APPAREIL VEINEUX RACHIDIEN
Les veines du rachis forment un appareil distinct intermédiaire aux deux extrémités du tronc, .la tête et le bassin, auxiliaire et moyen de communication des deux veines caves. Composées, pour chaque vertèbre, d’autant de petits systèmes qui environnent l’os, contournent ses apophyses , et le tapissent à la superficie et dans l’intérieur du canal, ces veines tracent, dans la succession du rachis, de longues chaînes continues plexiformes, disposées autour des vertèbres en plusieurs plans : un superficiel postérieur, un profond ou intra-rachidien et un antérieur ou verlébro-costolombaire.
ANGÉIOLOGIE. 17
Veines superficielles ou extra-rachidiennes postérieures.
” (63, fig. 2 , 3, 4).
Nées superficiellement en arrière de la peau et de la profondeur des muscles, elles se réunissent dans les gouttières vertébrales où elles forment autant de polyèdres quadrangulaires qui circonscrivent la lame vertébrale, et composent, par leur succession de haut en bas, une chaîne non interrompue entre les veines occipitales et sacrées avec lesquelles elles s’anastomosent. De chaque côté dé ces polyèdres latéraux se dégagent les veines terminales, qui environnent par autant d’anneaux les articulations costo-transversaires, et s’anastomosent, en regard des trous de conjugaison, avec les veines profondes, pour affluer en commun dans les intercostales. Au cou, de ces racines terminales naît une grande veine latérale, la jugulaire postérieure, qui descend et se jette en bas dans le tronc brachiocéphalique, ou dans l’anse de la grande veine azygos.
Veines profondes ou intra-rachidiennes. (64, fig- 3, 4)*
Nous n’indiquons ici que les veines intermédiaires à la dure-mère spinale et aux parois du canal vertébral, composant trois chaînes de sinus ou plexus rachidiens, distingués en postérieurs, antérieurs et transverses.
1° Plexus longitudinaux postérieurs, (a) Appliqués de chaque côté sur la face antérieure des lames vertébrales et des ligamens jaunes, composés de rameaux de moyen volume, ils forment deux chaînes continues de rectangles irréguliers, analogues à ceux des plexus postérieurs superficiels; à chaque vertèbre, ils communiquent avec ces derniers, et se vident en avant dans les sinus antérieurs et leurs branches de sortie par les trous de conjugaison.
2° Plexus transverses, (b) Ce sont les faisceaux de veinules qui occupent la partie moyenne de la face postérieure des corps vertébraux, intermédiaires des canaux de la vertèbre aux sinus latéraux antérieurs. Au-dessus de la troisième vertèbre cervicale, ils forment un lacis inextricable de veinules qui s’étend sur la gouttière basilaire, et communique avec le sinus transverse occipital.
3° Plexus ou sinus longitudinaux antérieurs, (c) Ils se composent, pour chaque espace intervertébral, d’une agglomération de veinules longitudinales , alternativement isolées et confondues à de courtes distances, sous l’aspect d’une colonne auréolaire occupant toute la hauteur du canal rachidien, mais qui se divise, pour chaque disque vertébro-costal, en autant de sections partielles, étendues de la partie moyenne de la vertèbre placée
au-dessus, à celle de la vertèbre située au-dessous, dilatées dans les points d’intersection entre leurs branches d’origine représentées par les sinus transverses et les rameaux postérieurs, et leurs branches terminales qui sortent par les trous de conjugaison pour se jeter dans les intercostales. Les sinus longitudinaux antérieurs formant deux grandes chaînes latérales non interrompues, se confondent à l’extrémité cervicale avec le plexus vertébro-basilaire (d), et à l’extrémité sacro-coccygienne avec les plexus sacrés, par les rameaux de communication des trous du môme nom.
Peines superficielles antérieures ou vertébro-costo-lombaires.
Confluens des veines du rachis et de celles des parois latérales et postérieures du tronc, les veines antérieures rachidiennes composent deux petits appareils, l’un inférieur ou abdomino-pelvien et l’autre supérieur OU thoracique.
Veines vertébrales abdomino-pelviennes. Elles sont formées par les veines sacrées latérales (40) et iléo-lombaires (39), qui se rendent médiatement ou directement dans la veine cave inférieure; les veines lombaires en particulier (23) sont interrompues dans leur trajet par une grosse veine verticale, flexueuse, située de chaque côté dans la gouttière apophysaire des vertèbres , et qui prend le nom d ’azygos lombaire. (65. Fig. 2) Cette veine ouvre en bas dans l’iliaque primitive (32), reçoit en dehors et dégage en dedans autant de veines lombaires, et vient elle-même s’ouvrir en haut, par deux ou trois bouches , dans la grande veine azygos (66) qu’elle fait communiquer de chaque côté avec les iliaques primitives.
Veines vertébrales thoraciques. Ce sont : 1° les branches d’origine formées par les veines azygos lombaires ; 2° de chaque côté les veines intercostales (21) et les branches de terminaison des plexus vertébraux (63) dont la réunion forme la petite et la grande azygos.
Veines azygos du côté gauche ou demi-azygos.
La veine demi-azygos supérieure ou intercostale supérieure (66. fig. 2), forme le tronc commun des premières veines intercostales au nombre de quatre, cinq ou six. Elle descend en arrière de l’aorte, et se jette dans le tronc de la grande veine azygos , ou dans celui de la petite azygos inférieure. Celle-ci, ou veine demi azygos , plus considérable, est formée par les veines intercostales inférieures au nombre de six ou sept, et par l’anastomose avec l’azygos lombaire de son côté. Elle constitue la branche gauche delà grande azygos dans laquelle elle se jette.
ANGÉIOLOGIE.
GRANDE VEINE AZYGOS ( 67 , 6 g. a).
D’un volume considérable, appliquée sur le côté droit de la colonne dorsale du rachis, cette veine correspondant aux veines pariétales thoraciques de l’aorte, rapporte le sang des parois latérales et postérieures du thorax, y compris la colonne vertébrale, et peut être considérée comme le canal complémentaire des deux veines caves derrière l’oreillette droite, propre à les faire se suppléer réciproquement en cas de l’oblitération de l’une d’elles. Elle naît : 1° de l’azygos lombaire de son côté par les deux ou trois dernières intercostales (a) ; 2° de la veine cave inférieure au-dessus de seconde veine lombaire (b) ; 3° de la petite azygos, par des rameaux transverses. Ascendante à droite, placée derrière la veine cave inférieure, puis l’oreillette droite du cœur, elle reçoit successivement les veines intercostales et les petites azygos, se coude d’arrière en avant, en regard de la troisième vertèbre dorsale, embrasse dans une anse la bronche et le tronc artériel pulmonaire du côté droit (c), et s’abouche au milieu de la face postérieure delà veine cave supérieure: