Au cbaplue précédent
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elle estoit partie. Sy fut grand dommage, et sy estoit la damoiselle de sy bonnes meurs et tant amee de tous ceulx du pays, grans et petis; povirquoy ils furent moult trouilles quant ainsy, volumtairement et sans leur sceu, la veirent estre mariée par la manière dilte ; car oncques, puis le temps Brnclus qui concquist Albion , laquelle il nomma Breiaigne de son nom, et après a esté nommée Engleterre par Eogîist, le royaulme d'Escoche n'avoit parti de la suljgection d'Engleterre , feaulté et hommage, jusques au temps d'adont que je vous dis; car ce mesmes Bructus, qui concquist Escoclie, la donna à* Albana, ce dit royaulme que, à présent , on dist Escoce ; mais ce jenne roy Edouard, par mauvais conseil, leur quitta cest hommage que tousjours, paravant, avoyent acoustumé de paiier aux roys d'Engleterre, comme par les mesmes Cronicqiies cï Escoche on peult amplement veoir. Et , pour ce , les Anglois doibvent bien maudire l'heure que le parlement fut estably à Northantonne ; car, par faulz et mauvais conceil, le jenne roy Edouard fut déshérités de pluiseurs terres et honneurs que les desloyaulz conseilliers atrayerent à eulx. Jasoit ce que les grans barons d'Engleterre feussent trop mal contentez de celle paix, ainsy faitte par seullement la royne Ysabel, mère du roy, l'cvesque de Ely et sire Rogier de Mortemer, mais droit et raison ne volrent souffrir que dutout paix finale feust faitte par eulx, sans le commun assentement de la pluspart des haulz barons du royaulme d'Engleterre.
K. Var, { La donna à son second fdz, qu'il nomma Jlhanïe. » f^I». n- 8388).
3î2. Cy parle du discord qui fut entre la royne Ysabel et sire Henri , conte de Lanclastre et Leecestre. Et de la chevaulchee de Bethforî. LIÏL
Apres ce que le jemie roy David d'Escoclie eut espousé Jehenne de îa Tour à Bervic, ainsy comnie oy avez, les Escotz, en reprochant les Anglois, appellereiît laditte Jehenne contesse de Makepaix^ pour la grant couardize des xii pers estal^lis au gouvernement duroyaulme; mais quant à la personne du roy, on n'avoit cause de l'en reprochier, car tout ce qu'il se faisoit parmi le royaulme estoit passé par la royne YsalDel, sa mère, et sire Rogier de Mortemer.
Ne demoura gueres, après cest acord, que la royne Ysabel atrayst à soy toute l'honneur et revenue de Pontfret, et, à peu près, toutes les terres apendans à la couronne d'Engleterre : et à son quartier tiroyt, asprement, Rogier de Mortemer, et tenoyent presque toutes les revenues du roy, si que il n'avoit pas gramment pour maintenir son estât, fors les pourfis des maletotes et de l'Eschequier. Et tellement se conduirent en ces choses, que, par leur taillerie et roberie, le pays devint sy povre que pou s'en failli qu'il n'en tournast à destruction ; dont, par le mauvais gouvernement qui alors regnoit en Engleterre, toute la communaulté d'Engleterre commencyerent à hayr la royne Ysabel, laquelle ilz amoient merveilleusement à son retour de France, pour ce que sy rad dément poursievy les Despensiers.
En ceilui temps, le faulz traître sire Robert de Hollande', qui trahy son seigneur sire Thomas de Lan-
1. Robert, lord Holand, écuyer du comte de Lsncastre , trahit son maître et fut cause que ce prince perdit la bataille de Boroughbridge, où
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clastre, fut délivré de la prison où il estoit , et fut depuis moult privé de la ditte royne et de messire Rogier de Mortemer ; mais ce ne lui dura gueres, car il fut prins à la saint Michel prochain ensievant, ainsv comme il venoit à Londres devers la royne, et fut décollé, par messire Thomas Withers*, empres la ville de
il fut fait prisonnier et décapité. (Th. Carte, II, 400.) < En ce temps, dit Wavrin (cliap. 269), le conte de Lanclastre avoit avecques lui ung chevalier qu'il avoit nourry en son hostel, et à lui fait mouit de Liens; car il l'avoit osîé de sa boutillerie, où il csloit varlet servant ; si l'avoit fait chevalier, et lui avoit donné deux mille marcs de revenue par an, si l'avoit eslevé sy hault que au dessus de tous aultres il avoit domination en la court du dit conte : ce chevalier, dont je vous parle , avoit nom Robert de Hollande, lequel se gouverna desloyalment envers son bon seigneur, qui avoyt en lui plus parfaitte fiance qu'eu nul aultre homme vivant ou siècle. Si advint ung jour que le dit conte l'avoit envoyé querre V hommes armés pour les lui amener, mais le trailtre desloyal se tray aultre part , et ne mena pas ces gens vers son seigneur : puis, quant le dit traittre oy certaines nouvelles que le conte avoit esté desconfî à Direton comme faulx et desloyal se mist en embusche où il scavoit que les ^ens de son dit seigneur desconfîs dévoient passer, si prinst deux coursiers armés et tua tous ceulx qui les menoyent, en faisant tous les maulz qu'il povoit à tous ceulx qui escheoyent en ses mains de la partie du dit conte Thomas, son bon seigneur, qui tant de biens lui avoit fais, puis se vint rendre au roy Edouard. Quant le bon conte sceut la traison de son serviteur, il fust moult esperdu , et dist , en lui mesmes : tx Vrai Dieu, comment peult ce ce estre que Robert de Hollande ait eu la pensée de me voulloir trahir, « quant je l'amoie tant chierement que je n'avoye parfaite fiance en nul « honune qu'en lui seul! Or voy je bien que, de cy en avant, on ne se c ozera fier en nul homme, quant sy legierement j'ay esté decheus de cel- « lui en qui plus me fyoie. Il m'a rendu maulvais guerredon des biens (c que, par cy devant , lui ay fais ; je l'advancay et le fis monter de bas « en hault, et, par sou ingratitude, il me fait descendre de hault en ' (C bas; mais je croy fermement que Dieu, qui est droiturier, me paiera « de sa desserte, j
Thomas , comte de Lancastre , envoya un certain chevalier, Robert de Holland, dans le Lancasliire , pour lui amener cinq cents hommes, mais, au heu de les conduire à son maître il les donna au roi. (Dugdale, I, 781.)
1. Thomas W^iters, servii.eur de Henri, courte de Laocastre. (Bornes, 31.)
C^» CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1328]
Saint 0Î3an. Cestiii Thomas avoit demouré long temps avecq messire Henry*, conte de Lancîastre, lequel, pom^ double de la royne, ne se ozoit pas l)ien amonstrer dont il lui ennuioit grandement ; car elle le heoit moult fort pour ce qu'il avoit occys le dit messire Robert de Hollande. Sy fist tant pardevers le roy, son filz, que le dit Thomas fut banny et exihié, dont le dit messire de Lanclaslre fut moult desplaisant et courouchié et, d'aultre part, de ce que il oyoit la clameur du peuple d'Engleterre, pour les grans duretés et oppressions que on leur faisoit ; de laquelle chose le roy devoit estre excusé pour la jeunesse de son eage. Le dit messire Henri de Lancîastre mettoit toute sa cure à vouloir estaindre et anéantir celle grant esclande, que, à cause de ce mauvais gomernement, on imposoit sur la personne du roy : pourquoy la chose estoit perilieuze pour lui, et sy n'en estoit nullement coulpable. Dont, pour avoir advis de remettre le pais en bon estât et de faire chose qui feust à l'honneur du roy, le dit messire Henri trouva manière de parler à ceulz de la retenance du roy, ausqueîz il conseilla, pour conduire la besongne à l'honneur du roy, et au pourfit de son rovaulme. Là estoit sire Thomas de Brother tonne ', le conte maressal, et messire Emond de Wodestolz, conte de Kent, qui furent oncles du roy, et avec eulx se joindirent ceulz de Londres, qui firent serment d'eulz aidier en ceste querelle. Et fut telle la chose : c'est ascavoir €|ue le roy tenroit sa court en son hostel ,
■1. Henri, comte de Lancastrc, frère de Thomas, mort en 134o. (Dugdale, i; 782 et 783.)
2. Thomas de Brothcrton, comte de Norfolk, maréchal d'Auglelcrre, mort en 1338, (Bugd., II, C3,Gi.)
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aiiîsy comme il apparteooit à sa royaullé ; et que la royne Ysabel osleroit de sa main , et mettroit en la main du roy, toutes les honneurs, fiefz, terres, ailles, rentes, cbasteaulz et forteresses qu'elle tenoit, qui appartenoient à la couronne d'Engleterrc, et que, doresenavant, elle jouiroit de ia tierche partie des rentes du royaulme, comme avoient acouslumé de faire les auîtres roynes douagieres paravant elle. Et, d'aultre part, ordonnèrent que sire Rogier de Mortemer se departiroit du service de la royne : sy s'en yroit demourer sur ses terres qu'il avoit de son héritage , affin que le peuple d'Engleterre ne feust plus ainsy destruit par leurs ordonnances.
Item. De scavoir comment et par qui les Escotz estoient eschappez du parcq, que le roy Edouard avoit assegié sy puissamment, et par quel conseil le dit roy avoit esté à Stamphon ^ .
Item. Pareillement volrent ilz scavoir comment et par quel conseil les ordonnances faittes au couronnement Edouard furent refusées : c'est à scavoir que le roy, pour l'honneur de luy et la reformation de son royaulme, devoit esti'e gouverné par xn des plus grans d'Engleterre , sans lesquelz appeller nulles choses ne dévoient estre faittes, ne sans avoir leur gré et consentement; mais, par faulz et mauvais malice, fut trouvée manière de ces xn gouverneurs eslongier du
i. Au commencement d'août 1327, les armées d'Edouard II et du roi d'Ecosse étaient en présence. La dernière, retrancliée jjrès de Stanhope- Park, allait être attaquée, d'après les avis du conseil d'Edouard , lorsque Mortimer s'y opposa , et sauva ainsi l'armée ennemie. Les Écossais , à la faveur de la nuit, abandonnèrent leur retranchement sans que les Anglais s'en aperçussent, s He liad received twenty thousand pounds <>f the Scots, to give tliem Icave to cscape. » (Hnlinslied, I, lAG.) ■*
1 ti
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roy, donl pliiiseiirs villains reproces et gratis esclandes advinrent au roy et à son royaulme : c'est ascavoir car sire Edouard, père du jenue roy Edouard, lequel quand il fut déposé de sa royaullé, par acord de Parlement, fut délivré au conte de Lanclastre , son cousin, à garder, jiour la saulveîé de son corps, la royne Ysabel et Morlenier le firent mener hors du cliaslcl de Kenihvord, contre l'ordonnance du devant dit Parlement, et le firerit mener en lieu où oncques puis parent ne amy cpi'il eust ne le peult veyr ne approcliier sans leur consenlement, et après le firent piteusement nuirdrir, donl grant esclande sourdy par toute la crestienneté.
Item. De scavoir que les trésors dudit roy de Carnarenan qu'il avoit laissiés esloient devenus, tant en Englelerre comme en pluiseurs lieux en (îalies, lesquelz avoient esté gastez et emportez sans le sceu et consentement du jenne roy, son filz, (jui esioit à son grant préjudice et à la destruction de son peuple et pais.
Item. De scavoir par qnel conseil le roy avoit rendu le royaulme d'Escocbe aux Escochois, en eulx quittant tous hommages, pour lecjucl royaulme les ancestres du roy avoient eu tant de travaulz, et perdu tant de gens à le concquerre et deffendre; et puis l'avoit quittié liège à David, filz de Robert le Brus, qui à la ditte terre n'avoit nul droit, comme chascun povoit scavoir de vray et certain .
Item. Scavoir comment et par (|ui les ancinemies Chartres et ramenbrances des predicesseurs du roy Edouard qu'ilz tenoient louchant le royauhiie d'Estx>cl)e, furent prinses et transportées hors de la tresorie
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d'Engleterre pour les délivrer aux Escotz, au desîieritement du roy et ses hoirs, au dommage de tous ses subjetz, et au grant reproce des Anglois à tousjoursmais.
Item. De scavoir par (juel conseil dame Jelienne de la Tour, seur du roy Edouard, fut mariée à David, filz Robert le Brus, qui tout son temps fut traytre et ennemy à la couronne d'Engleterre.
En dementiers que le conte de Lanclasîre et ses allés estoient ensamble pour'eu.lx conseillier sur ces poins dessusdis, et en scavoir la verilé, adfin qu'ils feussent mieulx redrecliiés à l'honneur et pourfit du roy et de ses barons, et d'un chascun du royaulme, la royne Ysabel, qui en fut advertie, doublant les choses advenir, par le conseil et advertence de sire Rogier Mortemer fut ordonné ung Parlement à Salisber \ ou pluiseurs barons vindrent : auquel Parlement le dit sire Rogier de Mortemer fut fait conte de la Marche, sans le consentement des xn pers, au très grant préjudice du roy et de sa couronne. Sire Jehan de Elthem^, frère du roy, fut chaint de 1 espee de Cornuaille , et la royne Ysabel, pour ce que le dit Jehan , son filz, estoit de jeune eage , procura et fist tant qu'elle fut gardienne et administresse du dit sire Jehan et de ses terres. A che Parlement ne voirent venir le conte de Lanclastre ne les allez , ains assamblerent grant puissance de gens d'armes alencontre de la royne Ysal3el et Mortemer; car ilz avoient ceulz de Londres avecques eulx en leur ayde , à tout v"