‹ Anatomie pathologique des ostéitesChapitre 2 sur 23 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Une question se pose au début de ce travail : Qu’allons nous décrire sous le nom d’ostéite ?

Les premiers auteurs qui se sont servis de ce mot, l’employaient dans un sens restreint. Par ostéite, ils entendaient l’inflammation du tissu osseux, de la substance osseuse. Ils mentionnaient à part, sous la dénomination de périostite, de médullite ou myélite, l’inflammation du périoste ou de la moelle des os. Néanmoins on trouve déjà signalée dans les travaux de Gerdy la coïncidence de la périostite et de la médullite avec l’ostéite. Peu à peu l’observation anatomo-pathologique vint démontrer que l’inflammation isolée des trois parties constituantes de l’os, périoste, tissu osseux proprement dit et moelle osseuse, était l’exception, tandis que l’inflammation simultanée du périoste et du tissu osseux d’ui. part, du tissu osseux et de la moelle d’autre part, était la règle. On en vint à décrire des ostéo-périostites et des ostéomyélites. Enfin les auteurs contemporains, se basant sur des considérations tirées de la structure normale des os, de l’existence de l’inflammation ou de ses conséquences dans toute l’épaisseur de l’os, depuis le périoste jusqu’à la moelle, ont une tendance de plus en plus marquée à faire rentrer dans l’ostéite les inflammations de toutes les parties constituantes de l’os.

L’absence de localisation n’est pas propre à l’inflammation des os. Nous pourrions en trouver de nombreux exemples dans d’autres organes. Ne sait-on pas en effet que pour le coeur il est rare de rencontrer une endocardite ou une péricardite simple sans altération du tissu musculaire interposé entre ces deux séreuses, et que l’endo-péricardite est une affection fréquente. Dans le rein, les lésions isolées des épithéliums, des tubes urinifères ou du tissu conjonctif interstitiel ne sont elles pas exceptionnelles, en comparaison des altérations simultanées de ces deux éléments constitutifs de la subi tance rénale.

D’autres organes se prêteraient à des considérations analogues. Les vaisseaux sont généralement les agents les plus actifs de cette transmission de l’inflammation. Dans les os, outre les vaisseaux très nombreux, il y a des éléments cellulaires sous le périoste, dans l’épaisseur du tissu osseux et dans la moelle, qui réagissent vivement sous l’influence de de l'irritation, prolifèrent et contribuent pour une large part à l’extension du processus inflammatoire.

Les cliniciens et les anatomo-pathologistes sont unanimes aujourd’hui à reconnaître qu’il faut considérer l’ostéite comme une inflammation atteignant toutes les parties constituantes de l’os à des degrés divers. MM. Gosselin, Terrier, Lannelongue, Corail et Ranvier ont consacré cette manière d’envisager l’ostéite. Nous appuyant sur leur autorité, nous n’éprouvons donc aucun embarras à déclarer que nous décrirons, à propos de l’ostéite, l’inflammation de toutes les parties entrant dans la constitution de l’os.

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