‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 2 sur 166 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Dans les mémoires que j'ai publiés en 1889, j'ai trailé quelques points très importants de Tanatomie normale et pathologique de Tœil ; je me propose aujourd'hui de compléter ces mémoires et de les transformer en un traité qui résumera toutes nos connaissances actuelles sur Tanatomie normale et pathologique de l'organe de la vision, traité qui fait encore défaut dans la littérature médicale.

La science ophthalmologique ne peut faire de sérieux progrès que si elle repose sur des bases anatomiques précises. Ce sont les observations anatomiques qui nous donnent l'explication des phénomènes cliniques présentés par les malades ; c'est l'anatomie qui nous renseigne sur l'essence des altérations du fond de l'œil que l'ophthalmoscope permet de reconnaître ; et, dans les cas où des opacités des milieux réfringents de l'œil rendent impossible l'examen ophthalmoscopique, c^est l'autopsie seule qui fournit des indications sur la nature du processus morbide. Toutefois, l'anatomie a encore maintes questions à résoudre, soit que l'occasion ne se soit pas présentée d'examiner au microscope certaines altérations constatées à l'examen clinique, soit que nos méthodes de recherches anatomiques n'aient pas encore atteint un degré suffisant d'exactitude •

VIÎI PRÉFACE

Nos connaissances sur les véritables causes des allérations des tissus de Fœil ont surtout fait des progrès depuis que la bactériologie et la pathologie expérimentale ont permis de combler les nombreuses lacunes laissées par Tanalomie et Thistologie.Maisil serait injuste de ne pas citer d'autres sciences qui ont aussi contribué à faire avancer l'étude de l'œil humain. Parmi ces sciences, vient en première ligne l'anatomie comparée, grâce à laquelle nous pouvons suivre, dans la série animale, les diverses phases du développement d'un organe donné. Il est très difficile par exemple de démontrer chez l'homme l'existence d'une portion conjonctivale de la cornée: chez quelques animaux cette portion forme une couche indépendante. La portion choroïdale de la lame criblée de la sclérotique est si peu développée dans l'œil humain qu'on considérait jadis la choroïde comme se terminant sur le pourtour du nerf optique ; chez quelques animaux, au contraire, cette portion oCTre un tel développement qu'il est impossible d'en contester l'existence. Qu'il me soit permis, enfin, de rappeler que c'est en étudiant des yeux d'animaux qu'on a découyerile tapetum. Des savants ont alors songé à rechercher cet organe dans l'œil humain : ils l'ont rencontré dans la région de la macula et la découverte du tapis chez l'homme a eu une grande importance au point de vue physiologique, car elle a permis d'expliquer certains phénomènes (reflet) qu'on avait observés à l'ophthalmoscope.

D'autres sciences viennent également nous prêter leur concours actif, nous l'avons déjà dit ; et parmi elles la pathologie comparée de l'œil, qui, dans ces dernières années, a fait l'objet de sérieuses études, et fournira certainement de précieuses données à la science médicale.

Quelque soit l'intérêt qu'elle offre pour le clinicien,

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