PRÉFACE DE L’AUTEUR
L’ouvrage que j’offre au public lui paraîtra, je crois, nouveau sous le triple rapport du plan qui y est adopté, de la plupart des faits qu’il renferme, et des principes qui en constituent la doctrine.
Le plan consiste à considérer isolément, et à présenter, avec tous leurs attributs, chacun des systèmes simples qui, par leurs combinaisons diverses, forment nos organes. La base de ce plan est anatomique; mais les détails qu’il embrasse appartiennent aussi à la médecine et à la physiologie. Il n’a que le nom de commun avec quelques idées mises en avant, dans ces derniers temps, sur l’anatomie des systèmes. Mon Traité des Membranes en a offert l’esquisse.
Les faits et les considérations qui, dans cet ouvrage, ajoutent à ce qui était connu forment une très -nombreuse série. Je n’en présenterai point ici le tableau. Le lecteur y suppléera facilement dans chaque article, pour peu qu’il connaisse les livres qui ont eu l’anatomie et la physiologie pour objet.
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Expériences sur les animaux vivans, essais avec divers réactifs sur les tissus organisés, dissections, ouvertures cadavériques, observation de l'homme en santé et en maladie : voilà les sources où j’ai puisé ; ce sont celles de la nalure. Je n’ai point négligé non plus celles des auteurs, de ceux surtout pour qui la science de l’économie animale a été une science de faits et d’expériences.
Je neferai qu’une remarquesur les expériencescontenues dans cet ouvrage. Parmi elles se trouve une suite d’essais sur les tissus simples, que j’ai tous successivement soumis à la dessiccation, à la putréfaction, à la macération , à l’ébullition , à la coction , à l’action des acides, des alcalis, etc. , etc. Or, on verra facilement que ces essais n’ont point pour but d’indiquer la composition, de fixer les élémens divers, d’offrir par conséquent l’analyse chimique des tissus simples. Sous ce rapport, ils seraient insuffisans. Leur objet est d’établir des caractères distinctifs pour ces divers tissus, de montrer que chacun a son organisation particulière comme il a sa vie propre, de prouver, par la diversité des résultats qu’ils donnent, que la division que j’ai adoptée repose, non sur des abstractions , mais sur les différences de structure intime. Les divers réactifs que j’ai employés n’ont donc vraiment été pour moi qu’un supplément à l’insuffisance du scalpel. Sous ce se-
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concl rapport, je présume que mes expériences pourront avoir quelque influence en anatomie.
La doctrine générale de cet ouvrage ne porte précisément l’empreinte d’aucune de celles qui régnent en médecine et en physiologie. Opposée à celle de Boerhaave, elle diffère et de celle de Stahl et de celles des auteurs qui, comme lui, ont tout rapporté, dans l’économie vivante, à un principe unique, principe abstrait, idéal et purement imaginaire, quel que soit le nom à' âme, de principe vital , d’ archée , etc., sous lequel on le désigne. Analyser avec précision les propriétés des corps vivans; montrer que tout phénomène physiologique se rapporte en dernière analyse à ces propriétés considérées dans leur état naturel, que tout phénomène pathologique dérive de leur augmentation, de leur diminution ou de leur altération , que tout phénomène thérapeutique a pour principe leur retour au type naturel dont elles s’étaient écartées ; fixer avec précision les cas où chacune est mise en jeu; bien distinguer, en physiologie comme en médecine, ce qui provient de l’une de ce qui émane des autres ; déterminer par conséquent d’une manière rigoureuse ceux des phénomènes naturels et morbifiques auxquels président les animales, et ceux que produisent les organiques; indiquer quand la sensibilité animale et la contractilité de même espèce , quand
PRÉFACE bE L’AUTEUR.
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la sensibilité organique et les contractilités sensible ou insensible qui lui correspondent sont mises en jeu, voilà la doctrine générale de cet ouvrage. En le parcourant, on se convaincra facilement que l’on ne pouvait bien préciser l’influence immense des propriétés vitales, dans les sciences physiologiques, avant d’avoir envisagé ces propriétés sous le point de vue sous lequel je les ai présentées. On dira peutêtre que cette manière de voir est encore une théorie; je répondrai que c’est donc aussi une théorie, dans les sciences physiques, que la doctrine qui montre la gravité, l’élasticité, l’affinité, etc., comme principes primitifs de tous les faits observés dans ces sciences. Le rapport des propriétés comme causes, avec les phénomènes comme effets, est un axiome presque fastidieux à répéter aujourd’hui en physique, en chimie, en astronomie, etc. Si cet ouvrage établit un axiome analogue dans les sciences physiologiques, il aura rempli son but.
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