a The xx. day
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dilligence et puissance lui resistaissent ; rescripvant mesmement à son frère, l'archevesque d'Yorck, illec estant, qu'ilz la tenissent contre le Roy deux ou trois jours, en promettant que, là en dedens, venroit atout grant puissance pour combattre ledit Roy, supposant oultreement le destruire, et tous les siens.
Adont ledit archevesque, esmeu et encoragié par les lettres de son frère, le joesdy, ixe jour d'apvril, assambla à Saint Pol de Londres tous ceulx qu'il scavoit tenir le party de son dit frère, tous en armes selon ce que à luy appartenoit, qui en nombre ne passoient pas v ou vi z hommes1 : laquele chose esmeut Henry, soy disant roy, monter à cheval et chevaulchier , adeompaignié des dis seigneurs, gentilz hommes et autres, proposant que, pour soy monstrer en tel arrov, provocqueroit les cytoyens, manans et habittans de Londres venir vers lui pour conforter et ayder sa partie. Mais les gouverneurs de ladite cité, voians cesle fachon de faire, s'assamblerent en conseil, ouquel lut considéré le petit nombre que ce roy Henry avoit; par quoy il/ nepeureut prendre nul corage de venir vers lui, ne fortiffier son party. Mesmement consideroient (pie se aulcunement lui eussent voullu faire assistence, non obstant leur povoir, qu'il ne leur estoit pas bien possible de résister au roy Edouard en sa venue, qui fort aprochoit la cité2. Et, aussi, grant nombre des plus hounourables de ladite cité estoient plainement disposez de favoriser le roy Edouard, et lui ouvrir les portes à sa venue. Consi-
1. et la ail, passed nat in nombar vj or vi;m men. x> And was tli.it nvybt at Scan Albuna. .
122 CROMCQUES D'ENGLETERRE. [1471]
derant qu'il estoit moult honnourablement adcompaignié de maiutz hardis hommes, bienvoeillans et de grant corage, lesquelz, pour nulle resistence qui leur peust estre faite, ne s'espagneroient à la prinse d'yeelle cité : et aussi que, pour lors, ledit Roy avoit plusieurs grans et puissans amis et serviteurs dedens la cité, lesquelz ne luy fauldroient point, par diverses emprinses, à faire ouverture, comme ce ne peult estre descongneu à plusieurs; aussi, tant pour L'amour et faveur que plusieurs portoient au dit roy Edouard, comme pour paour que plusieurs gens avoient, et pour autres diverses grandes considérations1, le Maisre, les Eschevins et moult d'autres honnourables hommes de la dite cité, déterminèrent clcrement entr'eulz qu'ilz garderoient la cité pour le roy Edouard, et que, à sa venue, luy ouvriroient les portes sans nulle resistence. Si lui envoierent couvertement unes lettres, esqueles estoit déclarée leur entente et comment ilz voulloient estre les guides de son plaisir.
L'archevesque d'Yorck, voiant clerement, par la contenance et maintieng de ceulz de la dite cité de Londres, que point ne voulloient résister au roy Edouard , ains mesmement le assister, luy, congnoissant son aprochement , envoia secrètement devers sa personne, désirant acquerre sa bonne grâce et venir
i. Commynes dit à ce sujet (I, 259): « A cequim'a esté compté, trois choses furent cause que la ville se tourna des siens. La première , les gens qu'il avoit es franchises, et la royne sa femme qui avoit eu ung filz. La seconde, les grans debtes qu'il dehvoit en la ville, pourquoy les marchans, à qui il dehvoit, tinrent pour luy. La tiers , plusieurs femmes d'estat et riches hourgeoises de la ville, dont autresfois il avoit eu grant privaulté et grant accointance , luy gaignerent leurs maris et de leurs parens. »
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en aulcun bon apointement, promettant par ce moven faire chose à lui agréable. Et lors le Roy, pour certaines causes et considérations, recheut l'archevesque à mercy , et arriva devant Londres [sur un jeudy matin], l'onzième jour d'apvril. et entra dedens, où il fut recbeu du Maisre, des Escbevins , bourgois et autres, moult lyement, sans nulle resistence. Si cbevaulcba du long de la villejusquesà l'Eglise de Saint Pol, et de là au pallaix de l'evesque de Londres1, où ledit arcbevesque d'Yorck estoit, quy luy requist sa bonne grâce. Et aussi estoit illec logié l'usurpeur Henry , appelé Roy; duquel il se tint saisy et, avec ce, de plusieurs autres ses rebelles ; puis s'en alla à Westmoustre, où il fist ses priieres dévotement à Dieu, à sa glorieuse Mère, Saint Pierre et Saint Edouard, rov et confesseur. Puis, incontinent aprez ses contemplacions et priieres achevées , il s'en alla devers la royne sa femme, qui longuement avoit esté oudit pallaix de Westmoustre en grant lamentacions et dolleur desplaisante, duquel trouble que en grant paine elle portoit, elle délivra d'un beau filz2 quelle présenta au Roy en sa venue vers elle, dont il eut grant joye et confort. Et là furent mises en jeu entre le Roy et la royne, au bienviengnant , plusieurs amoureuses parolles qui longues serroient à raconter.
Quant vint lendemain au matin, le Roy, la royne et tous les leurs tyrerent vers Londres , qui est à demye lieue prez de là; si se loga à l'hostel madame d'Yorck , sa mère ; et là oy le divin service ce jour et la nuit ensievant , car c'estoit le Vendredy Saint, et