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VINGT ET UNIEME LEÇON

Les nerfs spinaux ou nerfs rachidiens.

Division des nerfs spinaux.

Origine apparente et origine réelle d’un nerf spinal. — Les nerfs cervicaux : Branches postérieures. Branches antérieures. Plexus cervical. Plexus brachial.

Les nerfs périphériques qui dépendent de la moelle épinière portent le nom de nerfs spinaux (nervi spinales) ou nerfs rachidiens.

On compte communément 3l paires de nerfs spinaux. Ils sortent du canal vertébral en traversant les trous de conjugaison. D’après les régions du rachis dont ces nerfs traversent les trous intervertébraux on les divise en nerfs cervicaux (nervi cervicales ), nerfs dorsaux (nervi thoracales ), nerfs lombaires (nervi lumbales), nerfs sacrés

j (nervi sacrales ) et nerf

smla-

coccygien (nervus coccygeus). Il y a 8 nerfs cervicaux, 12 nerfs dorsaux, 5 nerfs lombaires, 5 nerfs sacrés et i nerf coccygien. Dans l’épaisseur du filet terminal, il existerait

Partie de la moelle thoracique. Gr. natur. smla : Fissure médiane longitudinale antérieure. sca : Sillon collatéral antérieur.

ca : Cordon antérieur.

cl : Cordon laléral.

rp : Racines postérieures.

ra : Racines antérieures.

gg : Ganglion spinal.

encore, d’après les recherches de Rauber, deux nerfs coccygiens plus ou moins rudimentaires ce qui porterait leur nombre à 3 et le total des nerfs spinaux à 33 paires.

Tout nerf spinal est un nerf mixte, c’est-à-dire qu’il est formé de fibres sensitives et de fibres motrices. Il commence à la moelle par deux groupes de filets radiculaires : les uns sortent du sillon collatéral antérieur et constituent la racine antérieure ; les autres émergent du sillon collatéral postérieur et forment la racine postérieure , fig. 274.

Les fibres de la racine antérieure sont toutes des fibres motrices ; les fibres de la racine postérieure sont toutes des fibres sensitives.

Les filets radiculaires antérieurs convergent les uns vers les autres et se rendent, après un trajet plus ou moins long, vers le trou de conjugaison. Les filets radiculaires postérieurs se comportent d’une façon identique. Les filets radiculaires du premier nerf cervical ont une direction légèrement ascendante, ceux du deuxième nerf cervical ont une direction horizontale ; à partir du troisième nerf spinal la direction est oblique. Cette obliquité augmente jusqu’au dernier nerf spinal fig. 275. Entourées par un prolongement de l’arachnoïde, les deux racines de chaque nerf spinal traversent la dure-mère qui leur fournit une gaine commune. A ce niveau la racine postérieure présente un rendement ovalaire qui constitue le ganglion spinal. Pour les nerfs cervicaux, dorsaux et lombaires, le ganglion spinal est

situé dans le trou intervertébral, on l’appelle quelquefois ganglion intervertébral. Celui des nerfs sacrés et des nerfs coccygiens occupe le canal rachidien lui-même.

En dehors du ganglion spinal les fibres de la racine antérieure se réunissent à celles de la racine postérieure pour former le nerf mixte périphérique.

Tout nerf périphérique présente une double origine : l’une apparente et l’autre reelle. origine réelle d’un nerf c’est l’ensemble des cellules nerveuses d’où proviennent les cylindres-axes de ses fibres

Fig. 276.

Schéma indiquant l’origine apparente et l’origine réelle des fibres d’un nerf spinal.

gg : Ganglion spinal. rc : Rameau communicant.

n. per : Nerf mixte périphérique. s : Ganglion du sympathique.

r : Rameau récurrent méningé.

constitutives. L 'origine apparente d’un nerf c’est l’endroit précis où ce nerf émerge de la face externe de l’axe cérébro-spinal.

L’origine apparente de tout nerf spinal est double : la racine antérieure émerge du sillon collatéral ventral, tandis que les filets de la racine postérieure sortent du sillon collatéral dorsal de la moelle.

L’origine réelle de tout nerf spinal est double également, FIG. 276; les fibres de la racine antérieure ont leurs cellules d’origine dans les cellules radiculaires de la corne antérieure de la substance grise de la moelle.

Les fibres sensitives de la racine postérieure ont leurs cellules d'origine dans le ganglion spinal. Nous savons que, chez la plupart des vertébrés adultes, les ganglions spinaux sont formés par des cellules unipolaires dont le prolongement unique, à une distance variable

de la cellule d’origine, se bifurque en un prolongement central et un prolongement périphérique. Le premier jouit de la conduction cellulifuge, le second de la conduction cellulipète.

Outre les fibres sensitives, la racine postérieure renferme chez quelques vertébrés inférieurs un certain nombre de fibres motrices qui ont leur origine réelle dans les cellules radiculaires postérieures de la substance grise de la moelle, FIG. 276.

En dehors du trou de conjugaison tous les nerfs spinaux se comportent d’une façon identique : ils émettent un petit rameau méningé (ramus meningeus) qui rentre dans le canal rachidien pour s’y distribuer aux méninges, puis se divisent en une branche antérieure (ramus anterior) et une branche postérieure (ramus poster ior J.

Les branches postérieures des nerfs spinaux sont généralement plus grêles que les branches antérieures correspondantes, excepté pour les deux premiers nerfs cervicaux. Elles se dirigent toutes en arrière, restent généralement indépendantes les unes des autres et vont innerver les muscles du dos et de la nuque et porter la sensibilité à la peau qui recouvre la région de la nuque et celle des régions dorsale, lombaire et sacrée.

Les branches antérieures, d’ordinaire plus volumineuses que les postérieures, s’anastomosent avec le ganglion voisin du sympathique par les rameaux communicants. Elles restent indépendantes dans la région dorsale où elles deviennent les nerfs intercostaux. Elles s’anastomosent entre elles dans les régions cervicale, lombaire et sacrée en donnant naissance à plusieurs plexus : le plexus cervical, le plexus brachial, le plexus lombaire, le plexus sacré et le plexus coccygien.

Nerfs cervicaux.

Les neiis cervicaux sont au nombre de huit. Le premier sort du canal rachidien entre 1 occipital et l’atlas, le dernier passe par le trou de conjugaison formé par la septième vertèbre cervicale et la première vertèbre dorsale.

Le deinier filet radiculaire du huitième nerf cervical quitte la moelle épinière vers le milieu du corps de la septième vertèbre cervicale, c est là la limite inférieure de la moelle cervicale. Rapportée aux apophyses épineuses des vertèbres, cette limite inférieure correspond, d’après les recherches de Reid, au bord supérieur de l’apophyse épineuse de la septième vertèbre cervicale.

En dehors du trou de conjugaison, chaque nerf cervical se divise en une branche postérieure et une branche antérieure. Les branches postérieures des deux premiers nerfs cervicaux sont plus volumineuses, celles des six derniers nerfs cervicaux sont plus grêles que les branches antérieures correspondantes.

Fig. 277.

Les rameaux cutanés des branches postérieures des nerfs cervdcaux, dorsaux, lombaires et sacrés.

Branches postérieures.

La branche postérieure du premier nerf cervical porte le nom de petit nerf sous-occipital (N. suboccipitalis). Elle sort du canal rachidien entre l’occipital et l’arc postérieur de l’atlas, traverse le triangle formé par le muscle grand droit postérieur de la tête et les deux muscles obliques et se divise en branches terminales ; l’une s’anastomose avec la branche postérieure du deuxième nerf cervical en contournant le muscle grand oblique, tandis que les autres innervent les deux muscles droits et les deux muscles obliques.

La branche postérieure du deuxième nerf cervical beaucoup plus importante porte le nom de grand nerf sous-occipital (N. occipitalis major). Elle sort du canal rachidien entre l’arc postérieur de l’atlas et la lame de l’axis,

passe sous le muscle grand oblique de la tête, donne un rameau anastomotique ascendant pour le petit nerf sous-occipital et un

rameau descendant pour la branche postérieure du troisième nerf cervical, traverse les muscles profonds de la nuque, le grand complexus et le splenius, et devient sous-cutanée, tout près de la ligne médiane, un peu en dessous de la ligne demi-circulaire supérieure de l’occipital. Par ses branches terminales ce grand nerf sous occipital va porter la sensibilité à la peau qui recouvre la région occipitale depuis l’insertion du trapèze jusqu’au sommet de la tête. Fig. 277.

Les branches postérieures des six derniers nerfs cervicaux sont plus grêles que les branches antérieures correspondantes. Elles proviennent des nerfs cervicaux immédiatement en dehors du trou invertébral, se dirigent directement en arrière et un peu en dedans, innervent les muscles de la nuque et traversent, près de la ligne médiane, les fibres tendineuses du muscle trapèze pour devenir souscutanées. Elles se recourbent alors en dehors et portent la sensibiltié à la peau qui recouvre la région de la nuque.

Branches antérieures.

Plexus cervical. Le plexus cervical est situé au niveau des apophyses transverses des quatre premières vertèbres cervicales, audevant des insertions supérieures du muscle scalène postérieur et du muscle angulaire, derrière le bord postérieur du muscle sterno-cléidomastoïdien. La branche antérieure du premier nerf cervical descend au-devant de l’apophyse transverse de l’atlas pour s’anastomoser avec

Les branches antérieures des quatre premiers nerfs cervicaux s’anastomosent les unes avec les autres et donnent naissance au plexus cervical. Celles des quatre derniers nerfs cervicaux et du premier nerf dorsal produisent par leurs anastomoses \& plexus brachial.

Fig. 278.

Constitution du plexus cervical.

Gr. nat. 2/3.

CI à CV : Branches antérieures des cinq premiers nerfs cervicaux.

symp. : Ganglion cervical supérieur du grand sympathique.

n cuXan*

brxruAc

la branche correspondante du deuxième nerf cervical, formant ainsi une première anse nerveuse. Les branches antérieures des trois autres

neris cervicaux passent derrière l’artère vertébrale, puis entre les muscles intertransversaires antérieurs et postérieurs et arrivent au sommet des apophyses transverses ; là elles s’anastomosent l’une avec l’autre de façon à produire deux anses nerveuses. Les quatre branches cervicales avec les trois anses qui les réunissent forment par leur ensemble le plexus cervical, FIG. 278.

De ce plexus ainsi constitué partent trois groupes de branches terminales ; des branches anastomotiques, des branches musculaires et des branches cutanées.

i° Branches anastomotiques. Le plexus cervical s’anastomose avec les nerfs voisins.

a) Avec le ganglion cervical supérieur du sympathique au moyen de trois ou quatre branches nerveuses provenant des trois ou quatre premiers nerfs cervicaux.

b) Avec le nerf grand hypoglosse par des filets qui partent de la première anse cervicale.

c) Avec le ganglion plexiforme du nerf pneumo-gastrique par un filet nerveux provenant du premier nerf cervical.

d) Avec la branche externe du nerf spinal au moyen d’un filet nerveux sorti du troisième nerf cervical.

e) Avec la branche descendante du nerf hypoglosse au moyen d’une branche nerveuse assez volumineuse et très longue provenant du deuxième et du troisième nerf cervical. Cette branche anastomotique descend obliquement en bas et en dedans, passe au devant de la carotide privitive et de la veine jugulaire interne où elle rencontre la branche descendante de l’hypoglosse avec laquelle elle forme une anse nerveuse appelée Y anse de l'hypoglosse. De la convexité de cette anse partent les filets nerveux qui innervent les muscles de la région soushyoïdienne, FIG. 279.

f) Avec le plexus brachial par un filet nerveux qui relie le quatrième nerf cervical au cinquième.

2° Branches musculaires . Le plexus cervical fournit des branches motrices à tous les muscles voisins : les muscles intertransversaires antérieurs et postérieurs, le muscle grand droit antérieur de la tête, le muscle petit droit antérieur de la tête, le muscle droit latéral, le long du cou, la partie supérieure des muscles scalène moyen et scalène postérieur, l’angulaire de l’omoplate, le sterno-cléïdo-mastoïdien et le trapèze (ces deux derniers muscles sont innervés aussi par le spinal). Il innerve encore les muscles de la région sous-hyoïdienne, par des

filets qui proviennent cle l’anse nerveuse de l'hypoglosse ainsi que nous le verrons en décrivant ce dernier nerf, et le muscle diaphragme. La branche nerveuse qui innerve ce dernier muscle constitue un nerf important appelé nerf phrénique.

Fig. 279.

Les nerfs de la région cervicale. Gr. nat. i/2.

. , Le Vcrf Panique (nervus phrenicus) naît communément du quatrième nerf cervical, très souvent aussi d’une branche anastomotique

entre le quatrième nerf cervical et le cinquième. D’après les recherches expérimentales récentes de Sano Kohnstamm et Marinesco, les fibres motrices du nerf phrénique ont leur origine réelle dans une longue colonne de cellules nerveuses, occupant la partie centrale de la corne antérieure depuis la partie inférieure du troisième jusqu’à la partie moyenne du sixième segment cervical. De son origine apparente, ce nerf se dirige en bas et en dedans, passe sur la face antérieure du muscle scalène antérieur contre lequel il est maintenu par l’aponévrose de ce muscle, pénètre dans la cage thoracique en passant entre l’artère et la veine sous-clavières, en dehors du nerf pneumo-gastrique et du grand sympathique ; il longe la veine-cave supérieure à droite, croise, au contraire, la crosse de l’aorte à gauche, puis descend verticalement en bas au-devant du hile du poumon, entre le péricarde et la plèvre, accompagné des vaisseaux diaphragmatiques, le gauche étant situé un peu plus en avant que le droit, et pénètre dans le muscle diaphragme auquel il se distribue.

Près de son origine, le nerf phrénique s’anastomose avec le ganglion cervical inférieur du sympathique et avec le nerf du muscle sous-clavier.

Le nerf phrénique n’est pas un nerf exclusivement moteur, il renferme des fibres sensitives qu’il abandonne, sur son trajet à travers la cage thoracique, aux parties voisines du péricarde et de la plèvre (péricardique, costale et phrénique) ; quelques filets terminaux donnent également la sensibilité à la partie du péritoine qui recouvre la face inférieure du muscle diaphragme.

3° Branches cutanées. Les branches cutanées contournent toutes la partie moyenne du bord postérieur du muscle sterno-cléïdo-mastoïdien et se dirigent en haut, en avant ou en bas, FIG. 280.

Les branches ascendantes sont au nombre de deux : le nerf petit occipital et le nerf auriculaire principal. Il n’y a qu’une seule branche antérieure : le nerf cervical transverse ou nerf cutané du cou. Les branches descendantes sont plus nombreuses et constituent les nerfs sus-claviculaires.

Le nerf petit occipital (n. occipitalis minor) provient de l’anse nerveuse reliant le deuxième nerf cervical au troisième. Il monte le long du bord postérieur du muscle sterno-cléido-mastoïdien jusqu’au niveau de la ligne demi-circulaire supérieure de l’occipital, où il se divise en branches terminales qui innervent la peau de la région mastoïdienne et de la région occipitale latérale.

Le nerf auriculaire principal (n. auricularis magnusj provient du troisième nerf cervical. C’est la branche cutanée la plus volumineuse du plexus. Il contourne la partie moyenne du bord postérieur du muscle sterno-cléido-mastoïdien, se dirige en haut et en dedans, sur la face externe de ce muscle, vers le pavillon de l’oreille, accompagné de la veine jugulaire externe et recouvert par le muscle peaucier. Arrivé vers l’angle du maxillaire inférieur, le nerf auriculaire principal se

Branches cutanées du plexus cervical. Gr. nat. 1/2.

divise en une branche antérieure (ramus anterior) qui va innerver la p< au de la légion parotjdéo-masséterine en même temps qu’une partie de la face externe du pavillon de l’oreille, et une branche postérieure

(ramus posterior) qui porte la sensibilité à toute l’étendue de la face interne du pavillon de l’oreille.

Le nerf cutané du cou (n. cutaneus collij provient du troisième nerf cervical , il contourne le bord postérieur du muscle sterno-cléidomastoïdien pour se diriger horizontalement en avant entre ce muscle et le peaucier. Il passe en dessous de la veine jugulaire externe et, arrivé vers le bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien, il se divise en branches terminales ascendantes (rami superiores) qui portent la sensibilité à la peau qui recouvre la région sus-hyoïdienne et en branches terminales descendantes (rami inferiores) pour la peau de la région sous-hyoïdienne.

Les nerfs sus-claviculaires (N-n. supraclaviculares) proviennent en nombre variable du quatrième nerf cervical. Ils sortent derrière le bord postérieur du muscle sterno-cléido-mastoïdien recouverts par le muscle peaucier. Ils traversent le triangle sus-claviculaire en s’écartant les uns des autres et perforent l’aponévrose cervicale et le muscle peaucier en passant au-dessus de la clavicule. Les fibres les plus internes innervent la peau qui recouvre la poignée du sternum et la partie supérieure du muscle grand pectoral ; les fibres moyennes sont destinées à la peau de la paroi thoracique antérieure jusqu’au niveau de la quatrième côte, tandis que les fibres les plus externes se rendent à la peau de la partie supérieure de l’épaule.

Plexus brachial. Le plexus brachial est constitué par les anastomoses des branches antérieures des quatre derniers nerfs cervicaux et du premier nerf dorsal. Il commence sur les parties latérales des vertèbres cervicales inférieures et s’étend jusque en dessous de la clavicule où il donne naissance à ses branches terminales. Il a, dans son ensemble, une forme triangulaire à base interne. Celle-ci correspond aux apophyses transverses des vertèbres cervicales inférieures. Formé à ce niveau par les cinq branches nerveuses indépendantes, le plexus brachial est situé au-dessus de la première côte, au-dessus et en arrière de l’artère sous-clavière, dans l’espace triangulaire compris entre le muscle scalène antérieur, le muscle scalène moyen et la face supérieure de la première côte. De là, les branches constitutives se dirigent en bas et en dehors en s’anastomosant les unes avec les autres d’une façon quelque peu variable et produisent, en dessous de la clavicule, trois troncs volumineux, deux antérieurs et un postérieur, d’où partent les branches terminales. La disposition la plus continue est la suivante, fig. 281.

Le cinquième nerf cervical s’anastomose d’abord avec le quatrième nerf cervical, puis se réunit au sixième nerf cervical pour former un nerf volumineux. Celui-ci, après un trajet d’une longueur variable, se divise en une branche antérieure et une branche postérieure.

Le septième nerf cervical reste d’abord indépendant des nerfs voisins, puis il se divise en une branche antérieure et une branche postérieure.

Fig. 281.

Constitution du plexus brachial. Gr. nat. 1/2.

Le huitième nerf cervical se réunit au premier nerf dorsal. Le tronc qui en résulte se divise également en une branche antérieure et une branche postérieure.

Les trois branches postérieures se réunissent en un tronc volumineux : c’est le tronc postérieur (fasciculus posterior) d’où partent, comme branches terminales, le nerf circonflexe et le nerf radial.

La branche antérieure du septième nerf cervical se réunit avec la branche correspondante provenant du tronc formé par les cinquième et sixième nerfs cervicaux, pour constituer le tronc antéro-externe (fasciculus la ter a lis) d’où partent, comme branches terminales, le nerf musculo-cutane et la racine externe du nerf médian.

La branche antérieure provenant du huitième nerf cervical et du

premier nerf dorsal reste indépendante et devient le tronc antéro-interne (fasciculus médialis); celui-ci donne naissance à quatre branches terminales : la racine interne du nerf médian , le nerf cutané brachial interne , Y accessoire du cutané brachial interne et le nerf cubital.

Les branches du plexus brachial se divisent en branches anastomotiques, en branches collatérales et en branches terminales. Les branches collatérales elles-mêmes peuvent se subdiviser en deux groupes : celles qui proviennent du plexus au-dessus de la clavicule, dans le triangle sus-claviculaire, et celles qui proviennent du plexus en-dessous de la clavicule, dans le creux axillaire.

i° Branches anastomotiques. Chaque nerf cervical un peu en dehors du trou de conjugaison, avant la constitution même du plexus, est relié au ganglion voisin du sympathique par un ou deux rameaux communicants. Cette anastomose se fait avec le ganglion cervical moyen pour les cinquième et sixième nerfs cervicaux, avec 1j ganglion cervical inférieur pour les septième et huitième nerfs cervicaux, et avec le premier ganglion thoracique pour le premier nerf dorsal.

Le cinquième nerf cervical est relié à la branche inférieure du plexus cervical par une anse nerveuse d’où sort souvent le nerf phrénique.

2° Branches collatérales, a) Branches sus-claviculaires. Au-dessus de la clavicule le plexus brachial fournit le nerf du muscle sous-clavier, le nerf scapulaire supérieur, le nerf thoracique postérieur , le nerf thoracique latéral ou nerf respiratoire de Ch. Bell et les nerfs thoraciques antérieurs.

Le nerf du muscle sous-clavier (n. subclavius) est très grêle. Il provient du tronc antéro-externe du plexus, descend verticalement en bas au-devant du muscle scalène antérieur un peu en dehors du nerf phrénique, passe derrière la clavicule et va se terminer dans le muscle sous-clavier.

Le nerf scapulaire supérieur (n. suprascapularis) , assez volumineux, provient du tronc postérieur du plexus. Il se dirige transversalement en dehors en longeant le bord postérieur de la clavicule, accompagné de l’artère scapulaire supérieure. Il passe sous le muscle trapèze, arrive au bord supérieur de l’omoplate, traverse le trou coracoïdien et pénètre dans la fosse sus-épineuse où il donne des filets au muscle sus-épineux. Il contourne ensuite le bord externe de l’épine de l’omoplate, abandonne quelques filets à l’articulation scapulo-humérale, puis se termine dans le muscle sous-épineux.

Le nerf thoracique postérieur (n. dorsalis scapulae) provient du cinquième nerf cervical, il se dirige en arrière en traversant les muscles scalène moyen et scalène postérieur, descend entre ce dernier muscle et l’angulaire de l’omoplate auquel il fournit quelques rameaux, puis se termine dans le muscle rhomboïde.

Quelques branches collatérales et terminales du plexus brachial.

Le nerf thoracique latéral ou nerf respiratoire de Ch. Bell (n. thoracalis longus) présente deux racines : l’une provient du sixième et 1 autre du septième nerl cervical. Ces racines se dirigent en arrière,

traversent le scalène moyen puis se réunissent en un tronc unique. Celui-ci passe derrière la clavicule, descend le long de la face latérale de la cage thoracique entre le muscle sous-scapulaire et les pectoraux, appliqué sur la face externe du muscle grand dentelé qu’il innerve.

Les nerfs thoraciques antérieurs ou nerfs pectoraux (nn. thoracales anteriores) sont au nombre de deux. L’un, destiné au grand pectoral, provient du tronc antéro-externe du plexus ; il passe derrière la clavicule, au-devant de l’artère axillaire, et va se terminer dans le muscle grand pectoral. L’autre, destiné au muscle petit pectoral, provient du tronc antéro-interne du plexus, passe derrière l’artère axillaire, s’anastomose avec le nerf du muscle grand pectoral, puis se termine dans le muscle petit pectoral. Quelques filets nerveux traversent ce dernier muscle pour se rendre également dans le grand pectoral.

b) Branches sous-claviculaires . En dessous de la clavicule le plexus brachial fournit les nerfs sous-scapulaires (Nn.

subscapulares), fig. 282. Ceux-ci sont au nombre de trois et proviennent du tronc postérieur du plexus. Ils descendent en bas au devant du muscle sousscapulaire et se terminent : le premier, dans la partie supéro-interne du muscle sous-scapulaire, le deuxième, dans la partie externe du même muscle et dans le muscle grand rond, le troisième, le plus volumineux, s’épuise dans le muscle grand dorsal.

Les nerfs cutanés de la face antérieure du membre supérieur.

3° Branches terminales. Les branches terminales proviennent du plexus brachial au niveau de l’articulation scapulo-humérale. Elles sont au nombre de sept: le nerf musculo-cutane, le nerf médian , le nerf cutané brachial interne, le nerf accessoire du

cutané interne , et le nerf cubital forment le groupe superficiel. Ils proviennent des deux troncs antérieurs. Le nerf radial et le nerf axillaire ou nerf circonflexe provenant du tronc postérieur forment le • groupe profond.

Nerf musculo-cutané (N. musculocutaneus) . C’est la plus externe de toutes les branches terminales du plexus brachial. Avec la racine externe du nerf médian, elle provient du tronc antéro-externe du plexus. Ce nerf se dirige en bas et en dehors en passant au-devant du tendon du muscle sous-scapulaire, perfore le muscle coraco-brachial, se met entre le biceps et le brachial antérieur et longe ainsi toute la région antérieure du bras, FIG. 282. Au pli du coude, il occupe le bord externe du tendon du biceps, traverse l’aponévrose du bras et devient sous-cutané (n. cutaneus antïbrachii lateralis). Il se divise alors en deux branches terminales dont l’une passe devant et l’autre derrière la veine médiane céphalique; ces branches vont porter la sensibilité à la peau qui recouvre la région antéro-externe de l’avantbras depuis le pli du coude jusqu’à la main, FIG. 283. Pendant son trajet le long du bras, le nerf musculo-cutané donne des branches collatérales (rami musculares) qui innervent le muscle coraco-brachial, les deux chefs du biceps et le brachial antérieur.

Nerf médian (N. medianus). Il provient du plexus brachial par deux racines qui se continuent avec les deux troncs antérieurs du plexus. Ces racines se réunissent en bas en un tronc unique de façon à ciiconscrire un V ouvert en haut et en dedans dans lequel chemine 1 artère axillaire. A son origine le nerf médian est situé un peu en dehors de l’artère axillaire, entre le nerf musculo-cutané qui est en dehors et le nerl cubital qui est en dedans. Il descend, avec l’artère humérale, le long du bord interne du bras, dans l’interstice qui sépare le biceps du brachial antérieur. Placé d’abord au-devant et un peu en dehors de 1 artère, le nerf médian passe insensiblement au-devant puis en dedans de l’artère. Arrivé au pli du coude il repose sur le muscle brachial antérieur, il passe alors en dessous d’une arcade aponevrotique formée par le muscle rond pronateur, croise l’artère cubitale qui devient interne et se met sur la ligne médiane, dans la région antérieure de l’avant-bras, entre le muscle fléchisseur superficiel et le muscle fléchisseur profond. Près de l’articulation radiocarpienne il devient sous-aponévrotique, étant situé entre le tendon du grand palmaire et celui du petit palmaire. Il passe sous le liga-

ment annulaire antérieur du carpe au-devant des tendons des fléchis-

antérieure de l’avant-bras. Gr. nat. 1/2.

seurs et, arrivé dans la paume de la main, il se divise en branches terminales.

Branches collatérales. Le long du bras le nerf médian ne fournit aucune branche collatérale. Au pli du coude il fournit quelques rameaux articulaires au ligament antérieur de l’articulation, puis, le long de l’avant-bras, un grand nombre de branches collatérales destinées à innerver tous les muscles de l’avant-bras, à l’exception du muscle cubital antérieur et de la partie interne du muscle fléchisseur profond qui reçoivent leur innervation du nerf cubital. Toutes ces branches naissent du nerf médian un peu en dessous du pli du coude, fig. 284. La branche destinée au muscle carré pronateur est longue et grêle, elle porte un nom spécial : c’est le nerf interosseux antérieur (N.

interosseus volaris). On le trouve sur la face antérieure du ligament interosseux, accompagné de l’artère et des veines interosseuses, entre le muscle fléchisseur profond des doigts et le long fléchisseur propre du pouce. Il se termine dans le muscle carré pronateur et donne quelques filets à l’articulation radio-carpienne.

Un peu au-dessus de l’articulation radio-carpienne, le nerf médian

fournit encore une branche cutanée : le rameau cutané palmaire ( ramus palmaris n. mediani) ; celui-ci traverse l’aponévrose antibrachiale pour devenir sous-cutané, passe au devant du ligament annulaire antérieur du carpe et se distribue à la peau de l’éminence thénar et à la paume de la main.

Branches terminales.

En dessous du ligament annulaire antérieur du carpe, le nerf médian se résout en cinq branches terminales : les nerfs digitaux palmaires communs (nn. digitales volares communes) FIG. 285.

La première, très courte, se rend dans l’éminence thénar pour y innerver les trois muscles : court abducteur, court fléchisseur et opposant. La deuxième branche longe le tendon du muscle long fléchisseur propre du pouce et se subdivise en deux branches plus grêles, les nerfs digitaux palmaires propres (nn. digitales volares proprii) dont l’une va porter la sensibilité au bord externe du pouce :

nerf collatéral palmaire

externe du pouce et l’autre LCS neifS sllPerhciels à la face palmaire de la main.

, Gr. nat. 1/2.

innerve la peau du bord

interne du pouce : nerf collatéral palmaire interne du Pouce.

La troisième branche innerve le premier lombrical et donne la sensibilité au bord externe de la face palmaire de l’indicateur : nerf collatéral palmaire externe de l’index.

La quatrième branche descend dans la paume de la main, innerve

Fig. 285.

le deuxième muscle lombrical et se subdivise en nerf collatéral palmaire interne de l’index et nerf collatéral palmaire externe du médius.

La cinquième branche innerve quelquefois le troisième muscle lombrical, s’anastomose avec la branche superficielle du nerf cubital, (ramus an astorno tiens cum n. ulnari) puis se subdivise en nerf collatéral palmaire interne du médius et nerf collatéral palmaire externe de l’annulaire.

Littérature.

Rauber : Die letzten spinalen Nerven und Ganglien. Morphologisches Jahrbuch, 1877. — His : Die anatomiche N omenclatur . Archiv. f. Anat. und Phys., Anatom. Abth.. Supplément Bd. 1895. — Sano : Les localisations motrices de la moelle épinière. Bruxelles. 1890. — Kohnstamm : Zur Anatomie und Physiologie des Phrenicuskerns. Forstschrifte der Medicin. 1898. — Sano : Nucléus diaphragmac. Etude sur l’origine réelle du nerj diaphragmatique. Journal médical de Bruxelles. 1898.

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