DES ANIMAUX VERTÉBRÉS
les a employées pour en faire leur vêtement , et non-seulement la substance cornée est très-mauvais conducteur du calorique , mais il paraît qu'à leur surface les poils ont la propriété de le retenir par une espèce de capillarité , d'où résulte que les intervalles de ces derniers et des plumes forment sur le corps des Animaux, comme un réseau rempli d'air chaud qui ne s'en échappe que difficilement , et prévient ainsi la trop prompte déperdition de la chaleur intérieure du corps ; et cette capillarité paraît être d'autant plus forte que les intervalles sont plus petits ; d'où résulte que les poils lins et plus touffus sont plus chauds que les gros et plus espacés.
Pour ce qui concerne le tissu de Malpighi^ nommé aussi tissu muqueux y il paraît que ce n'est point un véritable organe membraniforme , comme il en a l'apparence , mais que ce n'est qu'une simple matière muqueuse diversement colorée , sécrétée par des cryptes placés dans le derme , ainsi que l'ont fait voir MM. Roussel et Breschet, d'où j'ai cru devoir le nommer plutôt matière colorante. En effet, ce n'est point un corps solide, mais simplement une substance glaireuse, dans laquelle rampent une foule de petits vaisseaux sanguins superficiels qui y forment un réseau fort compliqué et très-fin , ce qui l'a encore fait appeler tissu réticulaire. Cette matière forme si peu un organe, que dans un grand nombre de cas, elle est superficielle, comme un vernis sec chez les Insectes, ou contenue soit dans leurépiderme, soit dans le derme quelle colore, ou bien entre ces deux couches, et d'autres fois à la face intérieure du derme , et dans ce cas , elle est muqueuse , sans offrir aucune organisation.
Le tissu fibreux contractile ou musculaire ^ diffère de tous par la propriété qu'il a de se contracter et de se relâcher par l'effet de la volonté ou d'un stimulus. J'en parlerai également plus loin au sujet de la myologie.
\je parenchyme des glandes n'est pas partout le même , et diffère nécessairement dans chaque espèce de ces organes ; mais nous ne possédons pas encore d'ouvrage spécial où Ton ait traité ce sujet à fond. Tout ce qu'on a pu faire est d'avoir reconnu la forme et la disposition des glandes
66 considiSrations giêniSrales sur l'organisation
simples ou cryptes élémentaires qui entrent dans la composition de» glandes composées ou conglomérées. On n y aperçoit qu'un parenchyme en apparence spongieux , quelquefois granuleux ou tubuleux , donnant par l'analyse chimique des produits fort différents , dont la nature n'est pas encore déterminée.
Plusieurs espèces de glandes ont été analysées par les chimistes , et entre autres le foie de ï Homme par Frommhertz et Gubert ( i ) ^ et celui du BœufTpSLV Braconnot; mais lexamen qu'ils ont pu en faire est loin d'être satisfaisant, yu qu'il est impossible d'avoir le parenchyme de ces organes entièrement purgé de la matière sécrétée.
Qaant au tissu nen^eux , il constitue le système d'organes du même nom, et se trouve ainsi répandu avec ce dernier dans toutes les parties du corps. Il compose d'une part l'encéphale et la moelle épinière , prolongement de ce dernier, ainsi que leurs nombreuses ramifications ou nerfs, et d'autre part, les nerfs S3rmpathiques , répandus principalement dans les cavités viscérales. Ce tissu présente deux substances bien distinctes , surtout dans Tencéphale , oii l'une , nommée la matière médullaire, occupe spécialement la partie centrale du cerveau , mais quelquefois aussi la surface des masses nerveuses , telles que le cervelet; c'est une substance légèrement molle et d'un blanc de lait, élastique, dans laquelle on reconnaît manifestement des fibres qui se portent dans certaines directions déterminées soit parallèlement entre elles, soit en divergeant , et qui se laissent souvent séparer avec assez de facilité, mais présentent, dans le sens de leur longueur, une ténacité quelquefois assez grande. Ces fibres , qu'on peut souvent diviser presque à l'infini , paraissent prendre partout leur origine dans la matière grise , seconde substance du système nerveux. Celle-ci , d'ordinaire d'un gris brunâtre , quelquefois jaunâtre ou noirâtre dans quelques-uns des amas qu elle forme , est aussi nommée substance corticale , comme occupant d'ordinaire la surface des renflements formés par la matière médullaire, qu'elle enveloppe alors comme une espèce d ecorce , en tranchant assez
(1) Berzëlius. Traiié de chimie f 1839, t. III , p. ô9S.