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TRENTE-CINQUIÈME LEÇON

La structure interne du diencépliale.

Division du diencéphale en thalamencèphale et en hypothalamus. Le thalamencèphale comprenant le thalamus, le méthathalamus et l'épithalamus.

L'hypothalamus :

Corps mamillaires^ substance int 'rpédonculaire, infundibulum avec hypophyse

et région sous-optique.

La circulation du diencéphale. — Le nerf optique.

La structure interne du diencéphale.

Le cerveau intermédiaire ou diencéphale est la partie de l'axe cérébro-spinal qui provient de la partie postérieure de la première vésicule cérébrale primitive. Nettement distinct des parties voisines pendant les premiers jours du développement embryonnaire, le cerveau intermédiaire est bien vite recouvert par le développement excessif que prennent les vésicules hémisphériques du cerveau terminal. Il est difficile, chez l'adulte, d'indiquer les limites précises qui séparent le cerveau intermédiaire du télencéphale en avant et du mésencéphale en arrière.

Nous avons vu, en étudiant la grosse anatomie de l'axe cérébro-spinal, que le sillon de Monro, qui existe sur la face interne de chaque couche optique, divise le cerveau intermédiaire en deux parties : une partie inférieure, appartenant à la fois au diencéphale et au télencéphale, à laquelle on donne le nom de hypothalamus ou région soiis-thalamique ; et une partie supérieure, appartenant exclusivement au diencéphale, connue sous le nom de thalamencèphale.

Thalamencèphale.

Le thalamencèphale est formé de trois parties : le thalamus ou couches optiques, le métathalatnus ou corps genouillés et l'épithalamus comprenant le corps pinéal, l'habénula et les parties voisines.

Thalamus ou couches optiques. Chaque couche optique représente une masse compacte de substance grise formée de cellules nerveuses et de fibres nerveuses ; elle est divisée par deux minces lamelles blanches en trois masses distinctes appelées noyaux : un noyau antérieui, un noyau médian et un noyau latéral.

Les cellules nerveuses qui les constituent appartiennent au type multipolaire [Cajal (i)].

Les fibres nerveuses forment, sur la lace supérieure de chaque couche optique, une zone blanche appelée stratum zonale. Elles appartiennent en grande partie aux nerfs optiques et représentent les prolongements cylindraxiles des cellules nerveuses de la couche ganglionnaire de la rétine qui viennent se terminer, par des ramifications libres, entre les cellules nerveuses de la couche optique.

La face interné des couches optiques est libre ; elle est recouverte par l'épithé-

tUT^

FiG. 607.

Coupe'frontale passant

cfs : Circonvolution frontale supérieure. s/s : Sillon frontal supérieur.

cfm : Circonvolution frontale moyenne.

s. prœc. : Sillon précentral.

ce. ani. : Circonvolution centrale antérieure. se. Roi. : Sillon de Rolando.

e. opt. : Couche optique.

/. ehor. : Toile choroïdienne.

/// : Pli de passage entre" les deux circonvolutions centrales.

se. sylv. : Fissure de Sylvius.

c. r. s. : Circonvolution temporale supérieure. s. t. s. : Sillon temporal supérieur.

e. t. m. : Circonvolution temporale mcj-enne.

par les ganglions de la base.

/. m. : Sillon temporal moyen.

am : Avant-mur.

c. t. inf. : Circonvolution temporale inférieure, i. t. inf. : Sillon temporal inférieur. e. oe. i. ext. : Circonvolution occipito-temporale externe ou fusiforme

s. acc. t. : Sillon occipito-tempora! ou fissure collatérale.

e. inlerp. : Espace interpédonculaire.

ne : Noyau caudé.

eap. ini. : Bras postérieur de la capsule interne. band. : Bandelette optique.

c. cal. : Corps calleux.

p : Voûte à trois piliers.

lium épendymaire et limite' la face latérale du troisième ventricule, fig. 607.

La face externe de la couche optique répond au bras postérieur de la capsule interne. Un grand nombre de fibres nerveuses pénètrent par cette face latérale dans la couche optique. Elles appartiennent à ce qu'on appelle la couronne rayonnante de la couche optique et relient l'écorce grise du cerveau terminal à la masse grise du cerveau intermédiaire.

D'après les nombreuses recherches expérimentales de v. Monakow (2), la couche optique se trouve reliée par les fibres de la couronne rayonnante à toutes les régions de l'écorce cérébrale. Ces fibres sont à la fois corticifuges ou cortico-thalamiques et corticipètes ou thalamo-corticales, avec prédominance cependant de ces dernières. L'existence des fibres thalamo-corticales en nombre considérable a encore été démontrée par Dejerine et Long (3), dans deux cas de lésion congénitale des hémisphères cérébraux où les fibres d'origine corticale faisaient complètement défaut, ainsi que par les recherches expérimentales de Probst (3o).

Il est prouvé, par les recherches expérimentales d'un grand nombre d'auteurs, que toutes les fibres centripètes provenant des centres nerveux inférieurs se terminent dans la couche optique ; telles sont : les fibres de la voie sensitive médullothalamique, fibres croisées qui relient les noyaux des cordons postérieurs au thalamus ; les fibres de la voie centrale du trijumeau ou voie sensitive bulbo-thalamique, fibres croisées unissant le noyau terminal du trijumeau à la couche optique ; telles encore un grand nombre des fibres du pédoncule cérébelleux supérieur ou fibres croisées olivo-thalamiques.

La couche optique apparaît donc bien comme un volumineux noyau gris appartenant aux voies sensitives et qui se trouve interposé entre ces dernières et l'écorce cérébrale.

Les recherches de Nissl, Kôlliker, Munzer, Cajal et d'autres ont démontré que la couche optique n'est pas une masse grise homogène, mais qu'elle se laisse subdiviser en un grand nombre de noyaux plus petits, différents les uns des autres par leur volume et quelque peu aussi par les caractères morphologiques des cellules qui les constituent. Mais dans l'état actuel de la science on ne connait pas encore la valeur précise, ni même les connexions anatomiques spéciales de ces différents noyaux entrant dans la constitution des thalamus.

Il semblerait, à priori, que, la couche optique étant un centre important où convergent toutes les voies centripètes, cette masse grise devrait être aussi le noyau d'origine d'un grand nombre de voies centrifuges, et devenir ainsi un véritable centre réflexe supérieur ou sous-cortical. Mais les recherches expérimentales ne sont pas venues confirmer cette opinion. Les lésions thalamiquesles plus diverses n'ont jamais entraîné de dégénérescence seconàaÀnt descendante ■çowva.vA se poursuivre jusque dans la moelle épinière. D'après les recherches de Probst (28 et 3o)), les fibres descendantes du thalamus ne dépasseraient pas le mésencéphale. Wallenberg (24) prétend cependant qu'après lésion de la partie dorso-médiane du thalamus chez le chat, il a pu poursuivre de nombreuses fibres dégénérées descendantes, dont les unes se rendent par le faisceau longitudinal prédorsal jusque dans le cordon antérieur de la moelle, tandis que les autres se joignent au faisceau rubro-spinalpour prendre partàla constitution du cordon latéral. Mais ces recherches demandent confirmation, car une lésion concomitante de l'une ou l'autre masse grise, voisine de la commissure postérieure et appartenant au mésencéphale, ne se laisse pas toujours exclure avec certitude.

Bech TEREw (4), en s'appuyant sur les recherches de Sakowitsch, a admis que les fibres du faisceau rubro-spinal ont leurs cellules origine dans la couche optique, mais ces

Van Gehochten. Système Nerveux, ^' éd.

résultats ont été contestés par Redlich, Probst, Pavlow, Van Gehuchten, Rothmann et beaucoup d'autres qui ont montré que ces fibres proviennent du noyau rouge.

D'après Cajal (25), la partie latérale du diencéphale se laisserait schématiquement subdiviser en deux étages : un étage supérieur, le thalamus proprement dit, masse grise essentiellement sensitive où viennent se terminer les fibres centripètes des centres nerveux inférieurs ; et un étage inférieur ou région sous-thalamique caractérisée par plusieurs petites masses grises connues sous les noms de substance noire, noyau rouge, corps de Luys, noyau du champ de Forel, noyau de la capsjtle interne, etc. Toutes ces masses seraient de nature motrice- C'est là que se termineraient certaines fibres provenant de l'écorce cérébrale pour s'y mettre en connexion avec des cellules nerveuses dont les axones, descendants ou centrifuges, trouveraient leur terminaison dans les noyaux moteurs des nerfs périphériques.

fin

f.ci

FiG. 608.

Rapports des bandelettes optiques avec les corps genouillés et les couches optiques.

Gr. nat.

fd : Faisceau denté.

fi. : Fimbria.

cm : Corps mamillaires.

inf. : Infundibulum.

rac. : Racine olfactive.

s. per. : Substance perforée antérieure. ch. : Chiasma des nerfc optiques.

band. : Bandelette optique.

une, : Repli unciforme.

bour. : Bourrelet du corps calleux.

Méthalamus ou corps genouillés. Les corps genouillés sont des noyaux gris situés à la limite du cerveau intermédiaire et du cerveau moyen, dans l'épaisseur même de chaque bandelette optique, fig. ©os. Nous verrons plus tard que, arrivée près de

l'axe nerveux, la bandelette optique se divise, de chaque côté, en une racine externe et une racine interne. Les fibres de la racine externe se terminent en grande partie dans la masse grise du corps genouillé externe, tandis que les fibres de la racine

— non —

interne trouvent, en partie aussi, leur terminaison dans le corps genouillé interne.

Les fibres optiques, destinées au corps genouillé externe, s'y terminent par des ramifications libres et s'y mettent en connexion avec des cellules nerveuses dont les prolongements C3'lindraxiles se rendent dans la voie optique corticale.

Il résulte des recherches de Cajal, faites avec la méthode de Golgi, que les fibres de la voie acoustique bulbo-mésencéphalique se terminent, en majeure partie, dans le corps genouillé interne. Celui-ci serait donc pour la voie acoustique ce que le corps genouillé externe est pour la voie optique, c'est-à-dire le lieu de terminaison du deuxième neurone de la chaîne acoustique, en même temps que le noyau d'origine du chaînon cortical (ou mieux diencéphalo-cortical) reliant le corps genouillé interne à la sphère auditive localisée dans les circonvolutions temporales ; absolument comme le corps genouillé externe est considéré comme donnant naissance à des fibres corticipètes, diencéphalo-corticales, allant se terminer dans la sphère visuelle, sur la face interne du lobe occipital.

Il résulte d'ailleurs des recherches de v. Monakov^^ que l'ablation de l'écorce grise des circonvolutions temporales, chez l'animal nouveau-né, entraine une atrophie notable du corps genouillé interne du côté correspondant,

Epithalamus. A la partie supérieure de la face interne de chaque couche optique se trouve un petit faisceau blanc à direction antéro-postérieure : la strie médullaire de la couche optique, fig. 609. Les fibres constitutives de cette strie se terminent dans le ganglion de l'habénula ; on ignore encore où ces fibres ont leurs cellules d'origine. D'après Edinger et Kôllïker ces fibres appartiendraient à la voie olfactive. D'après Cajal, elles doivent être considérées comme des branches collatérales nées de la voie olfactive basale.

Arrivée dans le voisinage du corps pinéal, la strie médullaire s'épaissit considérablement et prend le nom de trigone de l'habéftula. Ce tr'igone est formé de fibres nerveuses et de cellules nerveuses. Les fibres nerveuses appartiennent à la strie médullaire correspondante ; elles se terminent dans le trigone de l'habénula par des ramifications libres. L'ensemble des cellules nerveuses forment une petite masse grise connue sous le nom de ganglion de l'habénula. Ce sont des cellules multipolaires dont les prolongements cylindraxiles se dirigent en arrière, pour se réunir en un petit faisceau compact désigne sous le nom de faisceau de Meynert ou faisceau rétro-réflexe. Ce faisceau se dirige en arrière, traverse le mésencéphale en longeant la face interne du noyau rouge, et s'étend jusque dans le ganglion interpédonculaire, où ses fibres constitutives se terminent par des ramifications libres (Van Gehuchten, Edinger, Cajal, Kôlliker).

Les deux ganglions de l'habénula sont reliés l'un à l'autre par un petit faisceau de fibres nerveuses passant au-devant de la base du corps pinéal ; la partie de ce faisceau, comprise entre le trigone de l'habénula et la base du corps pinéal, a été désignée pendant longtemps sous le nom de pédoncule du corps pinéal. On pense que les fibres constitutives de ces pédoncules établissent une connexion entre les ganglions de l'habénula, commissure des habénulas ( commissura habenularum ), mais on ignore encore où ces fibres ont leur origine et leur terminaison.

Corps pinéal ou épiphyse. Uépiphyse est un petit organe énigmatique que quel-

ques auteurs considèrent comme un organe rudimentaire, représentant un œil pariétal ou le troisième œil des vertébrés. Chez l'homme adulte, cet organe est constitué de tubes épithéliaux enroulés, de vaisseaux sanguins et d'un dépôt de sels calcaires. Cajal (5) a pu y poursuivre les ramifications terminales d'un certain nombre de fibres nerveuses sympathiques provenant du plexus sympathique des artères voisines.

FiG. 609.

Section médiane du tronc cérébral. Gr. nat.

Ne

S. ch.

thaï, sir. m.

gg. hab.

i. ch.

m. al.

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