CROIS ICQU ES D'ENGLETERRE
Au regard des ambassadeurs d' Engleterre , certainement ilz ne fauront point d'estre cy à toutte haste.
Mon très honnouré et redoublé Seigneur, ce sont toutes les nouvelles que ledit Colin m'a dictes. Se autres choses sourvient de nouvel, je le vous feray savoir à touttes diligence. Ce set Dieu, qui vous doinst ce que vostre noble cuer désire.
Escript à Boulloingne, cesamedy matin, xve jour de
juillet 1463.
Vostre très humble serviteur,
Cran.
A mon tres-honnouré et redoubté Seigneur monsr le conte de Porcian et de Guisnes.
Au dos : « Copies des lettres de Philippe de Cran à monsr de Crouy, du xv« jour de juillet 1463. — Receu à Orguil, le xxvie jour de juillet mil niic lxiii. » (Bib. imp., Mss., Fonds Baluze, !N° 90377, fol. 182.)
III bis.
(Voy. t. II, page 289 l.)
Instructions2 a messsie Guillaume, seigneur de
1. Comme il n'y a dans le texte aucune indication de renvoi à cette Pièce, nous croyons utile de transcrire ici le passage précis auquel elle se rapporte:
« En ceste mesmes nuit , doncques, la royne et les siens, aians troussé tout leur baguage portatif, se partirent en grant haste de la cité d'Yorc ; si s'enfuyrent en Escoce. d
2. Cette pièce révèle plusieurs faits curieux. Celui qui concerne le
MENYPENY1 DE CE QU'lL A A DrRE A. TRES HAULT, TRES PUISSANT ET TRES CRESTIEN PRINCE LE ROY DE FRANCE DE PAR L'EVESQUE DE SALNT ANDRIEU2 EN EsCOSSE.
Et premièrement.
Premièrement, à luy présenter les lettres du roy, mon souverain seigneur et les miennes, avecques les salutations et recommandacions acoustumez.
Item. En après luy remonstrer et exposer comment mon cousin , le Prévost de Saint Àndrieu s, et Vermandoiz le Heurault furent par sa haultesse envoiezpar devers moy, à Bruges4 en Flandres, avecques certaines lettres et charges de très noble et glorieuse mémoire
passage de Henri VI en Ecosse nous a déterminée à l'insérer ici : mais, outre l'importance de ce renseignement qui nous paraît avoir échappé à la plupart des historiens, ces instructions sont toutes, par elles-mêmes, d'un très-grand intérêt pour l'histoire, émanées qu'elles sont de l'homme le plus éminent de l'Ecosse à cette époque, et dont la véracité ne peut être mise en doute. Sa haute naissance, son intégrité, sa prudence, son habileté et sa sagesse à diriger les affaires du gouvernement , joints à sa charité chrétienne, font de lui l'homme le plus accompli. Les historiens s'accordent à dire que sa mort fut un deuil général pour l'Ecosse.
1. William Monypenny, créé lord Monvpennv le 1er mai 1450, mort vers 146^. (Douglas, Peerage of Scotland, 487.)
2. James Kennedy, fils de James Kennedy et de Marie Stewart, fille du roi d'Ecosse Robert III; promu au siège de Dunkeld en 1438 et transféré à l'évèché de Saint-Andrews en 1440; nommé chancelier d'Ecosse en 1444. Conseiller de Jacques II, il fut nommé, après la mor de ce dernier, un des régents du royaume durant la minorité de Jacques III. Fondateur du collège de Saint-Sauveur à Saint-Andrews, il le dota richement. Mort le 10 mai 1466, il fut enterré dans la chapelle de son collège. (Douglas, Peerage of Scotland, 135.)