‹ Anatomie descriptive et comparative du chat: type des mammifères en général et des carnivores enChapitre 13 sur 41 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR INORGANISATION · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR INORGANISATION

C'est ainsi que le tissu filamenteux paraît servir de base à plusieurs autres plus composés, ou simplement plus condensés. Seul, il forme, dans son état le plus simple, des filaments excessivement fins, disposés plus ou moins irrégulièrement entre plusieurs organes et leurs parties , pour les lier. En se compliquant ensuite un peu plus, ses filaments se rapprochent et forment des lamelles extrêmement minces, molles, transparentes, presque incolores ou légèrement nacrées, se réunissant entre elles de mille manières, en formant une infinité de cellules polyèdres, irrégulières , ressemblant pour la forme à celle d'une liqueur qui mousse, d'oii on la nommé tissu cellulaire^ où les parois des cellules sont composées de fibres très-déliées, entre-croisées dans toutes les directions, ce qui permet à ces lamelles, et par suite aux cellules elles-mêmes, de pouvoir s'allonger en tous sens, sans se déchirer, et permettre ainsi aux organes et à leurs parties, que le tissu cellulaire réunit, de glisser et de se déplacer, sans qu'il y ait solution de continuité entre eux; et pour que cette distension du tissu cellulaire puisse avoir lieu avec plus de facilité, ses mailles sont constamment lubrifiées par un liquide séreux qui en transsude et maintient les parois si minces des cellules , dans un état de mollesse qui leur donne une apparence toute muqueuse; d'où le nom de tissu muqueux qu'on donne aussi quelquefois à ces organes.

C'est dans ces deux états qu'on rencontre d'ordinaire ce tissu chez les Mammifères , où. il est composé, d'après M. John (i), principalement de gélatine^ d'un peu de fibrine^ de phosphate de cluiux et de soude; mais il serait possible qu'en lui-même il ne fût composé que de gélatine pure , et que la présence des autres substances que je viens de nommer ne fût due qu'aux vaisseaux , au sang ainsi qu'à la sérosité qu'il contient, et dont on ne saurait le priver entièrement.

On n'en a encore fait l'analyse que chez les Mammifères , mais il est probable que sa composition chimique varie dans les autres classes , et surtout chez les Animaux inférieurs; cela est du moins indiqué par la composition de divers organes dans lesquels la gélatine est graduellement

(1) Tabl. chitn. du Règ. antm. p. 44. 1816.

58 CONSIDÉRATIONS tSÉNÉRALfiS SUR L*ORG ANISÀTION

On croyait autrefois que les membranes séreuses formaient des sacs sans ouvertures, et Ton indiquait ce fait comme l'un de leurs caractères essentiels. Mais Ion remarqua plus tard qu'il existait une de ces ouvertures au bord du pavillon des trompes de l'utérus , où cesse le péritoine , membrane séreuse qui tapisse la cavité viscérale , et où commence la muqueuse de cet organe. Ce fait et beaucoup d'autres du même genre contrariaient beaucoup ceux qui ne crurent pas devoir admettre que ces membranes cessaient tout à coup par un bord libre : ce qui , en effet , ne paraît exister nulle part; mais le moyen de faire disparaître cette double objection consistait à reconnaître que les deux espèces de membranes ne sont au fond que des modifications l'une de l'autre , et peuvent de là fort bien se faire suite.

Les membranes séreuses prenant déjà des formes et des dispositions déterminées j suivant les lieux qu'elles occupent , elles reçoivent de là différents noms, soit dans leur ensemble , soit dans leurs parties , mais qui ne sauraient tous être indiqués ici. Je ferai simplement remarquer que ces membranes, tapissant toutes les cavités intérieures qui ne communiquent pas directement à l'extérieur, y forment d'ordinaire des sacs sans ouverture : caractère qui présente toutefois quelques exceptions.

On distingue ainsi dans l'Homme et les autres Mammifères trois grandes cavités, plusieurs petites et autant de membranes séreuses distinctes , savoir : pour les grandes , la crânienne , revêtue par Xarachnoïde; les deux cavités thoraciques revêtues par \di ptèK^re^ et la cavité abdominale doublée par le péritoine ; pour les petites cavités , la péricarde^ cavité formée par la membrane séreuse du même nom; la cavité des testicules doublée par la tunique i^aginale ; la cavité des chambres antérieure et postérieure de l'œil, revêtue de la membrane deDemours ou de t humeur aqueuse ; les bourses synoi>iales , et enfin les cavités du cœur et de tous les s^aisseaux circulatoires , dont les membranes intérieures n'ont pas reçu de noms spéciaux.

Dans certains endroits du corps des Mammifères , et surtout chez les très-jeunes sujets , on voit les aponévroses se résoudre graduellement en tissu cellulaire, c'est-à-dire que les cellules de ce dernier s'allongent de

Page 1