‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 47 sur 166 · MULLER · texte numérisé non relu

MULLER

En excitant le bout central du tronc sympathique cervical, la pupille se dilate, le globe oculaire fait saillie et les vaisseaux cutanés de la face se resserrent.

Par les recherches de Budge et de Chauveau, nous savons que les rameaux du sympathique qui innervent l'iris sortent de la moelle épinière. En employant la méthode de Waller pour provoquer la dégénérescence descendante des nerfs sectionnés, Chauveau a pu démontrer que ces rameaux sortent de la région cervicale inférieure de la moelle épinière, du centre cilio-spinal de Budge. Suivant Chauveau, le centre cilio-spinal se trouve entre la sixième vertèbre cervicale et la deuxième dorsale.

Le nerf sympathique cervical reçoit, au moyen des ra-

meaux commuaicants, des fibres qui naissent dans le centre cilio-spinal. L'excitation de ce centre provoque, comme celle du grand sympathique cervical, la dilatation de la pupille. Ajoutons encore que le grand sympathique envoie des rameaux vers les muscles palpébraux supérieur et inférieur de MiJLLER, formés l'un et l'autre de fibres lisses, et qu'il contient des rameaux trophiques de l'œil. Brown-Séquard a, en effet, observé des troubles trophiques de l'œil et du cerveau consécutivement à la section^du sympathique cervical. Ces phénomènes cependant ne se produisent pas toujours.

La dilatation pupillaire consécutive à l'excitation du sympathique cervical a été expliquée de différentes façons; suivant Claude Bernard, deux causes interviennent: — 1° l'excitation du muscle dilatateur de la pupille; — 2® le resserrement de l'iris.

Mais nous savons par les recherches d'HÉNocQUE, de Gruen- HAGEN, d'EvERSBUscH ct d'autrcs qu'il n'existe pas de dilatateur de la pupille ; de sorte que, dans ces circonstances, la dilatation pupillaire dépend seulement de l'action des vasoconstricteurs. Ces nerfs vaso-constricteurs de l'iris auraient, d'après Salkowsky, leur centre dans la moelle allongée, d'où ils se dirigent vers le centre cilio-spinal de Budge et de là vers le nerf sympathique cervical.

Sguiff a, en effet, observé la dilatation des vaisseaux de riris à la suite de la section de la moelle allongée. Nous mémo nous avons rencontré dans une expérience faite sur le chien, le myosis consécutif à une lésion de la moelle allongée.

Lesser croit que les nerfs dilatateurs de la pupille ont pour origine la moelle allongée, la moelle épinière cervicale ct le grand sympathique cervical.

Les nerfs dilatateurs de la pupille accompagnent le plexus carotidien; de là, d'après Snellen, Hippel, Gruenhagen et Leber, ils passent en partie dans le trijumeau, mais, suivant Balogh, ils se jetteraient ensemble dans le ganglion de Gasser.

GANGLION CIUAIRE 7»

GANGLION GILIAIRE

Le ganglion ciliaire a une forme irrégulière ; il est tantôt sphéroïdal, tantôt quadrangulaire avec des angles obtus. Il est situé dans la partie postérieure de l'entonnoir musculaire entre le droit externe et le nerf optique. Il reçoit : — 1* une racine courte (motrice), fournie par Toculo-moteur commun ;

— 2o une racine longue (sensitive), fournie parle trijumeau ;

— 3" une racine sympathique. On trouve en outre des racines inconstantes qui ont leur origine dans le nerf décrit par Otto sous le nom de nerf naso-ciliaire (Hyrtl) ou dans le lacrymal (Schleman). Dans ce dernier cas, tous les nerfs sensitifs pénètrent dans le ganglion par la voie du nerf naso-ciliatre. Dans un cas décrit par Otto, ils pénétraient par la voie de Toculo-moteur externe. Tiedemaivn parle d'une racine qui a son origine dans le ganglion sphéno-palatin etqui vient aboutir au ganglion ciliaire en traversant la fente sphéno-maxillaire; mais d'autres auteurs en contestent l'existence.

D'après les recherches d'ANTONELU *, le ganglion ciliaire n'aurait rien à voir avec le grand sympathique ; il représenterait simplement une portion d'un ganglion spinal.

Des bords supérieur et inférieur du ganglion naissent des filets, au nombre de 10 à 16, qui représentent les nerfs ciliaires postérieurs. Parmi ces filets, deux surpassent les autres en volume : l'un, plus faible, passe entre le nerf optique et le droit externe ; l'autre, plus fort, passe entre le nerf optique et le droit inférieur. Les nerfs ciliaires postérieurs entrent dans le globe oculaire en traversant la sclérotique dans le pourtour du nerf optique. Un faisceau nerveux d'une grande finesse se rend au nerf optique; il forme autour de l'artère ophthalmique un réseau très délicat, d'où part un filament d'une ténuité extrême qui accompagne l'artère centrale de la rétine à son entrée dans le nerf optique. Il se peut toutefois

* ArrroNELLi, Giornale délia associaz.d. natiir. e med. di Napoli.1890, fasc.3.

que ce filament naisse directement du ganglion ciliaire (Ribes, Heinzel).

Les nerfs ciliaires postérieurs longs (1 à 2) sortent directement du naso-ciliaire sans traverser le ganglion. Les recherches de Jegorow* montrent que ces nerfs conduisent les fibres dilatatrices de la pupille, qui, tout en suivant la voie du trijumeau, ont leur origine dans le grand sympathique. Les nerfs ciliaires postérieurs longs pénètrent aussi dans la sclérotique au pourtour du nerf optique ; ils effectuent leur parcours dans l'espace supra-choroïdien, jusqu'à son extrémité antérieure, en compagnie des nerfs ciliaires postérieurs courts. Il fournissent des rameaux aux vaisseaux choroïdiens, au corps ciliaire et à Tiris. Un peu en arrière du bord cornéO"Sclérotical postérieur, leurs fibres traversent la sclérotique et pénètrent dans la cornée.

D'après Boucheron, après avoir perforé la sclérotique, les nerfs ciliaires forment dans le limbe cornéen un réseau de filets, qui s'anastomosent avec d'autres petits filaments provenant des nerfs du pourtour de l'orbite. C'est à ces anastomoses que la cornée doit de conserver sa sensibilité après la névrotomie optico-ciliaire.

ARTERES

L'artère ophthalmique, qui est l'artère nourricière de l'œil, est une branche de la carotide interne.

L'artère ophthalmique se détache du bord convexe de la dernière courbure de la carotide interne.

Tout d'abord elle longe le côté externe et inférieur des nerfs optiques, puis elle pénètre dans l'orbite à travers le canal optique et se dirige en haut, en passant au-dessus et en dedans du nerf optique, pour se diviser enfin, au-dessous la trochlée, en artère frontale et naso-dorsale. F. Meyer '

< Jeoorow, Du Bost-Reymond*s. Arch. f. physiologie, 1886^ p. 149. * P. Mbtbr, Morpholog. lahrbuch, t. XU, p. 41 4.

ARTERES 81

prétend cependant qu'en 20 cas il a vu Tarière ophtbalmique passer non au-dessus, mais au-dessous du nerf optique.

Dans ce parcours, l'artère ophthalmique donne l'artère centrale de la rétine qui, à 15 mm. en arrière du globe oculaire, pénètre dans la partie inférieure du nerf optique, l'artère lacrymale, plusieurs vaisseaux pour les muscles de l'œil; plus loin, les artères ciliaires longues et courtes postérieures, Tartère sus-orbitaire, les artères ethmoïdales antérieure et postérieure, les artères palpébrales interne, supérieure et inférieure.

Les artères ciliaires postérieures longues et courtes traversent la sclérotique dans le pourtour du nerf optique.

Les artères ciliaires postérieures courtes, en nombre variant de 3 à 4 jusqu'à 15 ou 20, sont groupées autour de l'entrée du nerf optique et se distribuent dans la choroïde. Les longues, au nombre de deux, l'une interne, l'autre externe, traversent la sclérotique à 5 mm. en avant des petites; elles passent entre la choroïde et la sclérotique, se prolongent jusqu'aux procès ciliaires du côté nasal et du côté temporal et forment le grand cercle artériel de l'iris. De ce cercle partent de nombreuses artérioles qui, à la limite des portions ciliaire et pupillaire, forment le petit cercle artériel de Tiris.

Des branches de cette artère accompagnent les muscles droits et envoient 1 à 2 rameaux vers la conjonctive et vers l'anneau vasculaire du rebord de la cornée.

La carotide externe fournit des branches pour les paupières et les glandes lacrymales. Une de ses branches, l'artère transversale faciale, envoie des rameaux aux paupières et au muscle orbiculaire des paupières. L'artère zygomatoorbitaire (branche de la temporale superficielle) envoie des rameaux à la région de la glande lacrymale. L'artère sousorbitaire donne des branches à l'orbite, surtout à la périorbite^ et distribue des rameaux aux muscles droit inférieur et oblique inférieur.

Le$ anastomoses que les branches de Tophthalmique, éma-

née de la carotide interne, forment avec diverses branches de la carotide externe ont une extrême importance, car elles permettent à un courant sanguin collatéral de s'établir quand Tune de ces artères est comprimée par une tumeur. C'est ce qu'on observe surtout pour l'ophtlialmique, à son passage à travers le trou optique.

Les tumeurs et les autres altérations morbides qui compriment le nerf optique dans son canal compriment en même temps l'artère ophthalmique qui accompagne le nerf» sans cependant qu'on puisse constater de phénomènes indiquant l'anémie de l'organe de la vision. En voilà la raison anatomique. Nous savons, d'après Cruveilhier et Testut, qu'il existe plusieurs rameaux d'anastomoses entre l'ophthalmique et les branches des carotides externe et interne :

lo Des rameaux orbitaires de l'artère sous-orbitaire (branche de la maxillaire interne) communiquent avec la palpébrale (branche de l'ophthalmique) ; — 2^ au niveau de la fente sphénoïdale, dans la partie la plus étroite de cette fente, plusieurs rameaux de la méningée moyenne pénètrent dans l'orbite et doivent anastomoser avec l'ophthalmique; — 3* il y a des anastomoses de l'artère faciale avec l'ophthalmique dans le grand angle de l'œil (Cruveilhier); — 4" Testut mentionne spécialement les anastomoses de l'artère lacrymale (de l'ophtlialmique) avec la temporale profonde antérieure ; — 5*le8 artères ethmoïdales antérieure et postérieure fournissent des rameaux qui doivent s'anastomoser avec les vaisseaux de la méningée moyenne (l'anastomose se fait par les trous de la lame criblée de l'ethmoïde).

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