‹ Anatomie pathologique (volume 2)Chapitre 6 sur 6 · XVI. Hypertrophie du cœur · texte numérisé non relu

XVI. Hypertrophie du cœur

Il provenait d’un jeune homme qui avait, en même temps, un épanchement pleurétique. Le péricarde avait contracté de fortes adhérences avec le cœur; celui-ci offrait une hypertrophie énorme. En soumettant les fibres musculaires au microscope, je ne trouve aucune substance étrangère entre les faisceaux primitifs, mais les stries transversales sont difficiles à reconnaître et s’effacent à la moindre pression.

(1) J’ai vu quelque chose d’analogue dans le développement des vaisseaux sur les branchies des têtards.

blanc gris, dont chacun est attaché à un vaisseau comme à une tige, si on l’enlève avec le scalpel. Soulevés , ils s’affaissent ou deviennent diffluents , et paraissent pouvoir être considérés comme des vésicules. M. Muller (1) les a observés chez le cochon, la vache et la brébis, il nie également qu’ils fassent partie de la structure normale de la rate humaine. Il résulte de ses recherches minutieuses que ces corpuscules sont des élargissements de la gaine blanche qui accompagnent les petites artères de la rate, et qu’il ne faut pas confondre avec la trame fibreuse qui constitue le squelette de la rate. Les corpuscules ne communiquent nullement avec les vaisseaux sanguins; ils sont creux et contiennent un liquide composé de globules blancs irrégulièrement sphériques et aussi grands que les globules sanguins et ressemblant aux corpuscules microscopiques qui constituent la plus grande masse de la rate. M. Muller ajoute que les corpuscules qu’on a quelquefois observés dans la rate de l’homme, diffèrent entièrement de ceux trouvés chez les animaux, et qu’il ne connaît pas leur signification.

Quant à moi je n’ai jamais observé ces corpuscules à l’état normal dans la rate humaine, et j’en ai cependant examiné un bon nombre; je ne les ai vus que deux fois : dans le premier cas je n’ai pas pu les examiner au microscope. Le sujet de l’observation que j’ai relatée plus haut m’a fourni l’occasion de les observer une seconde fois.

D’après ce qui précède, on voit facilement que les corpuscules que nous avons décrits diffèrent entièrement des corpuscules du cochon, etc. Ils ne sont pas creux comme ces derniers, et au lieu d’être formés par des globules analogues à ceux delà rate, ils sont, au contraire, constitués par une matière analogue à la matière tuberculeuse ; la circonstance de la présence de nombreux tubercules miliaires dans d’autres organes du même homme, vient à l’appui de cette opinion. En est-il toujours ainsi? c’est ce que d’autres observations nous apprendront. Les descriptions des corpuscules qu’on trouve dans la rate de l’homme,

(1) Physiologie, éd., 2, 1, 552.

qui ont été faites par Dupuytren et Assolant ont, sous plusieurs rapports, beaucoup d’analogie avec les nôtres (1).

XVIII. Ramollissement du cerveau à la suite d'épanchement de sérosité dans les ventricules.

Nous avons fait connaître dans le premier cahier des Archives de la médecine belge, nos recherches sur la nature du ramollissement du cerveau, nous y ajoutons le cas suivant qui appartient à la série des ramollissements mécaniques de la substance cérébrale. Ce cerveau provenait du sujet dont nous avons parlé dans l’observation précédente. Il avait succombé après plusieurs jours de délire, suivi de stupeur, de dilatation de la pupille, sans paralisie apparente. Tous les ventricules du cerveau étaient remplis d’une quantité considérable de sérosité ( nous avons dit ailleurs que cette sérosité contenait toujours de l’albumine et quelques sels). La surface des ventricules était très-ramollie, presque réduite en bouillie, sans avoir changé de couleur, si ce n’est que celle-ci était plus grisâtre dans la matière blanche. Eh bien ! dans cette matière cérébrale ramollie, le microscope ne montre aucun caractère d’une production inflammatoire; elle contenait seulement les débris des canaux nerveux. Faut-il attribuer l’épanchement de sérosité à une inflammation? c’est possible, parce que quelques petites exsudations se montraient à la base du cerveau sur l’arachnoïde, mais ce que je puis assurer, c’est que ce ramollissement n’était certainement pas le produit d’une inflammation.

Ces considérations me paraissent importantes pour la pratique, et il me semble qu’on a trop oublié l’apoplexie séreuse des anciens, à laquelle ils adaptaient judicieusement un traitement

tout à fait différent.

(1) L. Jt P. Assolant. Recherches sur la rate. Paris, an X.

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