‹ [Anatomie élémentaire en 20 planches... avec un texte explicatif à part... formant un manuel complet d'anatomie physiologique... - Texte]Chapitre 225 sur 232 · DES TESTICULES ET DE LEURS ENVELOPPES · texte numérisé non relu

DES TESTICULES ET DE LEURS ENVELOPPES

Enveloppes testiculaires.

Au nombre de cinq: le scrotum, le dartos, la tunique érythroïde, la tunique fibreuse et la double tunique vaginale, outre une sixième enveloppe, la tunique albuginée qui appartient en propre à la glande.

i“ Scrotum. { 1) Poche cutanée commune aux deux testicules, en forme de bourse, formée par une peau très fine, lâche, extensible et rétractile, de couleur brune, parsemée de poils, divisée verticalement par une série linéaire de petites crêtes médianes nommée le raphé.

2 ° Dartos. (2) Membrane fibro-celluleuse, rougeâtre, très vasculaire, en forme de sac, suspendue aux cordons spermatiques et à la racine du pénis et renfermant les deux testicules, mais avec interposition d’une cloison.

O RG AISES GENITAUX. 1

Le darlos sur les deux, faces n’est uni au scrotum et à la tunique musculeuse, que par un tissu cellulaire filamenteux très lâche.

3° Tunique èrythrnïde. (3)Elle est formée par l'épanouissement sur la tunique fibreuse, du muscle crémaster dont les fibres éraillées et amincies s’aplatissent en une membrane rougeâtre qui enveloppe le cordon spermatique et le testicule. Ce muscle formé à l’arcade crurale par quelques fibres du petit oblique auxquelles s’en joignent d’autres, fixées dans la gouttière du ligament de Poupart, enveloppe le cordon spermatique par des fibres en anses plus visibles sur la face externe où elles font suite aux faisceaux d’origine. C’est à cette tunique musculaire qu’est dù le mouvement d’ascension du testicule, très prononcé chez les hommes vigoureux.

• 4" Tunique fibreuse. (4) Enveloppe propre du testicule et du cordon spermatique dont elle emprunte la forme. En haut on la considère comme faisant suite au fascia transversalis dont elle ne serait, en théorie, que le prolongement foetal lors de la descente des testicules dans le scrotum.

5° Tunique séreuse ou vaginale. (5) Comme toutes les séreuses formant un double sac sans ouverture, dont l’un, enveloppant le testicule, forme le feuillet viscéral et l’autre adhérant à la tunique fibreuse, le feuillet pariétal, avec interposition d’une cavité séreuse intermédiaire où l’accumulation morbide de la sérosité donne lieu à la maladie connue sous le nom d’hydrocèle. Comme dans toutes les séreuses aussi, la réflexion du feuillet viscéral pour devenir pariétal, se fait au point où pénètrent les vaisseaux, c’est-à-dire au-dessous de l’épididyme. La tunique isolée du péritoine dans l’adulte, n’est autre que le prolongement fœtal de cette membrane. La persistance de cette communication donne lieu à la hernie et à l’hydrocèle congéniales.

TESTICULES, la)

Organes sécréteurs du sperme, au nombre de deux, situés dans le sac formé par le scrotum et le dartos, où ils sont appendus aux deux cordons spermatiques, le gauche un peu plus gros et placé plus bas que le droit ; ovoïdes,avec leur plus grand diamètre vertical et un peu oblique; aplatis sur les faces latérales, leur grosse extrémité supérieure et antérieure, la petite inférieure et postérieure; de couleur blanche, d’un poids moyen de trente grammes, sur l’homme vivant, d’une consistance assez ferme à l’état lurgide.

Structure du testicule. t° Tunique albuginèc. Enveloppe propre du testicule, d’un blanc nacré, très résistante, inextensible, analogue à la sclérotique de l’œil et formant, comme cette dernière, une coque qui renferme son Organe ; lisse à sa surface externe, où elle est revêtue par la tunique vaginale, et parsemée de vaisseaux logés dans son épaisseur comme

pour la dure-mère; tomenteuse à sa surface interne, d’où procèdent des prolongemens vasculaires et des cloisons incomplètes qui séparent en lobules la substance de l’organe ; offrant vers la moitié antérieure du bord supérieur du testicule, le corps d’Hygmore, formé par une agglomération de vaisseaux sanguins etséminifères. — 2° Tissu propre. Il se' présente sous l’aspect d’une substance molle, jaunâtre, agglomérée en lobules qui séparent des cloisons vasculaires.* Cette substance est elle-même formée par des myriades de petits vaisseaux, les conduits séminifères, tortueux et nécessairement repliés sur eux-mêmes en pelotons, de manière à figurer une apparence de granulations-En soulevant un de ces vaisseaux sur un lobule, on dévide la masse entière par filamens, dontMonro a estimé la longueur à 5,000 pieds pour un seul testicule. — 3° Vaisseaux testiculaires (8, 9). Ce sont les branches terminales des spermatiques. Les vaisseaux spermatiques naissent dans l’abdomen; l’artère procède de l’aorte ou de l’artère rénale de son côté; la veine simple ou double se jette dans la veine cave inférieure ou dans la veine rénale. A. partir de ce point d’origine ou de terminaison, ces vaisseaux descendent sur les psoas vers l’orifice inguinal interne; agglomérés dans ce point avec le canal déférent, une branche du nerf génito-crural, le plexus nerveux spermatique et des vaisseaux lympathiques, ils forment en commun le cordon spermatique. Ce cordon vasculaire, ainsi formé de l’artère et des nerfs qui vont au testicule, des veines, du canal excréteur et des lymphatiques qui en reviennent, traverse le canal inguinal et descend dans le scrotum, environné par les enveloppes. L’artère spermatique se divise en deux branches, Vépididy maire et la testiculaire, dont chacune se rend à l’organe dont elle porte le nom. Les veines, au nombre de deux ou trois, flexueuses et souvent anastomosées entre elles, concourent pour une grande part au volume du cordon; les nerfs, au contraire, sont très déliés.

ÉPIDIDYME. (fl)

Appendice vermiculaire appliqué sur les bords externe et supérieur du testicule, composé de trois parties : la tête, renflement qui naît de la substance de l’organe; le corps, détaché de la surface; la queue, adhérente à l’enveloppe testiculaire et réfléchie de bas en haut, pour donner naissance au canal déférent qui la continue. Examiné dans sa structure, l’épididyme n’estautre chose qu’un canal sinueux, contourné un grand nombre de fois sur lui-même en huit de chiffre, de manière à ramasser en cinq centimètres (un pouce et demi) une longueur que, par le déplissement, Monro a évaluée à 32 pieds. A son intérieur, ce conduit flexueux, que l’on peut considérer comme l’origine du canal déférent, est formé dans la tête par

les vaisseaux séminifères afférens, au nombre de vingl et plus, continuateurs de ceux du corps d’Hygmore, mais qui se réunissent bientôt en un seul canal- L’épididyme reçoit ses vaisseaux, artères, veines et nerfs, de ceux du cordon-

CANAL DÉFÉRENT, (b)

Conduit excréteurdu testicule, dont la longueur considérable s’étend du testicule au conduit éjaculateur. Continuation de l’épididyme; il remonte encore un peu flexueùx sur le côté interne de ce corps. Devenu droit dans la portion funiculaire, il remonte avec les vaisseaux du cordon et franchit le canal inguinal. Parvenu dans l’abdomen, il se sépare des autres vaisseaux, s’enfonce verticalement dans le bassin, côtoie les faces latérales, postérieure puis inférieure de la vessie, en se rapprochant de son congénère entre la vésicule séminale et le plan moyen. En ce point il redevient flexueux, se dilate en petites ampoules, et, au niveau de l’extrémité antérieure de la vésicule séminale, se réunit à angle aigu avec le conduit excréteur de cette vésicule, pour former en commun le conduit éjaculateur. Le canal déférent est cylindrique; sa paroi circulaire est épaisse et d’un tissu très dense ; le canal intérieur est capillaire et entrecoupé par des filamens fibreux.

VÉSICULE SÉMINALE, (c)

Poche membraneuse multiloculaire, double, servant de réservoir au sperme, chacune pour le testicule de son côté. Située à la face inférieure de la vessie, entre cet organe et le rectum, allongée, plate, dirigée obliquement d’arrière en avant et de dehors en dedans, de manière que les deux vésicules, écartées en arrière, convergent en avant vers l’urèthre; d’un aspect bosselé à l’extérieur, qui traduit les cellules dont l’organe est formé à l’intérieur, mais seulement par les flexuosités de l’enveloppe, la dissection ramenant la vésicule déployée à un simple canal d’une longueur de vingt-cinq à trente centimètres. A son extrémité antérieure riait son canal excréteur, très délié, qui, à quelques millimètres de sa sortie, s’unit à angle aigu avec le canal déférent, pour former en commun le conduit éjaculateur (10). Celui-ci s’enfonce dans la prostate qu’il traverse obliquement de bas en haut, d’arrière en avant et de dehors en dedans,- en marchant à la rencontre de son congénère, et tous deux viennent s’ouvrir dans l’urèthre, sur les deux faces du veru montanum.

PÉNIS, (f)

Organe de la copulation, situé au-devant de la symphyse du pubis, à laquelle il est suspendu par un ligament; cylindroïde, affaissé, flasque, re-

tombant sur lui-mème avec une courbure correspondant à son attache dans l’état ordinaire, en forme de prisme triangulaire, à l’étal turgide ou d’érection; terminé à son extrémité libre par un renflement conoïde, le gland (15), dont le sommet est percé par le méat urinaire, orifice du canal de l’urèthre.

Structure du pénis.

i° Peau. Fine, élastique et très mobile par la laxité du tissu cellulaire qui l’unit à l’enveloppe fibreuse sous-jacente ; au pourtour du gland, elle forme, pour l’envelopper, un prolongement libre, le prépuce, qui se détache de l’enveloppe fibreuse des corps caverneux au contour de la couronne du gland, revêt cet organe, en formant au-devant un bourrelet plissé, puis se réfléchissant sur lui-mème, se double et se transforme en un tissu demi cutané, demi muqueux, atteint la couronne du gland et se réfléchit de nouveau sur lui-mème pour former le tégument de cet organe jusqu’à son sommet, où il s’unit à la muqueuse de l’orifice uréthral. En bas et eii arrière, entre la couronne et le méat urinaire, la muqueuse du gland forme un repli triangulaire, dit le frein ou filet du pénis. Le resserrement de l’orifice cutané du prépuce, qui empêche le gland de sortir, constitue la maladie appelée phymosis ; si dans cet état le prépuce est porté fortement en arrière, de manière à faire jaillir le gland que l'orifice cutané étrangle à sa base, il en résulte un paraphymosis.

2° Corps caverneux (14). Sac fibreux, rempli par du tissu érectile, qui forme la presque totalité du pénis. Bifurqué en arrière, il commence par deux racines fibreuses, implantées à la face interne et supérieure des tubérosités des ischions , et dont le volume est augmenté par les muscles ischio-caverneux qui s’y insèrent. Convergentes l’une vers l’autre, ces deux racines s’unissent, au niveau de la symphyse du pubis, pour former en commun le corps caverneux. Celui-ci, de forme cylindroïde ou triangulaire, est partagé au milieu par une cloison fibreuse verticale, qui le divise en deux moitiés, mais non en deux corps caverneux, cette cloison incomplète permettant les communications vasculaires d’un côté à l’autre. Venveloppe fibrpuse, épaisse de deux à trois millimètres, offre une très grande résistance, qui s’allie cependant avec l’élasticité due à la disposition aréolaire du tissu fibreux. Le tissu spongieux ou érectile , est formé par des cellules veineuses, communiquant les unes avec les autres dans toute l’étendue du corps caverneux.

3° Pour les vaisseaux dupénis. Voyez plus haut, région ano-génilale.

4° Canal de l’urèthre. Canal excréteur de l’urine et du sperme dans l’homme, situé sur le plan moyen, long de deux décimètres et demi (9 pou-

ces), étendu depuis le col de la vessie jusqu’au méat urinaire au sommet du gland, indexe à double courbure en S, l’une à concavité supérieure, audessous du pubis, l’autre à concavité inférieure à la racine du pénis et due au soulèvement de cet organe par son ligament suspenseur; divisé en trois portions, prostatique, membraneuse et spongieuse.

Portion prostatique. Longue de deux centimètres et demi, faisant suite au col de la vessie, qu’elle embrasse, et formée par la prostate. Cette glande (d), du volume d’une petite noix, divisée en deux lobes latéraux, est percée à la partie supérieure par le canal de l’urèthre, et dans son épaisseur par les conduits éjaculateurs qui la traversent suivant un trajet oblique, pour venir s’ouvrir au veru montanum. La prostate est constituée par des granulations, d’où naissent de petits conduits excréteurs qui s’ouvrent de chaque côté dans les gouttières latérales au verumontanum. Ce dernier, dit aussi crête uréthrale, est une petite éminence verticale et antéro-postérieure, formée par la membrane muqueuse, et qui est comme un mamelon pour l’orihce saillant des conduits éjaculateurs.

Portion membraneuse (11). Longue de deux centimètres , elle est formée par la paroi propre du canal, fortifiée par ses muscles constricteurs. C’est cette portion que l’on incise d’abord dans les divers procédés de taille périnéale.

Portion spongieuse (13). Elle forme à elle seule presque toute la longueur du canal. En arrière est un renflement de tissu spongieux, le bulbe de l’urèthre, sur lequel s’appliquent les muscles bulbo-caverneux; en avant, le gland constitue un autre renflement, formé par un tissu spongieux différent de celui du corps caverneux, et auquel se rend l’artère dorsale de la verge. A l’extérieur, le gland est limité à sa base par un étranglement circulaire, dit la couronne. La membrane muqueuse uréthrale, lisse et dense, est criblée de petites cavités , appelées les sinus de Morgagni. La cavité du canal a été mal décrite jusqu’à ce jour. Injectée, comme nous l’avons fait, avec l’alliage de M. Darcet, on voit que sa portion prostatique est circulaire; la portion bulbeuse est la plus large et un peu aplatie en travers. La portion renfermée dans le gland est elliptique verticalement et la plus étroite; la prétendue dilatation ou fosse naviculaire, que l’on dit qu’elle renferme, n’existe pas.

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