‹ Anatomie, physiologie et histoire naturelle des galéodesChapitre 39 sur 61 · SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’ABDOMEN · texte numérisé non relu

SYSTÈME MUSCULAIRE DE L’ABDOMEN

Les muscles de ce grand réceptacle viscéral vont nous offrir un rapprochement intéressant avec ceux du scorpion. Ces muscles, et je n’entends parler en ce moment que de ceux qui appartiennent à la vie animale, peuvent se diviser en peaussiers et en perforants.

1° Muscles peaussiers. — Getie dénomination, que jai déja employée pour les scorpions, est significative et bien définie. Sous la forme d’un mince panicule, dont le microscope révèle la texture fibro-musculaire, ils revètent la face inférieure de la peau souple de cette arachnide. Ils favorisent la contractilité et l’expansibilité de l'abdomen, en même temps qu'ils font jouer les uns sur les autres les segments abdominaux.

2° Muscles perforants. — Quand on enlève avec précaution la peau ou le tégument dorsal de l'abdomen, sans léser les parties sous-jacentes, on découvre à la ligne médiane du foie deux rubans étroits, parallèles, d’un blanc nacré et entrecoupés, formés cha-

cun per une série longitudinale d'articles allongés, plats, parfois sensiblement renflés à leurs extrémités et unis bout à bout, absolument comme les phalanges osseuses de nos doigts. Ces articles, en nombre égal à celui des segments du tégument dorsal, par conséquent de dix, sont d'autant plus longs qu'ils approchent davantage de la base de l'abdomen, où les segments sont aussi plus larges. Les postérieurs sont à peine distincts. |

L'aspect finement strié, la texture fibrilleuse et le blanc resplendissant où nacré du tissu caractérisent la nature tendineuse ou aponévrotique de ces articles. Leurs bouts se touchent dans leurs articulations réciproques, et celles-ci, où la tunique hépatique parait adhérer, correspondent juste aux plis intersegmentaires du tégument dorsal.

Deux rubans tendineux semblables, mais plus larges, s’observent à la face inférieure ou ventrale du foie. Ces rubans ventraux sont plus rapprochés l’un de l’autre que les dorsaux, souvent gane intermédiaire, tandis que le vaisseau dorsal sépare les rubans dorsaux. Ouire cela, les fibrilies constitutives de chaque article du ruban ventral sont plus distinctes et ressemblent à des cannelures.

C’est entre ces rubans articulés et tendineux du dos et du

même contigus, parce qu'il n'existe entre eux aucun or

ventre que sont placés, comme des cordes filiformes, les muscles que J'ai appelés perforants dans le scorpion et les araignées, et qui méritent ce nom dans le galéode, parce qu'ils traversent de part en part le foie. Ces muscles perforants, proportionnellement plus grèles dans cette dernière arachnide, sont parfaitement simples, c’est-à-dire sans la moindre division. Ils ont leur double insertion, d'une part, au bout postérieur, inférieur et latéral des articles dorsaux; de l'autre, au bout postérieur, supérieur et latéral des articles ventraux. Il résulte de ces insertions opposées que, dans l'exercice de leur contractilité, ils tendent à rapprocher les rubans dorsaux des ventraux et vice versd.

Les muscles perforants ne percent le parenchyme du foie que dans des gaines appropriées à ce passage ou percement. Ces gaines

DES GALÉODES. 79 étant revêtues par un reploiement de la ‘tunique hépatique, les muscles perforants ne sauraient blesser ni les utricules du foie, ni les organes auxquels celui-ci sert de réceptacle. Elles se trouvent ainsi favoriser le glissement des muscles. Ces gaines, lorsque les muscles sont détachés, se révèlent à l'extérieur par des trous ronds que lon voit exprimés dans la figure où j'ai représenté l’ensemble du foie. Ces trous deviennent insaisissables à la partie postérieure de l'organe, à cause de leur petitesse et de leur rapprochement.

Nora. Kittary (loc. cit. tab. VI, fig. 4) a bien reconnu les deux rubans tendinaux dorsaux dont je viens de parler; mais il en a mal saisi la structure articulée, et ne paraît pas en avoir compris les fonctions.

Ce même auteur (loc. cit. fig. 5) décrit et figure un diaphragme dans l’araneoides ; 1 lui donne une configuration régulière, avec des trous symétriques pour le passage des nerfs, des trachées, du canal digestif, et même une échancrure pour les vaisseaux sanguins. Dans mes innombrables autopsies des galéodes, il m'est bien arrivé parfois de rencontrer, au voisinage du détroit thoraco-abdominal, des lambeaux membraniformes plus ou moins mutilés; J'avais constaté ce même fait dans les scorpions (Anat. et phys. des scorp.), et l'idée de diaphragme m'était venue à lesprit et à la plume; mais rien ne justifiait cette dénomination, à laquelle j'avais renoncé. Encore aujourd'hui, quoi qu’en dise Kiitary, je ne saurais comprendre la raison d'être d’un diaphragme dans un organisme comme celui d’un galéode. Il y a de sa part idée préconçue.

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