III. — De la division des glandes d’après leur disposition
anatomique.
La division des glandes; depuis si longtemps connue, i est peu importante, car elle n’est basée ni sur une
différence de structure des éléments glandulaires, ni sur une différence dans leur rôle physiologique. Cettcl division repose uniquement sur une différence fort légère dans la disposition anatomique de ces organes. | C’est ainsi qu’on a admis des glandes en grappe, des glandes en tube et des glandes folliculeuses ou vasculaires sanguines.
1° Glandes en grappe. — On a appelé glandes en grappe, celles dans lesquelles la partie sécrétante de la glande est disposée aux extrémités des conduits excréteurs, de la même manière que les grains de raisin sont disposés aux extrémités des ramifications de la grappe qui les supporte. Si la glande présente un grain, acinus, ou un
IDKES GÉNÉKAIÆS SUR LES GLANDES. M
petit nombre de grains, c’est une glande en grapjoe üdmple; s’il en existe un grand nombre dont les canaux ponvergent vers un conduit principal, c’est une glande bn grappe composée {Yoij. fig. l, 2 et 16).
■ Parmi les glandes en grappe simple, on décrit celles ide l’œsophage, les glandes sébacées, etc.
' Parmi les glandes en grappe composée, nous trou- Avons le pancréas , les glandes salivaires , le foie, le 1 pou mon.
Fig. 1. Montrant un lobe de la glande mammaire, d’après Kolliker.
1. 1. 1. Lobules bosselés de la glande. —2. Canal excréteur. — 3. Ramifications de ce canal dans les lobules. — 4. 4. 4. Culs-de-sac de la glande formant une surface bosselée.
2” Glandes en tube. — Lorsque la portion sécrétante de la glande est formée par un assemblage de tubes
ANATOMIE ET PHVSIOLOOIE OU l'OUMON.
Fig. 2. Montrant un lobe de glande en grappe (parotide).
plus OU moins ramifiés , plus ou moins longs, la glande est dite glande en tube. Telles sont la glande rénale (Foy. fig. 5), la glande testiculaire, etc. La glande en tube peut être plus simple et formée par un seul tube, lequel est tantôt droit, comme dans les glandes de l’estomac
Fig. 3. Montrant les glandes en tube droit (estomac), d’après M. Sappey.
t. l.Tube. — 2. 2. 3. 3. Fond des glandes dans la tunique celluleuse. — •l. 4-. 5. 5. Orifices des glandes.
lî)KKS GICNKRALES SUR LES GLANDES.
Voy. fîg. 3), tantôt contourné et fïexuenx, comme dans les glandes sudoripares et cérumineuses {Voy. fig. 4).
Fig. 4. Montrant une glande en tube flexueux (glande sudoripare).
3° Glandes vasculaires sanguines. — Le troisième groupe, admis dans la division des glandes, est constitué par des organes spéciaux, appelés glandes vasculaires sanguines ou folliculeuses. Elles se distinguent de celles des autres groupes par l’absence de conduits excréteurs, mais elles s’en rapprochent par la grande quantité de sang qu’elles reçoivent , et surtout par la structure intime de leur élément glandulaire. Ces organes sont donc, à juste titre, décrits parmi les glandes. Dans ce groupe se
ANATOMIK RT MlYSlüLOdlR DU POUMON.
rencontrent la rate, le corps thyroïde, le thymus, lesii ganglions lymphatiques, etc. {Voy. fig. G).
Fig. 5. Montrant un faisceau de tubes flexueux du rein.
A. B. Artère rénale. — C. Branche afférente du glomérule de Malpighi. — D. Branche efférente. — E. F. Portion flexuevise des tuhes du rein. — • G. H. Portion non flexueuse des mêmes tubes. :
4® Glandes séreuses. — A ces trois espèces de glandesf on pourrait en ajouter une quatrième, constituant un groupe nettement séparé des autres par la disposition anatomique des organes qui le constituent. Ce sont les glandes séreuses , présentant la même structure que les trois groupes précédents, dont elles ne diffèrent que par leur disposition en forme de membranes étalées. On
IDÉES GÉNÉRALES SLR LES GLANDES
ne peut se refuser à admettre ce groupe, car les membranes séreuses présentent la structure des éléments i glandulaires, c’est-à-dire une paroi propre doublée à 1 l’intérieur d’une couche épithéliale, et à l’extérieur, ; d’une couche vasculaire. Si l’on considère, en outre, que (Ces membranes fournissent un liquide, au niveau de la • surface épithéliale, on devra admettre l’existence de ces : glandes dépourvues de conduits excréteurs, comme les •.glandes vasculaires sanguines.
Fig. 6. Coupe schématique de quelques follicules clos du corps thyroïde.
On y voit quatre follicules entiers , trois follicules incomplets et du tissu cellulaire qui les sépare.
Cette division permettrait d’envisager ces organes à un point de vue plus général qu’on ne l’a fait jusqu’à ce jour, et de les définir ainsi :
On appelle glandes, des organes ayant la forme d’une membrane revêtue d’une couche d’ épithélium sur l’une de ses faces, et d’un réseau vasculaire sur la face opposée; que cette
16 ANATOMIE ET IMiYSiOEOOIE OU l'OUMON.
membrane soit étendue en surface comme les séreuses qu'elle soit divisée en petites sphères , comme dans les glandes' folliculeuses ; qu’elle ait la forme de tubes ou bien celle de\ cavités présentant des culs-de-sac sur leur paroi.
Les nombreuses séreuses splanchniques, plèvre, péricarde, péritoine, arachnoïde, tunique vaginale, sont, par conséquent, des glandes fournissant un liquide particulier. Les séreuses articulaires ou synoviales sont également des glandes, sécrétant la synovie. Envisageant les synoviales de la sorte, nous ne pouvons admettre, à la manière de quelques auteurs, l’existence d’une
Fig. 7. Glande séreuse (plèvre).
1. Ligne indiquant la paroi du thorax. — 2. Feuillet pariétal de la plèvre. — 3. Feuillet viscéral de la plèvre. — 4. Cavité de la plèvre.
IDÉES GÉNÉRALES SUR LES GLANDES
! couche d’épitliélium sur les cartilages articulaires. En I effet, la couche épithéliale ne paraît nécessaire que sur 'les points où se fait la sécrétion et personne ne you- • cirait, croyons-nous, admettre que la synovie fût sécrétée par les cartilages qui revêtent les os au niveau (les articulations. Notre manière de voir exclue égaleîinent, de la structure des synoviales, ces glandules que quelques auteurs ont décrits dans l’épaisseur de ces 1 membranes et dont M. le professeur Robin a déjà fait i justice, en montrant que ces prétendues glandes ne > sont autre chose que des dépressions de la membrane 'Synoviale, à travers des éraillures des tissus sousi jacents.
Du reste , comment ne pas admettre l’existence des : glandes séreuses, lorsqu’on examine le liquide qu’elles 'Sécrètent, la synovie, par exemple. Si ces membranes : ne sécrétaient point comme les autres glandes, le liquide contenu dans les articulations aurait la consistance de la lymphe, du plasma du sang et il serait dépourvu de cette consistance particulière qui indique un liquide spécial et conséquemment un rôle actif de la paroi synoviale, prenant dans le sang les éléments de cette sécrétion.
En résumé , on peut admettre quatre groupes de glandes, représentés dans le tableau suivant :