XIV PRÉFACE
considérable d organes que je décris et que j avais tous à découvrir pour la première fois, sans posséder aucun ouvrage qui pût me servir de guide ; les traités sur i anatomie de \ Homme n'indiquant pas assez exactement l'analogie qui existe entre les organes de ce dernier, et ceux des animaux, et d'autant moins qu'un nombre considérable de ligaments et de muscles de l'animal, dont je décris ici l'organisation, ne trouvent pas leurs représentants dans l'espèce humaine. Encore si tous les organes que j'y fais connaître étaient bien apparents , et assez grands pour pouvoir être facilement aperçus, mais une foule sont même presque microscopiques et souvent tellement confondus avec les circon voisins , qu'on a une peine extrême à les apercevoir et à les reconnaître ; ei cependant ils ne devaient pas être omis, leur fonction étant relativement aussi importante que celles des plus grands, dans l'effet qu'ils sont destinés à produire. Je ne devais surtout pas négliger les plus • simples rudiments, leurs analogues pouvant être plus développés sur d'autres animaux; et ces restes prêts à disparaître dans l'échelle de gradation qu'ils suivent à travers la série animale occupant leurs places respectives dans la chaîne, sont par là de la plus grande importance pour l'anatomiste comparateur , indiquant encore la trace des séries qu'il doit suivre dans leurs diverses ramifications, pour reconnaître les véritables analogues; et sans toutefois entrer, dans d'inutiles explications, je traite cependant de chaque organe avec assez de détails pour faire connaître sa disposition, sa structure et sa fonction.
Quoique 1 organisation des Mammifères > et surtout des Carnivores , approche beaucoup de celle de l'espèce humaine qu'on prend généralement pour type de la classe, elle s'en éloigne cependant assez , par cela même que \ Homme seul est bipède, pour que, d'une part, les parties analogues présentent des formes et des dispositions souvent fort différentes, et que, d'autre part, il s'en trouve de retranchés ou d'ajoutés. Pour mieux faire ressortir ces différences, je compare partout les organes du Chat à leurs analogues chez \ Homme ^ dont je suppose l'organisation connue, ce qui mettra à même de mieux juger la différence des fonctions, d'après celle des formes, et réciproquement,
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de manière que cet ouvrage sera par là uu véritable traité d anatomie comparative entre ces deux types.
Par cela même que j admets qu on connaît déjà Torganisation de X Homme, je n entre dans des détails sur la structure des tissus, ainsi que sur la définition des parties et des termes techniques , qu'autant que cela est nécessaire, me bornant, pour ce qui est généralement connu, à renvoyer aux ouvrages d anthropotomie.
Une des principales difficultés que présente letude de lanatomie comparative vient de la nomenclature quon peut employer; dans lanatomie spéciale d'une espèce particulière quelconque, de Y Homme ^ du C/ieval^ ou de toute autre, les noms qu'on donne aux parties peuvent être très- bons, quelle que soit la théorie qu'on adopte pour leur composition; quelle soit fondée, comme pour les os et les muscles de Y Homme , sur la forme , la disposition ou la fonction ; ainsi qu on l'avait fait autrefois; ou bien sur leurs rapports de rang, pour certains os, ou • d'attache pour les ligaments et les muscles , ainsi qu'il en est l'usage pour beaucoup de ces organes, ces noms sont toujours vrais et faciles à retenir, et par là favorables à l'étude, ces organes ne variant sous aucun de ces rapports dans la même espèce ; mais ces nomenclatures ne peuvent plus être employées chez tous les animaux , et souvent pas même chez ceux appartenant au même type d'organisation , si l'on veut avoir égard à l'étymologie ainsi que cela est inévitable , les formes , les fonctions aussi bien que les points d'attache des muscles variant d'une famille à l'antre , et quelquefois de genre à genre ; et il en est de même pour les antres organes.
J'ai déjà fait remarquer dans mes ouvrages précédents les inconvénients attachés à tous les systèmes de nomenclature pour l'anatomie comparative; et j'ai adopté alors, faute de mieux, pour les muscles, dans mes Considérations générales sur tanatomie comparatii^e des Anmaux articulés^ les noms fondés sur les fonctions, comme étant les plus naturels parmi ceux déjà usités, quoiqu'ils entraînent également à des erreurs, et même à de véritables absurdités, et j'ai alors fait remarquer aussi , ainsi que dans mon Traité d anatomie comparatisme pratique