‹ Anatomie générale [electronic resource]Chapitre 34 sur 53 · DES FORMES DU SYSTÈME FIBRO-CARTILAGINEUX · texte numérisé non relu

DES FORMES DU SYSTÈME FIBRO-CARTILAGINEUX

On peut distribuer en trois classes les organes fibro-cartilagineux.

La première comprend ceux qui occupent les oreilles , les ailes du nez , la trachée-artère , les paupières , etc. Ils sont très-minces , comme membraneux, tantôt disposés en un plan uniforme , tantôt recourbés sur eux-mêmes en différens sens. Comme leur position ni leurs fonctions n’ont rien de commun , nous n’en emprunterons point leur

dénomination ; nous la tirerons de leurs formes : on peut désigner ces substances sous le nom de fibro cartilages membraneux (t). Au reste, c’est non-seulement par sa forme , mais encore par sa nature, que cette classe diffère des autres, comme nous le verrons.

Dans la seconde classe se rangent les substances inter-articulaires, qui occupent l’intervalle des articulations mobiles ; soit que, libres en partie dans la cavité, comme celle du genou, de la mâchoire inférieure, etc., elles se portent en différens sens, suivant les mouvemens; soit que, comme celle du corps des vertèbres , elles se fixent d’une manière solide , quoique mobile , sur les surfaces osseuses. Ces organes sont, en général , plus épais que les pré-

(1) Sous le nom de cartilages membraneux , Bichat désigne ici des corps qui ont tout-à— fait les caractères des cartilages , et qui présentent de spécial ces deux caractères seulement : i° leur aplatissement très-grand, 2° l'épaisseur remarquable de leur périchondre. C’est cette dernière disposition surtout qui a abusé les anatomistes , et leur a fait croire à une forme fibro-cartilagineuse , dans des parties qui ne présentent point , en réalité, un mélange intime de tissu cartilagineux et de substance fibreuse. Au reste, Meckel , depuis long— temps, et plus récemment Béclard , avaient déjà, à cet égard , rectifié les idées émises par Bicbat. Les prétendues lames fibro-cartilagineuses dont il est ici question , sont principalernentles corps élastiques qui forment roricule, l’aile du nez , l’épiglotte , la trachée , les bronches et le bord libre des paupières ; enfin , c’est encore dans la même classe que vient se ranger cette production cpie j’ai découverte dans le centre de la langue , et à laquelle j’ai donné le nom de cartilage lingual.

(F. Blandin. )

FIBRO-CARTItAGÏNÉÜX.

cédens, singulièrement variables dans leur forme, représentant communément des espèces de lames , quelquefois percés à leur milieu dans les cavités articulaires , disposés en faisceaux très-épais , et figurés comme le corps des vertèbres à la colonne vertébrale. On peut les désigner sous le nom de fibro-carti lages articulaires.

Je rapporte à la troisième classe certaines portions du périoste où cette membrane change entièrement de nature , se pénètre de gélatine , et offre un aspect d’abord analogue h celui des cartilages, mais où il est facile cependant de distinguer le tissu fibreux. Ces portions se trouvent dans les gaines tendineuses, où elles facilitent le glissement des tendons, et garantissent les os de leur impression. On peut les nommer fibro-cartiiages des gaines tendineuses .

Ces trois classes de fibro-cartiiages , quoique trèsanalogues, n’ont exactement ni la même structure , ni les mêmes propriétés vitales, ni la même vie ; en sorte que le système quelles forment n’est point aussi homogène dans ses diverses divisions, que les systèmes osseux, musculaire animal, etc., etc. (i).

(1) Si, d’après les considérations précédentes, nous rejetons la première classe de fibro-cartiiages , il restera les fibro-cartilages articulaires et ceux des gaines des tendons, qui présentent encore en effet de grandes différences. Ces différences paraissent avoir leur source principalement dans les proportions diverses qu’affectent les tissus fibreux et cartilagineux dans ce système ; d’où résulte une ressemblance plus ou moins parfaite avec l’un ou l’autre de ces tissus , une structure fibreuse , une résistance ,

une flexibilité plus ou moins marquées , ou , au contraire , une élasticité, une homogénéité plus ou moins grandes. Voici, au reste , le tableau qu’on peut faire du système fibro-cartilagineux , en joignant aux formes indiquées par Bichat celle des anneaux de cette nature dans lesquels glissent l’extrémité supérieure du radius et le tendon du muscle grand oblique de l’œil, et celle des bourrelets également fibro-cartilagineux qui augmentent la profondeur de certaines cavités articulaires. -

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