DEUXIEME LEÇON
Le myélencéphale. Le métejicéphale et l'isllime du rliombeucéphale.
Le myélencéphale
Arrivée au bord supérieur de l'atlas, la moelle épinière s'élargit insensiblement suivant tous ses diamètres, mais surtout suivant le diamètre frontal et devient moelle allongée, appelée encore hdbe rachidien ou myélencéphale.
Le myélencéphale est la partie de l'axe cérébro-spinal comprise entre la moelle épinière et la protubérance annulaire. C'est la partie de l'encéphale qui provient de la transformation de la partie postérieure de la troisième vésicule cérébrale primitive ou rhombencéphale. Séparée en partie de la protubérance annulaire par un sillon horizontal, la moelle allongée se continue avec la moelle épinière sans ligne de démarcation précise. Elle repose sur la partie postérieure de la gouttière basilaire de l'os occipital et sur la partie supérieure de la membrane occipito-axoïdienne, qui la sépare du sommet de l'apophyse odontoïde de l'axis. Elle répond en arrière à la face antérieure du cervelet, au confluent sous-arachnoïdien postérieur ou confluent cérébello-médullaire, au bord postérieur du trou occipital et à l'espace assez large qui sépare l'occipital de l'arc postérieur de l'atlas. Cet espace, fermé par la membrane occipito-atloïdienne postérieure, constitue un rapport important. Par là, en effet, la moelle allongée est accessible à des instruments tranchants qui glisseraient le long de la face mférieure de l'occipital, FIG. 21.
Considérée dans son ensemble, la moelle allongée a la forme d'un cône à base supérieure tournée vers la protubérance annulaire et dont le sommet, dirigé en bas et un peu en arrière, se continue avec la moelle épinière. Elle a une longueur de trois centimètres et mesure, près de sa base, deux centimètres de largeur.
La face antérieure, fig. as, présente sur la ligne médiane un sillon longitudinal large et profond, continuation de la fissure médiane antérieure de la moelle épinière ; c'est la fissure médiane antérieure du bulbe {fissura mediana anterior). Quand on écarte les deux lèvres de cette fissure, on voit qu'elle est interrompue, dans sa partie inférieure, par des faisceaux entrecroisés de fibres nerveuses formant l'entrecroisement ou la décussation des pyramides {decussatio pyramidum).
Lorsque nous étudierons plus tard la structure interne de l'axe nerveux, nous verrons, dans chaque moitié du névraxe, un faisceau de fibres nerveuses provenir
des cellules nerveuses d'une région déterminée de l'écorce cérébrale et descendre, à travers toutes les parties de l'axe cérébro-spinal, jusque près de l'extrémité inférieure de la moelle épinière. Ce faisceau porte le nom de faisceau pyra^nidal, faisceau cérébro-spinal [fasciculus cerehrospinalis), voie pyramidale ou voie motrice cenirale.
Au niveau de la moelle allongée les fibres de chaque voie pyramidale, réunies en un faisceau compact, font saillie sur la face antérieure du bulbe et forment, de chaque côté de la fissure médiane, un cordon blanc longitudinal élargi en haut et rétréci en bas : la pyramide du bulbe (pyramis medullœ oblongatœ), py. Près de l'extrémité
FiG. 21.
Section médiane faite à travers la tête d'un enfant âgé de six ans. Gr. nat. 1/2.
cotijî. : Confluent des sinus. cerv. : Cervelet.
arach. : Arachnoïde.
/. occ. atl. p. : Ligament occipito-atloïdien postérieur. cmfl. ss. arach. : Confluent sous-arachnoïdien postérieur. atl. : Atlas.
dm : Dure-mère.
ap : Apophyse odontoïde de l'axis.
///: Corps de la troisième vertèbre cervicale. art. ccr. aiit. : Artère cérébrale antérieure.
etlim. : Lame perijendiculaire de l'ethmoïde. sphcii. : Corps du sphénoïde.
vojn. : A'omer.
occip. : Apophyse basilaire de l'occipital.
inférieure de la moelle allongée, la plus grande partie des fibres de chaque pyramide passent la ligne médiane et s'entrecroisent avec celles du côté opposé, au fond de la fissure médiane, pour se rendre dans le cordon latéral de la moelle épinière. Les fibres non entrecroisées descendent directement dans la partie interne du cordon antérieur du côté correspondant de la moelle, fig. 22.
Ce sont les fibres pyramidales entrecroisées qui apparaissent dans la partie inférieure de la fissure médiane antérieure de la moelle allongée, quand on écarte
les deux lèvres de cette fissure, et qui forment la décussation des pyramides, Ventrecroisement des pyramides ou V entrecroisement des fibres motrices cortico-spinales.
En dehors de la pyramide, fig. 33 et 33, existe un sillon longitudinal, continuation du sillon collatéral antérieur de la moelle épinière. De ce sillon collatéral antérieur du bulbe {sulcus lateralis anterior) sortent dix à douze filets radiculaires qui convergent les uns vers les autres et se réunissent pour constituer un nerf périphérique ; ce sont les filets d'origine du nerf grand hypoglosse.
Derrière le sillon collatéral antérieur on voit la continuation du cordon latéral de la moelle épinière, qui devient le cordon latéral du bulbe {funiculus lateralis). Très large et très épais dans la moitié inférieure de la moelle allongée, ce cordon va en diminuant de volume vers la moitié supérieure. Dans cette partie supérieure il est considérablement réduit et il est
séparé de la pyramide par une saillie
oblongue, à grand diamètre vertical, appelée olive {cliva), o. L'olive est limitée
à son extrémité inférieure, quelquefois
même recouverte dans son quart ou son
tiers inférieur, par des fibres en arcades
à convexité inférieure plus ou moins
apparentes d'après les individus ; elles
portent le nom de fibres arciformes externes
{fibrœ arcuatcs externa).
Le cordon latéral du bulbe a comme
limite postérieure un sillon longitudinal,
continuation directe du sillon collatéral
postérieur de la moelle épinière : c'est le
sillon collatéral postérieur du bulbe (sulcus lateralis posterior). Il est nettement visible,
au moins dans sa moitié inférieure, sur la
face latérale et, en partie aussi, sur la
face postérieure de la moelle allongée.
Schéma montrant l'entrecroisement des pyramides à la partie inférieure de la moelle allongée.
A' : Fibres radiculaires du vague.
ns : Noj-au sensitif terminal et na : Noyau ambigu ou no3'au ventral du nerf vague. /Cl : Pédoncule cérébelleux inférieur.
A7/ : Fibres radiculaires du nerf hypoglosse.
/j' ; Pyramides de la moelle allongée. . y/yl : Faisceau pyramidal du cordon latéral ou faisceau
cérébro-spinal latéral de la moelle épinière. //lya : Faisceau pyramidal du cordon antérieur ou faisceau cérébro-spinal antérieur.
Dans sa moitié supérieure il est beaucoup moms apparent, étant recouvert par les fibres arciformes externes qui, après avoir contourné l'olive, se rendent dans le pédoncule cérébelleux inférieur. De toute la longueur de ce sillon mais surtout de sa partie proximale partent de nombreux filets radiculaires. A une petite distance de la moelle allongée, ces filets se réunissent en deux faisceaux nettement distincts constituant de haut en bas : le nerf glosso-pharyngien, IX et le nerf vague ou pneumo-gastrique, X.
Examinée par sa face postérieure, fig. 25, la moelle allongée présente une configuration différente dans sa moitié inférieure et dans sa moitié supérieure. Dans sa moitié inférieure, elle ressemble à la partie voisine de la moelle cervicale : on y retrouve le sillon médian postérieur devenu large et profond, prenant le nom de fissure médiane postérieure (fissura mediana posterior), smlp ; le cordon postérieur subdivisé par le sillon paramédian, spp, en faisceau grêle ou de Goll, cG, et faisceau cunéiforme ou de Burdach, cB ; le sillon collatéral postérieur, sep, et une partie du cordon latéral, cl.
Dans sa moitié supérieure la configuration de la moelle allongée est toute autre.
Face antérieure du tronc cérébral. Gr. nat.
c. mam. : Corps mamillaires.
inf. : Tige pituitaire.
ch. : Chiasma des nerfs optiques.