‹ Anatomie du cerveau de l'hommeChapitre 1 sur 84 · PARIS G. MASSON. ÉDITEUR · texte numérisé non relu

PARIS G. MASSON. ÉDITEUR

LIBKAIRE OE l'aCADÉMIE DE HÉDECINB ilO, BOCLEYARO SAI.IT-GERHAM, 120

Tous droits réscnés.

INTRODUCTION

Conformation générale du oenreau.

Face supérieure ou convexilé.

Lorsqu'on a, par la scie ou le marteau, fait tomber la calotte crânienne, on voit la m<u»e encéphalique^ enveloppée encore par la duremère, se présenter sous la forme d*un ovoïde régulier, dont la grosse extrémité répond à l'occiput et la petite extrémité au front. Cette masse encéphalique, solidement maintenue dans sa forme et ses dimensions par les méninges, se compose de deux moitiés symétriques, qu'on isole aisément par leur face supérieure, en disséquant la dure-mère à son pourtour et en arrachant d'avant en arrière la faux du cerveau.

Les deux moitiés cérébrales^ ou hémisphères, sont séparées l'une de l'autre par une fente médiane {la fente interhémisphériqué), sensiblement plus large en arrière qu'en avant, et au fond de laquelle apparaît une grande commissure transversale, le corps calleux. Tous les anatomistes depuis Vésale ont représenté la convexité du cerveau dépouillé de ses membranes et encore contenu dans la concavité inférieure de la boite crânienne. Mais en réalité les hémisphères ne conservent leur forme qu'à la condition d'être enserrés par la pie-mère. Lorsque cette dernière méninge a été enlevée, la substance cérébrale s'affaisse ou môme se déchire du seul fait de son propre poids.

Les hémisphères semblent exclusivement constitués, à leur surface convexe ou supérieure, par une masse de tissu nerveux dont l'écorcc uniformément grise est parcourue par des anfractuosités linéaires, la plupart sinueuses, auxquelles on a donné, suivant leur importance, des noms de convention : scissures, sillons, incisures.

Les scissures, sillons et incisures servent ainsi de limite à des replis plus ou moins fréquemment anastomosés : les circonvolutions. BRissAUD. a

INTRODUCTION

Les circonvolutions de la convexité du cerveau sont dirigées, dans leur ensemble, d'avant en arrière : les antérieures sont les circonvolutions frontales; les postérieures sont les ctrconvo/ufkon^ occiptfa^s ; les moyennes sont les circonvolutions pariétales.

Toutes ces circonvolutions seront étudiées ultérieurement dans leurs détails. Nous dirons seulement qu'elles ne sont pas symétriques, du moins

. Schéma 1. — Les ht'misphères cérébraux vus {lai leur convexité.

F,F, circonvolulions fronUilcs; P,P, circonvolutions iwriétales; 0,0, circonvolutions occipitales ; ce, corps calleux ; NL, nerfs de Lancisi.

chez rhomrae, tant s'en faut. Mais leur disposition générale est à peu près la même sur la convexité des deux hémisphères.

Le corps calleux (ce) qui, dans la profondeur de la fente interhémisphérique, réunit l'hémisphère gauche à l'hémisphère droit, s'étend depuis le cinquième antérieur de la longueur du cerveau, en avant, jusqu'au quart postérieur en arrière. Il est composé en majeure partie de fibres transversales. Sur ses côtés, on voit deux tractus blancs longitudinaux, tout voisins de l'écorce; ces deux tractus sont les nerfs de Lancisi (NL, Schéma 1).

INTRODUCTION. m

Face inférieure du cerveau.

Le cerveau reposant encore sur la base du crâne, si Ton veut Ten détacher, on rabat les circonvolutions frontales d*avant en arrière et de bas en haut, en sectionnant successivement tout ce qui le retient à la boite osseuse : nerfs, vaisseaux, membranes; la section doit être faite au plus près de la face inférieure des hémisphères, qui s*appuie sur la tente du cervelet. Le couteau divise ainsi, à peu près par le milieu, un pont de substance blanche à fibres transversales : le pont de Varole, lequel réunit les hémisphères, d'une part, au bulbe de la moelle allongée, d'autre part, au cervelet. Le cervelet, de cette façon, reste donc dans la cavité crânienne et Ton n'extrait que les deux moitiés du cerveau proprement dit, en d'autres termes les deux hémisphères.

Le cerveau est alors posé sur sa face supérieure ou convexe et l'on a sous les yeux sa face inférieure.

La face inférieure du cerveau est, dans son ensemble, légèrement concave. Hais elle comprend deux parties bien distinctes : une antérieure, plane (celle qui répond à la voûte orbitaire), une postérieure, franchement concave (celle qui répond à la fosse temporale et à la tente du cervelet). La partie antérieure ne représente que le tiers de la partie postérieure dans le sens antéro-postériSur.

Ici la scissure interhémisphérique n'existe que dans la partie antérieure ou orbitaire et dans la partie postérieure ou occipitale. Le corps calleux (ce) y est entrevu, dans la profondeur, en avant et en arrière (schétna 2).

Les circonvolutions orbitaires (FC) sont séparées des circonvolutions temporales (T') par une anfractuosité profonde (S) à convexité antérieure et dans laquelle s'enfonce la branche artérielle principale de l'écorce du cerveau ; cette anfractuosité est la vallée de Sylviut (S, ; elle se prolonge en dehors, vers la convexité, sous le nom de scinure de Sylvius. Les circonvolutions orbitaires (FO*) font suite, sur la face inférieure du cerveau, aux circonvolutions frontales antérieures de la convexité. Au voisinage de la fente interhémisphérique on voit s'avancer d'arrière en avant sur les circonvolutions orbitaires le nerf olfactif (OL)t terminé par un ganglion en massue» le bulbe olfactif (OIS).

Les circonvolutions moyennes ou temporales (T^) sont dirigées dans le sens antéro-postérieur; elles se rejoignent en convergeant, en avant, derrière la vallée de Sylvius (S), où elles forment le pôle sphénoîdal; en arrière elles convergent également pour former le pôle occipital (PO), où elles font suite aux circonvolutions occipitales de la convexité.

La portion antérieure de la fente interhémisphérique s'arrête, en arrière, à l'entre-croisemént en X des nerfs optiques. Cet entre- croisement ou

INTRODUCTION

chiasma (CH) est constitué par les fibres des deux bandelettes optiques (BO) venues de ganglions profondément situés. A partir du chiasma optique, les circonvolutions de Thémisphére droit et celles de l'hémisphère gauche s'écartent davantage les unes des autres; Tintervalle qui les sépare est limité en dehors, de chaque côté» par une ligne courbe, concave en

OLB ^^ OLB

Schéma 2. — Face inférieure du cerveau.

PV, |)ont de Varolc; cc^ corps calleux; FO*, circonvolutions antérieures ou oiiiitaires; PO, circonvolutions postérieures ou occipitales; Bf, fente deBichat; T', circonvolutions temporales; 5, vallée de Sylvius séparant la région orbitaire de la région temporale; PP, pédoncules cérébraux; OLB, bulbe olfactif; OL, nerf olfactif; CH, chiasma optique; AQ, aqueduc de Sylvius.

dedans, et qui répond à une fente profonde (fi/*), la fente de Bichat^ laquelle se prolonge virtuellement dans Tintérieur des hémisphères. Dans cet intervalle des deux hémisphères, en arrière du chiasma, on reconnaît la section du pont de Varoleoù protubérance annulaire (PV), avec les pédoncules cérébraux (PP) qui se portent du pont de Varole dans Thémisphère en passant au-dessus et en avant de la fente de Bichat (6/). Enfin, entre le chiasma (GH) et le pont de Varole (PV), la face inférieure du

INTRODUCTION

cerveau est fixée à la base du crâne par un prolongement de la substance grise centrale du névraxe, le tuber cinereum, dont la tige (sectionnée sur le schéma 2) s*incruste dans la selle turcique du sphénoïde. Deux éminences blanches, sphériques, remarquablement régulières, paires et symétriques, les tubercules mamillaireSf émergent de la partie postérieure du tuber cinereum, au devant de lespace angulaire qui sépare les pédoncules (PP) et qu'on appelle Tespace perforé postérieur.

En dehors et de chaque côté du chiasma optique (CH), en arrière du nerf olfactif (CL), la face inférieure du cerveau présente une dépression quadrangulaire profonde, Tespacc perforé antérieur où pénètrent les artères lenticulo-striées. La vallée de Sylvius (S) aboutit en dedans à cet espace.

Tout rintervalle ^ui s*étend enire les circonvolutions de Thémisphère gauche et les circonvolutions de l'hémisphère droit depuis l'espace perforé antérieur, en avant, jusqu'à la protubérance annulaire (PV), en arrière, est ce qu'on peut appeler la base du cerveau.

§11 Base du cerveau.

La base du cerveau comprend toutes les parties de la face inférieure qui n'appartiennent pas aux circonvolutions. A l'exception du tuber cinereum (TC), elles sont paires et symétriques, mais reliées entre elles sur la ligne médiane par des fibres commissurales qui constituent le raphé.

Le schéma 3 représente la base du cerveau, limitée en avant par le bord antérieur du chiasma optique (CH) et l'espace perforé antérieur (EPA), limitée en dehors par le bord interne des circonvolutions et la fente de Bichat (0/*).

Tout à fait en avant, on reconnaît la face inférieure du corps calleux (ce) ; la portion de cette grande commissure qui avoisine le chiasma est appelée rostrum (ROS). De chaque côté du rostrum, la surface des circonvolutions orbitaires est recouverte par une bandelette blanche gaufrée (LMV), la substance réticulaire (TArnoldy mal arrêtée sur son bord externe, et qui se continue avec un prolongement interne du nerf olfactif (OLI). Le nerf olfactif en effet, à sa partie postérieure, se divise en deux branches, une interne (OLI) et une externe (OLE). La branche interne ou racine olfactive interne se perd insensiblement sur Técorce, où elle se confond avec la substance réticulaire. La branche externe ou racine olfactive externe se porte en dehors, où elle se termine à la partie antérieure des circonvolutions sphénoïdales. Ces deux racines forment un angle ouvert

IMROIILCTIOS.

en arrière, qui ferme l'espace perforé antérieur (ËPA) et dans lequel s'étale une couche de substance grise (GS) désignée sous le nom de pyramide

AQ

Schéma 3. — Base du c«rveiu.

CH. cbiasma optique ; EPA, espace perfora inlérieur; ce, earps cbIIcui ; DOS, rastrum ; OL,nerrti1)ïclir;0LI, racine albcliie inleme; OLE, racine olbcUte eilerne; LMV, subsu nceiëticuliire d'Arnold ;GS, pyramide grise de Sceiumering;p6p, bandelette diagonale; LAT, lame terminale ; BO, bandelette optique i NO, nerf optique; TC, l»b*r cinereum; HL, lobule de l'hippocampe ; Bip, cireonvolulion de l'Iiippocampe; Bf, fcnlede Bichat: TH. tubercules mamillaires; GIP, ganglions ialerpMonculaires; PP, pédoncules c^rjbraux; HOC, nerT moteur oculaire commua, ou troisième paire cilnienne; EP, e^iaeo perfora postérieur; TEC, Uçwutntum, calotte ou étage supérieur dcj pédoncules; LN, tocHi Biner: AQ, aqueduc de Sylvius; QA, tubercule quadrijumeau antérieur; GB, corps .genouilM eileme; Cl, corps genouill* interne; SPL, ipltHiam '.

grise de Sœmmering. Le nerf olfactif envoie dans la pyramide de Sœmmering des fibres qui représentent sa racine moyenne.

1. Sur l'Iicmisphèt^ droit (cAté gatjdic de la figure) la circoDTDlutinii de l'hippo-

INTRODUCTION. vti

En arrière du rostrum (ROS), deux lames blanches, venues de la partie latérale du corps calleux (ce) et dirigées d^avant en arrière, se bifurquent au devant du chiasma (CH) ; la branche de bifurcation externe s'incline vers Tespace perforé antérieur qu'elle traverse obliquement en arrière et en dehors (psp) : c'est le pied du teptuni lucidum ou bandelette diagonale. La branche de bifurcation interne, adjacente à sa congénère sur la ligne médiane, se perd, au*dessus et en avant du chiasma (CH), dans une mince couche verticale de substance grise : la lame terminale (LAT). La bandelette diagonale (psp) divise donc l'espace perforé antérieur en deux parties distinctes : une antérieure, occupée par la pyramide de Sœmmering (6S), une postérieure innominée, où pénètrent les artères lenticulo-striées.

L'espace perforé antérieur a la forme d'un quadrilatère dont les deux côtés antérieurs sont représentés par les racines olfactives interne et externe (OLI, OLE). Les deux côtés postérieurs sont représentés, l'interne par la bandelette optique (BO), l'externe par le bord des circonvolutions temporales.

Les bandelettes optiques (BO) décrivent en arrière du chiasma (CH) une courbe en fer à cheval, ouverte en arrière et dans la concavité de laquelle proémine le tuber cinereum (TC). Ces bandelettes sont aplaties de haut en bas jusqu'à leur pénétration dans le chiasma, tandis que les nerfs optiques (NO) qui émergent du chiasma et qui sont (schéma .^] sectionnés dès leur origine, ont une forme régulièrement cylindrique. Le tuber cinereum (TC), bridé en quelque sorte par les deux bandelettes optiques, est une masse de substance grise, bombée, terminée par une tige dont on ne voit que le tronçon conique derrière le chiasma. Cette tige porte V hypophyse, ou corps pituitaire; elle se loge dans la selle turcique et elle fixe le cerveau à la base du crâne. A la partie postérieure du tuber cinereum proéminent les deux saillies sphériques des tubercules mamillaires (TH).

Bien limité en avant par les bandelettes optiques (BO) et le chiasma (CH), le tuber cinereum est limité en dehors par le bord des circonvolutions. Nous avons dit que ce bord est concave en dedans; mais au niveau du tuber cinereum il présente une petite convexité qui répond à une région de Técorce appelée lobule de l'hippocampe (HL). Le lobule de l'hippocampe a une forme très caractéristique : c'est un fuseau légèrement contourné sur lui-même en spirale, et dont la surface est souvent sillonnée de rides également spiroïdes. Le lobule de l'hippocampe (HL), terminé en arrière par une sorte de crochet difficile à voir sur la face inférieuire du cerveau, recouvre en grande partie la bandelette optique (BO) ; il fait corps avec les circonvolutions, dont il n'est qu'imparfaitement séparé par un sillon (Pfil/), le sillon pi^œ-uncique, dirigé d'avant en arrière, et qui

campe et le lobule de l'hippocampe ont été écartés pour laisser voir dans toute son étendue la bandelette optique.

viu roiRODUCTION.

se perd à la surface de la circonvolution de l'hippocampe (Hip). La circonvolution de Thippocampe est la plus interne des circonvolutions temporales; c'est elle qui forme la limite externe de la base du cerveau; c'est elle dont le bord décrit la concavité dont nous avons parlé et qui se continue avec la fente de Bichat {Bf) .

En arriére du tuber cinereum, derrière les tubercules mamillaires, on reconnaît parfois deux petites éminences (GIP), les ganglion» interpédon" culaires; et derrière ceux-ci, au fond de Tinterstice des pédoncules cérébraux (PP), on aperçoit un petit espace perforé (EP) : Y espace perforé postérieur.

Les pédoncules cérébraux (PP) sont deux grosses masses de faisceaux nerveux dirigés de dedans en dehors, d'arrière en avant et de bas en haut : ils émergent de la protubérance au niveau où celle-ci a été sectionnée dans la cavité crânienne. Ils se portent en divergeant, vers les hémisphères dans lesquels ils pénètrent, en passant au-dessus de la bandelette optique (BO), au-dessus et en avant de la fente de Bichat (Bf). L'angle qu'ils forment entre eux correspond en arrière à l'espace perforé postérieur (EP), et en avant au tuber cinereum (TC). Au voisinage de leur bord interne, en dehors de l'espace perforé postérieur, on voit sortir des interstices de leurs fibres les deux tronçons symétriques du nerf moteur oculaire commun (HOC) ou nerf de la troisième paire. Ce bord postérieur des pédoncules cérébraux, mal limité, se confond insensiblement avec une tubérosité uniforme, transversale, le corps genouillé interne (GI), qui fait corps, d une part, avec le pédoncule et, d'autre part, avec la protubérance.

La protubérance annulaire ou pont de Yarole présente à sa partie antérieure une disposition bilobée qui correspond à l'émergence des pédoncules cérébraux. Sur la surface de section, on distingue» en avant, deux croissants foncés, pigmentés (LN), et dont la courbure est parallèle à celle des deux convexités pédonculaires du pont : ces deux croissants de substance noire sont désignés, dans leur ensemble, sous le nom de loais niger^ ou substance noire de Sœmmering.

Le locus niger (LN) divise ainsi la protubérance annulaire en deux étages : l'étage inférieur, situé en avant et en bas, est le pont de Varole proprement dit; l'étage supérieur, situé en arrière et en haut, est le tegmentum (TEC) ou calotte. Ce dernier étage est sous-jacent et antérieur à deux amas symétriques de substance grise, convexes en arrière, les tubercules quadrijumeaux antérieurs ou supérieurs (QA). Sur la ligne médiane, entre les tubercules quadrijumeaux antérieurs, on reconnaît la lumière de l'aqueduc de Sylvius (AQ). Sui* les côtés, les tubercules quadrijumeaux se confondent en partie avec les corps genouillés internes (Gi). D'autre part, les corps genouillés internes, à leur extrémité externe, se

mTRODlCnOK. K

continuent avec les extrémités renllées des bandelettes optiques (BO) qui portent le nom de corpt genouilUt exUitte» (CE). Le corps genouiUé externe est toujours situé en avant, en dehon et au-deuout du corp» genouille' interne; c'est là un point sur lequel nous reviendrons fréquemment, et qu'il faut avoir toujours présent à la mémoire, si l'on veut s'orienter facilement sur les coupes verticales ou horizontales des hémisphères.

Ed6d, tout k fait en arrière, au-dessus des tubercules quadrijumeaui

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