PROLOGUE
noble désir, moyennant d'avoir vostre bonne ayde el conseil, qui à ceste matere m'a esté bien séant, ay ozé entreprendre ceste paine et labeur de recueillier, adjouster et ramener en quatre volumes de livres, au plus près que j'ay sceu ne peu, tous les haulx faictz d'iceulx roys, de leurs proesses et de leurs vyes, et coomient par leur noble chevalerie, le temps de cliascun durant, ledit royaulme a esté gouverné. Pourquoy, mon très honnouré seigneur, moy Jehan de Wavrin , chevalier, seigneur du Forestel, fils inlegitisme de vostre grant père, monseigneur Robert de Wavrin ', jadis chevalier et seigneur des terres et seignouries de Wavrin, Lillers et Malannoy, lequel mourut en la bataille d'Asincourt ^, où à ce jour j'estoye, sentant en
1. Robert, seigneur de Wavrixi, conseiller et cliambellan du duc de Bourgogne : ce prince « voulant reconuoître les services que son père et lui avoient reçu de messire Robert, seigneur de Wavrin, cheTalier, le retint pour son conseiller et chambellan aux gages de 80 livres par mois, par lettres données à Douai le 16 juillet 1403. » (La Barre, II, 121 ; Bil)l. imp., Cabinet du Saint-Esprit.) Il avait épousé, le 27 août 1390, Jeanne de Gaucourt. (^Compte rendu des séances de la commission royale de Belmnue t. III, 276; et Arch . imp., Section judiciaire, Accords, année 1427.) C'est à tort que le P. Anselme (VI, 705) lui donne pour femme Jeanne de Créquy.
2, Le frère de Wavrin périt aussi dans la même journée. Il fut inhumé avec son père, en l'abbaye de Han, proche Lillers, et l'épitaphe suivante fut placée sur leur tombe :
« Cy gistent messire Robert, seigneur de Wavrin, de Lilers et de Malannoy, chevalier, et messire Robert de Wavrin , son fils et héritier, chevalier, et trespasserent ensemble à la bataille d'Azincourt, qui fut l'an mil un » et xv, le xxv* jour du mois d'octobre. Priez Dieu pour leurs âmes et de tous les trespassez. Et feist ceste lame faire madame Beatrlx, dame desdits Ueux de Wavrin, de Lillers et de Malannoy, fille et seur desdits trespassez, priez Dieu pour eulx. » (Bibl. imp., mss., Épitaplies, vol. XXVII, fol. 171 recto.) C'est le fils qui s'était marié avec Jeanne de Créquy, restée veuve après six semaines de mariage, et qui prit une nouvelle alliance avec Guillaume de Lalain. [Chronique de J. de Lalain^ chap. i. )
k CROIVICQUES D'E^'GLETERRE.
îiioy que fort aprochoye de viellesse et que plus ne povoye sievir ne fréquenter les armes, ne faire longz voyiages, comme aultresfois ay fait avec vous et aussy en la compaignie d'aultres pluiseurs princes et chevaliers, dont, par le plaisir de Dieu, Nostre Seigneur, suis party sans affolure ou villaine reproche , et aussy affin de fuir huyseuse, mère de tous vices, environ l'an mil quatre cens chinquante et chincq me ingeray de voloir emprendre et achever ceste euvre jusques au couronnement du roy Edouard Y ^ de ce nom. Doncques, mon très honnouré et doubté seigneur, je vous supplie humblement, et à tous ceulx qui liront ou orront lire ce recueil des cronicques et histoires du royaulme d'Engleterre , que se fluité et trop grant habundance de langaige y est trouvé, ou que aulcunement, par trop petite diligence, je l'aye peu à plain déclarée, leur plaise supléer mon ygnorance et avoir regard à l'enlendement de l'histoire plus que à l'ordonnance et faclion de ceste euvre; et aussy se en ce, mon très honnouré seigneur, compredez ou trouvez chose qui puist tourner ou pourfiter à l'amplication el recomuîandation de voslre noble personne, il le vous plaise retenir à la loenge de Noslre Seigneur Jhesus Crist, en ayant par vostre grâce mémoire de vostre humble serviteur.
1 C'ist Edouard IV qu'il faudrait lire; M. P. Paris, qui donne en entier ce Prologue (I, 89 ) , introduit dans son texte celte rectification que ne comporte aucun des exemplaires des Chroniques.
CRONICQUES D'ENGLETERRE
PAR JEHAIV DE WAVllIIV,