‹ Anatomie descriptive et comparative du chat, type des mammifères en général et des carnivores en particulier (volume 2)Chapitre 7 sur 30 · XII. GéTÂCKS. Point de membres postérieurs · texte numérisé non relu

XII. GéTÂCKS. Point de membres postérieurs

Ces douze ordres de Mammifères se divisent ensuite en familles ^ qui est la division qui leur est immédiatement subordonnée , mais dont l'énumération serait trop longue ici , et je renvoie à leur sujet aux ouvrages de zoologie proprement dits. Les familles se divisent en tribus^ et celles-ci en genres, qui se résolvent ensuite en espèces. Toutes ces divisions et subdivisions sont cependant la plupart purement artificielles , et simplement établies pour faciliter l'étude et les recherches dans les ouvrages méthodiques. Quelques-unes seulement, ditesJanulleSj ordres ou classes naturelles^ sont bien distinctes, ne se fondant pas dans les autres par des nuances insensibles. Telle est la classe des Oiseaux , Tordre des Chéiroptères, etc. Mais la seule définition rigoureuse que nous puissions donner de tous ces groupes est celle de ïespèce^ seule naturelle dans son principe , en disant quelle se compose de tous les individus pros^enant dune ou de plusieurs paires originelles ou primitifs identiquement semblables ; et tous les individus de la même espèce qui ne présentent que des différences causées par quelques circonstances, quand même ces différences seraient héréditaires , sont nommées \^ariétés.

Quoii^ue la définition que je viens de donner de l'espèce soit logi-

quement vraie , il est impossible , cependant , de l'appliquer rigoureusement aux individus quon a sous les yeux, et nous sommes obligés de chercher dans ces mêmes individus des signes ou caractères qui puissent indiquer s ils descendent réellement d'une même souche; mais tous sont insufiBsants , et nous ne pouvons nous guider que par de simples pro* habilités, en réunissant plusieurs de ces caractères : encore ne sont-ils pas tous d'une même valeur. La grandeur et la couleur sont les caractères les plus variables, et ne doivent être employés qu'avec beaucoup de discernement Ceux qui dépendent d'une légère modification des téguments, ou bien d'une simple forme d'organes qui n'a pas d'influence sur les facultés des Animaux, n'ont guère plus de valeur. Cependant, lorsque les caractères fournis par ces dernières parties sont bien constants dans un grand nombre d'individus, on peut les employer avec quelque assurance comme indiquant une même espèce. Mais ce qui embarrasse le plus , ce sont les espèces voisines , souvent en nombre considérable , dont les nuances sont si légères qu'en les plaçant les unes à côté des autres, on reste souvent dans l'impossibiUté de dire où l'une finit et où l'autre commence , toute la série ne paraissant qu'une simple chaîne de variétés, dont les extrêmes sont cependant tellement différentes qu'on ne saurait les considérer comme appartenant à une seule espèce. On conçoit aussi que si deux espèces bien distinctes se croisent et produisent des métis féconds, comme cela arrive, ces mêmes métis doivent former des individus intermédiaires très-embarrassants pour les nomenclateurs ; et c'est probablement ce qui est arrivé pour un grand nombre d'Animaux dans la série des siècles , qui aujourd'hui sont considérés comme espèces distinctes , quoique ce ne soient que des variétés. ^ Cependant l'observation nous montre que dans l'état sauvage les métis sont rares; la nature, toujours prévoyante , ayant mis une complète indifférence instinctive entre les sexes de la plupart des espèces différentes; et ce n'est guère qu'après avoir réduit les Animaux à l'état de domesticité , qu'on parvient à les croiser. Mais il est faux que les métis* soient toujours stériles, comme beaucoup de personnes le pensent,, quoi* que cela soit vrai pour quelques-uns,, tels que le Mulet.*

Les variétés provenant soit de l'effet du climat, soit de la nourriture, soit celles produites par les maladies, sont au contraire en grand nombre, et se propagent au point d embarrasser beaucoup les zoologistes.

En comparant les Animaux entre eux pour connaître leurs caractères communs, d après lesquels ils doivent être groupés en divisions subordonnées les unes aux autres, on aperçoit bientôt que dans chaque groupe ils sont formés sur un même plan et d après un même type , ne différant que par un développement plus ou moins grand des parties accessoires à celles qui constituent les caractères communs. On conçoit de là que l'analogie des espèces doit nécessairement être d'autant plus faibles que les divisions que Ion considère sont d'un ordre plus élevé. C'est ainsi que la ressemblance est bien plus grande entre les diverses espèces d'un même genre qu'entre celles prises simplement dans la même classe; d'où résulte que le type peut d'autant moins être représenté par une espèce eodstante^ que les différences sont plus fortes, et qu'enfin le type devient entièrement fictif pour les divisions supérieures, telles que les classes, et surtout pour les embranchements, ou le règne, vu qu'aucune espèce ne saurait réunir en elle tous les caractères des autres pour ressembler en tous points à chacune ; et cela est d'autant moins possible qu'à travers la chaîne entière des êtres organisés, les divers systèmes d'organes, et surtout leurs parties suivent des échelles de gradations différentes, et disparaissent enfin pour être souvent remplacés par d'autres avec lesquels ils n« peuvent que difficilement coexister.

Le mot type que je viens d'employer n'est d'ailleurs pas toujours pris dans la même acception , d'oii peuvent résulter des erreurs , et les dictionnaires même ne s'accordent pas ensemble ; il est synonyme de wo- <5fe/e, mais en diffère en ce que le type renferme le principe d'après lequel la chose est faite , d'où résulte que chaque partie doit s'y trouver dans un état de perfection suffisant pour faire reconnaître ce principe, et en donner l'idée la plus générale, tandis que le modèle indique plus particulièrement une forme ou une disposition à imiter.

En histoire naturelle , on donne aussi généralement le nom de types aux espèces les mieux organisées d'un même groupe , comme renfer*-

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mant plus complètement le principe d'après lequel toutes ont été créées; et on la en conséquence appliqué à THomme, qu'on considère comme le type de tous les Animaux, le regardant à tort comme étant, sous tous les rapports , le plus parfait ; tandis que le type réel de tout le règne animal n'est qu un être fictif. L'Homme est bien l'espèce la plus parfaite relativement à l'intelligence et à l'adresse de ses mains, qui lui donnent la suprématie sur tous les autres êtres; mais dans beaucoup de ses parties , son organisation est moins développée que celle d'un grand nombre d'animaux , et il manque même de facultés éminentes qu'on rencontre chez ces derniers. Sa colonne vertébrale est moins développée que chez les Carnivores et autres animaux ; il manque en outre complètement des os inter-épineux et inter-upsiloïdiens qui caractérisent la plupart des Poissons : ses pieds sont mieux appropriés à la marche bipède que ceux des Quadrumanes, mais aussi la disposition des orteils chez ceux-ci les rendent bien plus propres à grimper. Les muscles de plusieurs parties du corps sont moins nombreux et moins distincts que chez certains animaux , et surtout ceux de la colonne vertébrale. Enfin , sa queue n'étant que rudimen taire , n'indique surtout pas le principe sur lequel celle des Animaux est fondée , ou Tusage auquel la nature l'a destiné.

Mais l'Homme manque surtout de plusieurs facultés propres à certains Animaux, telles que le vol, et d'autres sont bien moins éminentes chez lui que chez ces derniers. Ainsi , certains Singes ont une queue prenante qui leur sert comme une cinquième main ; d'autres espèces ont la course plus rapide. 11 est moins habile à la nage que les Poissons. Ses sens de l'odorat et de l'ouïe sont loin d'être aussi fins que chez beaucoup de Carnassiers , et il manque complètement d'un sixième sens, qu'on soupçonne avec beaucoup de vraisemblance chez plusieurs Animaux > et d'après lequel ils peuvent reconnaître , à de très-grandes distances , la direction de certains lieux, ainsi que le prouvent les Pigeons messagers.

D'ailleurs, si l'amour-propre a eu quelque influence sur l'opinion que l'Homme est le type de tous les Animaux , il l'est devenu de fait , par cela même que son organisation ayant été étudiée avec beaucoup plus

de détails et de soins que celle d'aucun être vivant , on est en quelque sorte forcé de le prendre pour terme de comparaison dans les recherches anatomiques relatives aux autres Animaux , quoique , sur un grand nombre de points, son organisation ait au contraire besoin d'être éclairée parcelle de ces derniers; ce qui constitue même un des principaux buts de laoatomie comparative.

Sans examiner ici quelles sont les conditions dans lesquelles devrait se trouver le type général de tout le règne animal, et cherchant simplement à le déterminer pour celui de lembranchement des vertébrés, il est évident que pour faire connaître le principe d'après lequel tous ces animaux sont formés , ce type devrait renfermer non - seulement tous les caractères qui les distinguent de ceux des autres embranchements, et offrir dans chaque organe pris en particulier, également le type de ses analogues dans toutes les espèces, mais il devrait présenter en outre les analogues de toutes les parties qu'on trouve comme dispersées chez les autres vertébrés ; enfin , chaque organe devrait remplir chez le type sa véritable fonction, et par conséquent ne pas être rudimentaire , à moins que ce ne soit dans quelques parties d'une série , telles que la colonne vertébrale, oii le véritable type se trouve sur un autre point; et ici il faudrait, toutefois, que la gradation fût plus réguhère qu'elle ne Test d'ordinaire, pour qu'on pût y suivre les transformations, sans risquer de tomber dans l'erreur. Mais ce type n'existe pas, et tout ce que nous pouvons faire pour nous guider d'après lui , c'est de l'établir d'une manière purement fictive, en réunissant par la pensée tous les éléments qui devraient le composer, et que nous trouvons épars dans tous les Vertébrés,

Si l'Homme ne représente pas réellement le type de tout l'embranchement, il peut du moins déjà être considéré comme étant celui de la classe des Mammifères, et d'autant mieux qu'il se trouve placé à l'extrémité de leur série, oii l'organisation des espèces est plus parfaite, et par lui aussi la mieux connue. Cependant, comme l'homme se trouve, par sa marche bipède, dans une condition tout à fait exceptionnelle à l'égard des autres Mammifères, qui sont tous quadrupèdes; ce qui établit

une différence notable dans la disposition des organes , et surtout dans ceux de la locomotion ; il ne peut réellement être considéré que comme le type des Mammifères formant Tordre des Bimanes quil constitue exclusivement; cependant sa ressemblance avec tous les autres Mammifères est déjà telle qu'on reconnaîtra facilement les parties de ceux-ci qu'on comparera aux siennes, mais le genre Felis représente bien mieux toute la classe.

Quant au reste des Mammifères, on peut facilement le ramener à quatre autres types relativement aux organes de la locomotion qui constitue chez eux le principal et le plus volumineux des appareils du corps : i" celui des quadrupèdes digitigrades^ dont le type se trouve plus particulièrement dans le genre Felis ; 2"" celui des Mammifères volants , chez lesquels l'uniformité d'organisation permet de prendre indistinctement une espèce quelconque pour type, à l'exception des Galeopiihecus ; 3* celui des onguligrades , arrivé à son état le plus parfait dans le genre Equus ; enfin 4* 1^ dernier type est celui des Mammifères nageurs , représenté par une espèce de Delphinus. Tous les autres Mammifères intermédiaires entre ces espèces principales forment, en se modifiant graduellement, les passages de l'un de ces types à l'autre, et se rapportent facilement à celui dont ils sont le plus rapprochés , et d'autant mieux que la différence entre les espèces types n'est déjà pas très-grande.

CONSIDfiMTIONS eÉNÉMLES

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