‹ Anatomie et physiologie du poumon considéré comme organe de sécrétionChapitre 24 sur 37 · II. — Excrétion de l’acide carbonique · texte numérisé non relu

II. — Excrétion de l’acide carbonique

L’acide carbonique est un des nombreux produits de désassimilation de nos tissus, un produit gazeux.

Il esL pris par les capillaires au sein des organes, et il est porté au poumon par le système circulatoire du cœur droit , par le sang veineux. Arrivé au niveau des capillaires de la glande pulmonaire, il se dégage et passe dans les vésicules du poumon et dans les divisions bronchiques, d’où il sera bientôt expulsé.

Les lois de l’endosmose gazeuse nous apprennent que cette excrétion de l’acide carbonique marche, en général, de front avec l’absorption de l’oxygène, que l’une diminue quand l’autre diminue , et qu’elles augmentent également en même temps. La séparation de l’acide carbonique du sangnécessite donc l’intervention de l’oxygène, et c’est, à coup sûr, pour cette raison que le poumon a été chargé de ces deux fonctions de respiration et d’excrétion. Dans cet échange gazeux, se trouvent liées de la manière la plus intime la respiration et l’excrétion du poumon.

Si, ordinairement, l’exhalation de l’acide carbonique augmente ou diminue dans les mêmes rapports que l’absorption de l’oxygène , il ne faut voir dans ces deux phénomènes que deux phénomènes de nutrition, et il est naturel de penser que l’organisme doit prendre dans l’air un aliment dont les effets nutritifs sont en rapport avec les déperditions qu’il subit sans cesse.

En un mot, nous ne voyons, dans ces deux phénomènes, qu’une succession de deux fonctions se portant mutuellement secours, et une foule de faits se présentent à l’esprit du physiologiste pour lui prouver

PRODUITS d’excrétion.

que Tuii de ces actes peut continuer pendant que Taui tre cesse complètement ou à peu près complètement. •Malgré l’affinité qui existe entre les phénomènes proiduits par ces deux courants gazeux , on ne doit point îles croire inséparables : nous allons le démontrer.

D’abord , V absorption de V oxygène peut continuer, Vexcré- , lion de V acide carbonique étant suspendue, dans les cas suivants, par exemple :

MM. Vierordt et Duchek ont démontré que la quantité d’acide carbonique exhalé diminue au bout de peu de temps, après l’ingestion d’une certaine quantité d’alcool. Introduit dans le sang par l’absorption intestinale , l’alcool se transforme en aldéhyde, qui est excrété par le poumon, tant qu’il en existe dans les yaisseaux. Lorsque cette substance a complètement disparu du liquide sanguin, on voit l’acide carbonique, qui avait considérablement diminué et presque disparu, revenir à son état normal. Et cependant, tandis que le poumon se débarrassait de l’aldéhyde, il absorbait l’oxygène comme à l’état normal.

2" Les cholériques absorbent de l’oxygène et n’excrètent que fort peu d’acide carbonique.

On peut voir, au contraire, V excrétion de Vacide car- ! bonique continuer, pendant que V absorption de V oxygène est interrompue.

■ Dans le cas d’asphyxie par l’acide carbonique; par ' exemple, dans le cas où un homme respire l’acide carboni([ue provenant d’un brasier ardent, ou bien dans

le cas où un homme respire dans une pièce trop étroite, l’oxygène diminue rapidement, et il arrive un moment où la quantité de ce gaz absorbée par le patient est presque nulle. A ce moment, cependant, l’excrétion de l’acide carbonique n’a pas cessé, et ce gaz vient s’ajouter à celui que l’air contenait déjà. On peut répéter facilement cette expérience en privant d’oxygène certains animaux, tels que les grenouilles. Elles continuent à vivre pendant plusieurs jours , et excrètent de l’acide carbonique.

Donc, absorption d’oxygène et excrétion d’acide carbonique pouvant avoir lieu séparément, nous croyons devoir conclure que ces deux phénomènes sont le résultat de deux fonctions intercalées, et qu’ils ne sont pas chacun le sine quâ non de l’autre.

Page 1