‹ Anatomie microscopiqueChapitre 2 sur 144 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Lorsque, il y a vingt ans, nous commencions cet ouvrage, nous avions seulement l'intention de faire connaitre la composition élémentaire des divers tissus et liquides des êtres organisés, sans ordre déterminé, sans plan arrêté, au fur et à mesure que le hasard les présentait à l'esprit curieux de savoir. La jeunesse est entreprenante, elle est courageuse; les difficultés ne l’effraient pas, car elle ne les connaît guère, et la grandeur de la tâche est voilée par l'attrait de l'inconnu. Mais peu à peu l'expérience modère l'ardeur et fait apprécier l'étendue de la route à parcourir, le nombre des obstacles à franchir.

Au commencement de notre carrière scientifique, l'anatomie microscopique, cultivée et délaissée tour à tour, depuis tantôt deux siècles, par les médecins et les naturalistes, renaissait de ses cendres, grâce au perfectionnement des instruments. Nous croyions alors chose facile de recueillir les travaux de nos prédécesseurs et de fixer l’état de la science en soumettant à un nouvel examen le tissu, examen consciencieux, fait avec toute l'ardeur que nous inspirait le sujet. Cependant, des travaux postérieurs à peine de quelques mois aux nôtres amenaient de nouveau des divergences d'opinions, et l'incertitude de la science devenait d'autant plus manifeste à nos yeux, que nous apprenions à connaitre, par des études suivies, les aspects variés que présente le méme tissu suivant qu'on l'examine soit sur des organes différents, soit chez des individus divers, soit chez d'autres espèces animales. Le mot de l’énigme fut donné enfin, lorsque nous vimes que les tissus, se composant d'éléments différents, suivant les degrés de développement auxquels ils sont parvenus, n'atteignent pas leur enter développement, même à l'âge adulte, ni dans tous les organes, ni dans tous les animaux. Ainsi la diversité des opinions micrographiques, à part des erreurs résultant soit de l'imperfection des instruments, soit d'observations plus ou moins correctes, trouvait son explication dans la variabilité de l'objet même de l'investigation. C'est une vérité reconnue actuellement par la plupart des micrographes, qui s’est fait jour lentement dans la science, et à l’acceptation de laquelle nous croyons avoir contribué par nos travaux. |

Dès lors nous avons cru nécessaire d'ajouter au premier volume, relatif aux üssus adultes, ce second volume comprenant l’hrstogénèse, c'est-à-dire Le développement des éléments. Le long espace de temps qui s'est écoulé depuis la publication du premier mémoire a été motivé, et par des interruptions indépendantes de notre volonté, et par la nature même de ces recherches minutieuses, pénibles parfois. Plusieurs travaux ont été repris, pendant trois ou quatre étés, sur l'œuf fécondé etincubé; d'autres attendaient une occasion favorable pour obtenir, par une observation répétée, la consécration nécessaire. Le public voudra donc bien nous excuser, et trouver dans le temps mis à l'ac-

complissement de notre œuvre une garantie de plus en faveur de l'exactitude de nos recherches.

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