INTRODUCTION IX
malheureuse de chercheurs qui, n'ayant pas à leur disposition les méthodes d'investigation que l’on doit employer pour étudier la structure intime des êtres organisés, ont préféré déclarer que la connaissance de l'organisation ne pouvait fournir que des renseignements négligeables.
La physiologie générale elle-même, qui n’est autre chose que la mécanique biologique, peut être aussi considérée comme Ja physiologie comparée des animaus et des végétaus.
Si cette science s'attache plus particulièrement à l'étude des phénomènes de la matière vivante réduite à son état le plus élémentaire, à l'analyse des propriétés du sarcode ou protoplasme, elle n’en pourra pas moins progresser et se développer qu'à la condilion que celui qui la cultive possède les méthodes d'investigation mises en œuvre pour l'étude de l’anatomie générale.
Rien ne nous autorise, d’ailleurs, à assimiler la matière vivante à celle des corps bruts et si, à côté des procédés spéciaus à la physiologie, le naturaliste qui s'occupe plus particulièrement de la dynamique biologique utilise des méthodes ou des appareils imaginés par les physiciens ou par les chimistes, ce n’est pas une raison suffisante pour admettre qu’il existe une physique biologique ou une chimie physiologique.
D'autre part, si l'on veut appeler physique biologique l’ensemble des conditions cosmiques qui constituent le milieu où vivent les animaus et les végélaus, et les rapports qui existent entre les individus et le milieu qu'ils habitent, on montrera seulement que l’on ne connaît pas l'histoire et les origines de la physiologie, ni même l’étymologie du nom qui a été donné à cette science par les anciens.
On ne saurait protester trop énergiquement contre cette tendance fâcheuse qui consiste à enseigner le mépris de la connaissance approfondie de l’organisation statique des êtres lorsqu'il s’agit d'étudier la substance vivante à l’état dynamique.
La Physiologie comparée devra sans cesse s’appuver sur l’Anatomie comparée, comme la Physiologie générale s’appuiera sur l’'Anatomie générale; seulement, et c’est- là un point essentiel, le physiologiste devra donner à ses recherches anatomiques une