‹ [Anatomie élémentaire en 20 planches... avec un texte explicatif à part... formant un manuel complet d'anatomie physiologique... - Texte]Chapitre 220 sur 232 · NERF GRAND SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

NERF GRAND SYMPATHIQUE

Long cordon nerveux étendu le long de la colonne vertébrale à toute la hauteur du tronc depuis le sinus caverneux à la base du crâne jusqu’à l’extrémité du coccyx.Formé par un chapelet continu de ganglions nerveux réunis verticalement entre eux par des filets de communication et centre eux-mêmes d’une double anastomose en dedans avec les origines des nerfs cérébraux et spiraux et en dehors ou à la périphérie avec les nerfs viscéraux, soit que l’on considère ces derniers ou comme des nerfs particuliers qui se rendent dans les ganglions ou comme des filets fournis par eux. Aux deux extrémités on croit que les deux cordons du grand sympathique se réunissent par une anastomose; l’inférieure sur le coccyx est évidente, la supérieure dans le sinus coronaire n’est pas prouvée malgré les affirmations les plus récentes.

Portion céphalique. A partir du canal carotidien (1) sur lequel se trouve le plexus carotidien d’origine à filamens très déliés où Laumonier a cru trouver un petit ganglion, le grand sympathique semble avoir pour origine les filets anastomotiques avec les ganglions et les nerfs de la tête,

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les ganglions spliéno-palatin, ophthalmique et otique, les nerfs de la troisième paire, de la cinquième et de la sixième. Les nerfs du plexus carotidien descendant sur l’artère (2) viennent se rendre dans le ganglion cervical supérieur.

Portion cervicale. — Ganglion cervical supérieur (3). Ovalaire, fusiforme, situé en regard des deuxième et troisième vertèbres cervicales, il émet des rameaux de communication avec les paires cervicales, des rameaux pharyngiens et des rameaux cardiaques, envoie dés anastomoses au pneumo-gastrique et au glosso-phâryngien et continue au-delà inférieurement le grand sympathique par deux ou trois rameaux déliés, dont un plus fort que les autres qui accompagne l’artère carotide externe et vient se jeter dans le ganglion cervical moyen (4).

Ganglion cervical moyen (4). Grêle et allongé, situé au niveau des cin quième ou sixième vertèbres cervicales derrière la courbure de l’artère thyroïdienne inférieure ; ce ganglion néanmoins manque quelquefois. Les rameaux sont, outre celui de communication avec le ganglion cervical supérieur, des branches externes d’anastomose avec les 3 e , 4 e et 5 e paires cervicales, en dedans le nerf cardiaque moyen et en bas le filet de communication avec le ganglion cervical inférieur.

Ganglion cervical inférieur (6).Large, irrégulièrement quadrilatère, situé derrière l’artère vertébrale, au devant de l’apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale, il l'eçoit, outre son filet supérieur, des filets vertébraux et envoie en bas les nerfs cardiaques inférieurs, des filets à l’artère sous-clavière, et, en bas, le filet de communication dorsal.

Les nerfs cardiaques (16). Droits et gauches fournis par les ganglions cervicaux, convergent sur l’origine de l’aorte et de l’artère pulmonaire pour former les plexus cardiaques qui se distribuent à la substance du cœur, (voyez pl. 9.)

Portion thoracique. Au thorax le grand sympathique constitue un cordon aplati, d’un gris rosacé, qui longe les tètes des cèles et présente autant de ganglions qu’il y a de vertèbres ;. les deux premiers et le onzième sont les plus volumineux. De chacun de ces ganglions partent des branches externes ou rachidiennes au nombre de deux ou trois qui proviennent des nerfs intercostaux et des branches internes ou viscérales et aortiques.Les branches internes des cinq ou six premiers ganglions thoraciques se distribuent à l’aorte et au plexus pulmonaire ; les cinq suivantes se réunissent en un cordon convergeant avec son semblable qui prend le nom de nerf grand splanchnique (8) et descend un peu obliquement au devant des vertèbres pour se jeter dans le plexus solaire. Des derniers ganglions thoraciques naît le nerf petit splanchnique (9) qui com-

munique avec le grand splanchnique et se jette dans le plexus solaire et le plexus rénal.

PORTION abdominale. Plexus solaire OU épigastrique (10). Constitué par un petit chapelet de ganglions continus ou en quelque sorte confondus les uns avec les autres entre les deux grands nerfs splanchniques droit et gauche, ce plexus est le centre d’émergence d’un grand nombre de rameaux qui vont former en divergeant sur les artères les plexus secondaires des organes abdominaux. Dans le groupe des ganglions solaires se distinguent les deux ganglions externes semi-lunaires, les plus considérables. Au plexus solaire aboutissent : 1° Les deux nerfs grands splanchniques droit et gauche; 2° Une portion des nerfs petits splanchniques; et 3° Une portion considérable du nerf pneumo gastrique droit ou postérieur. Du même plexus partent comme de leur centre des filamens nombreux, formant les plexus secondaires : le plexus diaphragmatique, le plexus cœliaque d’où procèdent les plexus coronaire stomachique (16), hépatique (17), splénique (18), puis le plexus rénaux (19), mésentérique supérieur (20), spermatique (21), et mésentérique inférieur (22) ; ce dernier complété par des filamens venus des ganglions lombaires qui constituent dans l’intervalle le plexus aortique.

Cordon lombaire (11), situé à la région antérieure de la colonne lombaire du rachis au dessous du plexus solaire et plus en avant que le cordon dorsal dont il est la continuation. Il se compose de quatre à cinq ganglions dont les trois premiers fusiformes et très allongés se confondent presque avec les courts filets de communication et ne se continuent que par deux ou trois filets grêles pour atteindre le quatrième et le"cinquième ganglion, beaucoup plus petits et dont le dernier manque quelquefois.

Rameaux externes. Ce sont les filets de communication au nombre de deux ou trois : les supérieurs descendans, les inférieurs ascendans qui semblent partir des paires lombaires correspondantes et rampent sur la face latérale de la vertèbre, pour venir se jeter dans les ganglions.Le nombre et la distribution de ces rameaux, sont très variés. On y trouve aussi de petits renflemens ganglionnaires irréguliers.

Rameaux internes OU aortiques et splanchniques. En nombre irrégulier, ces rameaux vont se mêler, de même que ceux du côté opposé avec les gros cordons qui descendent des plexus solaires et mésentériques supérieurs et forment au devant de l’aorte le plexus lombo-aortique (23). De ce dernier procède le plexus mésentérique inférieur; puis il se continue en bas où il se bifurque avec l’aorte sur les vaisseaux iliaques primitifs, en deux plexus secondaires qui vont se jeter dans les plexus hypogastriques.,

Plexus hypogastriques. Au nombre de deux droit et gauche, formés de

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chaque côté par la continuation du plexus lombo-aortique, et quelques filets grêles émanés des ganglions sacrés et des rameaux de communication, des branches spinales sacrées antérieures. Le plexus des vaisseaux hypogastriques est l’origine des cordons plexiformes tertiaires qui suivent les divisions des vaisseaux et vont se distribuer au rectum, à la vessie et aux divers organes du bassin dans les deux sexes.

Cordon sacrè( 12). Continuation delà portion lombaire du grand sympathique, il forme un chapelet de cinq ganglions réunis par des filets de communication qui longent le bord externe des pseudo-vertèbres sacrées, de telle sorte que les deux cordons ..latéraux convergent l’un vers l’autre jusqu’au sommet du coccyx où ils sont réunis par une anastomose.

Les rameaux externes, courts, épais, sont fournis, au nombre de deux ou trois par chacune de paires antérieures sacrées.

Les rameaux internes s’anastomosent sur le sacrum avec ceux du côté opposé. Des rameaux antérieurs, très déliés, se jettent dans les plexus hypogastriques.

KERF PNEUMO-GASTRIQUE (24, 25).

Ce nerf, huitième paire cérébrale, appelé dans les auteurs nerf vague ou moyen sympathique, est remarquable par la singularité de son mode de distribution à des organes d’usages très différens, en sorte qu’il joue à-lafois par les nerfs qui en émanent le double rôle, tantôt d’un nerf de la vie animale et tantôt d’un nerf de la vie organique. Né au bulbé rachidien supérieur sur les corps restiformes par sept ou huit fasceaux réunis en un seul cordon, il sort du crâne parle trou déchiré postérieur, descend le long du cou, pénètre dans la poitrine, accompagne l’œsophage, traverse le diaphragme et se termine dans l’estomac et dans le plexus solaire. Dans le trou déchiré postérieur il forme un renflement ganglionnaire qui communique par plusieurs filets avec le nerf spinal et s’anastomose avec le glôsso-pharyngien. Epais etvolumineux au cou, il s’y anastomose avec l’hypoglosse, le glosso-pharyngien et le ganglion cervical supérieur du grand sympathique. Plus bas il fournit un rameau au plexus pharyngien et le nerf laryngé supérieur (Voy. pl. 15). A la partie inférieure du cou, il croise en avant les artères sous-clavières et fournit au dessous le nerf laryngé inférieur ou récurrent (pl. 16), qui se contourne en arrière et forme une anse, au dessous puis en arrière de l’artère sous-clavière, à droite, et de la crosse de l’aorte à gauche. A partir de ce point la forme, le trajet et le mode de distribution du pneumo-gas trique, varie du côté droit au côté gauche. L epneumo-gastrique droit ou postérieur (24), descend obliquement derrière la trachée artère où il s’aplatit en s’élargissant et à

part une branche principale de continuation, semble s’érailler en un grand nombre de rameaux qui concourent à former le plexus pulmonaire; reconstitué au dessous, il descend par deux branches aplaties qui longent le côté droit et postérieur de l’œsophage, traverse le diaphragme sur ce canal et se divise en branches gastriques qui tapissent toute la face postérieure de l’estomac et en branches ganglionnaires qui se jettent dans le plexus solaire. Un rameau considérable concourt à former le plexus coronaire stomachique et une autre le plexus hépatique. Le pneumo-gastrique gauche ou antérieur se décompose également sur la bronche gauche, concourt à former le plexus pulmonaire, envoie un rameau au plexus cardiaque, plusieurs rameaux trachéens et contribue avec son congénère à former le plexus œsophagien. Il descend ensuite en deux ou trois branches fréquemment anastomosées entre elles à gauche, puis en avant de l’œsophage, traverse le diaphragme et s’épanouit sur la face antérieure de l’estomac.

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