III. Pase
sont pour la plupart la continuation tendineuse du faisceau charnu né de la huitième côte. Après quelques centimètres de trajet, elles se divisent en deux faisceaux qui s'écartent de plus en plus l'un de l'autre.
Le faisceau externe se porte en dedans et un peu en bar Ses fibres, dans la première partie de leur trajet, se superposent dans le plan frontal, puis dans la dernière partie de leur trajet, leur direction change. Les fibres les plu:; supérieures vont se fixer à l' épine du pubis et un peu sur la face antérieure du pubis, au-dessous et en dedans de l'épine. Les fibres sous-jacentes s'incurvent en arrière et en dedans et vont s'attacher au bord supérieur du pubis, puis à la crête pectinéale sur les trois à quatre centimètres internes de sa longueur.
Au moment où ces fibres changent de direction, le fascia lata vient prendre attache sur elles et, en outre, elles sont croisées par les rares fibres propres de l'arcade crurale. Aussi a-t-on cru pouvoir décrire ces attaches pectinéales du grand oblique comme une formation spéciale, à laquelle on a donné le nom de ligament de Gimbernat. Cependant, quand on a eu soin d'isoler cette formation de ses connexions avec les formations voisines, on se rend compte de la façon la plus évidente qu'elle n'est autre chose que le faisceau externe des fibres moyennes du grand oblique qui, ne pouvant se fixer tout entier sur l'épine pubienne, va prendre attache sur la crête pectinéale (voir fig. 1).
Le faisceau interne se porte en dedans et un peu en bas. D'abord accolé au précédent, il s'en écarte de plus en plus à mesure qu'il descend. Les fibres vont se fixer à la face antérieure du pubis du même côté, à la face antérieure et au bord supérieur de la symphyse pubienne, enfin au bord supérieur du pubis du côté opposé, depuis la symphyse jusqu'à l'épine pubienne. En somme, son attache osseuse est oblique de bas en haut et d'un côté à l'autre.
La même disposition existe pour le faisceau interne du côté opposé, de sorte qu'ils s'entrecroisent sur la ligne médiane, contribuant ainsi à former la ligne blanche. En raison de l'obliquité de l'insertion, les fibres qui s'attachent au bord supérieur du pubis opposé sont recouvertes par le grand oblique de l'autre côté. Elles sont donc sur un plan plus profond. Nous les retrouverons sous le nom de pilier de Colles ou troisième pilier, en étudiant le canal inguinal.
Le muscle grand oblique est recouvert par la peau et son pannicule est plus ou moins développé suivant les individus. Il est le plus superficiel des muscles de l'abdomen et recouvre par conséquent le petit oblique et le transverse par son corps charnu et le grand droit par son tendon étalé. Il recouvre d'autre part l'auvent chondro-costal à la face externe duquel il s'insère et cache, par conséquent, l'extrémité antérieure des six derniers espaces intercostaux.
Son bord postérieur libre limite avec le bord externe du grand dorsal et la crête iliaque un espace triangulaire à sommet supérieur désigné sous le nom de triangle de Jean-Louis Petit.
Son bord inférieur confine à l'arcade crurale qu'il contribue en grande partie à former et limite ainsi, avec le bord antérieur de l'os iliaque, un large orifice où s'engagent le psoas iliaque, le nerf crural, l'artère et la veine fémorales. Cet orifice, qui fait communiquer l'abdomen et la cuisse, a reçu le nom d'orifice crural.
La large nappe musculo-tendineuse, formée par le grand oblique, présente un certain nombre d'orifices qui se superposent le long du bord externe du muscle droit. Le plus inférieur de ces orifices est aussi le plus considérable ; il est constitué par l'écartement des deux faisceaux externe et interne des fibres moyennes et représente l'orifice cutané du canal inguinal. C'est à travers lui que sort le cordon spermatique.
Les autres orifices sont extrêmement réduits. Situés également dans l'interstice des deux faisceaux tendineux, ils laissent échapper les rameaux perforants antérieurs des nerfs intercostaux qui se rendent à la peau, accompagnés généralement d'une petite artériole et d'une veinule. De même que l'orifice inguinal est souvent le lieu de passage de hernie, les orifices dont nous parlons peuvent exceptionnellement laisser passer, eux aussi, des hernies, dites à tort, comme nous verrons, hernie de la ligne de Spigel.
Muscle petit oblique. — Sous-jacent au précédent, ce muscle également large et plat est formé de faisceaux charnus, terminés par des faisceaux tendineux, en sorte que le petit oblique paraît être mi-partie musculaire, mi -partie aponévrotique. Dans l'ensemble la direction de ses fibres croise en X celle des fibres du muscle grand oblique.
R. Grégoire.
Planche VII (page 24).
Fi<;. 7. — Le muscle petit oblique de l'abdomen (d'après Poirier)