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DES AFFECTIONS SYMPTOMÂTIQIJES DE LA PEAU

Ces affections sont très fréquentes dans la plupart des maladies, tant aiguës que chroniques. Elles peuvent se diviser en trois classes. Les premières sont celles qui consistent dans des plaques plus ou moins rouges , comme dans Ferysipèle et la rougeole. Les deuxièmes sont des boutons plus ou moins considérables , comme on en voit dans la fièvre miliaire , dans la fièvre rouge, etc. ; enfin les troisièmes sont relatives à Faltéralion des diverses fonctions de la peau.

Les e'ruptions dans les diverses fièvres ne portent point le caractère de férysipèle. Point de tension, ni de douleur vive j jamais de terminaison par suppuration, souvent point de desquamation, parcequ'il n'y a point eu de tension. Ces e'ruptions se montrent différemment : parfois elles sont e'pïdémiques ; elles surviennent quelquefois spontanément dans les fièvres gastriques et les inflammatoires. Divers auteurs ont cru ces éruptions propres à juger la maladie ;mais elles n'apportent aucune modification à la fièvre, et l'on ne peut les

considérer comme criiiques. Elles onl évidemment leur sie'ge dans le tissu vasculaire subjacent à Tépiderme. La plupart de ces éruptions coïncident indifte'remment avec les maladies funestes ou avec les bénignes. Il en est une particulière, nomme'epar les SLUteur s Jîè^re rouge y qui doit toujours compter pour un symptôme funeste, parcequ'elle complique les fièvres adynamiques ou ataxiques. Il survient quelquefois des éruptions analogues après avoir mangé de certains poissons, tels que le homard . les moules , etc.

L'autre classe d'éruptions comprend les pétéchies. Il y en a de plusieurs espèces; les plus communes sont celles des fièvres adynamiques. Elles ne doivent point être regardées comme un symptôme de cette maladie, et elles ne doivent déterminer aucun changement dans le traitement. L'inspection anatomique prouve que leur siège est dans le tissu capillaire cutané.

Outre les pétéchies adynamiques, il en survient encore d'autres dont les auteurs s'étaient ser» vis pour caractériser les fièvres qu'elles compliquent, et qu'ils nommaient ortîées. Mais il est certain que ces pétéchies peuvent survenir dans des fièvres de diverse nature. Les pustules mi" liaires sont dans le même cas.

On distingue la miliaire rouge et la miliaire blanche : l'éruption paraît ordinairement au qua-

trième ou cinquième jour; souvent elle complique une fièvre adynamique. Elle se termine ordinairement par desquamation. L'espèce rouge est rare. La blanche est la plus fréquente. On la voit souvent coïncider avec une fièvre inflammatoire ; sur la rougeur qui survient d'abord, s'élèvent de petites pustules dissémine'es : ces petits boulons tombent par desquamation. Leur sie'ge est e'galement dans le système capillaire.

Il peut aussi survenir sur la peau de petites vésicules qui sont toujours de sinistre présage, à cause du caractère de la fièvre qu'elles compliquent.

L'altération sympathique de l'exhalation de la peau a lieu presque dans toutes les maladies. Elle varie singulièrement alors , tant dans la quantité que dans sa nature. Tantôt ces dérangements d'exhalation sont purement symptomatiques, d'autxes fois ils sont critiques.

Le frisson et la chaleur sont des phénomènes qui se rapportent spécialement à la peau , et non aux organes intérieurs. Il faut bien à cet égard distinguer la sympathie de chaleur d'avec la chaleur sympathique. Dans les fièvres où le malade croit être brûlant, et conserve néanmoins sa chaleur naturelle, il y a sympathie de chaleur. La chaleur sympathique existe, au contraire „ lorsqu'un organe s'échauffe à l'occasion d'une

afFeclion étrangère ou * d'une passion de i'âme. Parmi les affections sympathiques chroniques de la peau, il faut ranger d'abord les affections ve'ne'riennes. Elles de'notent alors que le vice est ge'néral. Il se montre tantôt par des rougeurs locales de la peau , plus ou moins dures ^ surtout vers les bord;S. On sait que le virus vénérien se porte plus souvent sur les glandes lymphatiques, ou sur W membranes muqueuses. Quelquefois aussi il survient des crêtes , des condylômes vénériens, qui dénotent toujours une affection locale, tandis que les taches annoncent une affection générale. Toujours ces affections sont chroniques : on doit bien les distinguer de ces éruptions qui se montrent quelquefois au visage , et dépendent souvent d'un vice herpétique. Le scorbut peut aussi produire des phénomènes à peu près semblables , et laisser voir ce que l'on nomme des taches scorbutiques. Dans ce cas , le tissu de la peau est intact et ne montre que du sang extravase.

Dans la plupart des maladies chroniques , les sécrétions et les exhalations de la peau sont aussi troublées. Ainsi dans les suppurations intérieures, la peau est sèche, il y a petit frisson le soir , pouls petit et serré, sueur nocturne.

Quant à l'état de la peau, après la mort, il val'ie singulièrement : dans certaines apoplexies où

la face est violette , cette couleur disparaît peu par le défaut de tonicité des petits vaisseaux. Il en est de même de toules les autres inflammations aiguës. Quant aux chroniques ^ elles ne disparaissent presque pas ; le sang se trouve alors comme combiné aVec les parties.

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Le système musculaire se divise en deux parties principales : Tune comprend les muscles organiques, l'autre les muscles locomoteurs. Ces deux classes si distinctes en physiologie sous le rapport de leurs propriétés vitales, le sont aussi en pathologie sous le rapport de leurs affections.

Le système musculaire organique est susceptible d'un grand nombre de maladies, à raison des variéte's de sa structure. L'uniformité de l'autre au contraire en rend toutes les maladies communes et susceptibles de passer subitement d'un endroit à l'autre , comme le rhumatisme ; chaque partie fibreuse des viscères étant isolée a sa maladie particulière. Ainsi l'inflammation des intestins n'est point la même que celle du cœur ou de la matrice. Nous traiterons des maladies du cœur en premier lieu.

ARTICLE I

Le cœur est compose de trois parties : de sa membrane externe , qui appartient au péricarde ; de son tissu musculaire; enfin de sa membrane interne , qui dépend des vaisseaux. Nous ne devons nous occuper ici que de la substance charnue du cœur. On a distingué ses maladies en aiguës et chroniques. Les anciens médecins les connaissaient mal. Corvisart depuis peu les a beaucoup mieux développées. Le cœur est sans doute susceptible d'inflammation aiguë comme les autres muscles ; mais l'on doit soumettre cette maladie à de nouvelles recherches , puisque les signes qu'on en a donnés sont très vagues; ce qui prouve qu'elle doit être rare , c'est qu on en rencontre peu de traces dans les ouvertures cadavériques. Il en est de même de la suppuration du cœur. A l'égard des altérations des parties charnues de ce viscère , dans leurs propriétés vitales , sa conlractibili té éprouve quelquefois des intermittences ^ et c'est ce qui constitue la syncope. Ce cas est plus rare que celui où ces mêmes propriétés vitales sont exaltées. On ne peut douter que dans la plupart des fièvres le cœur ne soit affecté dans ses forces vitales, qui sont accrues d'énergie. Il faut

24o CHAPITRE XI.

bien distinguer à ce propos le pouls des affections organiques du cœur, de celui que produit la fièvre dans certains cas, car on s'exposerait souvent à porter de fâcheux pronostics. Dans les fièvres, quand il est intermittent, il est d'un mauvais présage, tandis que quand il y a affection du cœur cette intermittence se conserve très long-temps sans accident. Dans les fièvres intermittentes, la force du pouls est un signe de pléthore. Au contraire , dans certains anévrysmes du cœur, le pouls présente la même plénitude. Quand Thydropisie vient à la suite d'une maladie du cœur, souvent le pouls a une force extrême. L'altération du cœur est donc ce qui produit essentiellement la fièvre , qui se complique ensuite et qui prend par là tel ou tel caractère.

Une autre affection aiguë du cœur , ce sont les palpitations , qui consistent dans des battements plus ou moins marqués et plus ou moins prolongés de cet organe. Ces palpitations tiennent, tantôt à une abondance plus grande de sang, comme dans la course, tantôt à une excitation des forces vitales, comme dans les passions. Dans la plupart des affections où le poumon s'embarrasse, le sang ne pouvant circuler , il en résulte des palpiuitions plus ou moinsgrandesdu côtédroit. Il estune autre cause de palpitations jusqu'à présent inconnue, c'est Tasthme, qui, malgré son siège dans le pou-

mon, se remarque cependant rarement sans palpitations. Ce battement est accompagne' de difficulté de respirer , d'oppression , etc. Cet état en impose souvent pour une maladie du cœur.

Ordinairement les palpitations tiennent à la disposition organique des parois de ce viscère, qui peuvent s'ossifier ou prendre plus d amplitude, ce qui constitue deux classes de maladies. Nous nous occuperons d'abord de la dernière.

Le volume du cœur dans le cadavre j>eut varier suivant le genre de mort. D est des cas où sa partie droite est très resserrée , comme dans les morts par he'morrhagie. Chez les guillotinés, on trouve le cœur extrêmement petit ; dans la syncope, la même chose s'observe. Dans la phthisie, il diminue encore, parcequ'il v a moins de sang qu'à l'ordinaire.

Les asphyxies au contraire augmentent singulièrement le volume du cœur ; il en est de même de Tapoplexie; on trouve dans ces cas le volume du cœur double de celui qu il a dans les hémorrhagies. Ces sortes de dilatations accidentelles portent surtout sur le côte' droit; l'amincisse ment qui se lait dans les parois diminue alors l'épaisseur des colonnes charnues. Dans Tanéviysme, au contraire, les colonnes prennent plus de volume.

h'arfeiTÎsme du cœur peiu se former du cûic

droit j qui correspond au sang noir, et du côté gauche, qui correspond au sang rouge : c'est ce dernier qui en est le plus fréquemment affeclë; il survient surtout chez les adultes, et ordinairement reconnaît pour cause un ëtat moral. Il peut encore exister d'autres causes; une assez probable, c'est l'ossification des artères environnant le cœur, qui s'opposent par là à la circulation. L'anatomie pathologique fournit beaucoup de ces exemples ; ainsi l'ossification de la crosse de l'aorte entraîne souvent la dilatation aneVrysmatique du côte gauche du cœur. Quelles que soient d'ailleurs les causes de l'anëvrysme , en voici les phénomènes : ils sont essentiels ou symptomatiques.

Les battements dans la région du cœur ne sont pastoujours un signe certain d'ane'vrysme; ils tiennent souvent à des fluides accumule's ou à d'autres causes. En général, dans l'ane'vrysme , un battement plus ou moins fort se fait sentir dans les régions de la poitrine , et d'autant plus vivexîient que l'individu est plus maigre. Il se propage même quelquefois jusqu'à l'appendice xiphoïde. Certains auteurs , dans ce cas , voulaient que la dilatation occupai le tronc cœhaque; mais celui-ci se trouve trop profondément situé : alors, auconiraire, on peut affirmer qu'il existe un anévrysme du cœur. Dans les personnes très maigres, quelquefois on sent la pulsation plus ou moins sensi-

blement à droite. Tantôt les battements sont continus y tantôt il y a paroxysme , et c'est ordinairement au soir; alors les symptômes s'accroissent, et le malade est sur le point d'être stiffoqué. Cet état est joint à une disposition particulière du pouls, laquelle varie singulièrement. Tantôt il est extrêmement grand et fort , les battements sont tumultueux ; d'autres fois il est très petit , faible et concentré. Ces variétés peuvent se montrer dans le courant de la même maladie. Ordinairement dans les anévrysmes simples , le pouls n'est point intermittent; il ne le devient que par l'ossification des valvules. Une douleur se manifeste dans les maladies du cœur, comme dans toutes les affections organiques ; ce sentiment local de douleur profonde se rapporte ordinairement à l'appendice xiphoïde. Souvent il y a embarras dans toute la poitrine; quand on la percute, le côté droit est plus sourd que l'autre. Ce signe est pour ces affections bien moins sûr que pour les épanchements. A l'égard de la pression abdominale, elle est tantôt avantageuse , tantôt nulle. Quand le cœur est volumineux, alors elle est douloureuse, il y a un sentiment de lipothymie. Quand il y a un épanchement dans le péritoine , la même chose arrive ; mais quand il n'y a qu'ossification , ce moyen est nul. L'étouffementestun symptôme communaux maladies du cœur et du poumon, pour peu qu'elles

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soient graves : on ne pent douter que lorsque le volume de lorgane de la circulation est e'norme, il ne cause des etouffements en comprimant le poumon. On remarque que le malade est mieux dans la journée, et que les symptômes s'accroissent le soir. La distinction de Tëtouffement cause par le cœur ou par le poumon est essentielle à bien connaître. La position des malades dans les affections du cœur est un signe caractéristique ; ils ne peuvent se coucher horizontalement 5 et pour respirer facilement, ils se mettent sur leur séant. Dans cette situation, le cœur ne refoule pas autant le poumon. Il y a habituellement toux plus ou moins violente^ tantôt sèche, tantôt avec crachats plus ou moins abondants. C'est Fensemble de tous ces signes qui donne la connaissance de la maladie. Tantôt ils sont persistants, tantôt il y a paroxysme, surtout le soir; quelquefois ils ne se montrent que tous les deux ou trois jours.

Quant aux symptômes des organes voisins , le péricarde se remplit quelquefois de liquide; mais moins souvent, à proportion, que le peritoint dans les maladies du bas-ventre. L'appëtit se dérange, la face se boursoufle et devient pâle , l'état des sécrétions e^t variable. Quelquefois il y a leucophlegmatie , comme cela arrive dans beaucoup d'affections organiqoies. La durée de ces anévrysmes est quelquefois de trois ou quatre mois ,

OU de trois ou quatre ans. Cette maladie est ëvidemment chronique : elle est la seule de son espèce qui n'apporte point de de'sorganisation dans les parois de l'organe. Cinq ou six jours avant la mort, la face se décompose, le malade crache du sang pur ou mêlé de mucosite's. L'autopsie cadave'rique découvre le poumon sain ou adhérent; le volume du cœur est plus ou moins grand ; c'est ordinairement le côté gauche quijest malade. Souvent il y a affection de l'aorte ; les parois augmentent ordinairement d'épaisseur ; les colonnes sont grosses ; quelquefois l'oreillette est un peu dilatée; la poumon est plus ou moins gorgé ; les organes gastriques sont dans l'état naturel. Le côté droit est aussi quelquefois le siège d'anévrysmes ; mais rarement alors ses parois augmentent d'épaisseur.

Nous avons parlé des affections sympathiques du cœur à l'article de la fièvre.

ARTICLE IL

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