe, le tendon y est retenu avec celui du péronier par un ligament passant d*un bord de la gorge à lautre, et sur larticulation pudio-phalangeolienne ; il est retenu par la bride latérale (a 1 8) qui se porte du tendon .du cnémodactylus au bord inférieur du sésamoide externe. Par l'effet de cette bride, il produit comme les autres longs-abducteurs la flexion en dessous de la phalangeole , en tirant le sésamoïde en arrière, et par Teffet du tendon luimême , l'extension de la phalangine; et ainsi par les deux, rallongement de l'orteil et son abduction.
Chez \ Homme, ce muscle se fixe par son tendon à l'extrémité tarsienne du pudion.
iS** Moyen-abducteur du hullux (Ste.-Dur.) (PI. IV, 211; et PL X, fig. tO, II). Ce muscle qui répond par ses attaches à Tabducteur du petit orteil (Bichat), de YHomme, est placé sur le côté externe de la partie supérieure et postérieure du pudion. Il naît en partie sur le calcanéum, par l'intermédiaire du tendon du calcanéo*pudien , et sur la partie supérieure de la face postérieure du pudion, en formant un petit muscle conique qui produit bientôt un tendon libre , long et fort grêle, lequel se porte en bas appliqué sur la face externe du court-abducteur du hullux; arrivé sur le côté externe de l'articulation pudio-phalangeolienne , ce tendon se divise en deux branches qui se terminent comme celles des autres movens-abducteurs.
16** Court-Abducteur du hullux (Sth.-Dcr.). Le court-fléchisseur du petit orteil (Bich.) (PL V. flg. 1, i i7;PL X, fig. It, i3). Muscle penniforme, comme la plupart des abducteurs; ses fibres naissent de la face externe d'un tendon longitudinal très-fort caché, qui le sépare du long-
STSTÀIIE MUSCULAIRE. 639
adducteur, et fixé au grunula^ grain cartilagineux placé derrière la tète du pudion , tendon qui se continue avec les fibres superficielles du ligammit cubo-grunulien , sur lequel les fibres charnues remontent (PI. X, fig. 14, 17). Les fibres de ce muscle se portent en bas sur la face mterne dun tendon terminal très-large > placé en dehors, oii il remonte jusqu'au tarse. Ce tendon, devenu libre près de larticulation pudiophalangeolienne , se fixe de suite au bord postérieur du sésamoïdeexteme, et plus en dedans une partie des fibres charnues s'insèrent immédiatement à cet osselet.
Ajoutez :
Le Pédieux, pour ses branches passant en dedans des orteils.
^ IlL Fléchisseurs,
Outre le pérodactylus ou long-fiéchisseur commun des orteils , et son accessoire lanalogue du long-fléchisseqr du hallux , le pternodactylus ou leur court-fléchisseur commun et les lombricaux que je nomme ascaroïdes pour les distinguer de ceux de la main , il faut encore ajouter le fusiformis ou plantaire grêle, qui agit chez les Mammifères puissamment sur les orteils.
i"" Fusiformis (Ste.-Dvr.). Le plantaire grêle des anthropotomistes (PL IV, 176; et PL X, fig. S, 20). Chez riïomme , ce muscle, fort petit, unit son tendon à ceux des gastrocnémiens et du soléaire , et n'est par là qu'un chef des extenseurs du pied. Chez tous les autres Mammifères, au contraire, son tendon passe sur le sommet du talon , et se continue à la plante avec le pternodactylus (PL X, fig. tO, 23) ou petit-fléchisseur des orteils de X Homme, avec lequel il forme un véritable muscle digastrique, et devient le plus puissant fléchisseur des orteils, par la grosseur que son ventre acquiert , formant à lui seul chez le Chai le tiers du volume du mollet, de manière que le nq/n quil porte chez XHomjne ne saurait plus lui convenir chez ces animaux , et se trouve même mauvais pour l'espèce humaine, oii ce muscle n'est aucunement plantaire comme son nom l'indique
liliO TROISIÈME PARTIE.
Placé entre les deux gastrocnémiens, et en arrière du soléaire, ce muscle prend une forme de fuseau très-fortement renflé. Ses fibres charnues naissent en haut : i"" sur la face interne d'un large tendon trèsfort, fixé au bord postérieur du crithoïde-externe (PI. IV, i64)f ^t confondu par ce même tendon avec le gastrocnémien du même côté (171)1 qui y prend également ses principales attaches; et 2"" par un petit trousseau sur la partie postérieure de la capsule articulaire fémoro-tibiale. Toutes ces fibres se portent obliquement en dessous , en arrière et en dedans sur une vaste aponévrose terminale occupant presque toute la face interne du muscle. Cette aponévrose se rétrécit vers l'extrémité inférieure, et se termine par un tendon arrondi très-fort (a), placé dans une espèce de gaine que lui forment les tendons réunis des gastrocnémiens (176), du soléairè (174) et les faisceaux latéraux de Taponévrosejambière-superficielle. Sortant de cette coulisse près du sommet du talon , ce tendon passe sur ce dernier, et se replie en dessous sur la face plantaire du pied. Arrivé derrière le calcanéum , ce tendon y est retenu par deux brides très-larges (i85et 186), qui, partant de ses bords dans l'espace de plus d'un centimètre, se portent en avant sur les faces latérales de cette apophyse , et s'y insèrent. Ces brides , tout en empêchant le tendon de se déplacer vers les côtés , lui permettent cependant un mouvement assez étendu de glissement suivant sa longueur, pour qu'il ne soit pas gêné dans son action sur les orteils. Au-dessus du sommet du talon , ce tendon est accompagné d'une gaine synoviale qui double en même temps la coulisse formée par les gastrocnémiens et le soléairè.
Déjà sur le sommet du calcanéum , mais plus particulièrement à la face postérieure de son apophyse , ce tendon s'élargit beaucoup en s'aplatissant, ses fibres se divisent et s'entremêlent de charnues qui deviennent de plus en plus nombreuses et forment son second ventre, ou le • *
2* Pternoductylus (Riolan), ou petit fléchisseur des orteils (Bien.). (PI. X, fig tO, 22). Ce muscle, ou Sjecond ventre du précédent, esi
SYSTÈME MUSCULAIRE. ft&t
placé le long de la face plantaire du pied, formant une couche allongée et aplatie , subdivisée en quatre chefs destinés aux quatre orteils externes, et se recouvrant obliquement de dehors en dedans.
La partie charnue de ce muscle commun est retenue en dedans par une très-large bride ligamenteuse (20) fixée latéralement au naviculaire et au chalcoïde, doù elle se porte en dehors, en bas et en avant , sur le bord voisin du muscle.
Le chef externe^ le plus superficiel (a), se rétrécit en se portant en bas, forme bientôt un tendon long et aplati, dirigé vers Tarticulation pudio-phalangeolienne , où il passe sous les os sésamoïdes qui lui forment une gouttière convertie en canal par le ligament-annulaire de ces mêmes osselets. Ce tendon , arrivé à cette articulation , s'y comporte à peu près comme ceux du sublime des doigts dont il est le représentant. Là il se renfle, s'élargit et se roule sur lui-même en dessus, pour former un cylindre creux enveloppant le tendon correspondant du pérodactylus, et se fixe de chaque côté par une petite bride à la partie postérieure des sésamoïdes ; mais le tendon lui-même se prolonge sous la phalangeole, où il se fend en dessous , pour laisser paraître le tendon du pérodactylus ; et ses deux branches, devenues supérieures à ce dernier, passent avec lui dans le ligament-annulaire sous-phalangeolien , et se fixent de chaque côté à la base de la phalangine.
Ce tendon est accompagné , depuis la partie inférieure du métatarse jusqu a son insertion , d'une gaine synoviale adhérente aux deux ligaments-annulaires sous lesquels il passe.
Le second chef (b) ou celui du hollux déborde un peu le premier en dedans , et se dirige verticalement en dessous^ pour se terminer de même vers le milieu du métatarse en un tendon plat^ plus fort que le précédent. Ce tendon , avant de passer sous le ligament-annulaire des sésamoïdes , reçoit à sa face supérieure celui de l'ascaroïde correspondant , et se comporte du reste de même que le tendon du premier chef.
Celui du hillux (c), placé au devant du chef qui précède, a à peu près la même forme, mais produit un tendon un peu plus faible, qui,