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DESCRIPTION DES ESPÈCES

1. G. Barparus. PL I, fig.:. Q d G.BarBara. Lucas, Histoire naturelle des articulés de l'Aljérie, t. 1, p. 270, pl. XVII, fig. 7.

& Dufour, Annales de la Société entomologique , 1852.

« Setæ binæ antennæformes.

«Tarsi postici quadriarticulati, intermedui biarticulati.

« Citrino dense villosus, abdominis thoracisque vitta dorsali « nigra; tarsis posticis subtus papillosis; maris cirrho brevi lanceo- ‘ lato ; feminæ pedibus quam in cospeciebus brevioribus validiori- « busque. Long. 15-20 lin.

«Hab. in vartis Algiriæ regionibus. »

Le trait le plus saillant, celui qui saute aux yeux et qui est de tous les âges de ce type, c'est une villosité citrine longue et bien fournie. Le ruban noir dorsal de l'abdomen est aussi un trait caractéristique, surtout dans les individus en livrée de noces; mais il peut disparaître en tout ou en parlie, soit par le fait de la macération, soit par des variétés individuelles. J'ai disséqué des sujets qui, au lieu d’un ruban continu, n'avaient qu'une ou deux grandes taches isolées, carrées ou semi-lunaires, et parfois, à la suite de ces taches, une série de petites mouchetures, mais toujours la villosité citrine; en outre, ce ruban a un encadrement tégumentaire limité par un léger bourrelet: c’est là un trait organique qui ne faillit point et qui ramène toujours à l'espèce. Ce ruban, ces taches, sont produits par un pigmentum qui peut se fondre par le séjour dans l’alcool. Le plancher ou le fond de

DES GALÉODES. 43 l'encadrement a une peau bien plus fine que le tégument et subdiaphane.

En décembre 1856, je disséquai une grande femelle bien adulte, qui n’offrait extérieurement aucune trace ni de ruban ni de taches, et quelle fut ma surprise, en renversant le tégument dorsal, de voir à sa face interne ou viscérale une suite de taches noires bien tranchées, une pour chaque segment! La villosité citrine ne manquait pas.

Toutes ces variations, quand on n’a pas été à même d'étudier un grand nombre d'individus, peuvent en imposer aux entomologistes trop tourmentés du besoin de créer des espèces.

Le barbarus mâle, toujours plus svelte que la femelle, a des pattes proportionnellement plus longues et plus grèles. Le cirrhe, bien plus court que le corps de la mandibule, est en forme de fer de lance. On voit au bord supérieur de la mandibule non un lobe tégumentaire, comme dans quelques espèces, mais une touffe de soies roides, longues et redressées.

Ce sexe est le seul représenté dans l'Atlas entomologique de l'Algérie. Il est fâcheux que la science ait à reprocher au peintre de cet élégant portrait de notables oublis et des défectuosités; on a omis le cirrhe mandibulaire, et il n’en est pas mème question dans le texte. J'ai déjà signalé à la section de la squelettologie l'incorrection du bout des palpes antérieures, et je dénonce surtout celle du nombre des articles des tarses, qui n’a point été saisie, ainsi que les poils et les piquants, qui ont été arbitrairement rendus.

Quoique j'aie figuré (L. c.) la femelle du barbarus, je la renouvelle dans mon travail actuel pour en faire disparaitre quelques imperfections. D'ailleurs, comme j'ai pris cette belle espèce pour sujet principal de mes dissections, jai voulu, sachant qu'elle est commune en Algérie, fournir aux entomotomistes qui se livreront aux investigations du scalpel l’occasion d’un contrôle bien fondé.

Palpes antérieurs armés, dans les deux sexes, de soies roides, spiniformes, mais non bulbeuses.

Mandibules, plus faibles et plus oblongues dans le mäle que

dans la femelle, avec le mors supérieur armé de dix dents. Celles-ci, en procédant de la pointe à la base, consistent, dans la femelle, en deux incisives, une canine, une incisive, une canine et cinq molaires sur deux séries, 3 et 2. Dans le mâle, les cinq premiéres dents n'ont aucune distinction de canines; il n’y a que des incisives, et encore peu prononcées, comme usées ou oblitérées. Le mors inférieur de la femelle a trois dents, dont deux canines et une petite incisive intermédiaire. Le mâle a parfois quatre dents, dont la pénultième est une incisive presque imperceptble, et dans d’autres mdividus il n’en existe que trois, peutêtre canines. Toutes ces dents ont été mal saisies dans l'Atlas de l'Algérie.

Tarses des pattes postérieures avec une structure curieuse, originale et inédite jusqu'à ce Jour, faisant soupconner des actes fonctionnels encore inconnus. Le second et le troisième de ces tarsiens sont garnis en dessous, indépendamment des piquants latéraux, par des espèces de papilles dures, grèles, mobiles sur leur point d'insertion. Ces papilles sont droites ou incurvées, parfois renflées en massue pointue ou obtuse, implantées sans ordre. Une figure représente cette singulière composition.

Comme cette structure existe dans le mâle et la femelle, elle suggère l'idée d’un usage accessoire dans laccouplement; celui-ci ayant lieu ventre contre ventre, n'est-il pas vraisemblable que, pour le maintien de cette posture difficile, ces papilles s’enchevêtrent réciproquement les unes dans les autres? Ce qui vient à l'appui de cette opinion, c’est qu’elles n'existent point dans les jeunes barbarus, et qu'elles ne commencent à se montrer qu'à mesure que l’arachnide approche de l’état adulte.

Le barbarus habite différentes zones, ou, du moins, des localités diverses dans l'Algérie. M. Lucas le cite à Séuf et à Tunis; le docteur Dours l'a pris abondamment à Pontéba et Orléansville, M. Dastugue à Blidah, et en prodigieuse quantité à Boghar.

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