INTRODUCTION
L'étude de l’ectromélie est loin de représenter un sujet nouveau. Les travaux sur cette variété tératologique sont nombreux et la question parait très complètement mise au point; il nous semble cependant que les conditions dans lesquelles nous nous sommes trouvé légitiment l'entreprise de ces recherches. Tous les auteurs qui ont écrit sur l’ectromélie n’ont établi leur travail que sur un nombre très restreint de cas personnels, quelquefois même sur un cas unique, beaucoup n'ont pu disséquer complètement les pièces, certainsse sont contentés de la radiographie.
J. Sazmow a vu la question sous un jour plus large ; il à mis en lumière la nature du processus ectromélien, mais il a été obligé de s'appuyer sur des cas disparates ; sa théorie est basée sur l'étude de sujets d'origine très variée et présentant toutes les variétés d'ectromélie.
Le point de départ de notre travail est tout autre ; l’idée nous en à été donnée, par notre maître M. Et. Rapaun. Dans les élevages de souris qu'il faisait depuis 1909 en vue de l'étude de l'hérédité, M. Et. Rapaup a, depuis 1913, suivi une race d’ectromèles. En nous donnant cet élevage, il nous a permis d'effectuer des recherches anatomiques et morphogéniques, que personne jusqu’à ce jour n'avait été matériellement en état de faire ; et de plus il nous a mis à même de constater les caractères généraux des ectroméliens sur 242 sujets provenant d’une source unique et connue.
Nous ne saurions commencer l'exposé de nos recherches sans remercier M. Et. Rapaup de la confiance qu'il nous a témoignée en laissant ce matériel à notre disposition, et de l’aide que ses
conseils répétés nous ont sans cesse donnée pour la conduite générale de ce travail.
Le professeur Nicozas nous a admis auprès de lui depuis 1911 ; c’est dans son laboratoire que l'étude anatomique, les coupes embryologiques et histologiques ont été faites. Il nous a permis de mener à bien une partie de ces ‘recherches, consacrant bien des heures à nous apprendre une technique toute nouvelle pour nous et à contrôler le résultat des lectures de nos coupes.
Notre jeune ami Reno», interne des Hôpitaux de Paris, a exécuté les 54 figures réparties dans le texte. Nous devons le remercier de son aide, il a fait là un travail rendu délicat et difficile par la dimension des pièces, et a mis en valeur, avec plein succès, Les détails les plus minimes.
En commençant ce travail nous pensions que seule l'étude de . l’'embryologie pourrait donner un résultat intéressant, et qu’elle nous amènerait sûrement à une conclusion. Aussi, en même temps que nous nous occupions de l'élevage des souris ectromèles, avons-nous continué l’élevage de souris normales de façon à pouvoir comparer entre eux les divers stades.
Rapidement, l’étude de l'anatomie pure nous a montré que si l’embryologie pouvait nous apporter un appoint intéressant, elle n’était pas absolument nécessaire. Des coupes d'embryons normaux de toutes tailles (depuis 0 €. 4) nous ont montré l’époque du passage aux différents stades, mésenchymateux, eartilagineux, osseux. Les échecs répétés et inexpliqués dans l'application de certaines méthodes de coloration élective, la difficulté de l'élevage des souris tératologiques, le petit nombre de leurs produits, nous a amené à négliger momentanément certains points d’embryologie.
Nos recherches d'anatomie normale et tératologique suffisent, du reste, à nous montrer que nous nous trouvons, comme l’avait avancé SaLmoN, en présence de phénomènes d’hétéromorphose ; l’embryologie ne pourrait que préciser le moment exact de l’apparition de l’anomalie.
Nous n’avons pas l'intention d'abandonner ce côté de la question ; mais la réduction forcée de l'élevage etles conditions dans lesquelles, il à été fait pendant près de cinq ans (1) nous forcent
(‘} Nous ne saurians parler des conditions de l'élevage sans remercier J. Garer.-