‹ [Anatomie élémentaire en 20 planches... avec un texte explicatif à part... formant un manuel complet d'anatomie physiologique... - Texte]Chapitre 107 sur 232 · OREILLETTES · texte numérisé non relu

OREILLETTES

La poHion veineuse ou auriculaire du cœur forme une masse oblongue en travers , incurvée en croissant suivant sa longueur, implantée par une base rectangulaire sur la moitié postérieure de eelle des ventricules; située

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profondément en haut, en arrière et à droite, elle se décompose en deux polyèdres arrondis et tuberculeux, de forme bizarre, les oreillettes droite (A) et gauche (C). La masse auriculaire présente deux-faces, antérieure et postérieure;' deux latérales qui font suite aux bords, une supérieure, une base et deux extrémités.

1° Face antérieure et supérieure. — Concave, elle inscrit les trois quarts d’un cercle rentrant, dans lequel sont reçues tes artères aorte et pulmonaire.

2° Face postérieure et inférieure.— Convexe, divisée verticalement au milieu par le sillon postérieur inter-auriculaire. A droite, près du sillon , est le vaste orifice de la veine cave inférieure (h), dirigé en bas et en arrière , et au-dessous, celui de la grande veine coronaire (e).

3“ Face supérieure et postérieure.— Inclinée à droite, en forme de croissant, elle est également divisée parle sillon postérieur inter auriculairequi forme en ce point l’anse de réflexion d’avant en arrière. Les surfaces desoreillettes sont ovalaires ou oblongues; la gauche dépasse la droite d’environ quatre lignes; elles sont percées.par cinq embouchures de veines : sur l’oreillette droite, en avant et en. dedans, l’orifice de la veine cave supérieure (G); sur l’oreillette gauche, dans son point culminant, les deux couples de veines pulmonaires droite (I) et gauche (K), donnant passage dans leur écartement, chacune à la bronche correspondante.

4° Faces latérales. —Convexes, la gauche plane et quadrangulaire;. l’une et l’autre terminées en avant par l’auricule.

6° Auricules (g). — Petites cavités sur-ajoutées, qui terminent les oreillettes à la réunion de leurs deux faces, antérieure et latérale ; contournées de haut en bas et d’arrière en avant, étranglées à leurs bases par un collet, elles se terminent par un bord libre, en forme de disque demi circulaire dentelé, qui retombe sur les ventricules.

6° La base des oreillettes répond aux orifices ventriculaires; elle est iabdiquée à l’extérieur par le sillon circulaire (a).

CONFORMATION INTÉRIEURE

Le cœur est divisé intérieurement, suivant son grand diamètre,, par une cloison charnue antéro-postérieure, étendue de l’un à l’autre sillon longitudinal, et imperforée dans l’adulte ; d’où la distinction des deux grandes cavités, constituant les cœurs droit et gauche, accolés longitudinalement, mais sans communication l’un avec l’autre. Chacune de ces cavités est subdivisée transversalement en deux autres, Yoreillette et le ventricule, par un rétrécissement correspondant à l’extérieur au sillon cir-

culaire, et garni à l’intérieur d’une soupape membraneuse ou valvule, qui ouvre ou ferme successivement la communication entre l’oreillette et le ventricule du même côté-

Aspect général des cavités du cœur. — Les quatre cavités du cœur, planes et lisses au voisinage des orifices, sont inégalement parsemées, dans le reste de leur étendue, par des bandelettes nommées colonnes charnues, d’autant plus nombreuses qu’elles approchent davantage du fond des cavités. Les colonnes charnues, rectilignes ou curvilignes, inclinées sous les directions les plus variées, forment par leur intrication, une texture réticulée, interceptant des loges ou aréoles qui rappellent, en grand, la disposition du corps caverneux.

Ces colonnes sont de trois espèces. Les premières, piliers du cœur, font suite, par une extrémité, aux fibres rentrantes de l’organe, et, par l’autre extrémité libre, en forme de sommet mamelonné, donnent insertion à des tendons filiformes rayonnés, qui s’attachent aux valvules des orificesauriculo-ventriculaires. Les colonnes de la seconde espèce, détachées dans toute leurlongeur, sont fixées seulement par leurs extrémités, soit qu’elles se confondent avec les parois du cœur, ou qu’elles se mêlent avec d’autres fibres pour inscrire les aréoles dont elles forment la majeure partie. Les colonnes de la troisième espèce, adhérentes d’un côté aux parois du cœur, sc détachent en relief à la manière des pilastres dans tout le reste de leur étendue ; ce sont elles qui commencent la surface continue du cœur.

Cavité de l'oreillette droite (A, fig. 1 3 , 14 , 1 5 ).

La première des cavités du cœur, dans l’ordre de la circulation, sa forme est celle d’un quart de sphère à angles mousses, dont le grand diamètre est antéro-postérieur; elle offre cinq faces : antérieure, postérieure, interne, supérieure et inférieure. Ses parois sont percées dans l’adulte par quatre orifices; trois pour les embouchures des veines caves, supérieure (G), inférieure (H), et coronaire(e), et le dernier qui forme la somme des trois autres, pour la communication de l’oreillette dans le ventricule. Dans son ensemble, l’oreillette doite est partagée d’avant en arrière par une forte bandelette demi circulaire antéro-postérieure, en deux cavités. Vantérieure, externe et droite ou musculaire, est tapissée par des colonnes adhérentes, interceptant des aréoles , et que leur parallélisme a fait nommer muscles pectinés (fig. 13). La cavité de Cauricule (1) termine en avant la succession de ces colonnes ; sa texture est aréolaire ou caverneuse. La cavité postérieure, interne et gauche, d’un aspect lisse, forme le confluent des grandes veines, et se trouve partagée en deux espaces infundibuliformes,

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dans lesquels aboutissent les veines caves. L’orifice de la veine cave supérieure (2), situé en haut et en avant, circulaire, dépourvu de valvule, es» fortifié par des bandes simulant un sphincter ; son axe est dirigé en bas, en avant et à droite. U orifice de la veine cave inférieure , ouvert en bas et en. arrière, circulaire, d’un pouce de diamètre, est pourvu d’un repli considérable , la valvule d’Eustache (3), Cette valvule, en forme de croissant, de quatre lignes de largeur, occupe la moitié antérieure du contour de l’orifice. L’une de ses faces regarde la cavité du vaisseau, et l’autre, l’orifice auriculo-ventriculaire <10). A gauche, en remontant vers la veine cave supérieure , elle circonscrit un enfoncement, dit la fosse ovale (5), correspondant au trou de Botal dans le fœtus. La direction de cet orifice est évidemment inclinée vers la cloison ou la fosse ovale, tandis que la veine cave supérieure l’est vers l’orifice auriculo-ventriculaire. Au-dessous de la valvule d’Eustache est l’ouverture de la grande veine coronaire (6), dirigée en avant et à gauche, et pourvue de la valvule semi-lunaire, dite de Thèbesius. La fosse ovale, située sur la face interne et postérieure qui appartient à la cloison, constitue un enfoncement circulaire de haut en bas, tourné en regard de la veine cave inférieure. Elle est circonscrite en haut par un sphincter incomplet, l’ isthme oui’ anneau de Yieussens, et, de chaque côté, par les piliers descendans, dont l’antérieur ou gauche se continue avec l’extrémité inférieure de la valvule d’Eustache. Le fond de la fosse est fermé dans l’adulte par une membrane musculaire très mince. Dans le fœtus il est perforé par le trou de Botal, établissant la communication entre les oreillettes. Parfois ce trou persiste dans l’adulte sous forme de deux valves juxta-posées, dont le bord libre en sens inverse empêche toute communication. Autour de la veine coronaire, et au-dessous de la veine cave supérieure, sont des agglomérations de petits orifices connus sous le nom de trous de Thèbesius.

Cavité du ventricule drait (B, fig. i x, 1 5 ).

Elle représente une pyramide à trois faces irrégulières: 1° une paroi interne et postérieure gauche, formée par la cloison, convexe, rentrante de ce côté, lisse en haut et réticulée en bas ; 2° une paroi antérieure et supérieure, concave et réticulée dans toute son étendue; 3° une externe et inférieure, en forme de gouttière, qui répond au bord droit du ventricule ; 4° l’union des trois faces constitue le sommet réticulé; 5° la base forme une grande cavité ovalaire transversalement, dont la grosse extrémité, postérieure et droite, répond à l’orifice auriculo-ventriculaire, et la petite, antérieure et gauche, rejoint l’orifice de l’artère pulmonaire.

Surface inférieure du ventricule. —Toute la surface du ventricule droit est tapissée par un nombre considérable de colonnes charnues d’un fort volume, interceptant des aréoles étagées sur trois rangs ; mais en outre elle se trouve partagée, dans sa moitié inférieure, en deux cavités, par une cloison aréolaire (7), dont le bord libre est formé par une forte bandelette qui s’étend del’infundibulum del’artère pulmonaire en arrière, au milieu de la face antérieure, d’où résulte une cavité antérieure gauche, plus petite, et une postérieure droite plus grande (9), terminée par le sommet du ventricule.

Orifice auriculo-vcntriculaire (ï 0).— De forme ovalaire de droite à gauche et de bas en haut, dirigé en bas et à gauche, de 18 à 20 lignes dans son plus grand diamètre, il forme le bord adhérent d’un appendice membraneux, la valvule triglochyne ou tricuspide, composée de trois replis flottans, maintenus par les tendons filiformes d’un pareil nombre de piliers. Le repli antérieur, le plus considérable, réunit ses tendons, sur le fort pilier médian, né du milieu de la face antérieure. Le repli gauche est tendu par son pilier au-dessous de l’infundibulum de l’artère pulmonaire. Le repli postérieur est maintenu par un pilier propre et par une série de petits tendons nés de la substance propre du cœur.

Cavité infundibuliforme de l’artère pulmonaire (11). — Elle forme une espèce de vestibule entre le ventricule et l’origine de l’artère; séparée du premier par une forte bandelette, sa surface est lisse ; en haut, elle se termine par les valvules artérielles.

Orifice pulmonaire ou artériel (12). — Circulaire, légèrement rétréci par un cercle de tissu dense, il est pourvu de trois valvules nommées sygmoïdcs ou semi-lunaires (19), antérieure, postérieure et droite. Ces valvules, minces, transparentes, en forme de quart de sphère, adhèrent à la paroi artérielle par un bord demi circulaire à concavité supérieure. Elles sont formées de fibrilles musculaires concentriques, et offrent, au milieu de leur bord libre, un petit renflement dit le nodule d‘Arantius.

Cavité de Voreillette gauche (G, fîg. i 5 ).

Oblongue en Iravers, quadrangulaire de haut en bas, d’une capacité moindre que celle de l’oreillette droite, elle est percée de cinq ouvertures, les quatre veines pulmonaires (I, K.) et l’orifice auriculo-ventriculaire (14), sans compter le trou de Botal dans le fœtus. La surface de l’oreillette gauche est généralement lisse; la cavité de l’auricule (g) présente seule la texture aréolaire. Les veines pulmonaires s’abouchent de chaque côté à l’union des faces, latérale et supérieure. L’axe convergent des veines pulmonaires gauches est horizontal et tourné vers la paroi interne de l’oreil-

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lette ; celui des veines pulmonaires droites est oblique en bas et en dehors, en regard de l’orifice auriculo-ventriculaire : entre chaque paire de veines est un éperon saillant. L’orifice de chacune d’elles est dilaté en ampoule. Sur la face interne, le revers de la fosse ovale forme un renflement connu sous le nom de sinus de Morgagni.

Cavité du ventricule gauche (D, fig. x i, 15).

De forme conique de haut en bas, d’arrière en avant et de droite à gauche, elle offre quatre parois, antérieure, postérieure, droite et gauche. Une partie de sa surface est envahie par les deux forts piliers de la valvule auriculo-ventriculaire. Le reste est parsemé par une multitude d’aréoles dont les colonnes charnues sont beaucoup plus minces que celles du ventricule droit. En haut, la face externe, formée par la cloison, est lisse audessous de l’orifice artériel.

Orifice auriculo-ventriculaire (14). Situé au milieu de la base du ventricule, mais un peu à gauche et en arrière, il laisse seulement entre lui et la paroi antérieure et droite, un espace peu considérable, qui constitue l’infundibulum de l’aorte. La forme de l’orifice est sensiblement circulaire, de 10 lignes dans son plus grand diamètre. La valvule porte le nom de mitrale. Ce nom ne s’adresse qu’au repli gauche de 10 à il lignes de projection, mais en fait il existe une autre valvule, droite, peu saillante. Les valvules sont maintenues par un grand nombre de tendons rayonnés filiformes qui se rendent sur deux gros piliers, droit et gauche bilobés, dont les racines naissent des faces, externe et postérieure. L’axe de l’orifice est dirigé obliquement en bas, en aVant et à gauche, vers le milieu de la paroi formée par la cloison.

Orifice artériel ou aortique (15). Il est situé en haut, en avant et à gauche, au-dessus de la valvule mitrale. L’extrémité du ventricule, dans ce point, forme, pour l’aorte, un enfoncement ihfundibüliforme très court, l’artère elle-même, naissant immédiatement au-dessus du bord adhérent de la valvule mitrale. Cet orifice est également pourvu de trois valvules sygmoïdes(ie), semblables à celles de l’artère pulmonaire, mais plus épaisses.

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