INTRODUCTION
Sous le nom de kystes épidermiques de la main, j'ai cru devoir désigner des kystes dont la paroi était constituée par l’épiderme avec ou sans substratum de tissu conjonctif et dont le contenu, d’aspect sébacé, était formé par une desquamation des cellules épidermiques avec ou sans dégénérescence des éléments de la paroi. Ce terme, attribué pour la première fois à cette variété de tumeurs par M. le D' Troquart (de Bordeaux), m'a paru préférable à tout autre, car il indique clairement la structure fondamentale de ces kystes, sans rien préjuger de leur constitution pathogénique. Sous ce titre, j'ai rangé toute une série de kystes auxquels les auteurs avaient accordé des dénominations diverses correspondant à l'idée qu'ils se faisaient de leur formation physiologique (kystes sudoripares, kystes dermoïdes, tumeurs perlées, etc.), et qui n'avaient guère d’autres différences que ces dénominations mêmes.
Dans une première partie de ce travail, j'ai fait un minutieux triage des observations qui jusqu'ici avaient été quelquefois acceptées à la légère comme se rapportant à des kystes épidermiques, et je n’ai cru devoir considérer comme
. EF: l SR probantes que celles qui avaient reçu une confirmation histologique. A cette série, j'ai ajouté trois cas inédits, dont un m'était personnel et était accompagné d’un examen microscopique.
Dans cette étude historique, je ne suis pas sorti du cadre de
mon sujet; je me suis toujourstenu sur le terrain de l'anatomie pathologique et de la pathogénie, négligeant la question clinique qui, dans cette question, m'a paru tout à fait secondaire. J'ai sans doute varié avec la classique méthode de la thèse qui consiste à faire suivre d’une longue et fade série d’observations les développements originaux du travail: c’est pour éviter ces longueurs et des répétitions inutiles, que j'ai fait, au début même de cette thèse, le bref résumé des observations, pour laisser plus de place à la critique personnelle. J'ai alors, dans une seconde partie, essayé de dégager de toutes ces critiques, de toutes ces observations, de toutes les théories, une anatomie pathologique pouvant servir de vue d'ensemble sur la question.
Me basant sur la structure anatomique de ces kystes épidermiques, j'ai tâché, dans un chapitre spécial, de déterminer leur place parmi les tumeurs, de leur donner une classification. ;
Enfin, dans une dernière partie, j'ai discuté les nombreuses théories émises sur la pathogénie de ces tumeurs, et j'ai, me laissant toujours guider par l'anatomie et la physiologie pathologiques, essayé de démêler les plus vraisemblables.
Je ne prétends pas avoir fait un travail définitif, complet, sur cette intéressante mais difficile question. Heureux serais-je si j'avais réussi à apporter dans cette étude générale la clarté qui lui à manqué jusqu'ici!