mai. (Plessis du Parc.) — Au Seneschal de Poitou
« Il est vray que je vous mandoye que vous vous retroissez : mais, depuis, je vous av mandé que vous feissiez du mieulx que vous pourriez, et que vous assemblissit z ensemble toutes les compaignies, et que vous gardissiez bien que personne ne entra dedens la Rochelle. J'ay envové M. le gouverneur, M. de la Forest, par delà, et, pour ce, je vous prie qu'ils vous trouvent ensemble tant que vous estes, et francs archiers et tout. J'ay envoyé Guerin le Groing faire tirer l'artillerie à Nyort, et, pour ce, envoyez en quérir tant que vous vouldrez : et incontinent que vous me manderez pour la Rochelle, je monteray à cheval, et m'y en iray à toute diligence.» (Duclos, III, 331.)
15 mai. (Plessis du Parc.) — Aux seigneurs de la Belliere et de Cru^sol.
« Je m'en pars aujourd'hui pour aller à mon pèlerinage de Puy
Nostre Dame, et ne bougeray de Montrcuil Bellay, ou des environs, jusques à mercredy, en attendant de vos nouvelles : et, pour ce, je vous prie que vous me mandez se ï entre prinse de la Rochelle est seure; car si vous me mandez que je m'y en tire, je partiray incontinent*. » (Lenglet, III, 187.)
18 mai. (Montreuil Bellav.) — Aux habitans de Bavonne.
« Nous avons sceu la mort de nostre frère, dont Dieu ait l'ame. »
*Commynes (I, -I 27) dit que le duc de Bourgogne étant prêt à partir d'Arras, le \o may 4472, « vindrent lettres de Symon de Quiugy, lequel estoit devers le roy, ambassadeur pour icelluy duc de Bourgongne, contenant comme le duc de Guienne estoit trespasse, et que ja le roy avoit prins une grant partie de ses places. » Le roi partait ce jour-la du Plessis du Parc.
avoit il fait crier partout ses pais, que tout homme fust presl à le servir en armes le w" jour de juillet prochain aprez ensievant.
Environ ce temps, furent prins à Werny, en Flandres, trois ou quatre malvais hommes et inhumains, lesquels avoient esté commys à garder les malades et ensepulturer ceulx qui moroient illec de l'impedimie, et pour ce faire avoient bon sallaire. Advint que la peslillence se diminua, adoneqz les tirans. voyans leur gaing diminuer, vouldrent la pestillenee remettre mis, et se adviserent de aller de nuict au sépulcre d'un homme mort nouvellement de l'impedimie, et descouvrirent ce corps, puis mirent grand plenté de cerises, qui estoient en saison, puis les reprirent
(Bucho>", Xotices littéraires, xxxv, en tête du Choix de chroniques, contenant la Chronique de Duguesclin, etc., etc.)
24 mai. (Bourneuf, près la Rochelle.)
Le roi ordonne la réunion à sa couronne, comme Son vrai domaine, de la ville de la Rochelle. (Bibl, imj>., mss. de Le Grand, n° 2875, t. XX.)
Par tout ce qu'où vient de lire, et surtout par la lettre du 18 mai 14 72 (n° IX), il est suffisamment établi, pensons-nous, que le duc de Guyenne mourut antérieurement au jour indiqué par do m \ aissète, et rien ne s'oppose à ce qu'on adopte la date donnée, pour le même événement, par le P. Anselme. Tout au moins est-il certain que le frère de Louis XI « estoit aie de vie à trespas , » comme le dit la Chronique scandaleuse, dès le dit jour 18 mai. Ce point est important a aoter, car Lenglet (sans indiquer, au reste, a quelle source il a puisé, ce qui rend tout contrôle impossible), publie le testament du duc de Guyenne avec la date, assurément fautive, du 24 mai 1472. Ce prince, mort avant le 18 mai, ne peut évidemment avoir testé le 24 du même mois.
L'erreur ne viendrait-elle pas de ce qu'au bas de l'acte testamentaire on aura cru lire may (1472) au lieu de mars (1471, v. s.). Dès le 2 décembre 1471, le duc de Guvenne était dangereusement malade (n° I), et son état empira si fort, que, le 18 mars suivant, le bruit se répandit qu'il était mort à Bordeaux, «dont il n'estoit rien , » dit la Chronique scandaleuse. (Lexglet, II, 92.) Nous donnons cette supposition pour ce qu'elle peut valoir; mais nous ne voyons pas d'autre moyen d'expliquer une erreur aussi manifeste.
272 CRONICQUES DENGLETKRRE.
et recouvrirent ce corps : et s'en allèrent nieller ces cerises avec des aultres qu'ilz firent vendre au marchié , dont advint que tous ceulx qui en mengerent en morurent1. D'un aultre josne homme malade ilz copperent la gorge, pour luy advancer sa mort, de paour qu'il ne retournast en santé, pour les quelz cas ilz furent prins et exécutez; et, pour ce qu'il fut trouvé qu'ilz avoient esté sodomites , ilz furent brûliez jusques en cendres. Aulcuns aultres de celle sorte furent prins et exécutez à Bruges et à Lille , qui faisoient aussy morir les gens par empoisonner l'eaue benoitte dedens les églises, et confessèrent ceulx cy qifilz estoient bien de deux à trois cens espars par le pais usans de telz maie fi c e