‹ [Anatomie élémentaire en 20 planches... avec un texte explicatif à part... formant un manuel complet d'anatomie physiologique... - Texte]Chapitre 110 sur 232 · FIBRES MUSCULAIRES · texte numérisé non relu

FIBRES MUSCULAIRES

De l’ensemble des travaux sur la structure du cœur, auxquels nous avons beaucoup ajouté par nos recherches, il résulte que les deux portions artérielle et veineuse, véritablement isolées, ne s’unissent que par les zones fibreuses intermédiaires auriculo-ventriculaires.

A. Fibres ventriculaires.

Elles sont de trois sortes : antérieures, postérieures et intérieures, appartenant à la cloison. Dans la formule de Winslow elles constituent deux sacs musculeux renfermés dans un troisième commun aux deux ventricules. En sommaire, toutes trois se réunissent au sommet du ventricule gauche ; les antérieures (h,h), nées en avant et à droite de l’orifice auriculo-ventriculaire droit, et parcourant toute la face antérieure pour gagner le sommet de gauche ; les postérieures (i,i) nées en arrière et à gauche du ventricule gauche, enveloppent le ventricule droit pour gagner aussi le

COEUR

sommet de gauche; enfin les intérieures (k,k), nées des orifices pulmonaire et auriculaire droit, descendent en formant la surface de la cloison du même côté et viennent encore aboutir au sommet commun.

A partir du sommet de gauche, où toutes les fibres se rassemblent en tourbillon, elles remontent sans cesser d’être continues dans l’intérieur du ventricule gauche, et, là, elles forment deux plans, l’un médian dont les fibres remontent en spirale (1,1) en faisant le tour du ventricule jusqu’à la zone fibreuse auriculo-ventriculaire. Le plan interne remonte verticalement en formant une espèce de cornet (m,m). C’est de ces dernières fibres que procèdent au fur et à mesure toutes les colonnes charnues de la face interne. Enfin, entre les deux couches extérieure et intérieure des fibres bi-ventriculaires, existe une série d’anses, insérées aux orifices artériels et auriculaires, formant un sphincter qui occupe le quart de la hauteur du ventricule (n,n) droit et la moitié de celle du ventricule gauche. C’est à eux que les deux ventricules doivent l’augmentation d’épaisseur à leur base.

B. Fibres auriculaires.

La charpente est formée, outre les zones auriculo-ventriculaires, par deux autres formant le collet des auricules (o,p) et par les cercles d’abouchement des grandes veines. Deux longues bandes transversales unissent en commun les oreillettes : une bande antérieure (q), née à droite du cercle de l’auricule et de celui de la veine cave supérieure, enveloppe l’oreillette gauche et son auricule pour s’insérer à son orifice ventriculaire; l’autre bande postérieure (r), très longue, est située à la base ; née de l’auriCulc gauche, elle vient s’insérer sur la veine cave inférieure (H) et se confondre au-delà, avec les bandes verticales droites. Quant à chacune des oreillettes en particulier, la gauche renferme des bandes verticales et obliques (s,s), fixées à leurs extrémités sur les cercles de l’auricule et de l’orifice ventriculaire, et qui s’écartent en ellipse pour donner passage aux veines pulmonaires (I,K). La droite renferme des bandelettes verticales (t), étendues de l’orifice ventriculaire à l’une et l’autre veine cave, plus des bandes transversales (u), dont l’adossement avec celles de gauche constitue la cloison.

3° vaisseaux du cœur (figures 9, io, 16).

A. Artères cardiaques ,

Au nombre de deux, antérieure et postérieure, nées à l’opposé l’une de l’autre, de la partie supérieure des lacunes de l’aorte, à son origine.

L’artère cardiaque antérieure ou coronaire gauche, se dirige entre l’artère pulmonaire et le sommet de l’auricule gauche, puis se divise en deux branches, l’une transverse, circonflexe ou coronaire, qui longe le sillon circulaire et fournit des rameaux à l’oreillette et au ventricule gauche; la seconde branche, descendante ou inter-ventriculaire, continuation du tronc principal, accompagne le sillon longitudinal jusqu’au sommet oùelle s’anastomose avec la cardiaque postérieure. Dans son trajet elle fournit des branches nombreuses au ventricule gauche et quelques rameaux, au ventricule droit ainsi qu’à la cloison.

L ’ artère cardiaque postérieure ou coronaire droite est la plus forte et a aussi un trajet beaucoup plus long. A sa sortie de l’aorte, elle fournit des artérioles à ce vaisseau, se contourne en avant et à droite, puis en arrière, cachée dans le sillon circulaire, jusqu’à l’entre-croisement du sillon longitudinal postérieur, où elle se divise en deux branches, terminale et inter-ventriculaire. Dans son trajet, elle fournit des rameaux à l’oreillette droite, à l’infundibulum de l’artère pulmonaire, et plusieurs fortes branches au ventricule droit. La branche inter- ventriculaire descend jusqu’au sommet du sillon, où elle s’anastomose avec la cardiaque antérieure et fournit, chemin faisant, des rameaux à la face postérieure des vèntricules, dont ceux du gauche sont les plus considérables. La branche terminale continue son trajet dans le sillon circulaire et se distribue à la face postérieure de l’oreillette et du ventricule gauche.

B. Veines cardiaques.

Elles sont de trois sortes : 1° Grande veine coronaire (y). Née du sillon longitudinal antérieur, où elle reçoit les veinules des ventricules, elle se coude, à gauche, dans le sillon circulaire, reçoit, dans ce trajet, les veines du ventricule et de l’oreillette gauche, et vient se jeter dans l’oreillette droite, au-dessous de la veine cave inférieure. 2° Veine cardiaque postérieure (z). Logée dans le sillon longitudinal postérieur, où elle reçoit les veines ventriculaires, elle se jette, soit dans la grande veine coronaire près de sa terminaison, soit dans l’oreillette droite en avant et au-dessous de cette dernière, à la base de la cloison. La troisième veine procède à gauche et en arrière du sillon circulaire, reçoit les veinules du ventricule et de l’oreillette, et se jette dans l’une des veines précédentes ou dans l’oreillette droite.

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