‹ [Anatomie élémentaire en 20 planches... avec un texte explicatif à part... formant un manuel complet d'anatomie physiologique... - Texte]Chapitre 212 sur 232 · STRUCTURE DE L’ESTOMAC · texte numérisé non relu

STRUCTURE DE L’ESTOMAC

L’estomac se dompose de quatre membranes superposées renfermant un grand nombre de vaisseaux sanguins et lymphatiques, de nerfs et de glandules ou follicules sécrétoires.

1° Membrane séreuse ou péritonéale. Partant à droite de l’épiploon gastro-hépatique, les deux feuillets de ces replis s’écartent pour recevoir l’épaisseur de l’estomac, de manière que l’un tapisse la surface entérosupérieure, l’autre la surface postéro-inférieure et tous deux se rejoignent sur la grande courbure pour former à gauche l’épiploon gastro-splénique et en bas le grand épiploon gastro-colique, de manière qu’il n’y a que les deux courbures qui soient'privées de revêtement péritonéal. L’intervalle entre les feuillets forme une sorte de canal triangulaire dans lequel rampent les grands troncs vasculaires.

2° Membrane musculeuse, (fig. 1.) Cette membrane comprend plusieurs plans défibrés dont l’intrication est admirablement calculée de manière à former deux systèmes de contraction, un pour chaque tubérosité et chaque orifice; ces deux systèmes reliés ensemble de manière à détérminér une contraction commune de l’orifice œsophagien vers l’orifice pylorique. A partir des fibres longitudinales de l’œsophage comme centre

s’épanouissent: l°Huit à dix faisceaux (a) répandus sur la grande courbure comme le seraient les doigts d’une main ; 2° Un grand faisceau de fibres longitudinales qui parcoure la petite courbure (b); et 3° Un autre faisceau moins épais qui tapisse toute la grande courbure (c). En seconde couche se présentent : 1° Deux plans de fibres elliptiques embrassant dans une anse l’orifice œsophagien et de là se dirigeant en sens inverse pour contourner : l’une toute l’extrémité pylorique etl’autre l’extrémité splénique au sommet de laquelle elle se termine par un tourbillon en spirale; 2° Enfin un plan continu .de fibres circulaires (d). De ces faits détaillés dans notre grand ouvrage, il résulte que l’estomac est susceptible d’un double mouvement de soulèvement avec contriction vers son axe, etde rétraction suivant sa longueur de l’une à l’autre tubérosité.

3° Membrane fibreuse. C’est un plan nacré, resplendissant, mais très mince, partout reconnaissable entre les éraillemens de la membrane musculeuse qui s’y attache. Par l’autre face la membrane fibreuse est séparée de la muqueuse par une couche de tissu cellulaire dans laquelle rampent des lacis vasculaires.

4° Membrane muqueuse. Indépendamment de son tissu général velouté, elle renferme deux genres d’organes microscopiques, les papilles que l’on croit des extrémités des nerfs, et les follicules sécrétoires agglomérés par plaques et stries linéaires, principalement sur les deux courbures et vers l’extrémité pylorique.

5° Vaisseaux. — Artères et veines. <( fig. 2.) Les artères sont fournies par trois branches provenant du tronc cœliaque et qui sont accompagnées dans leur trajet par des veines satellites de même dénomination qui affluent dans la veineporte abdominale. 1° Artère coronaire stomachique (f). A partir du tronc cœliaque décrit une anse ascendante vers l’œsophage et redescend de ce canal sur l’estomac : envoie d’abord en avant et en arrière une longue branche vers la grosse tubérosité qui forme un anneau artériel autour de l’orifice cardiaque, puis se divise en deux branches longitudinales antérieure et postérieure qui parcourent la petite courbure et s’anastomosent à son extrémité en une ellipse anastomosée elle-même avec l’artère pylorique. Dans leur trajet chacune de ces branches fournit sur la face correspondante de l’estomac huit à dix artères (1) qui se distribuent par trois rangs d’arcades et s’anastomosent avec les branches de la grande courbure fournies par les gastro-épiploïques. 2° Artères gastro-épiploïques. La gastro-épiploïque droite (h) fournie par l’artère hépatique (g) émet d’abord l’artère pylorique anastomosée avec les branches de la petite courbure et d’où procèdent un grand nombre de rameaux sur l’une ou l’autre face de l’extrémitfi pylorique de l’estomac. La gastro-épiploïquc-gauche (i) est

fournie sur la grosse tubérosité par l’artère splénique; les deux gastroépiploïques en longeant la grande courbure, vont l’une au devant de l’autre pour s’anastomoser au milieu (k) en dégageant des branches ascendantes gastriques (m) et des branches descendantes épiploïques.

Les lymphatiques de l’estomac divisés en deux plans sous-muqueux et sous-péritonéal se rendent vers les ganglions situés en plus grand nombre dans l’épiploon gastro-hépatique et en moins grand nombre dans l’épiploon gastro-splénique.

6° Nerfs. Ils ont deux origines, les pneumo gastriques et le grand sympathique. 1° Le pneumo-gaSirique antérieur au gauche (o) descend sur lafâce antérieure de l’œsophage et se divise en trois branches destinées à la face antérieure de l’estomac; une gauche qui se distribue sur la grosse tubérosité (p), une médiane très faibl'e et une droite (q, r, s), la plus considérable, qui fournit un grand nombre de rameaux sur la moitié pylorique du viscère. 2° Le pneumo-gastrique droit ou postérieur (n) fournit seul à toute la face postérieure de l’estomac, se perd en grande partie dans le plexus solaire et envoie néanmoinsdes rameaux sur les vaisseaux. 3°Les rameaux du grand sympathique fournis par le plexus solaire, accompagnent les divisions vasculaires concurremment avec les rameaux fournis par le pneumo-gastrique postérieur.

Fonctions de Vestomac. Ce viscère, réservoir de l’aliment, le transforme en une pâte homogène nommée chyme et le cède en cet état à l’intestin duodénum où s’opère une nouvelle élaboration. Quand sa fonction est troublée, l’estomac se contracte vers l’œsophage par lequel il évacue les gaz et fait remonter ou rendre à l’extérieur les matières qu’il renferme ; d’où les trois phénomènes de l’éructation, de la régurgitation et du vomissement.

Page 1