LAMELLES DU CORPS VITRÉ 22S
ches concentriques, qui, dans un cas, ne sont pas dues à Taclion du liquide de préparation.
Les lamelles sont sépar<^esles unes des autres par un liquide visqueux (humeur vitrée) ; on ne doit donc pas oublier que rhumeur vitrée n'est pas identique au corps vitré, mais n'en constitue qu'une partie.
La lamelle tout à fait superficielle du corps vitré est plus épaisse que les autres et porte le nom d'hyaloïde ; nous avons déjà décrit l'union de cette lamelle avec l'ora serrataetla cristalloïde postérieure. L'hyaloïde est séparée de la membrane limitante interne de la rétine par un espace lymphatique très étroit^ qui peut être mis en évidence par les injections. En face de la papille optique, cette fente ou espace lymphatique s'élargit, formant ainsi l'area Martegiani ; c'est de ce point que part le canal hyaloïdien, qui traverse le corps vitré d'avant en arrière, pour se terminer dans l'espace postlenticulaire ; ce canal est également revêtu de la membrane hyaloïde.
Les lamelles internes concentriques sont parallèles à l'hyaloïde ; leur nombre en arrière de l'ora serrata serait seulement de 8 à 10 ; ce nombre augmenterait de3 à 4 en avant de l'ora serrata (Straub *) ; leur épaisseur varie de 1 à 2 [j..
Ajoutons que, d'après certains auteurs, ces lamelles ne seraient pas homogènes, mais constituées par un grand nombre défibres arrondies.
Après le durcissement dans le liquide de Muller, IIannover a observé des lignes disposées radialement plus consistantes ctd'une réfringence différente, que cet auteur, en même temps que BruckE) considère comme cloisons radiaires du corps vitré. Mais nos recherches anatomo-pathologiques, d accord avec les observations d'autres auteurs, nous ont prouvé qu*il s'agissait de fentes lymphatiques dirigées radialement et que nous avons vues considérablement élargies par l'exsudation pathologique.
* Straub, Arch. f. Oplhalmologie 1889, t. XXXIV, fasc. 3.
D'après Straub, le corps vitré est plus complexe, et, outre la compositioQ que nous venons do décrire, il existerait une structure plus intime constituée par des éléments extrêmement fins.
Par le fait deTatrophie sénile du corps vitré, il se développerait chez les vieillards des lacunes plus ou moins larges remplies de liquide; Lowe a décrit, en arrière du cristallin, une lacune de ce genre sous le nom de troisième chambre de Tœil, qui ne se rencontre jamais chez les jeunes gens et dont Tcxistence est d'ailleurs inconstante chez les vieillards. Le nom donné par Lowe à une cavité qui n'a rien de physiologique, ni de constant, doit donc être rejeté.
L'humeur vitrée, remplissant les vides situés entre les lamelles, ne semble pas soumise à un renouvellement bien actif ni bien rapide. En effet, l'existence de cloisons est un obstacle au courant lymphatique; en outre, l'absence d'endothélium dans les fentes radiaires plaide en faveur de la lenteur du courant lymphatique. L'observation clinique a d'ailleurs démontré que les hémorrhagies ou les exsudations dans le corps vitré sont très longues à se résorber.
En dehors des parties constituantes que nous venons de décrire, on trouve dans le corps vitré des faisceaux de fibres conjonctives, reliquats des vaisseaux embryonnaires, et des cellules nombreuses principalement au-dessous de l'hyaloïde. Ces derniers éléments ont une grande ressemblance avec des leucocytes, et ce qui engage à les regarder comme tels, c'est qu'ils se trouvent en grande abondance dans les portions du corps vitré situées au voisinage de vaisseaux sanguins (papille optique, ora serrata).
Nous reviendrons, dans la partie anatomo-pathologique de cette étude, sur les diverses formes que peuvent présenter les cellules du corps vitré. D'après Pagenstecher et Schwalbk, elles ne sont autre chose que des leucocytes migrateurs, qui viennent se fixer sur l'hyaloïde. Sghwalbe a pu constater, en effet, dans le corps vilré des mammifères transplanté dans