‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 3)Chapitre 120 sur 129 · CINQUIEME PARTIE, LIVRE IV, XII. 28B · texte numérisé non relu

CINQUIEME PARTIE, LIVRE IV, XII. 28B

agréables à aulcuns des aultres capittaines ; en especial au seigneur de Thalbot, lequel dist que s'il n'avoit que sa gent et ceulz qui le volroient ensievir, si les yroit il combatre à l'ayde de Dieu et de monseigneur Saint George. ^

Lors messire Jehan Fastre , voyant que nulle excusation ou remonstrances n'y valloit, ne ses parolles n'y avoient lieu, il se leva du conseil. Aussi firent tous les autres, et s'en allèrent cbascun en son logis. Si fut commandé auz capittaines et chiefz d'escadres que lendemain au matin , feussent tous pretz pour eulz mettre sur les champz, et aller où leurs souverains leur ordonneroient. Et ainsi se passa ceste nuit; puis, au matin, issirent tous de la porte, et se misrent auz plains champs estandars, penons et guidons. Et lors, aprez que tous furent en ordonriance issus de la ditte ville, tous les capittaines se tyrerent de rechief ensamble en ung tropel emmy le champ, et illec parla ancores à eulz messire Jehan Fastre, disant et remonstrant pluiseurs raisons tendans à fin de non passer plus avant; mettant au devant de leurs entendemens tous les doubtes des dangereux perilz qu'ilz povoient bien encourre , selon son ymagination ; et aussi ilz n'estoient que une poignié de gens au regard des François , certiffîant que, se la fortune tournoit maulvaise sur eulz, tout ce que le feu roy Henry avoit concquis en France , à grant labeur et long terme , seroit en voye de perdition : pourquoy il voulroit mieulz lui peu soy reffraindre , et atendre leur puissance estre renforcée.

Ces remonstrances ne furent pas ancores agréables au seigneur de Thalbot, ne aussi à aulcuns autres

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chiefz de la dite armée. Pourquoy messire Jehan Fastre, voiant que nulle quelconcque remonstrance qu'il sceust faire , ne povoit prouffiter à ses dis compaignons retraire de leur emprinse volloir parsievir, il commanda auz estandars qu'ilz prensissent le droit chemin vers Meun. Si veissiés de toutes pars parmy celle Beausse, qui est ample et large, les Anglois chevaulchier en très belle ordonnance ; puis , quant ilz parvindrent ainsi comme à une lieue prez de Meun, et assez près de Baugensi, les François, advertis de leurs venue, eulz environ vi"" combatans, dont estoient les chiefz Jehanne la Pucelle, le duc d'Alenchon, le bastard d'Orlyens*, le marissal de la Fayette, la Hyre, Pothon et autres capittaines, se rengerent et misrent en battaille sur une petite montaignette, pour mieulz veoir, et véritablement la contenance des Anglois. Lesquelz, plainement parchevans que Franchois estoient rengiés par manière de battaille, cuidans que de fait les deussent venir combattre, prestement fut fait commandement exprès, de par le roy Henry d'Engleterre, que chascun se meist à pie, et que tous archiers eussent leurs penchons estoquiez ^ devant eulz, ainsi comme ilz ont coustume de faire quant ilz cuident estre combatus. Puis envoierent deux heraulz devers lesdis François, quant ilz veyrent qu'ilz ne se mouvoient de leurs lieux, disans qu'ils estoient trois chevalliers quy les combatroient se ilz avoient hardement de descendre

1. Jean d'Orléans, comte de Dunois, fils naturel de Louis de France et de Mariette d'Enghien, femme d'Aubert le Flamenc, seigneur de Cany. Mort le 24 novembre 1468 (Anselme, I, 212).

2. C'est-à-dire leurs pieux en arrêt, présentant la pointe à l'ennemi. [Note de M. Quicherat.)

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le mont et venir vers eiilz. Ausquelz responce fut faite de par les gens de la Pucelle : « Allez vous logier pour maisliuy, car il est assez tard; mais demain, au plaisir de Dieu et de Nostre Dame, nous vous verrons de plus prez. »

Alors les seigneurs anglois, voians qu'ilz ne serroient point combatus, se partirent de celle place, et clievaulcherent vers Meun , où ils se logèrent celle nuit, car ilz ne trouvèrent nulle resistence en la ville, fors tant seullement que le pont se tenoit pour les François. Si fut conclu illec par les capittaines anglois qu'ilz feroient celle nuit battre ledit pont par leurs engiens, canons et veuguelaires , adfm d'avoir passage de l'autre costé de la rivière. Et ainsi le firent les Anglois qu'ilz l'avoient proposé ceste nuit, laquele ilz geurent à Meun jusques à lendemain.

Or, retournerons auz François quy estoient devant Baugensy ; et dirons des Anglois quant lieu et tempz sera.

1015. Comment les François eurent par composition le chastel de Baugensi, que tenoient les Anglois, et de la journée que les Anglois perdirent à Pathai contre les François*. XIII.

Comme vous avez oy, les Anglois estoient logiez à Meun, et les François devant Baugensy à siège, où ilz constraignoient moult fort la garnison de dedens, en leur faisant entendre que le secours qu'ilz atendoient (ne vendroit pas); leur faisant entendre aussi

1 . Les passages de ce chapitre qui concernent l'armée française sont empruntés à Monstrelet (V., cha p. Lxi;.

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qu'ilz s'en estoient retournez ^ers Paris. Laquele chose voiant et oiant lesdis assegiés, avec autres pluiseurs samblables parolles que leur disoient les François, ne sceurent pas bonnement en quel parti de conseil eulz arrester pour le meilleur et plus prouffitable ; considérant que par la renommée de Jebanne la Pucelle , les courages anglois estoient fort altérez et faillis. Et veoient , ce leur sambloit , fortune tourner sa roe rudement à leur contraire, car ilz avoient desjà perdu pluiseurs villes et forteresses qui s'estoient remises en l'obéissance du roy de France, principalement par les entreprinses de la dite Pucelle, les ungz par force, les autres par traitië; si veoient leurs gens amatis, et ne les trouvoient pas maintenant de tel ou si ferme propos de prudence qu'ilz avoient acouslumé; ains estoient tous, ce leur sambloit, très desirans d'eulz retraire sur les marches de Northmandie, habandonnant ce qu'ilz tenoient en l'Isle de France et là environ.

Toutes ces choses considérées, et autres pluiseurs qui sourvenoient en leurs ymaginations , ilz ne scavoient quel conseil eslire, car ilz n'estoient pas adcertenez d'avoir brief secours; mais se ilz eussent sceu qu'il estoit si prez d'eulz, ilz ne se feussent pas sitost rendus. Touteffois finablement, toutes considérées les doubtes que ilz admetoient en leur fait, firent traitié aux François au mieulx qu'ils peurent, par condition que sauivement s'en yroient et emmenroient tous leurs biens, et la place demourroit en l'obéissance du roy Charles et de ses commis.

Lequel traitié ainsi fait , le samedy au matin se départirent les Anglois , prenant le chemin vers Paris,

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tout parmy la Beausse , et les François entrèrent dedens Baugensy. Puis prindrent conclusion , par l'enbort de la Pucelle Jehanne, que lors yroient querant les Anglois jusques à ce qu'ilz les auroient trouvez en plaine Beausse , à leur avantage, et que là les combaleroient ; car il n'estoit pas doubte que les Anglois, quant ilz scauroient la reddition de Baugensi, ne s'en retournassent parmy la Beausse vers Paris, oi^i il leur sambloit qu'ilz en auroient bon marcbié.

Or doncques lesdis François, pour parvenir à leur emprinse, se misrent auz plains cbampz. Si leur aplouvoient et venoient cbascun jour gens nouveaulz de lieux divers. Si furent adont ordonnez le connestable de France, le marissal de Bousac', la Hire, Potlion et autres capittaines , à faire l'avantgarde; et le sourplus, comme le duc d'Alencbon , le bastard d'Orlyens, le marissal de Bays', estoient les conducteurs de la battaille et sievoient assez de prez ladite avantgarde. Si povoient estre yceulz François en tout de XII à xini'" combatans. Si fut lors demandé (à la Pucelle) par aulcuns des Princes et principaulz capittaines là estans, quel chose il lui sambloit de présent bonne à faire. Laijuele respondy qu'elle estoit certaine et scavoit verital^lement que les Anglois, leurs annemis, les atendoient pour les combatre ; disant oultre que, ou nom de Dieu , on clievaiilchast avant

^ . Jean de la Brosse, seigneur de Sainte-Sevère, de }3oussac, fut pourvu de l'ofûce de maréchal de France le 26 mai 1423. Mort en H3',\ (Anselme, VII, 71),

2. André de Laval, seigneur de Loheac et de Rais, ainiial et maréchal de France. Mort en 1-486 (Anselme, VII, 72).

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coPilre eulx, et qu'iiz seroieiit vaincus. Aulciins luy demandèrent où on les UouYeroit : aiisquelz elle fist response qu'on che\aulcliast sceurement et que l'en auroit bon conduit. Si se misrent les battailles des François à chemin en bonne ordonnance, aiant les plus experts, montez sur fleurs de chevaulz jusques à Lx ou nn" hommes , mis devant pour descouvrir. Et ainsi par lonsçue espace chevaulchant ce samedy, esloient assez prez de leurs anoemis les Anglois, comme cy aprez porrez oyr.

Quant doncques les Anglois qui s'estoient logiés à

Meun, ainsi comme il a esté dit cy dessus, en inten-

cion de guaignier le pont, adfui de rafreschir de

vivres la garnison de Baugensy qui dès le soir devant

s'estoient rendus aux François (dont lesdis Anglois ne

scavoient rien, car ce samedy, environ vin heures du

matin que les capittaines eurent oy messe, il fut cryé

et publié parmy l'ost ([ue chascun se preparast et mist

en point, garnis de pavaix, huys et fenestres, avoec

autres habillemens nécessaires, pour assaillir ledit

pont qui la nuit paravant avoit esté rudement battu

de nos engiens), si advint, ainsi comme tous estions

garnis de ce que besoing nous estoit pour l'assault et

prestz à partir pour commencier, que, droit à ceste

heure, arriva ung poursievant, lequel venoittout droit

de Baugensy. Si dist aux seigneurs, nos capittaines,

que ladite ville et chastel de Baugensy estoient en la

main des François et que, dès qu'il party, ilz se met-

toient auz cliampz pour les venir combattre.

Alors lut prestement commandé en tous les quartiers par les capittaines anglois, que toutes manières de gens laissassent l'assault ; sy se tyrast on auz champz ;

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et que, à mesure que on isteroit auz cliampz hors de la ville, chascun en droit soy se meist en ordonnance de belle battaille. Laquele chose fut faite moult agreement. L'advangarde se mist premiers à chemin , laquele conduissoit ung chevallier anglois quy portoit ung estendart blancq ; puis mist on entre l'advangarde et la battaille, l'artillerie, vivres et marchans de tous estas. Aprez venoit la battaille, dont estoient conducteurs messire Jehan Fastre, le seigneur de Thalbot, messire Thomas Rameston et autres. Puis chevaulclîoit l'arrieregarde, quy estoit de purains anglois.

Quant ceste compaignie fut auz plains champz , on prinst le chemin, chevaulchant en belle ordonnance, vers Pathay, tant que l'en vint à une lieue prez ; et illec s'arresterent , car ilz furent advei-tis à la vérité par les coureurs de leur arrieregarde , qu'ilz avoient veu venir grans gens aprez eulz, lesquelz ilz esperoient estre François. Et lors, pour en scavoir la vérité, les seigneurs anglois les envolèrent chevaulchier aulcuns de leurs gens; lesquelz tantost retournèrent, et firent relation ausdis seigneurs que les François venoient aprez eulz raddement chevaulchant , une moult grosse puissance : comme assez tost aprez on les vey venir. Si fut ordonné par nos capittaines que ceulz de l'advangarde , les marchans, vitailles et artillerie yroient devant prendre place tout au long des haies qui estoient auprez de Pathay. Laquele chose fut ainsi faite. Puis marcha la battaille tant que on vint entre deux fortes hayes par où il convenoit les François passer. Et adont le seigneur de Thalbot, voiant ledit lieu assez advantageuz, dist qu'il descenderoit à pié atout v" archieis d'eslite, et que là se tendroit,

292 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [U29]

gardant le passage contre les François, jusques à tant que la baltaille et l'arrieregarde serroient joinctes. Et prinst le dit Tlialbot place auz hayes de Patbay, avec l'avantgarde quy là les atendoit. Et ainsi le seigneur de Thalbot, gardant cest estroit passage alencontre des annemis, esperoit de soy revenir joindre avec la battaille en costoiant lesdites bayes, voulsissent ou non les François; mais il en fut tout autrement.

Moult radement venoient les François aprez leurs annemis, lesquelz ancores ilz ne povoientpas cboisir, ne ne scavoient le lieu où ilz estoient, tant que d'avanture les avant coureurs veyrent ung clierf partir bors des bois, lequel prinst son cbemin vers Patbay et s'en alla ferir parmy la l)attaille des Anglois : parquoy ilz esleverent ung moult liault cry, non sachant que leurs annemis feussent si prez d'eulz. Oyant lequel cry les dessus dis coureurs François , ilz furent adcertenez que c'estoient les Anglois , et aussi les veyrent tost aprez tout plainement. Si envolèrent aulcuns compaignons noncbier à leurs capittaines ce qu'ilz avoient veu et trouvé, en leur faisant scavoir que par bonne ordonnance ilz cbevaulcbassent avant , et (ju'il esloit beure de besongnier. Lesquelz promptement se préparèrent de tous poins et cbevaulcberent tant qu'ilz veyrent tout plainement iceulz Anglois.

Quant doncques les dis Anglois veyrent les François eulz approcbier de si prez, ilz se basterent le plus qu'ilz peurent, adfin de eulz joindre auz bayes avant leur venue; mais tant ne seurent exploitier que, avant ce que ilz feussent ensamble joinclz esdites bayes à leur avangarde, les François s'estoient feruz à l'estroit passage où estoit le seigneur de'Fbalbot. Et alors mes-

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sire Jehan Faste tyraiit et chevaulcliant vers l'avan- ^avde pour se joindre avec eulz, ceulz de ladite avangarde cuiderent que tout fust perdu et que les batlailles fuissent. Pourquoy ledit capittaine de l'avangarde , cuidant pour vérité que ainsi Teust, atout son estentlart blancq, luy et ses gens prindrent la fuite et liabandonnerent la baye,

Adont messire Jelian Fastre , voiant le dangier de la fuite, cognoissant tout très mal aller, eut conseil de soy sauver. Et luy fut dit, moj., acteur, estant présent, qu'il prensist garde à sa personne, car la battaille estoit perdue pour eulz. Lequel à toutes fins voulloit rentrer en la battaille^ et illec actendre l'adventure tele que Nostre Seigneur luy volroit envoier; disant que mieulz amoit estre mors ou prins que bonteusement fuyr et ainsi ses gens babandonner. Et anchois qu'il se volsist partir, avoient les François rué jus le seigneur de Tbalbot , lui prins prisonnier' et tous ses gens mors. Et si estoient desjà lesdis François si avant en la battaille que ilz povoient, à leur vouUenté, prendre ou occire ceulz que bon leur sembloit. Et finablement les Anglois y furent desconfis à peu de perte des François. Si y morut de la partie desdis Anglois bien deux mille hommes, et deux cens prisonniers.

Ainsi comme vous oez alla ceste besongne. Laquele chose voiant messire Jehan Fastre, s'en party moult envis, à moult petite compaignie , démenant le plus grant duel que jamais veisse faire à homme. Et pour

1 . Il fut échangé, quatre ans après, contre Anibroiso de Lore (Ougdale, 1,329).

294 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1420]

vérité, se léust reboulté en la iDattaille, se n'eussent esté ceulz qiiy avec liiy estoient, especialement messire Jehan, l}astard de Tliian^, et autres, quy l'en destourberent^ Si prinst son chemin vers Estampes, et moj^ je le sievis comme mon capittaine , auquel le duc de Betfort m'avoit commandé obeyr et mesmes servir sa personne. Si venismes, environ heure de

1 . Jean de Thien , dit le Eàtard , fait elievalier au siège de Meaux en 1422 , « qui autrefois avoit esté grant capitaine avec les rcgeus des compagnies , sous le duc Jcîian de Bourgogne. » (Monstrelet, IV, cbap. ccLxix). Etait capitaine de Senlis dès 1428 (BIb. inip., Mss., n° 9-436 ^' ^*, fol. 17 verso). Par lettres datées de Rouen le 19 octobre 1430, il est désigné comme étant no w elle nient bailli de Senlis (Eib. imp., Mss., Fonds Gaignières , n°771, p. 97). Eait prisonnier par les Anglais au siège de Meaux, en juillet 1439, il fut aussitôt décapité (Monstrelet, VII, cbap. ccxxxix).

2. Voici comme ce fait tst raconté par Monstrelet (V, cbap. lxI; : a A la journée de la bataille de Patay, avaiU que les Anglois sussent la venue de leurs ennemis, messire Jean Fascot, qui cstoit un des principaux capitaines..., s'assembla en conseil avecque les autres, et fît plusieurs remontrances : c'est à savoir, comment ils savoient la perte de leurs gens que les François avoient fait devant Orléans et Jargeau, et en aucuns autres lieux, pour lesquelles ils avoient du pire ; et estoient leurs gens moult ébabis et effrayés, et leurs ennemis , au contraire, estoient moult enorgueillis et résignés. Pourquoi il conseilla qu'ils se retrabissent aux cbasteaux et lieux tenant sonuarti àl'environ, et qu'ils ne combattissent point leurs ennemis si en baste, jusques à ce qu'ils fussent mieux rassurés ; et aussi que leurs gens fussent venus d'Angleterre, que le régent devoit envoyer brièvement. Lesquelles remontrances ne furent point bien agréables à aucuns des capitaines, et par especial à messire Jean de Talbot ; et dit, que si les ennemis venoient, qu'il les combattroit. Et par esjoecial, comme le dit Fascot s'enfuit de la bataille sans coup férir, pour cette cause grandement lui fut reprocbé quand il vint devers le duc de Bedfort, son seigneur ; et en conclusion, lui fut osté l'Ordre du blanc jarretier, qu'il portait entour la jambe. Mais depuis, tant en partie comme pour les dessusdites remontrances qu'il avoit faites, qui sembloient assez raisonnables , comme pour plusieurs autres excusances qu'il mit avant, lui fut, par sentence de procès, rebaillée ladite Ordre de la Jarretière , jà soit ce qu'il en sourdit grant débat, depuis, entre icelui Fascot et sire Jean de Talbot, quant il fut retourné d'eslre prisonnier de la bataille dessusditc. s

[1429] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE IV, xiii. '2\):i

myenuit, à Estampes, où nous geusmes, et lendemain à Corboeil.

Ainsi, comme vous oez, oblindrent François la vietore au dit lieu de Patliai, où ilz geurent ceste imit, regraciant Nostre Seigneur de leur belle adventure advenue. Et lendemain se deslogerent dudit lieu de Patbai, qui sied à deux lieues de Jen ville; pour laquele place ainsi appelée , ceste battaille portera perpetuelement nom, la Journée de Pathay. Et de là s'en allèrent, atout leur proye et prisonniers, à Orlyens, où ilz furent généralement de tout le peuple conjoys : et par especial sur tous autres, Jebanne la Pucelle acquist en ycelles besongnes si grant loenge et renommée qu'il sembloit véritablement à toutes gens que les annemis du roy Cbarles n'eussent puissance de résister en quelque lieu où elle feust présente , et que briefment , par son moyen , le dit roy dut estre remis en son royaulme, maulgré tous ceux ceulz quy y volroienl contredire.

Aprez ceste belle victore, s'en allèrent tous les capittaines francois qui là estoient, avec eulz Jebanne la Pucelle, devers le roy Cbarles, qui mouilles conjoy et grandement remercya de leur bon service et dilligence. Lesquelz lui dirent que, sur tous, en devoit scavoir gré à ladite Pucelle, qui dès ceste beure fut retenue du privé conseil du roy. Et là fut il conclut! d'assambler le plus grand nombre de gens de guerre que l'en porroit finer parmy les pays au dit roy obéissans, adfin qu'il se peusl bouler avant en pays, et ses annemis poursievir.

296 CROJNICQUES D'ENGLETERRE. [1429-30]

1016. Gomment les nouvelles vindrent au duc de Betlifoit de la perte de ses gens. XIIII.

Cf. Monst., t. V, ch. lxi-lxh.

1017. Comment Charles de France envola de ses meilleurs gens en la ville d'Orlyens. XV.

Cf. Monst., t. V, cil. LXiii.

1018. Comment ceulx de Challons, de Rains et autres forteresses se retournèrent et firent obéissance au roy Charles. XVI.

Cf. Monst., t. V, ch. Lxiv.

1019. Comment le duc de Bethfort, régent, vint à Monstreau fault Yonne pour combatre le roy Charles , et les lettres qu'il luy envoya. XVIJ.

Cf. Monst., t. V, ch. Lxv.

1020. Comment le duc de Bethfort retourna en Tlsle de France et le sievy le roi Charles. XVIII.

Cf. Monst., t. V, ch. Lxvi.

1021. Comment le roy Charles envoya ses ambaxadeurs à Arras devers le duc de Bourgoigne. XIX.

Cf. Monst., t. V, ch. lxvii.

Les ambassadeurs du roi Charles VII logèrent à Arras, dit Wavrin , sur le grant marchié^ à l'enseigne de la Clef.

1022. Cy fait mention en brief de aulcunes places prinses par les François sur ceulz tenans la partie du roy d'Engleterre. ' XX.

Cf. Monst., t. V, ch. lxvhi-lxix.

1023. Comment le roy Charles s'en retourna de Compiengne à Senlis et en Tlsle de France, et comment il fist assaillir Paris. XXI.

Cf. Monst., t. V, ch. Lxx-Lxxni.

1024. Comment le duc de Bethfort, régent, fist assegier et reconcquerre le ChasteauGaillart. XXII.

Cf. Monst., t. V, ch. Lxxiv-Lxxvi.

[1430] CINQUIÈME PARTIE , LIVRE IV, xiv-xxxii. 297

Le chastel de Trosi était , ajoute Wavrin , scant ou pays de Chaiilz.

1025. Comment messire Thomas Quirel alla courre en Beauvoisis , ou quel voyage il fut assailly des François, lesquelz furent par luy et ses gens reboulez. XXllJ.

Cf. Monst., t. V, ch. lxxm-lxxxhi.

1026. Comment Jehanne la Pucelle fut prinse. XXIV. Cf. Monst., t. V, ch. lxxxti.

1027. Comment le jenne roy Henry d'Engleterre vint à Callaix, et de là en France. XXV.

Cf. Monst., t. V, ch. LxxxYH.

1028. Comment le duc de Bourgoigne et ses gens se logèrent devant Compiengne. XXVI.

Cf. Monst., t. V, ch. Lxxxvni.

1029. Comment le conte de Hontiton vint devant Compiengne en l'ayde du duc de Bourgoigne. XXVII.

Cf. Monst., t.V, ch. xci, xcni.

1030. Comment messire Jehan de Luxembourg eut la charge et gouvernement du siège de Compiengne.

Cf. Monst., t. V, ch. xciv.

1031. Comment le duc de Norfort, anglois, régna lors en ITsle de France. XXIX.

Cf. Monst., t. V, ch. XCIV.

1032. Comment les François vindrent devant Compiengne, où le siesfe fut levé. XXX.

Cf. Monst., t. V, ch. xcvr.

1033. Comment les François de Compiengne se gouvernèrent depuis cest heure. XXXI.

Cf. Monst., t. V, ch. xcvi, xcvn, xcix.

1034. Comment Pothon de Sainte Treille et messire Loys de Vancourt furent prins des Anglois. XXXII.

Cf. Monst., t. V, ch. CI.

298 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1431]

1035. Gomment le seigneur de Barbasan mist le siège devant le chastel d'Englure que tenoient les Bourguignons. XXXJII.

Cf. Monst., t. V, ch. crv.

1036. Comment Jehanne la Pucelle fut condempnee à estre arse en la ville de Rouen, avec la teneur des lettres que le jenne roi d'Engleterre rescripvit au duc Plielippe de Boui'goiffne. XXXIV,

Cf. Monst., t. V, ch. cv.

Cy prent fin le quatriesme livre de ce V* volume^ et s'ensievia le V' livre.

[1431-32] CINQUIÈME PARTIE, LIVRE V, i vi, 299

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