‹ Anatomie descriptive et comparative du chat: type des mammifères en général et des carnivores enChapitre 11 sur 41 · XII. CÉTACÉS. Point de membres postérieurs · texte numérisé non relu

XII. CÉTACÉS. Point de membres postérieurs

Ces douze ordres de Mammifères se divisent ensuite en familles , qui est la division qui leur est immédiatement subordonnée , mais dont l'énumération serait trop longue ici , et je renvoie à leur sujet aux ouvrages de zoologie proprement dits. Les familles se divisent en tribus, et celles-ci en genres, qui se résolvent ensuite en espèces. Toutes ces divisions et subdivisions sont cependant la plupart purement artificielles , et simplement établies pour faciliter l'étude et les recherches dans les ouvrages méthodiques. Quelques-unes seulement, dites^/7u72e5, ordres ou classes naturelles ^ sont bien distinctes, ne se fondant pas dans les autres par des nuances insensibles. Telle est la classe des Oiseaux, l'ordre des Chéiroptères, etc. Mais la seule définition rigoureuse que nous puissions donner de tous ces groupes est celle de ï espèce, seule naturelle dans son principe, en disant quelle se compose de tous les indis^idus pros^enant dune ou de plusieurs paires originelles ouprimitii^es identiquement semblables ; et tous les individus de la même espèce qui ne présentent que des différences causées par quelques circonstances, quand même ces différences seraient héréditaires , sont nommées s^ariétés.

Quoique la définition que je viens de donner de l'espèce soit logi^

fjuement vraie , il est impossible , cependant , de l'appliquer rigoureusement aux individus qu'on a sous les yeux, et nous sommes obligés de chercher dans ces mêmes individus des signes ou caractères qui puissent indiquer s'ils descendent réellement d'une même souche; mais tous sont insuffisants , et nous ne pouvons nous guider que par de simples probabilités, en réunissant plusieurs de ces caractères: encore ne sont-ils pas tous d'une même valeur. La grandeur et la couleur sont les caractères les plus variables, et ne doivent être employés qu'avec beaucoup de discernement Ceux qui dépendent d'une légère modification des téguments, ou bien d'une simple forme d organes qui n'a pas d'influence sur les facultés des Animaux, n'ont guère plus de valeur. Cependant, lorsque les caractères fournis par ces dernières parties sont bien constants dans un grand nombre dlndividus, on peut les employer avec quelque assurance comme indiquant une même espèce. Mais ce qui embarrasse le plus, ce sont les espèces voisines, souvent en nombre considérable , dont les nuances sont si légères qu'en les plaçant les unes à côté des autres, on reste souvent dans l'impossibilité de dire où Tune finit et où l'autre commence , toute la série ne paraissant qu'une simple chaîne de variétés, dont les extrêmes sont cependant tellement diflTérentes qu'on ne saurait les considérer comme appartenant à une seule espèce. On conçoit aussi que si deux espèces bien distinctes se croisent et produisent des métis féconds , comme cela arrive , ces mêmes métis doivent former des individus intermédiaires très-embarrassants pour les nomenclateurs ; et c'est probablement ce qui est arrivé pour un grand nombre d'Animaux dans la série des siècles, qui aujourd'hui sont considérés comme espèces distinctes , quoique ce ne soient que des variétés. Cependant l'observation nous montre que dans letat sauvage les métis sont rares; la nature, toujours prévoyante , ayant mis une complète indifférence instinctive entre les sexes de la plupart des espèces différentes; et ce n'est guère qu'après avoir réduit les Animaux à letat de domesticité , qu'on parvient à les croiser. Mais il est faux que les métis soient toujours stériles, comme beaucoup de personnes le pensent, quoique cela soit vrai pour quelques-uns, tels que le Mulet.

mant plus complètement le principe d'après lequel toutes ont été créées; et on Ta en conséquence appliqué à THomme, quon considère comme le type de tous les Animaux^ le regardant à tort comme étant, sous tous les rapports , le plus parfait ; tandis que le type réel de tout le règne animal n'est qu'un être fictif. L'Homme est bien lespèce la plus parfaite relativement à l'intelligence et à l'adresse de ses mains, qui lui donnent la suprématie sur tous les autres êtres; mais dans beaucoup de ses parties , son organisation est moins développée que celle d'un grand nombre d'animaux , et il manque même de facultés éminentes qu'on rencontre chez ces derniers. Sa colonne vertébrale est moins développée que chez les Garni vorks et autres animaux ; il manque en outre complètement des os inter-épineux et inter-upsiloïdiens qui caractérisent la plupart des Poissons : ses pieds sont mieux appropriés à la marche bipède que ceux des Quadrumanes , mais aussi la disposition des orteils chez ceux-ci les rendent bien plus propres à grimper. Les muscles de plusieurs parties du corps sont moins nombreux et moins distincts que chez certains animaux , et surtout ceux de la colonne vertébrale. Enfin , sa queue n'étant que rudimentaire, n'indique surtout pas le principe sur lequel celle des Animaux est fondée , ou l'usage auquel la nature Ta destiné.

Mais l'Homme manque surtout de plusieurs facultés propres à certains Animaux, telles que le vol, et d'autres sont bien moins éminentes chez lui que chez ces derniers. Ainsi , certains Singes ont une queue prenante qui leur sert comme une cinquième main ; d'autres espèces ont la course plus rapide, il est moins habile à la nage que les Poissons. Ses sens de l'odorat et de l'ouïe sont loin d'être aussi fins que chez beaucoup de Carnassiers , et il manque complètement d'un sixième sens, qu'on soup^ çonne avec beaucoup de vraisemblance chez plusieurs Animaux^ et d'après lequel ils peuvent reconnaître , à de très-grandes distances, la direction de certains lieux , ainsi que le prouvent les Pigeons messagers.

D'ailleurs, si l'amour-propre a eu quelque influence sur l'opinion que l'Homme est le type de tous les Animaux , il l'est devenu de fait, par cela même que son organisation ayant été étudiée avec beaucoup plus

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une différence notable dans la disposition des organes, et surtout dai^ ceux de la locomotion ; il ne peut réellement être considéré que comnne le type des Mammifères formant l'ordre des Bimanes qu'il constitue exclusivement; cependant sa ressemblance avec tous les autres Mammifères est déjà telle qu'on reconnaîtra facilement les parties de ceux-ci qu'on comparera aux siennes, mais le genre Felis représente bien mieux toute la classe.

Quant au reste des Mammifères, on peut facilement le ramener à quatre autres types relativement aux organes de la locomotion qui constitue chez eux le principal et le plus volumineux des appareils du corps : I* celui des quadrupèdes digitigrades^ dont le type se trouve plus particulièrement dans le genre Felis ; 2° celui des Mammifères isolants , chez lesquels l'uniformité d'organisation permet de prendre indistinctement une espèce quelconque pour type, à l'exception des Galeopithecus ; 3° celui des onguligrades , arrivé à son état le plus parfait dans le genre Equus; enfin 4* 1^ dernier type est celui des Mammifères nageurs ^ représenté par une espèce de Delphinus. Tous les autres Mammifères intermédiaires entre ces espèces principales forment, en se modifiant graduellement, les passages de l'un de ces types à l'autre, et se rapportent facilement à celui dont ils sont le plus rapprochés, et d'autant mieux que la différence enlre les espèces types n'est déjà pas irès-giaiide.

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